Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

FANTASME-THÉORIE

THEORIE E553-54 n1 Dès lors ce champ [$] ne sera que le tenant-lieu du fantasme /…/ Seule la coupure révèle la struc­ture de la surface entière de pouvoir y détacher ces deux élé­ments hétérogènes que sont ($ ◊ a) /…/ le $, S barré du désir /…/ et le “a” qui correspond aux champs J et S. C’est donc comme représentant de la représentation dans le fan­tasme /…/ que le $ /…/ supporte ici le champ de la réalité /…/ Repérer dans le schéma R l’objet “a” est intéressant pour éclairer ce qu’il ap­porte sur le champ de la réalité (champ qui le barre). /…/ ce champ [de la réalité] ne fonctionne qu’à s’obturer de l’écran du fantasme. /…/ ce que le schéma R étale c’est un plan projectif/…/ la cou­pure mM, iI /…/ isole dans le champ une bande de Möbius. /…/

 

THEORIE E637 la surdétermination n’est strictement concevable que dans la structure du langage. /…/ Cela veut dire qu’aux effets qui répondent chez un sujet à une demande déterminée, vont interférer ceux d’une position par rapport à l’autre (à l’autre, ici son semblable) qu’il soutient en tant que sujet. “Qu’il soutient en tant que sujet” veut dire que le langage lui permet de se considérer comme le machiniste, voire le metteur en scène de toute la capture imaginaire /…/ Le fan­tasme est l’illustration même de cette possibilité originale.

 

THÉORIE E853 La castration est le ressort tout à fait nou­veau que Freud a introduit dans le désir, donnant au manque du désir le sens resté énigmatique dans la dialectique de Socrate, quoique conservé dans la relation du Banquet. /…/ Les pulsions /…/ c’est le Réel qu’elles mythifient /…/ en y introduisant la relation du sujet à l’objet  perdu. /…/ le désir vient de l’Autre et la jouissance est du côté de la Chose. Ce que le sujet en reçoit d’écartèlement pluralisant /…/ les identi­fication s’y déterminent du désir sans satisfaire la pulsion /…/ pour la raison que la pulsion divise le sujet et le désir, lequel désir ne se soutient que du rapport (qu’il méconnaît) de cette division à un objet qui la cause. Telle est la structure du fan­tasme.

 

THÉORIE E873: S’il y a fantasme, c’est au sens le plus ri­goureux d’institution d’un Réel qui couvre la vérité. [affleurement du fantasme: c’est le Réel de l’odeur qui fleure, dans le cuir, la godasse, la coprophilie etc.].

 

THÉORIE L06 10/6/59 DI 713: De sorte que se constituant comme désirant il ne s’aperçoit pas  que dans la constitution de son désir il se défend contre quelque chose, que son désir même est défense et ne peut pas être autre chose. /…/ Dans chaque cas il appelle à l’aide une chose qui se présente dans une position tierse par rapport à ce désir de l’autre, quelque chose où il puisse se placer pour que la relation aspirante, évanouissante de $ devant “a” [$ ◊ a] soit tenable. C’est dans la relation à l’autre, à l’autre réel, que nous avons suffisamment indiqué le rôle de ce qui permet au sujet de symboliser/…/ Symboliser /…/ c’est maintenir en acte quelque chose où il puisse se reconnaître comme sujet.

 

THÉORIE L09 7/6 547: [i(a) n’est pas l’image de “a”]: elle ([i(a)] ne le représente pas cet objet de la castration. Elle n’est d’aucune façon le représentant de la pulsion sur quoi porte effectivement le refoulement. Et pour une double rai­son; c’est qu’elle n’est cette image ([i(a)], ni la Vorstellung puisqu’elle est elle-même un objet, ni image réelle /…/ ni un objet qui n’est pas le même que “a”, qui n’est pas représentant non plus. Le désir dans le graphe où se situe-t-il? Il vise $ ◊ a, le fantasme, sur un mode analogue à celui du petit m  où le moi se réfère à l’image spéculaire . Qu’est-ce à dire sinon qu’il y a quelque part rapport de ce fantasme au désirant. /…/ A la question “Que vuoi?” le désirant est la réponse, la réponse qui ne désigne pas le “qui” de “qui veut” mais la réponse de l’ob­jet. Ce que je veux dans le fantasme détermine l’objet d’où le désirant qu’il contient doit s’avouer comme désirant. Cherchez-le toujours ce désirant au sein de quelque objet que ce soit, et n’allez pas objecter la perversion nécrophilique puisque justement c’est là l’exemple où il se prouve qu’en deçà de la seconde mort physique [quelque chose] laisse en­core à désirer et que le corps se laisse là apercevoir comme en­tièrement pris dans une fonction de signifiant, séparé de lui-même et témoignage de ce qu’étreint le nécrophile: une insai­sissable vérité.

