Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

Identification

 

identification E89 : Ainsi sait-on que l’enfant perçoit certaines situations affectives, l’union particulière, par exemple, de deux individus dans un groupe, avec une perspicacité bien plus immédiate que celle de l’adulte ; celui-ci, en effet /…/ est inhibé tant dans la connaissance humaine que dans la conduite de ses relations, par les catégories conventionnelles qui les censurent. Mais l’absence de ces catégories sert moins l’enfant /…/ que ne le fait la structure primaire de son psychisme en le pénétrant d’emblée du sens essentiel de la situation. Mais ce n’est pas là tout son avantage : il emporte en outre, avec l’impression significative, le germe qu’il développera dans toute sa richesse, de l’interaction sociale qui s’y est exprimée. C’est pourquoi le caractère d’un homme peu développer une  identification parentale qui a cessé de s’exercer depuis l’âge limite de son souvenir. Ce qui se transmet par cette voie psychique ce sont ces traits qui dans l’individu donnent la formation particulière de ses relations humaines, autrement dit sa personnalité. Mais ce que la conduit de l’homme reflète alors, ce ne sont pas seulement ces traits, qui pourtant sont souvent les plus cachés, c’est la situation actuelle où se trouvait le parent, objet de l’identification, quand elle s’est produite, situation de conflit ou d’infériorité dans le groupe conjugal, par exemple.

 

identification E98 : Ce moment où s’achève le stade du miroir inaugure, par l’identification à l’imago du semblable et le drame de la jalousie primordiale (si bien mis en valeur par l’école de Charlotte Bühler dans les faits de transitivisme enfantin), la dialectique qui dès lors lie le « je » à des situations socialement élaborées. C’est ce moment qui décisivement fait basculer tout le savoir humain dans la médiatisation par le désir de l’autre.

 

identification E110 Thèse IV: L’agressivité est la tendance corrélative d’un mode d’identification que nous appelons narcissique et qui détermine la structure formelle du moi de l’homme et du registre d’entités caractéristiques de son monde.

 

identification E278: Cette même fonction de l’identification symbolique par où le primitif se croit réincarner l’ancêtre homonyme et qui détermine chez l’homme moderne une récurrence alternée des caractères, introduit donc chez les sujets soumis à ces discordances de la relation paternelle une dissociation de l’Oedipe où il faut voir le ressort constant de ses effets pathogènes . Même en effet représentée par une seule personne, la fonction paternelle concentre en elle des relations imaginaires et réelles, toujours plus ou moins inadéquates à la relation symbolique qui la constitue essentiellement . C’est dans le Nom-du-Père  qu’il nous faut reconnaître le support de la fonction symbolique qui, depuis l’orée des temps historiques, identifie sa personne à la figure de la loi .

 

identification E360 L’identification narcissique/…/ laisse le sujet /…/ plus  offert que jamais à cette figure obscène et féroce que l’analyse appelle le Surmoi, et qu’il faut comprendre comme la béance ouverte dans l’imaginaire par tout rejet (Verwerfung) des commandements de la parole . Et nul doute qu’une analyse didactique n’ait ces effets si le sujet n’y trouve rien de plus propre à témoigner de l’authenticité de son expérience,  par exemple de s’être énamouré de la personne qui lui ouvrait la porte chez son analyste en la prenant pour l’épouse de celui-ci . /…/ mais dont il n’a guère à se targuer d’y avoir pris la connaissance vécue de l’Oedipe /…/ car à s’en tenir là, il n’aura vécu rien de plus que le mythe d’Amphitryon /…/ .

 

identification FREUD  Totem et tabou, p.132: “…si nous prenons un certain recul et si nous admettons que primitivement les femmes qui venaient d’apprendre qu’elles étaient enceintes, étaient ce faisant tentées d’attribuer la paternité de leur enfant à la plante, à la pierre, à l’objet qui, par chance, se trouvait au centre de leur fantasme au moment de la révélation de leur état de grossesse et qu’ainsi elles se trouvaient ancrées dans la conviction qu’elles devenaient porteuses de cet objet sous une forme humaine, alors nous sommes en droit d’estimer que l’identification de l’individu à son totem est réellement fondée sur le désir, sur la croyance, de la mère et que tous les interdits totémiques (à l’exclusion de l’exogamie) dérivent de cet état de choses.

