Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

FEMME

 

  1. femme penis-neid L04 224: la question qui nous est proposée par les faits est de savoir comment l’enfant appréhende ce qu’il est pour la mère. Notre hypothèse de base /…/ c’est qu’il n’est pas seul. /…/ C’est autour de ce point que s’articulera toute la dialectique du progrès  de la relation mère-enfant.  /…/ C’est le fait que, à un degré différent selon les sujets, la mère conserve le pénis-neid. L’enfant le comble ou ne le comble pas, mais la question est posée. La découverte de la mère phallique pour l’enfant, celle du pénis-neid pour la mère, sont strictement coextensifs du problème que nous abordons. /…/ Si j’ai choisi de partir /…/ de l’étape préœdipienne pour arriver à l’œdipe et au complexe de castration, c’est que nous devons tenir le pénis-neid pour une des données fondamentales de l’expérience analytique et pour un terme de référence constante de la relation de la mère à l’enfant.

 

  1. femme L05 19 mars 1958, p.27-28, Les formations de l’inconscient, Livre V: [Pour Hélène DEUTSCH] Pour résumer la position de Mme DEUTSCH /…/ dans l’espèce humaine, il semblerait que le centre de gravité, l’élément de satisfaction de la position féminine se trouverait dans l’au-delà de cette relation génitale comme telle. /…/ l’orgasme lui-même, et comme tel,  /…/ posant effectivement à l’expérience le problème chez la femme de quelque chose qui mérite en effet d’être posé, étant donné tout ce que nous savons physiologiquement de l’absence d’une organisation nerveuse directement faite pour provoquer la volupté dans le vagin.

 

  1. femme L05 4/6/58 p.33: [dans l’observation de l’obsessionnelle de BOUVET] Le bidet est là indiquant que ce dont il s’agit; ce qui est problématique, c’est en effet quelque chose qui est présent dans la question. Ce n’est pas pour rien qu’il vient ce fameux objet partiel. C’est le phallus, mais le phallus est justement posé en tant /…/ que question: l’autre l’a-t-il ou ne l’a-t-il pas? C’est ce qui est en arrière. Bref c’est la question de la castration.

 

  1. femme L05 7/5/58 17: [Dans ce rêve d’hystérique]: Toute l’ambiguïté du sujet par rapport au phallus /…/ va résider dans ce dilemme, c’est à savoir que ce signifiant le sujet peut l’avoir ou peut l’être. /…/ C’est lui qui est au fond de tous les glissements, de toutes les transmutations, de toutes les prestigitations, dirais-je, du complexe de castration.

 

  1. femme L05 19 mars 1958.p.12-15, Les formations de l’inconscient, Livre V : elle [Karen HORNEY] remarque la liaison, l’analogie clinique de formation chez la femme de tout ce qui s’ordonne autour de la castration, avec tout ce que cela comporte de résonances, de traces cliniques dans ce que le sujet en analyse articule de revendication /…/ de l’organe, comme de quelque chose qui lui  manque. /…/ ce qui se passe dans ces cas là nous incite à concentrer notre attention sur un certain moment  du complexe d’Oedipe /…/ qui est très loin vers la fin /…/ où non seulement la relation au père est constituée, mais /…/ elle se forme chez le sujet petite fille sous l’aspect d’un désir exprès du pénis paternel, de quelque chose /…/ qui implique une reconnaissance de cette réalité du pénis /…/ [ce pénis] est-il imaginaire ou ne l’est-il pas?  Et bien entendu, dans sa fonction centrale il implique cette existence imaginaire, ce phallus, dont à diverses phases du développement de cette relation le sujet féminin peut envers et contre tout maintenir qu’il le possède, tout en sachant fort bien qu’il ne le possède pas. Il le possède simplement en tant qu’image. /…/ On nous dit que dans les cas dont il s’agit c’est de la privation de ce qui est attendu que va résulter /…/ ce virage, cette mutation, qui fait que ce qui était amour est transformé en identification. /…/ c’est ce moment qu’il s’agit d’articuler, de donner une formule qui nous permette de concevoir ce que c’est cette identification en tant que liée à un moment de privation. /…/ Que se passe-t-il quand /…/ le sujet féminin a pris une certaine position d’identification au père? /…/ il suffit de l’écouter de la façon la plus ouverte dire « je tousse comme  lui », par exemple. /…/ Si une femme dit « je tousse comme  lui », /…/ ce ne sont  pas des signifiants qui sont eux mis en jeu dans une chaîne signifiante. Nous les appellerons les « insignes » du père. /…/ le sujet, en somme, /…/ se présente sous le masque où il se pose /…/ les insignes de la masculinité . Ces insignes vont être employés vis-à-vis de qui? Vis-à-vis de quelque chose de tiers /…/ c’est-à-dire la mère . L’analyse même d’un cas comme celui-là nous montrera que /…/ à partir du moment où le sujet revêt les insignes de ce à quoi il est identifié il y a donc une transformation du sujet dans un certain sens, qui lui est de l’ordre d’un passage à l’état de signifiant. /…/ Ces insignes, le sujet les ramène avec lui après un mouvement d’oscillation /…/ Il se retrouve constitué d’une certaine façon avec un nouveau désir.

