Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

L’OBJET “a”

 

  1. L’objet “a” E682 [le désir] c’est lui qui règle la répétition signifiante comme sa métonymie. /…/ C’est que notre modèle [optique] ne laisse pas plus éclairée la position de l’objet “a”. Car d’imager un peu d’images [iI], il [notre modèle optique] ne saurait décrire la fonction que cet objet reçoit du symbolique. Celle même qui lui donne son usage d’arme à l’avant-poste phobique [arme missile], contre la menace de la disparition du désir; de fétiche dans la structure perverse, comme condition absolue du désir /…/ “a”, l’objet du désir /…/ Ceci veut dire qu’objet partiel, il n’est pas seulement partie, ou pièce détachée, du dispositif imaginant ici le corps, mais élément de la structure dès l’origine /…/ En tant que sélectionné dans les appendices du corps comme indice du désir, il est déjà l’exposant d’une fonction, qui le sublime avant même qu’il l’exerce, celle de l’index levé vers une absence dont l’est-ce [$] n’a rien a dire [noumen], sinon qu’elle est de là où sa parle. C’est bien pourquoi, réfléchi dans le miroir, il ne donne pas seulement “”a’“,l’étalon de l’échange, la monnaie par où le désir de l’autre entre dans le circuit des transitivismes du Moi idéal. Il est restitué au champ de l’Autre  en fonction d’exposant du désir dans l’Autre.

 

  1. L’objet “a” KS 290: Conférence sur “l’Acte psychanalytique”. Le psychanalyste se fait de l’objet “a”. Se fait: à entendre: se fait produire; de l’objet “a” avec l’objet “a”. Ces propos frôlent trop l’endroit où paraissent achopper les quantificateurs logiques, pour que nous n’ayons pas fleureté leur instrument. Nous sentons l’acte psychana­lytique cèder à rompre la prise dans l’universel, à quoi c’est leur mérite de ne pas satisfaire. Et voilà qui va ex­cuser ARISTOTE d’osciller, plus généralement qu’il n’a su isoler l’upokeimenon à ne pouvoir faire que d’y ré­cupérer l’ousia  par intervalle. Car ce que cet acte aper­çoit c’est le noyau qui fait le creux dont se motive l’idée de tout, à la serrer dans la logique des quantificateurs. [desidentication? Prélèvement corporel? Le psychotique maître de la cité!]

 

  1. L’objet “a” L02 271; L14 1L3/67 LEF3 24; L15 21/2/68 166.

 

  1. L’objet “a” TÉLÉVISION: 61  L’éthos [l’habitude], comme dit ARISTOTE, n’a pas plus à faire avec l’éthique, dont il remarque l’homo­nymie sans parvenir à l’en cliver, que n’en a le lien conjugal. Comment, sans soupçonner l’objet qui à tout cela fait pivot, non eythos, mais éthos, l’objet “a” pour le nommer, pouvoir en établir la science. Il est vrai qu’il restera à accorder cet  objet du  mathème que La science, la seule encore à ex-sister: La physique, a trouvé dans le nombre et la démonstration.

 

  1. objet “a”, L06 11/6/59 9: Cette assise d’un sujet-fait-savoir dans un champ qui est celui de l’Autre et son rapport avec ce quelque chose qui fait creux au niveau du corps: telle est la première ébauche qui /…/ fonctionne comme objet “a”, qui est cette structure même dont nous puissions dire au regard de ce corps vide, pour faire fonction de signifiant, il y a ce quelque chose qui peut s’y mouler et cette métaphore nous aidera à concevoir comme statue /…/ ce qui au niveau du pervers vient à fonctionner comme ce qui restitue comme plénitude, comme A sans barre, ce grand “A”.

 

  1. L’objet “a” L07 Livre VII, p. 75. [en tant que “grumeau de la représen­tation” (Vor-Stellung) se pose et s’oppose au sens où il objecte, (Gegen-stand) l’objet “a”]. En voici une première approche phénomé­nologique. L’objet “a” est quelque chose dont le sujet, pour se constituer, s’est sé­paré comme organe. Ça vaut comme symbole du manque, c’est-à-dire du phallus, non pas en tant que tel, mais en tant qu’il fait manque. Il faut donc que ce soit un objet  premièrement séparable,  deuxième­ment, ayant quelque rapport avec le manque.