 

THÉORIE L13 16/11/66 LE1 p.11 Ce qui porte le fantasme est une surface fermée, en forme de bulle non-sphérique, dont l’étoffe sans couture est tissée de telle sorte que l’on passe sans s’en apercevoir de l’une à l’autre de ses faces. Cette surface a à proprement parler deux noms: désir et réalité parce qu’on peut vouloir y distinguer un endroit et un envers, mais en fait désir et réalité se jouent dans le discours de l’Autre à pile ou face. /…/

 

THÉORIE L13 16/11/66 LE1 p.11. La réalité du prêt-à-porter, qui fait le cadre du fantasme, et qui constitue toute la réalité humaine, n’est rien d’autre que le montage du symbolique et de l’imaginaire; elle se distingue du réel qui n’est jamais qu’entr’aperçu quand le masque (qui est celui du fantasme) vacille. Spinoza a dit que “le désir est l’essence de l’homme” /…/ nous abons à y substituer “le désir est l’essence de la réalité.  fantasme7

 

THÉORIE L13 16/11/66 LE1 p.11: [le désir et la réalité]: Le $ dans la formule $ ◊ a, désigne la division du sujet, barré de ce qui le constitue proprement en fonction de l’inconscient. Ce $ est à la fois + grand et + petit que “a”, ou encore lié à cet objet par une relation d’inclusion qu se traduit en termes d’implication par la formule: “si et seulement si”. L’objet “a”, lui, en tant que pièce détachable et foncièrement lié au corps, situé au champ de l’Autre, relève surtout d’une structuration logique; il est loin d’être apparenté à l’imaginaire; c’est plutôt l’imagi­naire qui s’y accroche. En effet le poinçon peut tenir lieu aussi de V et de , symboles des opérations lo­giques de réunion et d’intersection.

 

THÉORIE L14 14/6 LEF5 97: Le fantasme, c’est une façon bien plus étroite que tout le reste, de l’inconscient structuré comme un langage, puisqu’en fin de compte, c’est une phrase, dotée d’une structure grammaticale impliquant qu’on en articule la logique.

 

THÉORIE L14 21/6 LEF5 107: Cette distance du fantasme par rapport à la zone où le désir se lie à la demande, est un point fondamental car de sa méconnaissance résulte cette in­flexion qui fait dépendre l’analyse du registre de la frustra­tion, alors que sa reconnaissance permet de distinguer la structure perverse de la structure névrotique. Dès lors, si le fantasme résiste à cette réduction qui consiste à vouloir l’insé­rer dans le discours inconscient, si par rapport à la phobie où le désir est prévenu, à l’hystérie où le désir est insatisfait, à l’obsession où le désir est impossible, il joue un rôle à part, c’est parce qu’il a une signification de vérité; ce qui veut dire la ême chose que le fait d’affecter de la connotation vérité une proposition qui s’appellera dès lors axiome de la théorie. /…/ La disjonction au champ de l’Autre entre le corps et la jouissance est en définitive ce qui engendre un sujet barré [$] conjoint à un objet “a”, en tant qu’il est cette partie du corps où la jouissance peut se réfugier. Et nous ne serons pas surpris que le névrosé trouve dans cet arrangement un support fait pour parer à la carence de son désir dans le champ de l’acte sexuel.

 

THÉORIE L18 20/1 6: Le discours scientifique progresse sans plus même se préoccuper de savoir s’il est ou non sem­blant. Il s’agit seulement que son réseau, que son filet, que son lattis /…/ fasse apparaître les bons trous à la bonne place. Il n’a de référence que l’impossible auquel aboutissent ses dé­ductions; cet impossible c’est le réel. /…/ Pour ce qui nous concerne  nous avons affaire à quelque chose qui se rend compte qu’il diffère de cette position dans la physique du réel. Ce quelque chose qui résiste, qui n’est pas pliable en tout sens, qui est conséquence de notre discours, cela s’appelle le fantasme.

 

poinçon Déjà-là L09 10/01/62 p.144: ce qui dans l’une fois perçu est l’identiquement identique /…/ c’est le perçu de cette fois là; c’est cette bague qu’il s’est passée au doigt avec le poinçon de cette fois là, et c’est justement celà qui manquera toujours: c’est qu’à toute réapparition de ce qui répond au signifiant originel, au point où est la marque que le sujet a reçue de ce quoi que ce soit qui est à l’origine de l’Urverdrängung, il manquera toujours à quoi que ce soit qui vienne le représenter, cette marque, qui est la marque unique du surgissement /…/ du signifiant originel, qui s’est présenté une fois, au moment où quelque chose de l’Urverdrängt en question est passé à l’existence inconsciente, à l’existence de cet ordre interne qu’est l’inconscient.

 

 fantasme6 L13 16/11/66 LE1 p.11: L’objet “a” doit être le résultat de deux opérations logiques. Si cet “a” est le prêt-à-le-fournir, le fantasme, lui, implique le prêt-à-le-porter [$].

 

 

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