Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

VERDRÄNGUNG

 

Urverdrängt, E480 du re­foulé primordial comme on s’exprime  Ecrits, p. 480.Que le numéro deux se réjouisse d’être impair, où cela va-t-il le mener   [noumen] dans cette réunion,  que nous pouvons sans abus ordonner en une rangée unique par la seule condition d’y lier à la queue leu leu cha­cun à un autre qui le précède ? Il saute aux yeux qu’il faut que le numé­ro trois descende comme deus ex machina [cf. Jupiter devant Philoctète] pour engendrer l’alternance qui accouchera de l’impair, avant que celui-ci ne puisse exercer ses séductions sur le numéro deux. […] Dans la sé­rie ainsi constituée, on peut dire en effet qu’une place impaire est occu­pée par la moitié des numéros deux. […] qui sont en droit de se prétendre impairs […] Non pas, car il suffit que la moitié plus un des numéros deux puisse se dire être de rang impair pour que […] tous les numéros deux […] soient incontestablement pris dans l’impair dénombré. On voit ici la fonction de l’Un-en-Plus, mais aussi il faut qu’il soit Un-sans-Plus, car tout Un encore serait Un-de-trop, à faire retomber tous les numéro deux dans une présomption qui reste […] comme sans remède.

Urverdrängt, L17 Livre XVII, séance du 18 fév. 1970, p. 102.[…] il y a un usage du signifiant qui peut se définir de partir essentiel­lement du clivage d’un signifiant maître avec ce corps […] ce corps perdu par l’esclave pour qu’il ne devienne rien d’autre que celui où s’inscrivirent tous les autres signifiants. C’est de cette sorte que nous pourrons imager ce “savoir” que Freud définit de mettre dans cette pa­renthèse énigmatique de l’Urverdrängt, ce qui veut dire justement : qui n’a pas eu à être refoulé parce que ça l’est depuis l’origine ce savoir sans tête. […] C’est en quoi je vous ai indiqué la dernière fois, ce qu’a de na­ture affine à ce discours ce qu’on appelle la mathématique. Là l'”a” se représente lui-même sans avoir besoin du discours mythique qui lui donne ses relations.

 

Verdrängung  L01 181: Freud explique d’abord le refoule­ment comme une fixation. Mais au moment de la fixation, il n’y a rien qui soit le refoulement -celui de l’H&L se fait bien après la fixa­tion. La Verdrängung  est toujours une Nachdrängung. Et alors comment expliquer le retour du refoulé?  Si paradoxal que ce soit, il n’y a qu’une façon de le faire -ça ne vient pas du passé, mais de l’avenir. /…/ Ainsi peut-on dire que, de même que la Verdrängung  n’est jamais qu’une Nachdrängung., ce que nous voyons sous le retour du refoulé est le signal effacé de quelque chose qui ne prendra sa valeur que dans le futur, par sa réalisation symbolique (rS), son intégration à l’histoire du sujet. Littéralement ce ne sera jamais qu’une chose qui, à un moment donné d’accom­plissement, aura été.

VERDRÄNGUNG E11 (cité)

VERDRÄNGUNG E386: /…/ Freud [dans l’H&L] /…/ constate que bien que le sujet ait manifesté dans son comportement un accès /…/ à la réalité génitale, celle-ci est restée lettre morte pour son inconscient où règne toujours la “théorie sexuelle” de la phase anale. De ce phénomène, Freud discerne la raison dans le fait que la position féminine assumée par le sujet dans la captation imaginaire du traumatisme primordial, lui rend impossible d’accepter la réalité génitale sans la menace pour lui dès lors inévitable de la castration. Mais ce qu’il dit de la nature du phénomène est beaucoup plus remarquable. Il ne s’agit pas, nous dit-il, d’un refoulement (Verdrängung), car le refoulement ne peut être distingué du retour du refoulé par où ce dont le sujet ne p eut parler, il le crie par tous les pores de son être. Ce sujet, nous dit Freud, de la castration ne voulait rien savoir au sens du refoulement (retranchement [wardet off] forclusion).

