Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

FORT-DA

 

Fort-Da E267: Le rêve a la structure d’une phrase /…/ d’un rébus c’est-à-dire une écriture dont le rêve de l’enfant représente l’idéographie fondamentale. /…/ [p. 276] Par le mot, qui est déjà une présence faite d’absence, l’absence vient à se nommer en un moment original dont le génie de Freud a saisi dans le jeu de l’enfant (Fort-Da) la récréation perpétuelle. Et de ce couple modulé de la présence et de l’absence, qui aussi bien suffit à constituer la trace sur le sable, le trait simple et le trait rompu des Kouans mantiques de la Chine, naît l’Univers des sens d’une langue où l’univers des choses viendra à se ranger.

 

Fort-Da E267: Le rêve a la structure d’une phrase /…/ d’un rébus c’est-à-dire une écriture dont le rêve de l’enfant représente l’idéographie fondamentale. /…/ [p. 276] Par le mot, qui est déjà une présence faite d’absence, l’absence vient à se nommer en un moment original dont le génie de Freud a saisi dans le jeu de l’enfant (Fort-Da) la récréation perpétuelle. Et de ce couple modulé de la présence et de l’absence, qui aussi bien suffit à constituer la trace sur le sable, le trait simple et le trait rompu des Kouans mantiques de la Chine, naît l’Univers des sens d’une langue où l’univers des choses viendra à se ranger.

 

Fort-Da L06 du 12 novembre 1958, p. 29 Ce que la lecture de ce séminaire nous apporte de nouveau, c’est que les effets dépressifs induits par l’image spéculaire de l’autre peuvent être surmontés grâce à une articulation symbolique qui est celle du “fort-da”

 

Fort-Da Freud G.W. IX, p. 114. Fort-Da le hasard, l’Ananke, fonc­tionne comme obstacle à la reconnaissance du narcissisme dans les productions culturelles :Si nous avons le courage de poursuivre plus loin notre quête nous pour­rions nous demander quelle est la part de notre structure psychique qui dans cette créativité projective de notre âme trouverait son reflet et son répondant (Wiederkehr). Il résulte de ceci, qu’en tant que répétition, le Fort/Da s’inscrit autrement qu’une révolution, du fait que quelque chose choit. Lâchant la proie pour l’ombre, c’est Actéon mis en position de se laisser dé­vorer par ses chiens, ou du moins se laisser amputer d’une part qui est l’enforme de ce qu’il en est de lui en tant que chasseur, en tant que structure d’appropriation. Dans le rêve, le rêveur est dans l’entre-deux, dans un Zwischenzustand  (G.W. XI, p. 84.) entre sommeil et veille, car une partie de l’activité de l’âme conditionne le fait que la position narcis­sique du rêveur ne peut s’imposer sans limites.

 

Fort-Da L06 du 12 novembre 1958, p. 29 Ce que la lecture de ce séminaire nous apporte de nouveau, c’est que les effets dépressifs induits par l’image spéculaire de l’autre peuvent être surmontés grâce à une articulation symbolique qui est celle du “fort-da

 

Fort-Da L09 24/01/62 p.200-201: dans la mesure où le sein refoulé ré émerge, ressort dans le symptôme /…/ la chose s’inscrit ainsi:  / sein (a)

sein    phallus

Qu’est-ce que l’« a »? Mettons à sa place la petite balle de ping-pong /…/ n’importe quel support du jeu du jeu d’alternance du sujet dans le fort-da. Là vous voyez qu’il ne s’agit de rien d’autre que du passage du phallus de a+ à a‑, et que par là nous voyons dans le rapport d’identification, puisque nous savons que dans ce que le sujet assimile c’est  lui dans sa frustration, nous savons que le rapport de l’$ à ce 1/A (lui 1 en tant qu’assumant la signification de l’Autre comme tel, a le plus grand rapport avec la réalisation de l’alternance. [Dans] ce  produit de a+ par a‑, qui formellement fait un -a au carré (-a2) nous serrerons pourquoi la négation est irréductible /…/ nous voyons là pointer dans cette formule même du -a2 /…/ la nécessité de la mise en jeu à la racine de ce produit du [phallus], racine de -1 (√-1). Ce dont il s’agit /…/ c’est de la disjonction de a+ et de a‑ /…/ et c’est là que le sujet vient à se loger comme tel, que l’identification à a se faire avec ce quelque chose qui est l’objet du désir.

Fort-Da L09 28/02/62 p.243: nous avons toujours affaire à des cas, au sens propre du terme, à un fatum à proprement parler, puisque notre inconscient est oracle, à autant de hiatus qu’il y a de signifiants distincts, à autant de sauts qu’il se produit de métonymies. C’est parce qu’il y a un sujet qui se marque lui-même ou non du trait unaire qui est un (ou moins un) qu’il peut y avoir un moins a (-a), que le sujet peut s’identifier à la petit balle [FORT/DA] du petit fils de Freud, et spécialement dans la connotation de son manque: il n’y a pas (ens privativum). Bien sûr, il y a un vide et c’est de là que va partir du sujet.

