Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

Différence

 

diffé­rence E860: Le cas de la linguistique est plus subtil, puisqu’elle doit intégrer la diffé­rence de l’énoncé à l’énonciation, ce qui est bien l’incidence cette fois du sujet qui parle, en tant que tel (et non pas du sujet de la science). C’est pourquoi elle va se centrer sur autre chose, à savoir la batterie du signifiant, dont il s’agit d’assurer la prévalence sur ces effets de signifi­cation.

 

diffé­rence AE ((AE = Lacan, Autres Écrits.  346))  DIFFERaNCE: C’est pourquoi mon discours /…/ fait balise autrement dans ce flot montant de signifiant, de signifié  /…/ desquels je me suis maintenant dessaisi. Aphrodite de cette écume, en sa surgi au dernier temps la différance, avec un petit ‘a’ . Ça laisse de l’espoir pour ce que Freud consigne comme le relais du catéchisme.

 

différence AE 331 : Il ne suffit pas qu’il soit rusé [le sujet], ou tout au moins qu’il en ait l’air. Conclure là est vite fait pour les béjaunes dont toue la déduction s’en trouvera farcie par la suite. Dieu merci ! pour ceux à qui j’ai eu à faire, j’avais l’histoire hégélienne à ma portée, de la ruse de la raison, pour  leur faire sentir une différence où nous allons peut-être faire comprendre pourquoi ils sont perdus d’avance [les non-dupes].

 

différence AE 336 : Pourtant ne pourrions-nous nous apercevoir que la seule différence, mais la différence qui réduit au néant ce dot elle diffère, la différence d’être, celle sans quoi l’inconscient de Freud est futile, c’est qu’à l’opposé de tout ce qui a été avant lui produit sous le label de l’inconscient, il marque bien que c’est d’un lieu qui diffère de toute prise du sujet qu’un savoir est livré, puisqu’il ne s’y rend qu’à ce qui du sujet est la méprise. Le Vergreifen (cf. Freud : la méprise, c’est son mot pour les actes dits symptomatiques) dépassant le Begriff (ou la prise), promeut un rien qui s’affirme et s’impose de ce que sa négation même l’indique à la confirmation qui ne fera pas défaut de son effet dans la séquence.

 

différence AE 357 : Désir qui se reconnaît d’un pur défaut, révélé qu’il est de ce que la demande ne s’opère qu’à consommer la perte de l’objet, n’est-ce pas là assez pour expliquer que son drame ne se joue que sur ce que Freud appelle l’Autre scène, là où le Logos, déchu d’être du monde la raison spermatique, s’y révèle comme le couteau à y faire entre la différence. A ce jeu de la coupure, le monde se prête d’être parlant.

 

différence AE 401 : Car à savoir la  différence qu’il y a de l’usage formel du signifiant noté š, à sa fonction naturelle, notée S, il eut appréhendé le détour même dont se fonde la logique dite mathématique. C’est à partir de ceci, de cette foncière structure de l’un comme différence, que nous pouvons voir apparaître cette origine d’où l’on peut voir le signifiant se constituer, si je puis dire; c’est dans l’Autre que le A du « A est A » /…/ est lâché.

 

différence L09 séance du 29 nov. 1961 (p.58) « l’un comme tel est l’Autre ». Il poursuit:

C’est à partir de ceci, de cette foncière structure de l’un comme différence, que nous pouvons voir apparaître cette origine d’où l’on peut voir le signifiant se constituer, si je puis dire; c’est dans l’Autre que le A du « A est A » /…/ est lâché.

 

différence L09, 6/12/61, p.64):Que notre expérience nous montre que les différents modes, les différents angles sous lesquels nous sommes amenés à nous identifier comme sujets /…/ supposent le signifiant pour l’articuler /…/ C’est de l’effet de signifiant que surgit le sujet.

 

différence L09 6/12/61, p.76 « la différence signifiante est distincte de tout de qui se rapporte à la différence qualitative ».

 

différence radicale L09 20/12/61 p.103: dans l’observation du petit Hans /…/ qu’est-ce qu’il pouvait y avoir de plus indicatif de la différence radicale du symbolique comme tel, sinon de voir apparaître /…/ dans l’observation, quelque chose qui vraiment incarne pour nous et image l’apparition du symbolique comme tel dans la dialectique psychique [la phobie].

 

différence absolue: L’entrée dans le réel, c’est la forme de ce trait, répété par le chasseur primitif, de la différence absolue en tant qu’elle est là. Aussi bien vous n’aurez pas de peine (vous les trouverez à la lecture de .Frege, encore que Frege ne s’engage pas dans cette voie, faute d’une théorie suffisante du signifiant) à trouver dans le texte de Frege que les meilleurs analystes mathématiciens de la fonction de l’unité, nommément Jivons et Schröder, ont mis exactement l’accent de la même façon que je le fais, sur la fonction du trait unaire.