VERDRÄNGUNG E387: Quelques pages plus haut /../ Freud a conclu en le distinguant expressément du refoulement: Eine Verdrängung  ist etwas anderes als eine Verwerfung. [L01 54] /…/ Le procès dont il s’agit ici sous le nom de Verwerfung. /…/ se situe très précisément dans un temps /…/ dans la dialectique de la Verneinung: c’est exactement ce qui s’oppose à la Bejahung  primaire et constitue comme tel ce qui est expulsé. /…/ La Verwerfung  donc a coupé court à toute manifestation de l’ordre symbolique, c’est-à-dire à la Bejahung que Freud pose comme le procès primaire où le jugement attributif prend sa racine, et qui n’est riend d’autre que la condition primordiale pour que du réel quelque chose vienne à s’offrir à la révélation de l’être /…/.

VERDRÄNGUNG E693: (cf.Étre): C’est ainsi que se produit une condition de complémentarité dans l’instauration du sujet par le ssignifiant: laquelle explique sa Spaltung  et le mouvement d’intervention où elle s’achève. A savoir /…/ que ce qui est vivant de cet être dans l’Urverdrängt trouve son signifiant à recevoir la marque de la Verdrängung du phallus (par quoi l’inconscient est langage). /…/ Que le phallus soit un signifiant, impose que ce soit à la place de l’Autre que le sujet y ait accès. Mais ce signifiant n’y étant que voilé et comme raison du désir de l’Autre, c’est ce désir dee l’Autre comme tel qu’il est imposé au sujet de reconnaître, c’est-à-dire  l’autre en tant qu’il est lui-même sujet divisé de la Spaltung  signifiante.

VERDRÄNGUNG E694: /…/ c’est pour être le phallus /…/ que la femme va rejeter une part essentielle de la féminité /…/ dans la mascarade. /…/ C’est pourquoi on peut observer que le défaut de la satisfaction propre au besoin sexuel, autrement dit la frigidité, est chez elle relativement bien toléré, tandisque la Verdrängung inhérente au désir est moindre que chez l’homme.

VERDRÄNGUNG E695: Le fait que la féminité trouve son refuge dans ce masque par le fait de la Verdrängung  inhérente à la marque phallique du désir, a la curieuse conséquence de faire que chez l’être humain la parade virile elle-même paraisse féminine.

VERDRÄNGUNG E874: Pour ce qui est de la science  /…/ la structure de ses relations à la vérité /…/ je l’aborderai par la remarque étrange que la fécondité prodigieuse de notre science est à interroger dans sa relation à cet aspect dont la science se soutiendrait: que la vérité comme cause, elle n’en voudrait rien savoir. On reconnaît là la formule que je donne de la Verwerfung ou forclusion, -lauquelle viendrait ici s’adjoindre en une série fermée à la Verdrängung , refoulement, à la Verneinung, dénégation, dont vous avez reconnu au passage la fonction dans la magie et la religion.

Verdrängung Grenz-Vorstellung, dans sa lettre n° 39 à Fliess. Voici ce que Freud nous en dit :Le refoulement ne s’instaure pas par la formation d’une contre-représen­tation (Gegen-Vorstellung), ultra puissante, mais à l’aide d’une représen­tation-limite (Grenz-Vorstellung), qui vient seulement à la place du sou­venir refoulé dans le cours de la pensée. Je dois l’appeler représentation-limite parce qu’elle appartient d’une part au Je conscient, mais que d’au­tre part, elle constitue une partie non-déformée du souvenir traumatique. Elle n’est pas le résultat d’un compromis, qui se manifesterait par une transposition (Ersetzung) dans une catégorie topique quelconque, mais plutôt par le déplacement de l’attention sur les séries de représentations qui lui sont contemporaines (dans la synchronie) ; là où l’événement traumatique se faisait jour par une manifestation motrice, cette dernière était reprise à titre de représentation-limite en tant que premier symbole du refoulé.

