Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

 ÊTRE

 

  1. être E171: Car Napoléon ne se croyait pas du tout Napoléon, pour fort bien savoir par quels moyens Bonaparte avait produit Napoléon, et comment Napoléon /…/ en soutenait à chaque instant l’existence. S’il se crut Napoléon [c’est pour convaincre la postérité -condition requise- qu’il avait été vraiment Napoléon] /…/. Ne croyez pas que je m’égare, dans un propos qui ne doit nous porter à rien moins qu’au cœur de la dialectique de l’être, -car c’est bien en un tel point que se situe la méconnaissance essentielle de la folie, que notre malade manifeste parfaitement.

 

  1. être E41 Ce conseil [lire la lettre volée] d’ordinaire, n’était pas suivi: le goût de l’écueil étant l’ornement du persévérer dans l’être.

 

  1. être E527-528: FREUD, par sa découverte, a fait rentrer à l’intérieur du cercle de la science cette frontière entre l’objet et l’être qui semblait marquer sa limite. Que ceci soit le symptôme et le prélude d’une remise en question de la situation de l’homme dans l’étant, telle que l’ont supposée jusqu’à présent tous les postulats de la connaissance /…/ Si je parle de la lettre et de l’être, si je distingue l’autre et l’Autre, c’est parce que FREUD me les indique comme les termes où se réfèrent les effets de résistance et de transfert /…/ Car le symptôme est une métaphore /…/ comme le désir est une métonymie /…/ je vous invite à vous indigner qu’après tant de siècles /…/ rien n’ait été encore valablement articulé de ce qui lie la métaphore à la question de l’être et la métonymie à son manque.

 

  1. être E575: Une perspective qui n’isole pas la relation de SCHREBER à Dieu de son relief subjectif, la marque de traits négatifs qui la font apparaître plutôt mélange qu’union de l’être à l’être /…/ ne montre rien /…/ de la Présence et de la joie qui illuminent l’expérience mystique /…/

 

  1. être E615 Soyons juste, le progrès humaniste d’ARIS­TOTE à Saint François (de Sales) n’avait pas comblé les apories du bonheur. /…/ C’est bien dans le rapport à l’être que l’analyste a à prendre son niveau opératoire, et les chances que lui offre à cette fin l’analyse didac­tique ne sont pas seulement à calculer en fonction du problème supposé déjà résolu pour l’analyste qui l’y guide. Il est des malheurs de l’être que la prudence des collèges et cette fausse honte qui assure les dominations, n’osent pas retrancher de soi.

 

  1. être ÊTRE L01 254: C’est la parole qui instaure dans la réalité le mensonge. Et c’est précisément parce qu’elle introduit ce qui n’est pas qu’elle peut aussi introduire ce qui est. Avant la parole rien n’est ni n’est pas. Tout est déjà là sans doute mais c’est seulement avec la parole qu’il y a des choses qui sont -qui sont vraies ou fausses-, c’est-à-dire qui sont et des choses qui ne sont pas. C’est avec la dimension de la parole que se creuse dans le réel la vérité. Il n’y a ni vrai ni faux avant la parole. Avec elle s’introduit la vérité et le mensonge aussi, et d’autres registres encore. Plaçons-les /…/ dans une sorte de triangle à trois sommets. /…/ [Le mensonge, la méprise et ambiguïté] La parole est par essence ambiguïté. Symétriquement se creuse dans le réel le trou, la béance de l’être en tant que tel. La notion d‘être, dès que nous essayons de la saisir, se montre aussi insaisissable que la parole. Car l’être, le verbe même, n’existe que dans la texture du réel, l’un et l’autre se tiennent et se balancent, ils sont exactement corrélatifs.

 

  1. être du sujet L01 256: Par être du sujet nous n’entendons pas ses propriétés psychologiques mais ce qui se creuse dans l’ex­périence de la parole, en quoi consiste la situation analytique.

 

  1. être L01 257: L’homme naît essentiel et quand le monde disparaît l’accidentel s’évanouit; l’être demeure.