 

 

IDENTIFICATION KS 236 [“Quelques réflexions sur l’Ego”, IJP, vol. 34, 1953]. La signification du phénomène, appelé membre fantôme, est encore loin d’être épuisée. L’aspect qui me semble le plus intéressant à noter est /…/ la  permanence d’une douleur qui ne peut être expliquée par une irrita­tion locale. /…/ Les effets de la lobotomie frontale /…/ nous conduisent à suspecter que le cortex cérébral fonc­tionne comme un miroir et qu’il est le lieu où les images sont intégrées dans la relation libidinale que nous laisse entendre la théorie du narcissisme. Jusque là tout est clair. Nous avons cependant laissé de côté la question de la nature de l’Imago elle-même. /…/ Nous psychana­lystes, réintroduisons là une idée délaissée par la science expérimentale, à savoir l’idée d’ARISTOTE de morphé. Livre XV, inédit, L’acte psychanalytique, 1968, séance du 10 janv). Dans la sphère relationnelle, pour autant qu’elle concerne l’histoire de l’individu, nous saisissons seule­ment les images extériorisées, et maintenant, c’est le problème platonicien de reconnaître leur signification qui demande une solution. Tout bien considéré, les bio­logistes devront nous suivre dans ce domaine, et le concept d’identification [du tout à la partie] que nous avons élaboré empiriquement est la seule clé des faits qu’ils ont déjà rencontrés.

 

identification L01 83: Identification primaire chez Dick (M. KLEIN).

 

identification Cotard L02 278 Je n’ai pas de bouche /…/ Dans la mesure où s’opère l’identification de l’être à son image pure et simple, il n’y a pas non plus de place pour le changement, c’est-à-dire la mort. /…/ Dans la mesure où le sujet s’identifie symboliquement avec l’imaginaire, il réalise en quelque sorte le désir.

 

identification L03 193 [La prochaine fois] nous mettrons en valeur les dissymétries que FREUD a toujours soulignées dans le complexe d’Oedipe, et qui confirment la distinction du symbolique et de l’imaginaire /…/ Pour la femme, la réalisation de son sexe ne se fait pas dans le complexe d’Oedipe, d’une façon symétrique à celle de l’homme, non pas par identification à la mère, mais au contraire par identification à l’objet paternel, ce qui lui assigne un détour supplémentaire . Mais le désavantage où se trouve la femme quant à l’identité de son propre sexe, quant à sa sexuation comme telle, se retourne dans l’hystérie en un avantage, grâce à son identification imaginaire au père, qui  lui est parfaitement accessible, en raison spécialement de sa place dans la composition de l’Oedipe .

 

identification L03 200: c’est dans l’ordre de l’imaginaire que se situe la relation d‘identification à partir de quoi l’objet se réalise comme objet de concurrence. Le domaine de la connaissance est fondamentalement inséré dans la primitive dialectique paranoïaque de l’identification au semblable. C’est de là que part la première ouverture d’identification à l’autre, à savoir un objet.

 

identification L03  224 Si ces registres de l’être [homme, femme] sont quelque part, c’est en fin de compte dans les mots . Il n’est pas forcé que ce soit des mots verbalisés . Il se peut que ce soit un signe sur une muraille /…/ Ce n’est pas une nouveauté . Quand nous disons que le complexe d’Oedipe est essentiel pour que l’être humain puisse accéder à une structure humanisée du réel, cela ne peut vouloir dire autre chose ./…/ pour qu’il y ait réalité, pour que le sentiment de la réalité soit un juste guide, accès suffisant à la réalité, il faut que le complexe d’Oedipe ait été vécu . Or nous ne pouvons articuler ce complexe /…/ que dans la  mesure où le sujet est à la fois lui-même et les deux autres des partenaires . C’est ce qui signifie le terme d’identification /…/ il y a donc là intersubjectivité, et organisation dialectique . Cela est impensable si le champ que nous avons localisé sous le nom d’Oedipe n’a pas une structure symbolique .