Verdrängung L01 154: LECLAIRE: La formation de l’Idéal du moi augmente les exigences du moi et favorise au maximum le refoulement. LACAN: L’un est sur le plan imaginaire [le moi], et l’autre sur le plan symbolique [Idéal du moi] -puisque l’exigence de l’Ich-ideal prend sa place dans l’ensemble des exigences de la loi.

Verdrängung L01 214 [H&L] Le refoulement n’a lieu que pour autant que les événements des années précoces du sujet sont assez mouvementées. /…/ Je vous indique maintenant deux points de repère:. D’abord, c’est de l’introduction du sujet dans la dialectique symbolique que toutes les issues, les issues les plus fa­vorables, peuvent être espérées. /…/ c’est dans la mesure où le drame subjectif est intégré dans un mythe ayant une valeur humaine étendue, que le sujet se réalise. D’autre part /../ entre trois ans un mois et quatre ans /…/ cette névrose infantile est la même chose qu’une psychanalyse /…/ elle accomplit la réintégration du passé, et elle met en fonction dans le jeu des symboles la Prägung elle-même, qui n’est atteinte qu’à la limite, par un jeu rétroactif, nachtrâglich, écrit Freud. /…/ Le trauma en tant qu’il a une fonction refoulante, intervient après-coup, nachträglich. A ce moment là quelque chose se détache du sujet dans le monde symbolique même qu’il est en train d’intégrer. Désormais, cela ne sera plus quelque chose du su­jet. /…/ Le refoulement commence, ayant constitué son premier noyau. Il ya maintenant un point central autour duquel pourront s’organiser par la suite les symptômes, les refoulements successifs /…/

Verdrängung L01 296: s’il y a rêve, n’est-ce pas, c’est qu’il y a refoulement.

Verdrängung L01 44: Quand nous arrivons aux années 1915 où Freud poublie Die Verdrängung, /…/ la résistance est certes conçue comme quelque chose qui se produit du côté du conscient, mais dont l’identité est essentiellement réglée par sa dis­tance, Entfernung, par rapport à ce qui a été originellement re­foulé. /…/ En fin de compte ce qui a été originellement refoulé /…/ c’est encore et toujours le passé. Un passé qui doit être restitué, et dont nous ne pouvons pas faire autrement que de réévoquer une fois de plus l’ambiguïté et les problèmes qu’il soulève quant à sa défini­tion, sa nature et sa fonction.

Verdrängung L01 49 Plusieurs formulations de Freud semblent montrer que la résistance émane de ce qui est à révéler, c’est-à-dire du refoulé, du verdrängt ou encore de l’unterdrückt.

Verdrängung L01 53: CASTRATION [dans l’H&L] quand il [Freud] aborde la question du complexe de castration chez son patient /…/ Freud formule le problème suivant. Lorsque la crainte de la castration entre en question chez ce sujet, des symp­tômes apparaissent, qui se situent sur le plan /…/ anal, puisque ce sont des manifestations intestinales. Or tous ces symptômes, /…/ nous considérons qu’ils témoignent d’une certaine étape de la théorie infantile de la sexualté. De quel droit? Du fait même que la castration est entrée en jeu, le sujet n’s-il pas élevé à un niveau de structuration génital? Quelle est l’explication de Freud? /…/ Eine Verdrängung  ist etwas anderes als eine Verwerfung. [E387]:

Verdrängung L01 54: Cette articulation importante nous in­dique qu’à l’origine, pour que le refoulement soit possible, il faut qu’il existe un au-delà du refoulement, quelque chose de dernier, déjà constitué primitivement, un premier noyau du refoulé, qui non seulement ne s’avoue pas, mais qui, de ne pas se formuler, est littéralement comme si cela n’existait pas /…/