 

  1. être L02 139 Être, ombilic.

 

  1. être L02 354 22/6/55: Chez l’homme /…/ ce qui n’est pas venu à temps reste suspendu. C’est de cela qu’il s’agit dans le refoulement. Sans doute quelque chose qui n’est pas exprimé n’existe pas. Mais le refoulé est toujours là, qui insiste et demande à être. Le rapport fondamental de l’homme à cet ordre symbolique est très précisément celui qui fonde l’ordre symbolique lui-même- le rapport du non-être à l’être. L02 261:
  2. être L03 p.339: WAHL HEIDEGGER DERRIDA durer Nous ne pouvons pas puiser tout ce qui nous est proposé au­tour de l’analyse de ce verbe être, par les philosophes qui ont centré leur méditation autour de la question du Dasein, et spé­cialement M. HEIDEGGER, lequel a commencé à l’envisager sous l’angle grammatical et étymologique dans des textes as­sez fidèlement commentés dans quelques articles que M. Jean WAHL leur a consacré récemment. M. HEIDEGGER donne beaucoup d’importance au signifiant, au niveau de l’analyse du mot et de la conjugaison, comme on dit couramment, di­sons plus clairement de la déclinaison. An allemand comme en français, ce fameux verbe être est loin d’être un verbe simple, et même d’être un seul verbe. Il est évident que la forme suis n’est pas de la même racine que es, est, êtes et que fut, et il n’y a pas non plus stricte équivalence avec la forme été. Si fut a son équivalent en latin, ainsi que suis, la série de est, été, vient d’une autre source, de stare. La répartition est également différente en allemand ou sind se groupe avec bist, alors qu’en français la deuxième personne est groupée avec la troisième. On a peu à peu dégagé pour les langues européennes trois ra­cines, celles qui correspondent à sommes, à est  et à fut, que l’on  rapproche de la racine phusis en grec, qui se rapporte à l’idée de vie et de croissance. Pour les autres M. HEIDEGGER insiste sur les deux faces, Stehen, qui se rap­proche de stare, se tenir debout tout seul [cf. Kol, DERRIDA] et Verhalten, durer, ce sens étant tout de même rattaché à la source phusis. Pour M. HEIDEGGER, l’idée de se tenir droit, l’idée de vie et l’idée de durer seraient donc ce qui nous livre­rait une analyse étymologique complétée par l’analyse gram­maticale, et ce serait d’une espèce de réduction et d’indétermi­nation jetée sur l’ensemble de ces sens, que surgirait la notion d’être. Je résume pour vous donner une idée de la chose. Je dois dire qu’une analyse de cet ordre est plutôt de nature à éli­der, à masquer, ce à quoi essaie de nous initier M. HEIDEGGER, à savoir ce qui est absolument irréductible dans la fonction du verbe être, la fonction purement et sim­plement copulaire. On aurait tort de croire que c’est par un vi­rage progressif de ces différents termes, que cette fonction se dégage [il y a donc saut]. Nous posons la question -à quel moment et par quel mécanisme le tu, tel que nous l’avons dé­fini comme ponctuation, mode d’accrochage signifiant indé­terminé, arrive-t-il à la subjectivité? Eh bien, je crois que c’est essentiellement quand il est pris dans la fonction copulaire à l’état pur, et dans la fonction ostensive. Et c’est pour cette rai­son que jai choisi les phrases exemplaires dont nous sommes partis –tu  est celui qui me suivra. /…/ tu est celui qui me suivra  .suppose, dis-je, l’assemblée imaginaire de ceux qui sont les supports du discours, la présence de témoins, voire du tribunal devant lequel le sujet reçoit l’avertissement ou l’avis auquel il est sommé de répondre. A la vérité sauf à répondre je te suis, c’est-à-dire à obtempérer, il n’y a, à ce niveau, pas d’autre réponse possible pour le sujet que de gar­der le message dans l’état même où il lui est envoyé, tout au plus en modifiant la personne, que de l’inscrire comme un élément de son discours intérieur, auquel il a, quoiqu’il en veuille, à répondre pour ne pas le suivre. Cette indication sur le terrain où elle le somme de répondre, il faudrait à propre­ment parler que justement il ne le suive pas du tout sur ce ter­rain, c’est-à-dire qu’il se refuse d’entendre. Dès lors qu’il en­tend, il y est conduit. Le refus d’entendre est une force dont aucun sujet, sauf préparation spéciale, ne dispose véritable­ment. C’est bien dans ce registre que se manifeste la force propre au discours.

