samedi, juillet 20, 2024
Recherches Lacan

L26 LA TOPOLOGIE ET LE TEMPS 1978-1979 Leçons groupées

Quelques extraits saisis entre les moments d’exposés confus de topologie.

 Leçons de 21 novembre, 12 décembre 1978, 19 décembre 1978, 9 janvier 1979,  16 janvier 1979, 20 février 1979, 13 mars 1979, 20 mars 1979, 5 mai 1979.

 Le 21 novembre

Il y a une correspondance entre la topologie et la pratique. Cette correspondance consiste en les temps. La topologie résiste, c’est en cela que la correspondance existe.

Il y a quand même une béance entre la psychanalyse et la topologie. Ce dont je m’efforce, c’est, cette béance, de la combler. La topologie est exemplaire, qu’elle permet dans la pratique de faire un certain nombre de métaphores. Il y a une équivalence entre la structure et la topologie. C’est ça, le Ça dont il s’agit dans le Groddeck, c’est ça qui est Ça.

Il faut s’orienter dans la structure moins il n’y a pas que les nouveaux moyens. Pour généraliser ce qu’on appelle les nœuds borroméens, il put y avoir une façon de faire qui ne fait pas qu’un nœud borroméen soit, en en coupant un libéré de tous les autres. Il y a une certaine façon de préciser que en en coupant deux sur cinq, les trois autres sont libres. J’ai ses rets de vous en donner un exemple d’ici la fin de l’année.

Voilà. J’ai parlé une heure. Je vous remercie de votre attention.

 

Le 12 décembre 1978

je me suis aventuré a annoncé que peut-être je prendrai un exemple de ce qu’on appelle « le borroméen généralisé », c’est à savoir que j’énoncerai comment on peut rendre borroméen, je peux dire à partir de quel moment s’avère borroméen un nombre de cinq cercles, puisque le dans le borroméen c’est de cercle qu’il s’agit. Le borroméen généralisée, je l’avais annoncé pour de cercle retiré sur cinq à moins la solution m’a été donnée en un part de personnes, à savoir Mme Parizot dont j’espère qu’elle est ici et un nommé M. Vappereau qui a bien voulu aussi contribuer à cette solution.

Il y a rien de plus facile que de rendre borroméen, c’est-à-dire de déchaîner, c’est-à-dire de libérer cinq cercles. En voici un, en voici deux, voici le troisième, voici le quatrième et voici le cinquième….

Vappereau : vous dites qu’il y a trente-cinq façons de le faire, or il n’y en a que 20…

Lacan : oui, c’est vrai qu’il y en a que 20. C’est vrai qu’il y en a que 20 et que, de ce fait, je me suis trompé. Eh bien, il me reste à m’en excuser est à vous promettre que, la prochaine fois, je ne vous entretiendrais pas sur les cercles.

Bien, au revoir.

 

19 décembre 1978

Je vous avertis tout de suite que je ne ferai pas mon séminaire. Je vous en avertis parce que chez moi, ce matin il y avait une panne d’électricité. Les lumières, comme on dit, c’est-à-dire la lumière électrique, ne s’allumait plus. Naturellement Gloria ici présente m’a été : elle m’a apporté des chandelles, ce qu’on appelle de nos jours bougies. Qu’est-ce que Gloria a à faire avec on enseignement, c’est-à-dire ce que j’enseigne cette année de la topologie et du temps ? Elle m’aidait, elle m’aide  à couper les ficelles quand j’ai à faire à des ronds de ficelles. Des ronds de ficelles, c’est théorique, ça a à faire avec des cercles, des cercles souples et même élastiques, ça s’imagine. Mais l’imagination ne va pas loin.

La topologie est imaginaire. Elle n’a pris son développement qu’avec l’imagination. Il y a une distinction qui est à faire entre l’imaginaire et ce qu’on appelle le symbolique. Le symbolique, c’est la parole. L’imaginaire en est distinct.