Verdrängung L02 58 Ce qu’il a pu retrouver, au moment où son discours cherchait l’auteur de la fresque d’Orvieto, c’est ce qui restait disponible, après qu’un certain nombre d’éléments radicaux avaient été appelés par ce qu’il nomme le refoulé, c’est-à-dire les idées concernant les histoires sexuelles des Musumans, et le thème de la mort. Qu’est-ce à dire? Le refoulé n’était pas si refoulé que ça, puisque /…/ il nous le donne tout de suite dans son texte.  Mais tout se passe comme si ces mots /…/ c’étaient la partie du discours que Freud avait vraiment à tenir à son interlocuteur. /…/ Ce à quoi nous assistons c’est à l’émergence d’une parole véridique.  /…/ Or, /…/ c’est dans la mesure où l’aveu de l’être n’arrive pas à son terme que la parole se porte toute entière  sur le versant où elle s’acccroche à l’autre. /…/ La parole est médiation sans doute, mé­diation entre le sujet et l’autre, et elle  implique la réalisation de l’autre dans la médiation même. Un élément essentiel de la réalisa­tion de l’autre est que la parole puisse nous unir à lui. /…/ Mais il y a une autre face de la parole qui est révélation. /…/ La résis­tance se produit au moment où /…/ le sujet ne peut plus s’en sortir. Il s’accroche à l’autre parce que ce qui est poussé vers la parole n’y a pas accédé. La venue arrêtée de la parole /…/ c’est là le point-pivot où, dans l’analyse, la parole bascule tout entière sur sa première face et se réduit à sa fonction de rapport à l’autre. Si la parole fonctionne alors comme médiation, c’est de ne pas s’être accomplie comme ré­vélation. [cf. étapes de la réalisation de l’autre qui culminent dans le transfert par une “désorganisation complète de la fonction de la pa­role”, p.61].

 

Verdrängung L01 80: C’est à l’aide de vides que le souvenir doit être revêcu. /…/ Le réel /…/ est ce qui résiste absolument à la symbolisation. /…/ Chez l’H&L, la symbolisation du sens du plan génital a été verworfen. Aussi n’avons nous point à nous étonner que certaines interprétations, qu’on appelle interprétations de contenu, ne soient pas symbolisés par le sujet.  /…/ Quelque chose n’est pas encore franchi -qui est justement au-delà du discours, et qui nécessite un saut dans le discours. Le refoulement ne peut pas disparâitre purement et simplement, il ne peut qu’être dépassé, au sens d’Aufhebung.

Verdrängung L02 203 Cette compulsion à revenir à quelque chose  qui a été exclu du sujet, ou qui n’y est jamais entré, le refoulé, nous ne pouvons le faire rendrer  dans le principe de plaisir? Si le moi en tant que tel se retrouve et se reconnaît, c’est qu’l y a un au-delà de l’ego, un inconscient, un sujet qui parle, inconnu au sujet. Il faut donc que nous supposions un autre principe. Pourquoi Freud l’a-t-il appelé l’instinct de mort?

Verdrängung L02 292: [FAIRNBAIRN] S’il y a refoulement de ce saboteur, c’est pour la raison qu’il y a eu à l’origine du dévelopement de l’individu deux objets singulièrement incomodants. Ces deux objets problèmatiques ont la curieuse  propriété d’avoir été initialement un seul et même objet. Tout se ramène ainsi à la frustration ou à la non-frustration originelle.

Verdrängung L02 369 La simple connotation qualitative inconscient/ conscient n’est pas ici essentielle. La ligne de clivage ne passe pas entre inconscient et conscient, mais entre, d’une part, quelque chose qui est refoulé et ne tend qu’à se répéter, c’est-à-dire la parole qui insiste /…/ et quelque chose qui y fait obstacle, d’autre part, /…/ à savoir le moi.

Verdrängung L03 120 Le refoulé dans la psychose /…/ reparaît dans un autre lieu, il altero, dans l’imaginaire, et là en effet sans maque.

Verdrängung L03 121 la distinction que je vous ai apportée la dernière fois entre la réalisation du désir refoulé sur le plan symbolique dans la névrose, et sur le plan imaginaire dans la psychose, est déjà assez satisfaisante mais elle ne nous satisfait pas.

Verdrängung L03 149: Nous vivons dans une société où l’esclavage n’est pas reconnu [Unerkannte]. Il est clair, au regard de tout sociologue ou philosophe, qu’il n’y est point pour autant aboli. Cela fait même l’objet de revendications assez notoires. /…/ Bref, derrière la servitude généralisée, il y a un discours secret, un mesage de libération, qui subsiste en quelque sorte à l’état de refoulé.

