Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

CAUSE

 

cause Sc 6, p. 55 Si le Ça est bien l’incarnation du Réel on dira que le Moi est à la méconnaissance ce que le Ça est à la connaissance. /…/ le rapport du sujet au signifiant nécessite la structuration du désir dans le fantasme. Le fonctionnement du fantasme implique une syncope temporellement définissable de la fonction du petit « a » qui, forcément, à telle phase du fonctionnement fantasmatique s’efface et disparaît. Cette aphanisis du « a », cette disparition de l’objet en tant qu’il structure un certain niveau du fantasme, c’est cela dont nous avons le reflet dans la fonction de la cause; chaque fois que nous nous trouvons devant ce fonctionnement dernier de la cause, nous devons en chercher le fondement, la racine, dans cet objet caché, dans cet objet en tant que syncopé.

 

cause E839: Il est tout à fait frappant que dans sa Physique ARISTOTE ait /…/ fait le saut /…/ par quoi se démontre que sa physique n’a strictement rien à faire avec la phu­sis  dont HEIDEGGER essaie de nous faire ressurgir le fantôme/…/ il s’en prend pour répondre à la question /…/ “y a-t-il un savoir dans le Réel”, il s’en prend au savoir de l’artisan. /…/ Grâce à ARISTOTE, l’artisan “cause final”. Et puis aussi  pendant qu’il y est /…/ il “cause formel” /…/ Puis après ça /…/ il cause même moyen, cause efficient /…/ et c’est encore heureux si ARISTOTE laisse un bout de rôle à la matière.

 

cause L09 Livre XI, p. 25.chaque fois que nous parlons de cause, il y a quelque chose d’anticonceptuel, d’indéfini […] il y a un trou et quelque chose qui vient osciller dans l’intervalle. Bref il n’y a de cause que de ce qui cloche […] quelque chose de l’ordre du non-réalisé […] du non-né. C’est le rapport aux limbes de la faiseuse d’anges.

 

cause L10 8/5/63, p.5. La cause donc, la cause surgit toujours en corréla­tion du fait que quelque chose est omis dans la considé­ration de la connaissance, quelque chose qui est précisé­ment le désir qui anime la fonction de la connaissance [point aveugle de la connaissance]. /…/ Déjà bien avant FREUD -ai-je besoin d’évoquer NIETZSCHE- /…/ d’autres ont mis en question ce qu’il y a de désir sous la fonction de connaître; d’autres se sont interrogés sur ce que veut PLATON, qui  lui fasse croire à la fonction centrale, originelle, créatrice, du Souverain bien, sur ce que veut ARISTOTE, qui, lui, fait croire à ce singu­lier premier moteur qui vient se mettre à la place du nous anaxagorique /…/ et qui soutient tout le cosmos. [LACAN dénonce le mythe de l’origine psychologique de la connaissance] .

 

cause L10 16/1 4: Cette notion de cause /…/ pour l’imager, ce n’est pas par hasard que je me servirai du fétiche comme tel, où se dévoile cette dimension de l’objet comme cause du désir. Car ce n’est pas le petit soulier, ni le sein, ni quoi que soit où vous incarniez le fétiche, qui est désiré. /…/ ce que tout un chacun sait, c’est que pour le fétichiste, il faut que le fétiche soit là, qu’il est la condition dont se soutient le désir. /…/ quand il s’agit de l’angoisse, le rapport que FREUD indique avec la Libidoaushalt, nous avons là à faire avec un terme qui est entre Aushaltung (qui indiquerait quelque chose de l’ordre de l’interruption, de la levée) et Inhalt (qui serait le contenu). Ce n’est ni l’un ni l’autre; c’est le soutien de la libido.

 

cause L10 12/12/62 p. 11: Quand une trace a été faite pour qu’on la prenne pour une fausse, là nous savons qu’il y a un sujet comme cause et la notion de cause n’à aucun autre support que celui-là.

 

cause L10 19/12/62 p.8: L’angoisse c’est la cause du doute.

 

cause L13 8/12 5 10

 

cause L20 27 Le signifiant c’est la cause de la jouissance. Sans le signifiant comment aborder cette partie du corps? Comment sans le signifiant centrer ce quelque chose qui, de la jouissance, est la cause  matérielle? Si flou, si confus que ce soit, c’est une partie qui, du corps, est si­gnifiée dans cet apport. J’irai maintenant tout droit à la cause finale, finale en tous les sens du terme. En ceci qu’il en est le terme, le signifiant c’est ce qui fait halte à la jouissance. /…/ L’efficience, dont ARISTOTE nous fait la troisième forme de la cause, n’est rien enfin que ce projet dont se limite la jouissance. /…/ Et l’étreinte, l’étreinte confuse d’où la jouissance prend sa cause, sa cause dernière, qui est formelle, n’est-elle pas de l’ordre de la grammaire qui la commande?

 

cause L21 23/4 147-148:

 

cause L22 18/2 ORN4 105 ARISTOTE était populiste, c’est l’artisan qui donne le modèle de ses causes. Toute la superbe du nous se réduit à ça, ce qui fait que sa théorie a été ac­cueillie à bras ouverts partout où la métaphore du potier prime. Une main divine a fait le pot. Mais Dieu s’oc­cupe-t-til toujours de le faire tourner? Le laisse-t-il tourner tout seul? Raffinements du savoir.

 

cause E839: La rétroaction du signifiant en son efficace /…/ c’est même à démontrer que c’est la seule et vraie cause première [acéphalie], que l’on verrait se rassembler l’apparence discordante des quatre causes d’ARISTOTE, -les analystes pourraient, de leur terrain, à cette reprise contribuer. /…/ Ce qui va suivre amorcera le trait qui commande la relation de fonctionnement entre ces formes: leur articulation circulaire mais non réciproque [jeu de mourre].

 

cause L13 8/12 5 10: Le bout de craie devient objet de science dès le moment où vous partez de ce point qui consiste à le considérer comme manquant. /…/ Je ne peux pas perdre l’occasion d’agrafer au passage ce que signifie la cause matérielle, si vous êtes philosophe. Je vous dirais que la matière, que la moutarde /…/ remplit le vide. ARISTOTE qui était pourtant si bien orienté dans sa conception de l’espace était fort  loin de cette étendue terriblement glissante /…/ dans les sciences mathéma­tiques et physiques; il avait bien vu que le lieu c’était ce qui permettait de donner de l’espace une conception qui ne s’étendait pas indéfiniment, /…/ après avoir défini le lieu comme le dernier contenant /…/ il était grec, il n’avait pas lu la Bible, il n’a pas  pu admettre qu’il y ait du vide séparé des objets [kénose], alors il a rempli le pot de moutarde; c’est pour ça qu’on y est resté pendant un certain nombre de siècles. Est-ce dire que la cause matérielle c’est le pot, création divine comme toute création de la parole, ce qui est dit textuellement dans la Genèse? Mais non /…/ des  pots nous en trouvons des tas dans les tombes /…/ c’est bien du côté du trou qu’il faut chercher la cause matérielle.

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