 

  1. être L05 22/1/58 16 “to be or not to be” entre être et avoir S#R [identification au phallus] Cette relation n’est pas la même dans la névrose ou dans la psychose que dans la perversion.  /…/ A ce niveau la question qui se pose est “être ou  ne pas être”, “to be or not to be” le phallus. /…/ Vous sentez bien qu’il y a un pas considérable à franchir pour comprendre simplement ce dont il s’agit entre cet être ou n’être pas le phallus, et ce dont il s’agit à un moment quelconque, il faut tout de même l’attendre et le trouver, qui est complètement différent, qui est “en avoir ou pas” /…/ il faut que quelque chose ait été franchi entre l’un et l’autre /…/ pour l’avoir il faut qu’il y ait un moment où il ne l’ait pas eu /…/ il faut d’abord  qu’il ait été posé qu’on ne peut pas l’avoir, que cette possibilité d’être castré est essentielle dans l’assomption du fait de l’avoir, le phallus. /…/ c’est là que doit intervenir /…/ réellement, effectivement, le père /…/ réel..

 

  1. être L06 10/6/59 DI 716 “to be or not to be”[A propos de l’avocat d’Ella Sharpe]: ce sujet, au moment où il approche de son désir, où il y met tout juste le doigt, ou il a à choisir de n’être personne, ou d’être pris, absorbé entièrement, dans le désir dévorant de la femme, que tout de suite il est sommé d’être ou de ne pas être; de faire venir au jour le “to be or not to be” de la seconde partie, qui n’a pas le même sens que dans la première; le “ne pas être” [me funaï] de la structure primordiale du désir, se voit offert à une alternative. Pour être, c’est-à-dire être le phallus, il doit être le phallus de l’autre, le phallus marqué [bagué]; pour être ce qu’il peut être comme sujet il est offert à la menace de ne pas l’avoir.

 

  1. être L06 132 Mais cette position subjective de « l’être en défaut », cette moins-value subjective, ne vise pas qu’il soit mort, elle vise essentiellement ceci qu’il est celui qui ne sait pas [affect = IGNORANCE = insuffisance ; cf. ALLOUCH].

 

  1. 15.     être L06 143 C’est en somme sous ce signifiant, ici tout à fait dévoilé dans sa nature de signifiant, que le sujet vient à s’abolir en tant qu’il se saisit en cette occasion dans son être essentiel, s’il est vrai qu’avec SPINOZA nous puissions dire que cet être essentiel c’est son désir.

 

  1. être L06 157 [ANSATZ : Affects positionnels par rapport à l’être] Il s’agit de ceci qui se produit sous cette forme fermée pour le sujet, en reprenant sa place, son sens par rapport à l’être, confronte le sujet par rapport à l’être, reprenne son sens véritable, celui qui est par exemple défini par ce que j’appellerai les affects positionnels par rapport à l’être.