Verdrängung L03 168: [Ma thèse]: Il n’y a pas de de refoulement à proprement parler avant le déclin de l’œdipe; la théorie kleinienne comporte au contraire que le refoulement existe dès les première étapes pré-oedipiennes.

Verdrängung L03 204 Dans toute la suite, Freud manifeste que le phénomène de la Verdrängung consiste dans la tombée de quelque chose qui est de l’ordre de  l’expression signifiante, au moment du passage d’une étape de développement à un autre? Le signifiant enregistré a une de ces étapes ne franchit pas la suivante /…/ Voilà à partir de quoi il faut expliquer l’existence du refoulé.

Verdrängung L03 72: L’établissement du discours commun (je dirais presque du discours public), est un facteur important dans la fonction propre du mécansme du refoulement. Celui-ci relève en soi de l’impossibilité d’accorder au discours un certain passé dez la parole du sujet, lié comme Freud l’a souligné, au monde propre de ses relations familiales. C’est précisément ce passé de la parole qui conti,nue à fonctionner dans la langue primitive [le dialecte corse]. /…/ Le symptôme névrotique joue le rôle de la langue qui permet d’exprimer le refoulement. C’est bien ce qui nous fait toucher du doigt que le refoulement et le retour du refoulé sont une seule et même chose, l’endroit et l’envers d’un seul processus.

Verdrängung L03 97 La Verdrängung n’est pas la loi du malentendu [Verdichtung], c’est ce qui se passe quand ça ne colle pas au niveau de la chaîne symbolique. Chaque chaîne symbolique à quoi nous sommes liés comporte une cohérence interne, qui fait que nous sommes forcés à tel moment de rendre ce que nous avons reçu à tel autre. Or il arrive que nous ne puissions rendre sur tous les plans à la fois, et qu’en d’autres termes, la loi nous soit intolérable. Non pas qu’elle le soit en elle-même mais parce que la position où nous sommes comporte un sacrifice qui s’avère impossible sur le plan des significations. Alors nous [la] refoulons, de nos actes, de nos discours, de notre comportement. /…/ Le refoulement est du ressort de la névrose.

Verdrängung L09 13/12/61 p.99:

Verdrängung L09 13/12/61 p.99: c’est en tant que ce qui est refoulé est un signifiant que ce cycle de comportement [le symptôme] réel se présente à sa place.

Verdrängung L12 10/3/65 p.5:

Verdrängung L12 10/3/65 p.5: Ce qui de ces trois termes (laissons le terme central vide) va du un au un, nous rtappelle la fonction radicale de la répétition, et en ceci, tout énoncé de la  vérité se fonde sur une foncière intransparence. Le passage du un au zéro comme symbole du sujet; puis du zéro au un  nous rappelle la pulsation de cet évanouissement le plus fondamental qui est ce sur quoi repose l’analyse, rigoureusement, du fait du refoulement et le fait qu’il implique en lui la possibilité du surgissement du signe sous la forme opaque du retour du refoulé; ici je dis: le signe.

Verdrängung L20 55-58: Vous remarquerez que j’ai parlé de l’essence, tout comme ARISTOTE. /…/. Ça veut dire que ces vieux mots sont tout à fait utilisables /…/ c’est à cela que je suis passé tout de suite après ARISTOTE. /…/ L’utilitarisme, ça ne veut pas dire autre chose que ça -les vieux mots /…/ c’est à quoi ils servent qu’il faut penser. /…/ Il faut user /…/ des vieux mots. C’est ça l’utilita­risme. Et ça a permis un grand pas pour décoller des vieilles histoires d’universaux où on était engagé depuis PLATON et ARISTOTE. /…/ En somme cette jouis­sance [des universaux], si elle vient à celui qui parle, et pas pour rien, c’est parce que c’est un petit prématuré. Dans FREUD on en a des taces. S’il a parlé d’Urver­drängung, de refoulement primordial, c’est bien parce que justement le vrai /…/ n’est pas premier -il est se­cond. On la refoule cette jouissance parce qu’il ne convient pas qu’elle soit dite. /…/ Elle ne convient pas /…/ au rapport sexuel. A cause de ce qu’elle parle, ladite jouissance, lui, le rapport sexuel, n’est  pas. /…/ le pre­mier effet du refoulement, c’est qu’elle parle d’autre chose. C’est ce qui fait de la métaphore le ressort.