 

  1. femme L05 19 mars 1958, p. 29, Les formations de l’inconscient, Livre V,: Pourquoi le désir dont il s’agit dans cette relation à l’objet a-t-il été appelé dans cette occasion privation? Il a été appelé dans cette occasion privation parce que ce qui constitue sa caractéristique est /…/ que le  père, dans le moment où il intervient dans le premier exemple que j’ai donné dans l’évolution chez la fille, soit en effet un être assez réel dans sa constitution physiologique pour que le phallus soit passé à un stade d’évolution qui va au-delà  de la fonction purement imaginaire, qu’il peut conserver longtemps dans le  penis-neid. /…/ Ce qui constitue la privation du désir est non pas qu’il vise quelque chose de réel dans l’occasion, mais qu’il vise quelque chose qui peut être demandé. Il ne peut /…/ s’instaurer /…/ de dialectique de la privation que quand il s’agit de quelque chose que le sujet peut symboliser. C’est pour autant que le pénis paternel peut être symbolisé, peut être demandé que se produit ce qui se passe au niveau de l’identification dont il s’agit aujourd’hui.

 

  1. femmes L05 135 [dans la comédie: les Nuées d’ARISTOPHANE] Après que le bon sens a été contrarié par l’évolution perverse de la cité soumise à tous les tiraillements d’un processus dialectique, on en revient par l’intermédiaire des femmes, les seules qui sachent vraiment de quoi l’homme a besoin, à ce bon sens, et cela prend naturellement les formes les plus exubérantes. Ferenczi en 1912 publie un travail sur “La figuration symbolique des principes de plaisir et de réalité dans le mythe d’Oedipe” où il fait état d’une lettre de Schopenhauer à Goethe (du 11-11-1815) dont il extrait ceci: « C’est le courage d’aller jusqu’au bout des problèmes qui fait le philosophe. Il doit être comme l’Oedipe de Sophocle qui cherchant  à élucider son terrible destin, poursuit infatigablement sa quête, même lorsqu’il devine que la réponse ne lui réserve qu’horreur et épouvante. Mais la plupart d’entre nous portent en leur cœur une Jocaste suppliant Oedipe pour l’amour des dieux de ne pas s’enquérir plus avant ; et nous lui cédons ; c’est pour cela que la philosophie en est où elle est. » Ferenczi note également que : « Schopenhauer a perçu avec clairvoyance que, même chez un savant, les résistances les plus fortes à une épreuve de la réalité libre de préjugés ne sont pas d’ordre intellectuel mais affectif. /…/ les affects inconscients peuvent /…/ déformer la réalité [nous soulignons] non seulement en psychologie, mais aussi dans toutes les autres sciences ; aussi devons-nous formuler le postulat de Schopenhauer comme suit : tout travailleur scientifique doit d’abord se soumettre à une psychanalyse méthodique. »