 

identification L04 405: La notion d’intérieur est une fonction topologique capitale dans la pensée analytique, puisque même l’introjection s’y réfère. Le champ organisé y est considéré assez naïvement  dans la mesure où les distinctions ne sont nullement faites à cette époque entre l’imaginaire et le réel. /…/ Nous sommes bien forcés à dire qu’en gros il faut nous représenter ce champ  /…/ comme une surface ou un volume, /…/ comme une forme de quelque chose qui, du fait qu’il est organisé à l’image de quelque chose d’autre, se présente comme donnant son support et son fondement à l’idée d’identification.  Bref il s’agit d’une différentiation produite  à l’intérieur d’un certain champ topique par l’opération particulière qui s’appelle l’identification. C’est sur ces formes identifiées que les auteurs se posent des questions. /…/ Il y a dans certains propos du texte de Freud auxquels ils se réfèrent /…/ l’amorce de la solution ici promue de façon accentuée. Cette solution consiste à supposer que le champ en question a la propriété d’être investi d’une énergie neutre. /…/ Et ce champ neutralisé, voilà ce à partir de quoi il va nous être développé dans cet article le sort du Trieb /…/ . Il s’agit de concevoir ce champ et sa fonction économique d’une manière qui le rende utilisable autant dans sa fonction propre d’idéal du moi que dans le fait que c’est à la place de cet idéal du moi que l’analyste sera appelé à fonctionner. /…/

 

identification L04 414: Le grand Autre intervient dans le rapport du moi au petit autre. Exemplifions-le dans le geste de l’enfant devant le miroir, /…/ qui /…/ se retourne vers l’adulte qui le porte /…/ De cet Autre /…/ que peut-il venir? Nous disons qu’il n’en peut venir que le signe image de ‘a’, cette image spéculaire, désirable et destructrice à la fois, effectivement désirée ou non. Voilà ce qui vient de celui vers qui le sujet se retourne, à la place même où il s’identifie à ce moment, en tant qu’il soutient son identification à l’image spéculaire. Dès ce moment originel nous est sensible le caractère /…/ antagoniste du moi idéal. /…/ Ce sera à travers l’évolution /…/ que l’authentique moi viendra au jour et qu’il sera cette fois aimé malgré tout, malgré qu’il ne soit pas la perfection .

 

identification L05 29/1/58 30 au phallus /…/ Les [modes d’abord(?)] de l’Oedipe, tels qu’il nous sont présentés ici, vous permettent de comprendre comment ce rapport à la puissance de la Loi correspond, retentit métaphioriquement avec le rapport à l’objet fantasmatique qu’est le phallus, en tant qu’objet auquel doit se faire à ce moment l’identification du sujet comme tel.

 

identification L09 29/11/61 p/40: Je vous ai amené la dernière fois à ce signifiant qu’il faut que soit en quelque sorte le sujet pour qu’il soit vrai que le sujet est signifiant. Il s’agit très précisément du 1 en tant que trait unique. /…/ Je ne suis pas en train de vous diriger vers l’un de Parménide, ni l’un de Plotin, ni l’un d’aucune totalité. Il s’agit bien du 1 que j’ai appelé tout à l’heure  l’Un de l’instituteur, de l’un du « élève X, vous me ferez cent lignes de 1 » /…/ L’Einziger Zug, le trait unique du signe à jamais suffisant de la notation minimale. C’est de ceci qu’il s’agit; c’est du rapport de ceci à ce à quoi nous avons affaire dans l’identification.

 

identification L05 22/1/58 16 entre être et avoir S#R [identification au phallus]: Cette relation n’est pas la même dans la névrose ou dans la psychose que dans la perversion.  /…/ A ce niveau la question qui se pose est “être ou  ne pas être”, “to be or not to be” le phallus. /…/ Vous sentez bien qu’il y a un pas considérable à franchir pour comprendre simplement ce dont il s’agit entre cet être ou n’être pas le phallus, et ce dont il s’agit à un moment quelconque, il faut tout de même l’attendre et le trouver, qui est complètement différent, qui est “en avoir ou pas” /…/ il faut que quelque chose ait été franchi entre l’un et l’autre /…/ pour l’avoir il faut qu’il y ait un moment où il ne l’ait pas eu /…/ il faut d’abord  qu’il ait été posé qu’on ne peut pas l’avoir, que cette possibilité d’être castré est essentielle dans l’assomption du fait de l’avoir, le phallus. /…/ c’est là que doit intervenir /…/ réellement, effectivement, le père /…/ réel..

