Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

ÊTRE PENSER

 

Être/penser impossible L09 10/1 145: C’est en tant que ce “je pense” impossible passe à quelque chose qui est de l’ordre du préconscient qu’il implique /…/ que ce “pense” envoie à un “je suis”, qui désormais n’est plus que le x de ce sujet que nous cherchons, à savoir de ce qu’il y a au départ pour que puisse se produire l’identification de ce “je pense”

 

être penser L14 11/1 LEF2 15 L’importance du cogito cartésien dans la tradition philosophique vient du fait qu’au rapport de la pensée à l’être, dont on peut suivre le pathétique cheminement dans les formulations d’ARISTOTE interrogeant ce que c’était l’être avant que j’en parle; ou c’était veut dire aussi bien “ce qui vient de disparaître” que “ce qui allait être”; à ce rapport donc, DESCARTES substitue pure­ment et simplement l’instauration de l’être du “Je” et la détermination corrélative de l’étant comme objectivité. A la question: “il y a-t-il un être du “je” en dehors du discours?” le cogito a donc pour fonction de répondre en tranchant; et l’intéressant est de voir comment il y parvient; nommément, en faisant de “l’ergo sum” un “l’ergo sum cogité” et en introduisant l'”ergo” comme signe de la nécessité de prendre sur le long chemin du penser à l’être le raccourci d’être celui qui pense.

 

être penser L15 24/1/115

 

être penser L19 8/3 5 Ce qui est écrit sait-il penser? Voilà la question. On peut ne plus pouvoir dire par qui ça s’est pensé /…/ La queue de la pensée /…/ c’est le sujet lui-même. Le sujet en tant qu’hypothétique de ces pensées. Cet “hypothé­tique” on vous en a tellement rabattu les oreilles depuis ARISTOTE, dans hypokaimenon, qui était pourtant bien clair; on en a fait une telle chose qu’une chatte n’y re­connaîtrait pas ses petits. J’vais l’appeler la traîne /…/ l’effet de comète, que j’ai appelé la queue de pensée, et qui est peut-être bien le phallus.

 

être penser L19 15/3 6 PLATON enfin, essaie d’avancer à dire, comme il peut, faute qu’il ait à sa disposition d’autres mots “s’il est Un”; car il manie justement là la fonction de suppléance de ce qui ne s’accentue pas comme en français de l'”Il y a [d’l]Un “/…/ Ce qu’il en démontre immédiatement c’est que il ne saurait y avoir aucun rapport avec quoi que ce soit [dyade] /…/ en tant que dans l’expérience de penser elle [la dyade] est partout /../ Ce qu’il commence par démontrer est /…/ qu’à prendre l’Un par le moyen d’une interrogation discursive (et qui est là interrogé, ce n’est évidemment pas le pauvre petit, le cher mignon dé­nommé ARISTOTE) /…/ il est clair que comme dans tout dialogue platonicien y a pas trace d’interlocuteur/…/ Ça ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de présence au fond du dialogue platonicien /…/ C’est ça le dialogue: naturel­lement quand c’est l’Un qui parle.

 

être penser L19 15/3/72 13 L’un donc ici, précisément, semble se perdre et porter à son comble ce qu’il en est de l’existence, /…/ en tant que surgissement du plus difficile à atteindre, du plus fuyant dans l’énonçable. Et c’est ce qui m’a fait trouver, à cet exaiphnès [le subit] /…/ dans ARISTOTE lui-même, à m’apercevoir qu’en fin de compte il y a émergence de ce terme d’exister quelque part dans la Physique, /…/ au livre IV /…/. ARISTOTE le définit comme justement ce quelque chose qui /…/ dans un temps qui ne peut être senti /…/ en raison de son ex­trême petitesse /…/ “ce qui n’existe qu’à n’être pas”. [l’unien, anagramme d’ennui].

 

être penser L20 33:L’ontologie c’est ce qui a mis en valeur dans le lan­gage l’usage de la copule, l’isolant comme signifiant. S’arrêter au verbe être /…/ c’est là une accentuation pleine de risques. Pour l’exorciser, il suffirait peut être d’avancer que /…/ rien n’oblige d’aucune façon d’isoler le verbe être. /…/ C’est ce quelque chose qu’ARISTOTE lui-même regarde à deux fois à avancer, puisque, pour désigner l’être, qu’il oppose au to ti esti, à la quiddité, à ce que ça est; il va jusqu’à employer le to ti en einai -de qui se serait produit si était venu à être /…/ ce qui était à être. Il semble que là, le  pédicule se conserve qui nous permet de situer d’où se produit ce discours de l’être -c’est tout simplement l’être à la botte, l’être aux ordres. [discours du m’être].