 

  1. femme L21 15/1 69-71 : L’inconscient se définit de ceci et rien que de ceci: qu’il en sait plus que cette vérité, et que l’homme n’est pas la femme. Même ARISTOTE n’a osé moufter ça! Comment est-ce qu’il aurait fait, d’abord, hein? Dire “au­cun homme n’est femme”, ça, ça aurait été vachement culotté, alors, surtout à son époque! /…/ S’il avait dit “tout homme n’est pas femme” /…/ vous voyez /…/ le sens que ça prend: celui d’une exception: “il y en a quelques uns qui ne le sont pas”. C’est en tant que tout qu’il n’est pas femme. /…/ pour pas tout x moins phi de x  . Seulement, l’en­nuyeux, c’est que c’est pas vrai du tout et que ça saute aux yeux. La chose qu’on pourrait écrire, c’est qu’il n’existe pas de x dont on puisse dire qu’il ne soit pas vrai qu’être homme ce n’est pas être femme:il n'existe pas x non phi de x .

 

  1. femme L21 14/5/74 p.162: Le dire-non à la fonction phallique c’est ce que nous appelons dans le discours analytique Ex  (x) /…/ [Parmi les femmes] il n’y en a néanmoins pas-une à représenter le dire qui interdit, à savoir l’absolument-non.

 

  1. femme L23 18/11 5 : La femme dont il s’agit est un autre nom de Dieu et c’est en quoi elle n’ex-siste pas /…/ Ici on remarque le côté futé d’ARISTOTE, qui ne veut pas que le singulier joue dans sa logique. Contrairement à ce qu’il admettait dans la dite logique, il faut dire que SOCRATE n’est pas homme puisqu’il accepte de mourir pour que la cité vive, car il accepte, c’est un fait. /…/ à cette occasion il ne veut pas entendre parler de la femme. D’où ma formule, que je relave  si je puis dire à votre usage en me servant du mé pantès que j’ai relevé dans l’Organon, où d’ail­leurs je n’ai pas réussi à le retrouver /…/ ce mé pantès comme opposition écartée par ARISTOTE à l’univer­selle du pan. La femme n’est toute que sous la forme dont l’équivoque prend de la langue nôtre son piquant, sous la forme du “mais pas ça”, comme on dit; “tout mais pas ça”-c’était bien la position de SOCRATE. C’est ce que j’introduis sous mon titre de cette année comme le sinthome.

 

  1. femme TÉLÉVISION: 63 Il n’y a de l’Un que par l’expérience de l'(a)sexué. Pour nous il a autant de dtroits que l’Un à d’un axiome faire sujet. Et voici ce que l’expérience ici suggère. D’abord que s’impose pour les femmes cette négation qu’ARISTOTE écarte de porter sur l’universel, soit de n’être pas-toutes, mé pantès? Comme si à écarter de l’universel sa négation, ARISTOTE ne le rendait pas simplement futile: le dictus de omni et nullo n’assure d’aucune ex-sistance, comme lui-même en témoigne, cette ex-sistence, ne l’affirmer que du  particulier, sans, au sens fort, s’en rendre compte, c’est-à-dire savoir pourquoi: -inconscient. C’est d’où une femme /…/ ne rencontre l’Homme que dans la psychose. Tout ceci /…/ suppose que le Un est triple /…/ Nier l’Un unique, c’est là le sens de la barre sur le quanteur de l’existence.

 

  1. femme castration S4 21 : A ce titre l’élucubration freudienne du complexe d’Oedipe, qui y fait de la femme poisson dans l’eau, de ce que la castration soit chez elle de départ (FREUD dixit) contraste douloureusement avec le fait du ravage qu’est chez la femme, pour la plupart, le rapport à sa mère, d’où elle semble bien attendre comme femme  plus de subsistance que de son père, -ce qui ne va pas avec lui étant second, dans ce ravage.
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