Verdrängung L22 Dieu, RSI, Livre XXII, ORN2, p. 103.: [la religion dit que Dieu] est l’ex-sistence par excellence qu’il est le re­foulement en personne. il est même la personne supposée refoulement. C’est en cela que la religion est [plus] vraie [que la névrose]. Dieu n’est rien d’autre que ce qui fait qu’à partir du langage il ne saurait s’établir de rapport entre sexués […] Dieu, lui, n’est pas dans le lan­gage, mais il comporte l’ensemble des effets de langage, y compris les effets psychanalytiques, ce qui n’est pas peu dire.

Verdrängung Télé (1973) p.48: Freud n’a pas dit que le refoulement provienne de la répr ession: que (pour faire image), la castration, ce soit dû à ce que Papa, à son moutard qui se tripote la quéquette, brandisse: « on te la coupera, sûr, si tu remets ça ». /…/ Disons qu’à mesure qu’il avançait, il penchait plus vers l’idée que le refoulement était premier. C’est dans l’ensemble la bascule de la seconde topique. La gourmandise dont il dénote le syrmoi est stucxturale, non pas effet dans la civilisation mais  « malaise  (symptôme) dans la civilisation ». De sorte qu’il y a lieu de revenir sur l’épreuve, à partir de ce que ce soit le refoulement qui produise la répression. Pourquoi la famille, la société elle-même ne seraient-elles pas créations à s’édifier du refoulement?

Urverdrängt L22, 14/1/75, ORN3, 103: Dans le symbolique en effet, quelque chose est Urverdrängt, quelque chose à quoi nous ne donnons jamais de sens, bien que nous soyons capables de dire “tous les hommes sont mortels” . C’est que cet énoncé n’a, du fait du “tous”, aucun sens . Il faut que la peste se propage à Thèbes pour que le “tous” cesse d’être de pur symbolique, et devienne imaginable . Il faut que chacun se sente concerné en particulier par la menace de la peste . Il se révèle du même coup que si Oedipe a forcé quelque chose, c’est tout à fait sans le savoir . S’il l’avait fait, le temps qu’il fallait, c’aurait été le temps d’une analyse, puisque c’était pour ça qu’il était sur les troutes; il croyait par un rêve qu’il allait tuer celui qui, sous le nom de Polybe, était bel et bien son véritable père.

Urverdrängt, L22 Livre XXII, 8 avril 1975, Ornicar, n° 5, p. 42.[…] Personne ne sait ce que c’est un trou. […] que ce soit de là que la perversité s’oriente, qui est celle de toute notre conduite  intégrale­ment c’est bien étrange. […] Pourquoi ne pas voir dans l’aversion que cela [la difficulté de penser le noeud borroméen] cause la trace du re­foulement premier lui-même.

  1. Urverdräng Oedipe L22, 14/1/75, ORN3, 103: Dans le symbolique en effet, quelque chose est Urverdrängt, quelque chose à quoi nous ne donnons jamais de sens, bien que nous soyons capables de dire “tous les hommes sont mortels” . C’est que cet énoncé n’a, du fait du “tous”, aucun sens . Il faut que la peste se propage à Thèbes pour que le “tous” cesse d’être de pur symbolique, et devienne imaginable . Il faut que chacun se sente concerné en particulier par la menace de la peste . Il se révèle du même coup que si Oedipe a forcé quelque chose, c’est tout à fait sans le savoir. S’il l’avait fait, le temps qu’il fallait, c’aurait été le temps d’une analyse, puisque c’était pour ça qu’il était sur les routes; il croyait par un rêve qu’il allait tuer celui qui, sous le nom de Polybe, était bel et bien son véritable père.
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