 

  1. être L06 174 “Il y a un rapport entre le phallus et le grand Autre /…/ Si le phallus a un rapport avec quelque chose, c’est bien plutôt avec l’être du sujet  Car je crois que c’est là le point nouveau, important, que j’essaie de vous faire saisir dans l’introduction du sujet dans la dialectique /…/ des divers étapes de l’identification, à travers le rapport primitif avec la mère, puis avec l’entrée du jeu de l’Oedipe et du jeu de la LOI.
  2. être L06 236 Ce dont il s’agit de la fonction du signifiant phallus par rapport au sujet, l’opposition de ces deux possibilités  du sujet par rapport au signifiant phallus, de l’être ou de l’avoir, est là quelque chose qui est une distinction essentielle. Essentielle pour autant que les incidences ne sont pas les mêmes, que ce n’est pas au même temps du rapport d’identification que l’être et l’avoir surviennent /…/ qu’on ne peut l’être et l’avoir, et que pour que le sujet vienne dans certaines conditions à l’avoir, il faut de la même façon qu’il y ait renoncement à l’être. [-$xFx]

 

  1. être L12 222 La naissance du deux sera concevable quand la différence exacte du grand et du petit viendra s’égaler à Un . /…/ Il est clair qu’elle trahit une fondamentale dissymétrie. C’est de cette dissymétrie qu’il s’agit dans ce qu’il en est toujours de toute appréhension véridique de l’être en tant que sexué; cette même dissymétrie qui vient à se nouer dans la disparité du savoir du sujet.

 

  1. être L12 Livre XII, 13 janv. 1965.[non-sens]:Ce qui veut dire ni absurde, ni insensé : non-sens c’est ce qu’il y a de plus positif, de plus nodal dans l’effet de sens, à savoir dans quelque chose qui s’incarne dans ces effets d’oubli de nom propre, si riches, si éclairants dans le texte de Freud. C’est là que nous trouvons […] la structure du support […] quelque chose […] de plus vrai […] le mot vrai tel que je l’emploie veut dire réel, […] impossible.

 

  1. être L12 Livre XII, séance du 6 janvier 1965) Lacan note que l’oubli : C’est l’opération de ce point d’émergence […] par où ce qui ne peut se traduire par le manque vient à l’être”

 

  1. être L15 15/11 8: Cet ordre des positions subjectives de l’Être qui était le vrai sujet, le titre secret de la seconde année d’enseignement que j’ai fait ici sous le non me Problèmes cruciaux, se référait à la distinction de l’ensemble et de la classe. La fonction d’objet en tant que “a” prend toute sa valeur d’opposition subjective.

 

  1. être L16 4/6 9: “Le psychanalyste, en tant qu’il incite le sujet /…/ à la rencontre d’un sujet supposé savoir /…/ s’il est vrai qu’l sait ce qu’est une psychanalyse /…/ comment peut-il cet acte y procéder sachant /…/ qu’au terme de l’analyse /…/ il choit à devenir lui-même “la fiction rejetée”. /…/ Quel objet “a” est-il à  prendre pour marquer seulement ce sujet de la vérité qui se présente comme division ($) /…/ L16 4/6 9 Est-ce que vous ne sentez pas là que nous nous trou­vons à ce point nœud qui est celui déjà proprement marqué dans la logique d’ARISTOTE, et qui motive l’ambiguïté de la substance et du sujet de l’hypokaime­non, pour autant qu’il n’est logiquement rien d’autre que ce que la logique mathématique, peu après, a pu isoler dans la fonction de la variable, c’est à savoir ce qui n’est rien que désignable par une proposition prédicative. L’ambiguïté tout au long du texte aristotélicien se main­tient, non pas sans être distinguée à la façon d’une tresse entre cette fonction parfaitement isolée par lui d’hypo­kaimenon et celle d’ousia [qu’il vaudrait mieux traduire par Être, ou par Etance, par le Wesen  de HEIDEGGER.