Il y a des surfaces qui sont à l’occasion sans bord…

 

9 janvier 1979

Il n’y a pas de rapports sexuels, c’est ce que j’ai énoncé. Qu’est-ce qui y suppléé, parce qu’il est clair que les gens, ce qu’on appelle-t-elle, soient les êtres humains, les gens font l’amour. Il y a face à une explication : la possibilité — notons que le possible, c’est ce que nous avons défini comme ceux qui cessent de s’écrire — la possibilité d’un troisième sexe. Pourquoi est-ce qu’il y en a deux d’ailleurs, ça s’explique mal. C’est ce qui est évoqué dans la doublure d’Eve, à savoir Lilith. L’évocation n’est pourtant pas une chose précise. C’est justement de précision, c’est-à-dire de Réel, que j’ai fait état en rêvant en somme à ce qu’il en est du nœud borroméen.

Le nœud borroméen pas comme consistance de s’imaginer. Quel est la différence entre eux l’Imaginaire et ce qu’on appelle le Symbolisme (sic), autrement dit le langage. Le langage à ses lois dont l’universalité est le modèle, la particularité ne l’est pas moins. Ce que l’Imaginaire fait, il imagine le Réel : c’est une réflexion. Une réflexion tient au miroir, c’est donc dans le miroir que s’exerce une fonction. Le miroir est le plus simple des appareils. C’est une fonction en quelque sorte toute naturelle. C’est curieux que j’ai choisi le noeud borroméen pour en faire quelque chose. Mais le nœud borroméen a pour propriété qu’on peut commencer par n’importe quel point ; tout au contraire, celui-ci : on ne peut pas commencer par n’importe quel point si on commence par celui-là — le vert –, il y a un obstacle. Ça fait tresse comme le démontre le dessin qui est à gauche, mais si on tire celui-là vers la droite, ce sont les deux autres qui sont entraînés et on ne sait pas ce qu’il en est de ce qui peut résulter de cet entraînement. En tout cas, ce sont les deux autres. C’est le même cas pour celui-ci et c’est bien pourquoi ce qui est là ne peut pas servir à symboliser l’Imaginaire, le Symbolique et le Réel. Car ce qu’on symbolise dans l’Imaginaire, le Symbolique et le Réel, c’est l’intérieur du cercle, c’est le champ intérieur du cercle, le champ, c-h-a-m-p. De sorte que ce dont il s’agit, c’est d’une métaphore. Il serait beaucoup plus difficile d’installer une métaphore dans ce dessin  là que dans celui-ci, à plus forte raison dans le troisième dessin. Car le troisième dessin a l’air plus compliqué, mais c’est le même. C’est le même, étant donné que le rouge à là une inflexion qui pourrait permettre de régulariser, de faire rentrer le dessin de gauche dans le dessin de droite. La différence, c’est que celui-ci colle avec celui-là et que celui-ci se tresse comme celui-là.

La métaphore du nœud borroméen à l’état le plus simple est impropre. C’est un abus de métaphore, parce qu’en réalité il n’y a pas de chose qui supporte l’Imaginaire, le Symbolique et le Réel. Qu’il y ait pas de rapport sexuel, c’est ce qui est l’essentiel de ce que j’énonce. Qu’il y ait pas de rapport sexuel parce qu’il y a un Imaginaire, un Symbolique et un Réel, c’est ce que je n’ai pas osé dire. Je l’ai quand même dit.

Il est bien évident que j’ai eu tort, mais je m’y suis laissé glisser…, je m’y suis laissé glisser tout simplement. C’est embêtant, c’est même plus qu’ennuyeux. C’est d’autant plus ennuyeux que c’est injustifié. C’est ce qui m’apparaît aujourd’hui, c’est du même coup ce que je vous avoue.

Bien !

