Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

Idéal du Moi

 

Idéal du Moi E752 : Faut-il, pour éveiller  leur attention, leur montrer le maniement d’un masque qui ne démasque la figure qu’il représente qu’à se dédoubler et qui ne la représente qu’à la remasquer? Leur expliquer de là que c’est quand il est fermé qu’il la [LA FIGURE] compose et quand il est ouvert qu’il la [LA FIGURE] dédouble. /…/ L’idéal du moi  de FREUD, se peint sur ce masque complexe et il se forme, avec le refoulement d’un désir du sujet, par l’adoption inconsciente de l’image même de l’Autre qui de ce désir a la jouissance avec le droit et les moyens. /…/ La parole du père hu­manise le désir [sinon le désir reste clandestin]. [GIDE entre la mort et l’érotisme masturbatoire].

 

Idéal du Moi L01 154: LECLAIRE: La formation de l’Idéal du moi augmente les exigences du moi et favorise au maximum le refoulement. LACAN: L’un est sur le plan imaginaire [le moi], et l’autre sur le plan symbolique [Idéal du moi] -puisque l’exigence de l’Ich-ideal prend sa place dans l’ensemble des exigences de la loi.

 

Idéal du Moi L01 158 : Idéal-Ich: dans le monde animal, tout le cycle de comportement sexuel est dominé par l’imaginaire. /…./ Est-ce que chez l’homme, oui ou non, c’est pareil? Cette image ça pourrait être ça, cet Idéal-Ich dont nous parlions tout à l’heure. Pourquoi pas? Néanmoins, on ne songe pas à appeler ce leurre idéal-Ich. Où le si­tuer alors? /…/ L’animal fait coïncider un objet réel avec l’image qui est en lui /…/ A ce moment des comportement se déclenchent qui guideront le sujet vers son objet, par l’intermédiaire de l’image. /…/ Chez l’homme /../ les manifestations de la fonction sexuelle se carac­térisent par un désordre éminent. Il n’y a rien qui s’adapte. /…/ Il y a là comme un jeu de cache-cache entre l’image et son objet normal. Comment /…/ cette imagination en désordre arrive finalement, quand même, à remplir sa fonction? /…/ De quoi s’agit-il? -sinon de voir quelle est la fonction de l’autre, de l’autre humain, dans l’adé­quation de  l’Imaginaire au Réel [I/R].

 

Idéal du Moi L01 161 Idéal-Ich: Un tel schéma (des deux miroirs) vous montre que l’imaginaire et le réel jouent au même niveau. Pour le comprendre /…/ pensez que ce miroir est une vitre. Vous voyez dans la vitre et vous voyez les objets au-delà. Il s’agit justement de cela -d’une coïncidence entre certaines images et le réel. /…/ Les objets réels qui passent par l’intermédiaire du miroir et à travers lui, sont à la même place que l’objet imaginaire. Le propre de l’image c’est l’investissement par la libido. On appelle investissement libidi­nal ce en quoi un objet devient désirable /…/

 

Idéal du Moi L04 406: Comment concevoir les origines concrètes de l’idéal du moi? Pour ces auteurs /…/ ces origines ne sont pas séparables de celles du surmoi, tout en étant distinctes de celles-ci, c’est-à-dire y étant couplées. Il ne peuvent dès lors concevoir ces origines que sous la forme d’une création de Thanatos. /…/ Bref, les auteurs n’hésitent pas /…/ à attribuer à Thanatos  comme tel la fonction de l’objet. /…/ Aurions-nous été jusqu’à dire qu’en somme, ce n’est que par l’instinct de destruction que nous venons vraiment au contact de quelque objet que ce soit. /…/ Toujours est-il que, dès que le conflit aura éclaté, c’est le fait que cet objet puisse être introjecté à tel degré qui lui donnera son prix et sa valeur. Et aussi bien retrouvons-nous le schéma classique et originel de Freud, de l’introjection d’un objet impératif, interdictif, essentiellement conflictuel.

 

Idéal du Moi L04 407: Freud nous dit en effet que dans la mesure où cet objet, le père par exemple, aura été intériorisé, qu’il constituera le surmoi. Ceci représente au total un progrès /…/ il est plus aisé de se faire aimer de l’idéal du moi que de l’objet qui a été à un moment son original. Il n’en reste pas moins que, tout intériorisé qu’il soit, il continue de constituer une instance incommode. Et c’est bien cette ambiguïté qui amène les auteurs à introduire la thématique d’un champ d’investissement neutre. Dans un deuxième temps s’introduit /…/ la fonction possible de l’idéal du moi dans la Verliebheit, comme aussi bien dans l’hypnose.  /…/ L’idéal du moi, d’ores et déjà constitué, introjecté, peut être projeté sur un objet. A vrai dire, le fait que la théorie classique  ne distingue pas les différents registres du SIR fait que les phases de l’introjection et de la projection apparaissent /…/ arbitraires /…/. C’est pour autant que l’idéal du moi peut être reprojeté sur un objet, que cet objet, s’il vient à vous être favorable /…/ sera pour vous l’objet de l’investissement amoureux au premier chef. *

 

Idéal-Ich L04 414: Le grand Autre intervient dans le rapport du moi au petit autre. Exemplifions-le dans le geste de l’enfant devant le miroir, /…/ qui /…/ se retourne vers l’adulte qui le porte /…/ De cet Autre /…/ que peut-il venir? Nous disons qu’il n’en peut venir que le signe image de ‘a’, cette image spéculaire [i(a)], désirable et destructrice à la fois, effectivement désirée ou non. Voilà ce qui vient de celui vers qui le sujet se retourne, à la place même où il s’identifie à ce moment, en tant qu’il soutient son identification à l’image spéculaire. Dès ce moment originel nous est sensible le caractère /…/ antagoniste du moi idéal. /…/ Ce sera à travers l’évolution /…/ que l’authentique moi viendra au jour et qu’il sera cette fois aimé malgré tout, malgré qu’il ne soit pas la perfection .