 

être penser L20 64-67: Après tout que puis-je présumer de ce que savait ARISTOTE? Peut-être le lirai-je mieux à mesure que ce savoir, je le lui supposerai moins. /…/ L’amour courtois, c’est pour l’homme, dont la dame était entièrement, au sens le plus servile, la sujette, la seule façon de se tirer avec élégance de l’absence de rapport sexuel. C’est dans cette voie que j’aurai affaire -plus tard /…/ à la notion de l’obstacle, à ce qui dans ARISTOTE /…/ s’appelle justement l’obstacle, l’enstasis. /…/ l’enstasis, l’obstacle logique aristotélicien que javais gardé pour la bonne bouche . /…/ Vous consulterez ARISTOTE, et vous saurez tout quand j’aborderai enfin cette histoire de l’enstasis. Vous pourrez lire à la suite le morceau de la Rhétorique et les deux morceaux des Topiques  qui vous permettront de savoir en clair ce que je veux dire quand j’essaierai de réintégrer dans ARISTOTE mes quatre formules, le il n'existe pas x non phi de x et la suite. /…/ La pensée est jouissance. Ce qu’apporte le discours analytique, c’est ceci /…/ il y a jouissance de l’être. Si je vous ai parlé de l’Éthique à Nicomaque, c’est justement parce que la trace y est. Ce que cherche ARISTOTE /…/ c’est ce qu’est la jouissance de l’être. /…/ Et je ne vois pas en quoi c’est déchoir aux idéaux du matérialisme /…/ que de reconnaître la raison de l’être de la signifiance dans la jouissance, la jouissance du corps. Mais un corps, vous comprenez, depuis DÉMOCRITE, ça ne paraît pas assez matérialiste. Il faut trouver des atomes /…/ Ce n’est pas pour rien qu’à l’occasion ARISTOTE /…/ cite DÉMOCRITE, car il s’appuie sur lui. En fait l’atome est simplement un élément de signifiance volant, un stoi­keion tout simplement.

 

être penser L20 91 L’imputation de l’inconscient est un fait de charité incroyable. Ils savent, ils savent, les sujets. Mais enfin, tout de même, ils ne savent pas tout. Au niveau de ce pas-tout, il n’y a plus que l’Autre à ne pas savoir./…/ si sa libido n’est que masculine, la chère femme, ce n’est que de là qu’elle est toute, c’est-à-dire là d’où on la voit homme, rien que de là  que la chère femme peut avoir un inconscient. Et à quoi ça lui sert? /…/ à n’exister que comme mère. /…/ J’ai joué la dernière fois /…/ de l’équivoque /…/ il hait  et il est. . Je n’en jouis pas, sinon à poser la question qu’elle soit digne de la paire de ci­seaux. C’est justement de quoi il s’agit dans la castration. Que l’être comme tel provoque la haine n’est pas ex­clu. Certes toute l’affaire d’ARISTOTE a été au contraire de concevoir l’être comme étant ce par quoi les êtres moins êtres participent au plus haut des êtres. Et Saint THOMAS a réussi à introduire ça dans la tradi­tion chrétienne. /…/ Mais se rend-on compte que tout dans la tradition juive va là contre? La coupure n’y passe pas du plus parfait au moins parfait. Le moins par­fait y est tout simplement ce qu’il est, à savoir radicale­ment imparfait.

 

être penser L20 101: Quel rapport peut-il bien y avoir entre l’articula­tion qui constitue le langage, et une jouissance qui se ré­vèle être la substance de la pensée /…/ Cette jouissance est celle qui fait que Dieu c’est l’être suprême, et que cet Être suprême ne peut, dixit ARISTOTE, rien être d’autre que le lieu d’où se sait quel est le bien de tous les autres. /…/ Ce n’est pas très étonnant qu’on n’ait pas su comment serrer, coincer, faire couiner la jouissance en se servant de (de ce qui paraît le mieux pour supporter l’inertie du langage, à savoir) l’idée de la chaîne, des bouts de ficelle, autrement dit.

 

être penser L20 130 C’est ici que nous allons revenir à ARISTOTE. /…/ ARISTOTE a pris le parti de ne donner d’autre défini­tion de l’individu que le corps /…/ ce qui se maintient comme Un, et non pas ce qui se reproduit. La différence entre l’idée platonicienne et la définition aristotélicienne de l’individu comme fondant l’être, nous sommes encore autour. La question qui se pose au biologiste est bien de savoir comment un corps se reproduit. /…/ Le corps /…/ Est-ce ou n’est-ce pas le savoir de l’Un? /…/ Qu’est-ce que veut dire Y a d’l’Un? Du un entre autres, et il s’agit de savoir si c’est quel qu’il soit, se lève un S1, un essaim signifiant, un essaim bourdonnant. Ce S1 de chaque signifiant, si je pose la question est-ce d’eux que je parle? je l’écrirai d’abord de sa relation à S2 /…/ C’est l’essaim dont je parle: S1 (S1 (S1 (S1 ——->S2)))

 

être penser KS 569 Joyce le Sinthome, 1975. ARISTOTE, PACON contrairement au BACON de même rime, écrit que l’homme pense avec son âme. En qui se prouverait que LOM l’a, elle aussi, ce qu’ARIS­TOTE traduit du nous. Je me contente moi de dire: nœud; moins de barouf. Nœud de quoi à quoi, je ne le dis pas, faute de le savoir, mais j’exploite que trinité, LOM ne peut cesser de l’écrire depuis qu’il s’immonde. Sans que la préférence de Victor COUSIN pour la tri­nité y rajoute: mais va pour, s’il veut, puisque le sens, là c’est trois; le bon sens, entends-je.

Print Friendly, PDF & Email