 

16 janvier 1979

Je suis plutôt endetté de ce que je vous ai annoncé la dernière fois, à savoir qu’il faut un troisième sexe. Ce troisième sexe ne peut pas subsister en présence de deux autres. Il y a un forçage qui s’appelle initiation. La psychanalyse est une antique initiation. Initiation, c’est ce par quoi on celles d’ici, si je puis dire, au Phallus. C’est accommode de savoir ce qui est initiation ou pas. Mais enfin l’orientation générale, c’est que le Phallus, on l’intègre. Il faut qu’en l’absence d’initiation, conçoit ordre conçoit femme. Bon.

Je m’en pourparlers de quelque chose qui est une tresse afin que…

Bon, c’est ennuyeux que je m’embrouille, mais je dois dire que je dois avouer que je m’embrouille.

Bien. Ce sera passé pour aujourd’hui.

 

Le 20 février 1979

Je suis embêté à cause du borroméen généralisé. Je ne peux pas croire que les généralisées, ça soit 4 -2, 5 -3,  6 -4, 7 -5, 8-6. Je ne peux pas le croire par ce que dans tous les cas, il y a de deux différences et que ceci implique que de les prendre deux par deux ce soit neutre, que les prendre trois par trois ça soit borroméen. J’ai le sentiment qu’il faudrait que la généralisation du borroméen s’étende à quatre et même — pourquoi pas — à 5. De sorte qu’il faudrait que ça ne soit pas deux de différence qu’il s’agisse. La question est de savoir si tout est neutre avant quatre, et même 5.

Alors aujourd’hui je réserverai cette question et espère que je vous apporterai quelque chose de la prochaine fois. Car il est un fait que le borroméen généralisé a toujours une différence de deux et qu’il faudrait bien que le borroméen généralisé procède autrement.

Je voudrais aujourd’hui vous dessiner autre chose, c’est à savoir ce qu’on appelle une bande de Slade…

 

Question de Mme Mouchonnat…

 

Lacan : ce qui me tracasse dans le nœud borroméen, c’est une question mathématique et c’est mathématiquement que j’entends la traiter.

 

X. : docteur, permettez-moi de rectifier votre troisième schéma…

 

Lacan : c’est tout à fait vrai… C’est tout à fait vrai, mais je suis embrouillé.

Bien, je vous dis au revoir. J’essaierai de faire mieux la prochaine fois.

 

13 mars 1979

Il y a quelque chose que je vous ai dit : pourquoi n’y aurait-il pas un troisième sexe ?

Tout ça vient de ce que j’ai étudié le borroméen généralisé. Le borroméen généralisé, il va de soi que je n’y comprends rien, je m’embrouille, je m’embrouille, ce dont vous témoigne le fait que, en écrivant au tableau, je m’y suis, c’est le cas de le dire, absolument embrouillé.

Je voudrais aujourd’hui vous faire sentir qu’au le borroméen généralisé, ce n’est pas une petite affaire.

Je m’embrouille et je vous congédie de ce fait.

 

Le 20 mars 1979

Il y a quelqu’un qui m’a écrit pour me dire ce qu’il avait pensé de mon dernier séminaire. Eh bien, à la vérité, ce que j’avais fait était ça : c’est un borroméen généralisé, alors que la personne qui m’a écrit l’a réduit à ce qui est normal, à savoir que ceci a été découvert en mettant en continuité ces 2, vert et noir.

Une autre façon de le résoudre, ça serait de mettre en continuité ce que j’ai dessiné d’abord en jaune et ce que j’ai dessiné en rouge ou bien encore de mettre en continuité ce que j’ai dessiné la en rouge avec ce que j’ai dessiné en noir.

Quelqu’un : il faut que la même corps de se traversant trois points.

Lacan : oui, vous croyez cela.

Vous croyez qu’en modifiant ceci, elle ne se dénoue pas ? Alors il faut modifier ces trois points là ? (Inaudibles)

Lacan : bien. Au revoir !

 

5 mai 1979

je vais passer la parole à Alain Didier-Weil.

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