 

  1. être L17 20/5 11: Il faut tout de même le temps de s’apercevoir  que de toutes ces choses qui la peuplent l’alétosphère, /…/ c’est parce que nous supposons que cette vérité formalisée elle a suffisamment statut de vérité au niveau où elle opère, mais au niveau de l’opéré, de ce qui se promène, elle n’est pas du tout dévoilée. La preuve c’est que cette voix humaine, elle dévoile pas du tout sa vérité; nous appellerons alors ça à l’aide de l‘aoriste [L’aoriste s’emploie souvent au lieu du présent, s’il s’agit  d’une vérité d’expérience, d’un fait habituel et souvent vérifié (aoriste d’habitude). L’aoriste [grec] ]correspond à notre plus-que-parfait, surtout dans les propositions relatives.  [L’aoriste s’emploie souvent au lieu du présent, s’il s’agit  d’une vérité d’expérience, d’un fait habituel et souvent vérifié (aoriste d’habitude   [Umberto ECO, 1980/88, Le signe, Livre de posche/essais, p. 253-4)

 

  1. être L17 20/5 7: 1/a+1=a  /…/ c’est au niveau de cette cause que nous touchons l’ordre initial de ce qu’il en est du manque à être, en ceci: que l’être ne s’affirme que de la marque d’abord du 1, et que tout le reste est réel ensuite. Notamment celle du 1 en tant qu’il enveloppe, en tant qu’ici il pourrait réunir quoi que ce soit, si ce n’est cette confrontation, cette adjonction, cette pensée de cause, cette répétition qui déjà coûte, qui institue au niveau du “a” la dette au langage; ce quelque chose qui est à payer à celui qui introduit son signe, à ce quelque chose qui d’une nomenclature qui essaie de lui donner son poids historique l’intitule ici /…/ du terme Mehrlust.

 

  1. être L17 8/4 17 Radiophonie: L’être (l’ontologie) de la psychanalyse.

 

  1. être L17 Livre XVII, 8 avril 1970, p. 19.Il ne faut pas oublier que dans la psychanalyse le falsus est causal de l’être en procès de vérification. Freud sans doute à son époque n’avait pas à connaître plus en ce champ que la clé de Brentano qui est parfai­tement repérable quoique discret dans un texte comme celui de l’affaire Magnot.

 

  1. être L18 17/2 14: Le phallus c’est l’organe en tant qu’il est (EST); il s’agit de l’être en tant qu’il est la jouissance féminine. Voilà où est, en quoi réside l’incompatibilité de l’être et de l’avoir.

 

  1. être L19 15/12 7: Est-ce que le principe c’est l’Un, est-ce que le principe c’est l’être? /…/ Ça s’embrouille vachement parce que comme il faut à tout prix que l’un soit et que l’être soit un, nous perdons les pédales, car justement il y a moyen de ne pas déconner qu’à les séparer sévèrement. C’est ce que nous essayerons de faire par la suite.

 

  1. être L19 15/12/1972 10-11C’est formidablement jouissif, la logique, justement parce que ça tient du champ de la castration.

 

  1. être L20 130 “C’est ici que nous allons revenir à ARISTOTE. /…/ ARISTOTE a pris le parti de ne donner d’autre défini­tion de l’individu que le corps /…/ ce qui se maintient comme Un, et non pas ce qui se reproduit. La différence entre l’idée platonicienne et la définition aristotélicienne de l’individu comme fondant l’être, nous sommes encore autour. La question qui se pose au biologiste est bien de savoir comment un corps se reproduit. /…/ Le corps /…/ Est-ce ou n’est-ce pas le savoir de l’Un? /…/

 

  1. être L20 33:L’ontologie c’est ce qui a mis en valeur dans le lan­gage l’usage de la copule, l’isolant comme signifiant. S’arrêter au verbe être /…/ c’est là une accentuation pleine de risques. Pour l’exorciser, il suffirait peut être d’avancer que /…/ rien n’oblige d’aucune façon d’isoler le verbe être. /…/ C’est ce quelque chose qu’ARISTOTE lui-même regarde à deux fois à avancer, puisque, pour désigner l’être, qu’il oppose au to ti esti, à la quiddité, à ce que ça est; il va jusqu’à employer le to ti en einai -de qui se serait produit si était venu à être /…/ ce qui était à être. Il semble que là, le  pédicule se conserve qui nous permet de situer d’où se produit ce discours de l’être -c’est tout simplement l’être à la botte, l’être aux ordres. [discours du m’être].