 

identification L05 22/1/58 33 Je vous ferai aussi remarquer que l’issue du complexe d’Oedipe est différente /…/ pour la femme; pour elle cette troisième étape /…/ c’est beaucoup plus simple; elle n’a pas à faire cette identification ni a garder ce titre à la virilité; elle sait où il est, elle sait où elle doit aller le prendre; c’est du côté du père, vers celui qui l’a /…/ .

 

identification L05 192 Pour plaire à la mère /…/ il faut et il suffit d’être le phallus. A cette étape [premier temps de l’Oedipe], beaucoup de choses s’arrêtent et se fixent  dans un certain sens. Selon la façon plus ou moins satisfaisante dont le message se réalise en M [« message » M sur le graphe, p.515 des Ecrits], peuvent se fonder un certain nombre de troubles et de perturbations, parmi lesquels ces identifications que nous avons qualifiées de perverses.

 

identification L05 22/1/58, p.12: FREUD nous souligne les cas où /…/ dans la mesure où il s’identifie à la mère l’enfant redoute /…/ la privation qui en résultera pour lui /…/ de son organe viril . /…/ L’expérience nous prouve que le père, considéré en tant qu’il prive la mère de cet objet /…/ joue un rôle tout à fait essentiel dans /…/ tout le cours /…/ du complexe d’Oedipe . /…/ La clé de l’Oedipe  est au niveau /…/ du père qui prive quelqu’un de ce qu’il n’a pas

 

identification L05 29/1/58 9  /…/ l’identification primitive /…/ consiste justement en cette sorte d’échange qui fait que le “je” du sujet est venu à la place de la mère en tant qu’autre, cependant que le “je ” de la mère est devenu son autre à lui. /…/ le moment où le père apparaît comme médié par la mère dans le complexe d’Oedipe est celui où il se fait sentir comme interdicteur .

 

identification L05 29/1/58 30 au phallus /…/ Les [modes d’abord(?)] de l’Oedipe, tels qu’il nous sont présentés ici, vous permettent de comprendre comment ce rapport à la puissance de la Loi correspond, retentit métaphoriquement avec le rapport à l’objet fantasmatique qu’est le phallus, en tant qu’objet auquel doit se faire à ce moment l’identification du sujet comme tel.

 

identification L05 192 Pour plaire à la mère /…/ il faut et il suffit d’être le phallus. A cette étape [premier temps de l’Oedipe], beaucoup de choses s’arrêtent et se fixent  dans un certain sens. Selon la façon plus ou moins satisfaisante dont le message se réalise en M [« message » M sur le graphe, p.515 des Écrits], peuvent se fonder un certain nombre de troubles et de perturbations, parmi lesquels ces identifications que nous avons qualifiées de perverses.

 

identification L05B 19/3/58 3 Nous devons /…/ voir dans quelle économie signifiante ce phallus est impliqué, autrement dit ce quelque chose que l’exploration de Freud a articulé sous cette forme à la sortie de l’œdipe; après le refoulement du désir de l’œdipe le sujet sort nouveau, pourvu de quoi? La réponse est: d’un Idéal du moi. Dans l’œdipe normal, le refoulement qui résulte du franchissement, du “passing” de l’au-delà de l’œdipe il s’est constitué dans le sujet quelque chose qui est vis-à-vis de lui dans un rapport ambigu. /…/ c’est une identification distincte de l’identification du Moi, si tant est qu’ici c’est dans un certain rapport du sujet à l’image du semblable que nous [manque une page!]