 

Fort-Da L09 BOBINE 06/06/62, p.476: nous pouvons mettre deux tores en tant qu’enchaînés l’un à l’autre, dans un mode de correspondance tel qu’à tel cercle privilégié sur l’un des deux nous avons fait correspondre /…/ cette sorte de cercle tournant dans la forme familière de la bobine, qui nous paraît particulièrement propice à symboliser la répétition de la demande /…/ lui définissant la place du rien /…/ sous la forme de l’autre cercle topologiquement défini dans la structure du tore: l’objet du désir.

 

Fort-Da L09 BOBINE 06/06/62, p.476: nous pouvons mettre deux tores en tant qu’enchaînés l’un à l’autre, dans un mode de correspondance tel qu’à tel cercle privilégié sur l’un des deux nous avons fait correspondre /…/ cette sorte de cercle tournant dans la forme familière de la bobine, qui nous paraît particulièrement propice à symboliser la répétition de la demande /…/ lui définissant la place du rien /…/ sous la forme de l’autre cercle topologiquement défini dans la structure du tore: l’objet du désir.

 

Fort-Da L09 TRAIT UNAIRE ID 09/05/62, p.429: Revenons au fantasme et au petit « a », pour saisir ce dont il s’agit dans cette imaginification [du symbolique: iS] propre à sa place dans le fantasme. /…/ nous ne pouvons l’isoler dans son corrélatif du $, du fait que l’émergence de la fonction de l’objet du désir, comme petit « a » dans le fantasme est corrélative de cette sorte de fading, d’évanouissement du symbolique, qui est cela même que j’ai articulé la dernière fois /…/ comme exclusion déterminée par la dépendance même du sujet de l’usage du signifiant. C’est pourquoi c’est en tant que le signifiant a à redoubler son effet à vouloir se désigner lui-même, que le sujet surgit comme exclusion du champ même qu’il détermine, n’étant alors ni celui qui est désigné, ni celui qui désigne, mais à ceci près /…/ que ceci ne se produit qu’en rapport avec le jeu d’un objet, comme alternance d’une présence et d’une absence. Ce que veut dire d’abord formellement la conjonction de $ avec le « a », c’est que dans le fantasme, sous son aspect purement formel et radicalement, l’absence de « a », et rien que cela devant le petit « a », au niveau /…/ de ce que j’ai appelé l’identification au trait unaire. l’identification n’est introduite, ne s’opère purement et simplement que dans le produit du -a avec le petit « a » /…/ Non pas comme par un jeu mental, mais parce que nous y sommes ramenés par quelque chose qui est /…/ notre mode de quelque chose qui reçoit là légitimement sa formule; le (-a)2 =1 qui en résulte nous introduit à ce qu’il y a de charnel, d’impliqué, dans ce symbole mathématique du A-1=√-1

 

Nous pouvons maintenant y saisir que le sujet n’y maîtrise pas seulement sa privation en l’assumant, c’est ce que dit Freud…

Mais qu’il y élève son désir à une puissance seconde. Car son action détruit l’objet qu’elle fait apparaître et disparaître dans la provocation – au sens propre du mot provocation, par la voix – … dans la provocation antici­pante de son absence et de sa présence. Elle négative ainsi le champ de forces du désir, pour devenir à elle-même son propre objet. Et cet objet prenant aussitôt corps dans le couple symbolique de deux jaculations élémentaires, (le Fort et le Da), annonce dans le sujet l’intégration diachronique de la dichotomie des phonèmes… Ça veut dire simplement que de ce seul fait il a la porte d’entrée dans ce qui existe déjà, la suite des phonèmes qui com­posent une langue, … dont le langage existant offre la structure synchro­nique à son assimilation; aussi bien l’enfant commence-t-il à s’engager dans le système du discours concret de l’ambiance, en reproduisant plus ou moins approximativement dans son Fort et dans son Da les vocables qu’il reçoit de cette ambiance. » Ainsi, ça n’a pas une telle importance, mais c’est du dehors qu’il le reçoit. Fort, Da, c’est bien déjà dans sa solitude que le désir du petit d’homme est devenu le désir d’un autre, d’un alter ego, qui le domine et dont l’objet de désir est désormais sa propre peine.

Que l’enfant s’adresse maintenant à un partenaire imaginaire ou réel, il le verra obéir également à la négativité de son discours, et son appel… » Car n’oubliez pas que quand il dit «Fort», c’est que l’objet est là; et quand il dit « Da », il est absent.

« Et son appel ayant pour effet de le faire se dérober, il cherchera dans une affirmation bannissante… Il apprendra très tôt la force du refus, la provocation du retour qui ramène son objet à ce désir. »

 

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