 

trait unaire L09 10/01/62 p.146-47: Il y a un petit exercice /…/ celui de la certitude anticipée à propos du jeu des disques où c’est le repérage de ce que font les deux autres qu’un sujet doit déduire la marque pair ou impair dont lui-même est affecté dans son propre dos /…/. Il y a quelque chose d’analogue ici: ce n’est pas indéfiniment qu’on peut inclure tous les « je pense donc je suis » dans un « je  pense »; où est la limite? /…/ dans l’iden­tification /…/ au trait unaire, est-ce qu’il n’y a pas assez pour supporter ce point impensable et impossible du « je pense », au moins sous sa forme de différence radicale? Si c’est par un Un que nous figurons ce « je pense » /…/ en tant qu’il a rapport avec ce qui se passe à l’origine de la nomination, en tant que c’est ce qui nous intéresse: la naissance du sujet, le sujet est ce qui se nomme. Si nommer c’est d’abord quelque chose qui a affaire avec une lecture du trait Un, désignant la différence absolue, nous pouvons nous demander comment je chiffrerai la sorte de « je suis » qui ici se constitue, en quelque sorte rétroactivement, simplement de la reprojection de ce qui se constitue comme signifié du « je pense », à savoir la même chose, l’inconnu de ce qui est à l’origine sous la forme du sujet.

 

différence absolue  L09 10/01/62 p.146-47: Il y a un petit exercice /…/ celui de la certitude anticipée à propos du jeu des disques où c’est le repérage de ce que font les deux autres qu’un sujet doit déduire la marque pair ou impair dont lui-même est affecté dans son propre dos /…/. Il y a quelque chose d’analogue ici: ce n’est pas indéfiniment qu’on peut inclure tous les « je pense donc je suis » dans un « je  pense »; où est la limite? /…/ dans l’iden­tification /…/ au trait unaire, est-ce qu’il n’y a pas assez pour supporter ce point impensable et impossible du « je pense », au moins sous sa forme de différence radicale? Si c’est par un Un que nous figurons ce « je pense » /…/ en tant qu’il a rapport avec ce qui se passe à l’origine de la nomination, en tant que c’est ce qui nous intéresse: la naissance du sujet, le sujet est ce qui se nomme. Si nommer c’est d’abord quelque chose qui a affaire avec une lecture du trait Un, désignant la différence absolue, nous pouvons nous demander comment je chiffrerai la sorte de « je suis » qui ici se constitue, en quelque sorte rétroactivement, simplement de la reprojection de ce qui se constitue comme signifié du « je pense », à savoir la même chose, l’inconnu de ce qui est à l’origine sous la forme du sujet.

 

différence L09 16/05/62, p.443:

différence L09 11/04/62 382 DESIR AUTODIFFERENCE

différence    L09 11/04/62 372 DIFFERENCE SYMETR

différence L09 6/12/61, p.76 « la différence signifiante est distincte de tout de qui se rapporte à la différence qualitative ».

différence L09 séance du 29 nov. 1961 (p.58) « l’un comme tel est l’Autre ». Il poursuit:

différence L09, 6/12/61, p.64):

 

différence L12 10/6/65 p.10-11: Reportez-vous au texte et vous verrez; ils ne prennent pas le Zwei -la dyade sexuelle- comme donnée (la prendre comme donnée n’est pas une solution). Cette dyade, Aristote tente de la faire surgir des rapports triadiques: le Un, le grand, le petit. La naissance du deux sera concevable quand la différence exacte du grand et du  petit viendra égaler Un [STO: cf. les deux girafes de HANS].

 

différence L12 10/6/65 p.11: Le rapport deux est un rapport dissymétrique; c’est ce qui fait surgir notre expérience analytique; ce qui surgit de cette différence sexuelle est quelque chose d’une autre structure; c’est autour de quoi va tourner notre critique, à savoir l’objet « a ». Partout où le sujet trouve sa vérité (c’est là qu’en est venue notre expérience), ce qu’il trouve, il le change en objet « a », comme le roi Midas, tout ce qu’il touchait devenait de l’or. /…/ c’est bien le traumatisme sans antériorité.

 

diffé­rence L17 10/2/70 9: La “répétition” c’est une dénotation précise d’un trait que j’ai dégagé du texte de FREUD comme identique au “trait unaire”, au petit bâton, à l’élément d’écriture, d’un trait en tant qu’il commémore une éruption de jouissance. Voilà pourquoi il se peut que le plaisir soit violé dans sa règle et son principe, [voilà] pour­quoi il cède au déplaisir /…/ au déplaisir que ne veut rien dire que la jouissance. C’est ici que l’insertion de la génération, du génital, dans le désir, se montre tout à fait distincte de la maturité sexuelle. /…/ il y a d’autres animaux que les hommes qui sont capables de se chatouiller, disons, ça ne les a pas menés à une élaboration du désir bien avancée et simple. Et par contre, à la faveur trouvée en fonction du discours, il ne s’agit pas seulement de parler des interdits mais simplement d’une dominance de la femme en tant que mère, et mère qui dit, mère à qui l’on demande, mère qui ordonne et qui institue du même coup cette dépendance du petit homme, la femme donne à la jouissance dosée le masque de la répétition. La femme ici se présente en ce qu’elle est comme institution de la mascarade; elle apprend à son petit à paraître; elle porte vers le plus de jouir [‘a’], parce qu’elle plonge ses racines, elle, la femme, comme la fleur dans la jouissance elle-même. Les moyens de la jouissance sont ouverts au principe de ceci: qu’il ait renoncé à la jouissance close et étrangère à la mère, c’est là où va venir s’insérer la vaste connivence sociale qui inverse (ce que nous pouvons appe­ler au naturel) la différence des sexes en sexualisation de la diffé­rence organique.

 


 

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