 

Idéal du Moi L04 414 moi idéal: Le regard de l‘Autre /…/ comment le sujet l’intériorise-t-il? Ce regard de l’Autre, nous devons le concevoir comme s’intériorisant par un signe. Ça suffit. Ein Einziger Zug. Il n’y a pas besoin de tout un champ d’organisation et d’une introjection massive. Ce point grand I du trait unique, ce signe de l’assentiment de l’Autre, du choix d’amour que le sujet peut opérer, est là quelque part et se règle dans la suite du jeu du miroir. Il suffit que le sujet aille y coïncider dans son rapport avec l’Autre pour que ce  petit signe, cet Einziger Zug, soit à sa disposition. Il y a lieu de distinguer radicalement l’Idéal du moi et le moi idéal. Le premier est une introjection symbolique, alors que le second est la source d’une projection imaginaire. La satisfaction narcissique qui se développe dans le rapport au  moi idéal dépend de la possibilité de référence à ce terme symbolique primordial /…/ Ein Einziger Zug.

 

Idéal du Moi L05 260 : Le schéma nous montre ainsi que c’est à la même place -selon que cela se produit selon la voie consciente  ou par la voie inconsciente – que se produit ce que nous appelons, dans un cas, Idéal du moi, et dans l’autre perversion. La perversion de GIDE ne tient pas tellement dans le fait qu’il ne peut désirer que les petits garçons, que le petit garçon qu’il avait été, i. . La perversion de GIDE consiste en ceci, que là, en E, il ne peut se constituer qu’à perpétuellement se dire – qu’à se soumettre à cette correspondance qui est pour lui le cœur de son œuvre – qu’à être celui qui se fait valoir à la place occupée par sa cousine. /…/ C’est ce qui le met par rapport à elle dans une dépendance mortelle, qui le fait s’écrier  quelque part: Vous ne pouvez savoir ce que c’est que l’amour d’un uraniste. C’est quelque chose comme un amour embaumé.

 

Idéal du moi L05B 19/3/58 3 Nous devons /…/ voir dans quelle économie signifiante ce phallus est impliqué, autrement dit ce quelque chose que l’exploration de Freud a articulé sous cette forme à la sortie de l’œdipe; après le refoulement du désir de l’œdipe le sujet sort nouveau, pourvu de quoi? La réponse est: d’un Idéal du moi. Dans l’œdipe normal, le refoulement qui résulte du franchissement, du “passing” de l’au-delà de l’œdipe il s’est constitué dans le sujet quelque chose qui est vis-à-vis de lui dans un rapport ambigu. /…/ c’est une identification distincte de l’identification du Moi, si tant est qu’ici c’est dans un certain rapport du sujet à l’image du semblable que nous [manque une page!]

 

Idéal du Moi L05 19 mars 1958 31 […] Verwerfung : C’est pour autant que de la part de l’Idéal du Moi le sujet peut se trouver lui-même, dans sa réalité vivante, dans cette posi­tion d’exclusion, que s’établit l’état dépressif comme tel. Mais ce dont il s’agit dans la formation de l’Idéal du Moi est un proces­sus tout opposé : il consiste en ceci en somme, que cet objet qui se trouve confronté à quelque chose que nous avons appelé privation, pour autant qu’il est un désir négatif, que c’est quelque chose qui peut être demandé, que c’est sur le plan de la demande que le sujet se voit refuser ce désir, cette liaison entre le désir en tant que refusé et l’objet.

 

Idéal du Moi L09 14/03/62 p.283, idéal: J’espère que je me suis fait entendre concernant le sujet [de la privation] en tant que je l’ai symbolisé de ce -1, le tour forcément non compté, compté en moins dans la meilleure hypothèse, à savoir quand il a fait le tour du tour, le tour du tore. Le fait que j’ai tout de suite tendu ce fil qui rapporte la fonction de ce (-1) au fondement logique de toute possibilité de fonder l’exception, /…/ qu’en vous traçant mon petit quadrant, à savoir en vous montrant que la seule véritable assurance de l’affirmation universelle est l’exclusion d’un trait négatif: « il n’y a pas d’homme qui ne soit mortel », j’ai pu prêter à une confusion /…/. Le -1 qu’est le sujet à ce niveau en lui-même n’est nullement subjectivé, il n’est question ni de savoir ni de non-savoir. Pour que quelque chose arrive de l’ordre de cet avènement il faut que tout un cycle soit bouclé dont la privation n’est donc que le premier pas. /…/ Le ressort de cette privation réelle je l’ai forgé. Ce n’est donc qu’après un long détour que peut advenir pour le sujet ce savoir de son rejet originel. /…/ Autrement dit, si jamais le sujet, ce qui est son but depuis le temps de Parménide, arrive à l’identification, à l’affirmation que c’est zoauzo, le même que de penser et d’être (hoeih kai einai), à ce moment là il se trouvera lui-même irrémédiablement divisé entre son désir et son idéal /…/ L’idéal c’est ce qu’il y a de réel (non symbolisé) dans le symbolique /…/.

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