 

  1. L’objet “a”         L09, 20/06/62, p.528.

 

  1. L’objet “a” L09 27/6 535  C’est au point où toute si­gnifiance fait défaut, s’abolit, au point nodal dit le “désir de l’Autre”, au point phallique, pour autant qu’il signifie l’abolition comme telle de toute signifiance, que l’objet “a”, objet de la castration, vient prendre sa place. Il y a donc un rapport au signifiant /…/ le signifiant n’est pas le signe; et l’am­biguïté de l’attribut aristotélicien c’est justement de vouloir le neutraliser, en faire un signe naturel: toute chatte tricolore est femelle.

 

  1. L’objet “a” L10 (L’Angoisse) 26/03/63 7: ‘a’ pour l’homme n’a de sens que quand il a été reversé dans le vide de la castration primordiale [nœud du désir mâle avec la castration; à parti ou ‘a’ se détache, tombe de i(a) l’image narcissique: bord du vase]

 

  1. L’objet “a” L12 Livre XII, 7 janv. 1965. EPISSURE (S#I) :Dans le rapport du sujet à l’Autre, dans les rapports de l’Un avec les au­tres, nous avons appris à distinguer […] une fonction de mirage essen­tielle. […] Nous savons que l’échec jusqu’ici pour toute éthique (et se­condairement pour toute philosophie subjective) de maîtriser ce mirage est dû à la méconnaissance de ce autour de quoi il se règle invisible­ment, la fonction objet “a”, en tant que c’est elle (dans son ambiguïté de bien et de mal) qui réellement centre tous ces jeux.

 

  1. L’objet “a” L12 17/3/65, p.9: Que ce soit le seul point, le seul temps, où converge (en l’expliquant) la jonction de la demande et du transfert, que dans la tromperie du transfert ce dont il s’agit c’est de quelque chose qui, à l’insu du sujet, tourne autour, veut capter (de quelque façon qui est imaginaire ou agie), que ce soit là le terme et la commune mesure autour de quoi fonctionne tout le niveau dit de la frustration, c’est ce qu’il s’agit de poser, de façon qui permette, à partir de là, de distinguer ce que l’expérience peut nous permettre actuellement d’entériner concernant l’origine, par quelle porte est venue la fonction du petit « a ».

 

  1. objet “a” L12 7 janv. 1965. EPISSURE (S#I) : Dans le rapport du sujet à l’Autre, dans les rapports de l’Un avec les au­tres, nous avons appris à distinguer […] une fonction de mirage essen­tielle. […] Nous savons que l’échec jusqu’ici pour toute éthique (et se­condairement pour toute philosophie subjective) de maîtriser ce mirage est dû à la méconnaissance de ce autour de quoi il se règle invisible­ment, la fonction objet “a”, en tant que c’est elle (dans son ambiguïté de bien et de mal) qui réellement centre tous ces jeux.

 

  1. L’objet “a”. L14 26/4/67 LEF4 22 Et dans SOPHOCLE cette fuite de tous les souvenirs qui s’image dans la fuite du serviteur témoin du crime, n’est-elle pas faite pour évoquer  quelque chose? Pourtant Jocaste finit bien par s’écrier: “Infortuné, puisses-tu ne jamais connaître qui tu es” . Jocaste le sait . Mais qu’est Jocaste? Eh bien, pourquoi pas le mensonge incarné en ce qui concerne l’acte sexuel /…/ Dans ce champ X, entre petit <<a>> et le lieu de l’Autre, la vérité ne peut se faire entendre

 

  1. L’objet “a” L15 20/3/68, 230-1: C’est en tant que le partenaire est celui qui s’est trouvé remplir, de la structure instituée de l’acte, la fonction [d’objet “a” /…/ c’est en tant que c’est autour de cette fonction  /…/ qu’ pu se réaliser l’essence de ce qu’il en est de la fonction  (S barré), à savoir de l’impuissance de savoir . Est-ce que j’évoquerai là la dimension analogique qu’il y a, dans cette répartition, avec l’acte tragique /…/ dans la tragédie il y a quelque chose d’analogue /…/ je veux dire que le héros, tout un chacun qui dans l’acte s’engage seul, est voué à cette destinée de n’être [naître] enfin que le déchet de sa propre entreprise . /…/ Mais tout de même, /…/ ne confondons pas le fiction tragique -je veux dire le mythe d’Oedipe, d’Antigone, par exemple-, avec ce qui est vraiment une acception, la seule valable, fondée de la tragédie, à savoir la représentation de la chose [pragma] .