 

  1. être L20 91 “J’ai joué la d’ernière fois /…/ de l’équivoque /…/ il hait  et il est. . Je n’en jouis pas, sinon à poser la question qu’ele soit digne de la paire de ci­seaux. C’est justement de quoi il s’agit dans la castration. Que l’être comme tel provoque la haine n’est pas ex­clu. Certes toute l’affaire d’ARISTOTE a été au contraire de concevoir l’être comme étant ce par quoi les êtres moins êtres participent au plus hauit des êtres. Et Saint THOMAS a réussi à introduire ça dans la tradi­tion chrétienne. /…/ Mais se rend-on compte que tout dans la tradition juive va là contre? La coupure n’y passe pas du plus parfait au moins parfait. Le moins par­fait y est tout simplement ce qu’il est, à savoir radicale­ment imparfait.

 

  1. être L22 21/1/75, ORN 3 p.104: “L’Un de sens c’est l’être, l’être spécifié de l’inconscient en tant qu’il existe, qu’il existe au moins du corps; car il y a une chose frappante c’est qu’il existe dans le discord. Il n’y a rien dans l’inconscient qui au corps fasse accord. L’inconscient est discordant. L’inconscient est ce qui de parler détermine le sujet en tant qu’être, mais être à rayer de cette métonymie dont je supporte le désir, en tant qu’à tout jamais impossible à dire comme tel.

 

  1. être L22 Livre XXII, R.S.I., 1975, séance du 11 mars, paru in Ornicar ?, n° 5, p. 18: “Dans le concept il y a toujours quelque chose de l’ordre de la singerie. La seule différence entre le singe et l’homme c’est que le phallus ne consiste pas moins chez lui en ce qu’il a de femelle qu’en ce qu’il a de mâle  un phallus valant son absence. D’où l’accent spéciale que le parlêtre met sur le phallus, en ce sens que la jouissance y existe. C’est là l’accent propre du réel […] c’est-à-dire le réel comme réel, réel à la puissance 2. Tout ce qu’il connaît du 2, le parlêtre, c’est la puissance, soit un semblant par quoi il reste l’un-seul. C’est ce qu’on appelle l’être, ceci de départ, (-1)2=1. Il doit y avoir un lien entre ça et le sens, soit ce par quoi le 1 s’applique si bien au zéro. C’est Frege qui en a fait la dé­couverte, et j’ai jaspiné en sont temps sur la différence entre Sinn et Bedeutung, où se voit la différence entre 0 et 1, tout en vous suggérant que ce n’est pas une différence, car rien mieux que l’ensemble vide pour suggérer le 1.

 

  1. être L24, Livre XXIV, L’insu que c’est de l’une-bevue s’aile à mourre, in­édit  14 décembre 1977, p. 2 “l’homme sait plus qu’il ne croit savoir. Mais la substance de ce savoir […] n’est rien d’autre que le signifiant en tant qu’il a des effets de signi­fication. L’homme parlêtre […] parle signifiant, avec quoi la notion d’être se confond.

 

  1. être L25 17/1 2: A propos d’être humain: “Un tore ça passe à juste titre pour être troué. Il y a  plus d’un trou chez ce que l’on appelle l’homme. c’en est même une véritable passoire. J’entre-où? Ce point d’interrogation a sa réponse pour tout “tétrume un”. /…/ J’écrirai ça l’a-mort. [“Les t’rumains”] /…/  “les”, signe du pluriel, vaut bien d’être substitué à l’être qui n’est comme on dit qu’une copule, c’est-à-dire ne vaut pas cher /…./ par l’usage qu’on “amphest” amphigourique.

 

  1. être L‘aoriste [grec] correspond à notre plus-que-parfait, surtout dans les propositions relatives]  du même verbe je vais appeler ça des latouses.Le monde est de plus en plus peuplé de latouses /…/ Ça fait jeu de mots avec l’ousia; c’est entre les deux; c’est pas tout à fait l’être.[objets “a”: objets faits pour causer. Pensez-les comme des latouses.]
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