Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

PENSER

pensée magique L02 131.EPISSURE (I#S) : et débouche sur la pensée magique il y a dans ce phénomène unique qu’est le rapport inter humain deux di­mensions différentes, encore qu’elles s’accolent sans cesse, l’une est celle de l’I, l’autre est celle du S. Elles s’entrecroisent en quelque sorte ; […] si l’on croit que ces deux dimensions n’en font qu’une […] on se trompe. Et on en arrive à une espèce de communication magique.

 

pensée L02 137 La pensée est un acte maintenu au niveau du minimum d’investissement.

 

pensée L03 127 Quand Freud formule le terme de pensée inconsciente en ajoutant dans sa Traumdeutung, sit venie verbo, il ne dit pas autre chose que ceci: que pensée veut dire la chose qui s’articule en langage.

 

pensée FREUD Essais de Psychanalyse, p.189: “L’étude des rêves et des fantaisies préconscientes (…) est de nature à nous donner une idée assez exacte de cette pensée inconsciente, en nous montrant  que ce sont surtout les matériaux concrets des idées qui, dans la pensée visuelle, deviennent conscients, tandis que les relations, qui caractérisent plus particulièrement les idées, ne se prêtent pas à une expression visuelle. Les images constituent un moyen très imparfait de rendre la pensée consciente, et l’on peut dire que la pensée visuelle se rapproche davantage des processus inconscients que la pensée verbale et serait plus ancienne que celle-ci, tant au point de vue philogénique qu’ontogénique.

 

pensée impensé JEKELS Ludwig Fehlleistungen im täglischen Leben, Psychanalye und Kultur, GGT, Münschen, 1965, pp.53-79 [p.55 l’impératif freudien “S’approprier l’impensé” ) .

 

pensée MERLEAU-PONTY Maurice Signes . (p.25): “Le langage ne serait pas, selon le mot de FREUD, un “reinves-tissement” total de notre vie, notre élément, comme l’eau est l’élément des poissons, s’il doublait du dehors une pensée qui légifère dans sa solitude pour toute autre pensée possible . Pensée et parole s’escomptent l’une l’autre. Elles sont relais, stimulus, l’une pour l’autre. Toute pensée vient des paroles et y retourne, toute parole est née dans les pensées et finit en elles .

 

penser MERLEAU-PONTY Maurice, Signes . (p.21): “Je ne peux pas penser identiquement à la même chose plus d’un instant . l’ouverture par principe est aussitôt comblée, comme si la pensée ne vivait qu’à l’état naissant (…) Je fonctionne ainsi par construction .

 

penser L09 10/01/62 p.146-47: Il y a un petit exercice /…/ celui de la certitude anticipée à propos du jeu des disques où c’est le repérage de ce que font les deux autres qu’un sujet doit déduire la marque pair ou impair dont lui-même est affecté dans son propre dos /…/. Il y a quelque chose d’analogue ici: ce n’est pas indéfiniment qu’on peut inclure tous les « je pense donc je suis » dans un « je  pense »; où est la limite? /…/ dans l’iden­tification /…/ au trait unaire, est-ce qu’il n’y a pas assez pour supporter ce point impensable et impossible du « je pense », au moins sous sa forme de différence radicale? Si c’est par un Un que nous figurons ce « je pense » /…/ en tant qu’il a rapport avec ce qui se passe à l’origine de la nomination, en tant que c’est ce qui nous intéresse: la naissance du sujet, le sujet est ce qui se nomme. Si nommer c’est d’abord quelque chose qui a affaire avec une lecture du trait Un, désignant la différence absolue, nous pouvons nous demander comment je chiffrerai la sorte de « je suis » qui ici se constitue, en quelque sorte rétroactivement, simplement de la reprojection de ce qui se constitue comme signifié du « je pense », à savoir la même chose, l’inconnu de ce qui est à l’origine sous la forme du sujet.

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