 

  1. L’objet “a” L16 30/4 11 [Valéry et les phosphène, le diaphane] La question est devenue un petit peu différente et à la vérité, les gens avec qui ARISTOTE a à combattre, c’est à savoir mille autres théories énoncées de son temps [relatives à la projection] /…/ Qu’est ce que sup­pose ce terme de projection quand il s’agit non plus de ce qui se voit mais de l’imaginaire, si ce n’est que nous supposons que le sujet-patient modifie le monde. Qu’est-ce que cette projection sinon la supposition de ceci: c’est que c’est du dedans que le faisceau lumineux part, qui va peindre le monde. /…/ Mais nous prouvons, dans nos métaphores en être encore là. Et quand on se réfère au texte aristotélicien ce n’est pas le moins brillant de ce qu’il nous montre, ce qu’on touche en quelque sorte du doigt /…/ ce qui apparaît en quelque sorte à lire ces textes c’est quelque chose [d’inséré dans le désir] qui pour nous localise ce champ de la vision, de le réanimer /…/ de ce que nous y avons mis grâce à la perversion /…/ L’objet “a” dans le champ visuel, ressort, au regard de la structure subjective, à la fonction de ce tiers terme, dont il est frappant que littéralement les anciens ne sa­chent pas qu’en faire.

 

Il у а, au stade oral, un certain rapport de la demande au désir voilé de la mère; il у а au stade anal, l’entrée en jeu pour le désir de la demande de la mère; il у а au stade de la castration phallique, le moins phallus – φ, l’entrée de la négativité quant а l’instrument du désir, au moment du surgissement du désir sexuel comme tel dans le champ de l’autre. Mais la, а ces trois étapes, ne s’arrête pas pour nous la limite où nous devons retrouver la struc­ture du а comme séparé. Mais ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui je vous ai parlé d’un miroir, non pas du miroir au stade du miroir, de l’expérience narcissique, de l’image du corps dans son tout, mais du miroir, en tant qu’il est ce champ de l’Autre où doit apparaître pour la première fois, sinon le а, du moins sa place, bref le ressort radical qui fait passer du niveau de la cas­tration au mirage de l’objet du désir.

Quelle est la fonction de la castration dans ce fait étrange que l’objet du type le plus émouvant, pour être а la fois notre image et autre chose, puis­se apparaître а ce niveau, dans un certain contexte, dans une certaine cultu­re comme sans rapport avec le sexe. Voilà le fait, je crois, caractéristique auquel j’entends aujourd’hui vous amener.

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Leçon XVIII 15 mai 1963

Si nous partons de la fonction de l’objet dans la théorie freudienne, objet oral, objet anal, objet phallique – vous savez que je mets en doute que soit homogène а la série, l’objet génital – tout ce que j’ai déjà amorcé, tant dans mon enseignement passé que plus spécialement dans celui de l’année derniè­re vous indique que cet objet défini dans sa fonction par sa place comme а, le reste de la dialectique du sujet а l’Autre, que la liste de ces objets doit être complétée. Le а objet fonctionnant comme reste de cette dialectique, il est bien sûr que nous avons а le définir dans le champ du désir а d’autres niveaux, dont j’en ai assez indiqué pour que vous sentiez, si vous voulez, que grossièrement c’est quelque coupure survenant dans le champ de l’œil et dont est fonction le désir attaché а l’image. Autre chose, plus loin que ce que nous connaissons déjà et où nous retrouverons ce caractère de certitude fon­damentale déjà repérée par la philosophie traditionnelle et articulé par Kant sous la forme de la conscience, c’est que ce mode d’abord, sous la forme du а nous permettra de situer а sa place ce qui jusqu’ici est apparu comme énig­matique sous la forme d’un certain impératif dit catégorique.

 

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