 

identification L05B 30/4/58 31 [ dans le cas de DORA]: C’est à son père que s’adresse la demande /…/ Dora sait très bien que son père est impuissant et que le désir pour Mme K est un désir barré [impossible] . Il n’y a pour le maintien de cet équilibre qu’une seule chose qui soit nécessaire, c’est que Dora réalise quelque part cette assiette, cet équilibre, cette identification de soi qui lui permette de savoir où elle est, et ceci en fonction de cette demande qui n’est  pas satisfaite. /…/ Tout ceci dépend de où va se produire l’identification dite Idéal du Moi. Vous le voyez ici à l’origine, elle passe toujours après un certain franchissement, un double franchissement de la ligne de l’Autre, ici. /…/ C’est après ce double franchissement des deux lignes que va se réaliser ici l’identification de l’hystérique [et non l’identification au père].

 

identification L05 19 mars 1958.p.12-15: Les formations de l’inconscient, Livre V, [Karen HORNEY] On nous dit que dans les cas dont il s’agit c’est de la privation de ce qui est attendu [le phallus] que va résulter /…/ ce virage, cette mutation, qui fait que ce qui était amour est transformé en identification. /…/ c’est ce moment qu’il s’agit d’articuler, de donner une formule qui nous permette de concevoir ce que c’est cette identification en tant que liée à un moment de privation. /…/ Que se passe-t-il quand /…/ le sujet féminin a pris une certaine position d’identification au père? /…/ il suffit de l’écouter de la façon la plus ouverte dire « je tousse comme  lui », par exemple. /…/ Si une femme dit « je tousse comme  lui », /…/ ce ne sont  pas des signifiants qui sont eux mis en jeu dans une chaîne signifiante. Nous les appellerons les « insignes » du père. /…/ le sujet, en somme, /…/ se présente sous le masque où il se pose /…/ les insignes de la masculinité .

 

identification L05 29/1/58 9  /…/ l’identification primitive /…/ consiste justement en cette sorte d’échange qui fait que le “je” du sujet est venu à la place de la mère en tant qu’autre, cependant que le “je ” de la mère est devenu son autre à lui. /…/ le moment où le père apparaît comme médié par la mère dans le complexe d’Oedipe est celui où il se fait sentir comme interdicteur .

 

identification L05 316 Nous savons  par l’expérience que c’est dans la mesure où quelque chose est versagen qu’il se produit chez le sujet le phénomène de l’identification secondaire,  ou identification aux insignes de l’Autre. Qu’est-ce que cela implique ? Que pour que quelque chose puisse même s’établir pour le sujet entre le grand Autre comme lieu de la parole et le phénomène de son désir /…/ il faut que quelque chose introduise dans l’Autre ce même rapport avec le petit autre qui est exigible, nécessaire, et phénoméno­­logiquement tangible, pour expliquer le désir humain en tant que désir pervers. /…/ Nous posons que F, le phallus, est ce signifiant par lequel est introduit dans A, en tant que lieu de la parole, le rapport à ‘a’, le petit autre, en tant que signifiant y est pour quelque chose.

 

identification L05 4/6/58  5 Pourquoi à un certain moment, dans certains cas, et dans la forme de l’Odipe inversé, l’objet qui est un objet d’attachement libidinal devient-il objet d’identification .?

 

identification L05 25/6/58:34: L’hystérique, comme tous les sujets, sait bien que c’est par un certain détour (et pour autant qu’il se fixe par rapport à l’image de l’autre) qu’il trouve, qu’il a fixé la place de son moi, la place de son désir. Elle l’obtient /…/ exactement de la même façon au niveau supérieur, si l’on peut dire; [ce n’est] que si l’hystérique se sépare, se détourne [franchissement par un détour] de l’autre et du signifié de l’autre, qu’elle arrive à se situer dans un certain type idéal dans une certaine image à laquelle elle s’identifie. C’est de même, par un détour analogue /…/ que Dora s’est identifiée à Mr K. Elle trouve la place de ce désir dont elle cherche à situer le point, à savoir comment peut-on (si c’est une femme) désirer une femme quand on est impuissant? /…/ Ce rapport à l’image de l’Autre consiste très précisément dans le phallus signifiant, /…/ toujours menacé de destruction parce que pris dans une dénégation [chez l’obsessionnel] /…/ dans une identification à l’autre (l’objet “a”). [le phallus est le signifié de l’autre].

 

identification L05B 30/4/58 31 [ dans le cas de DORA]: C’est à son père que s’adresse la demande /…/ Dora sait très bien que son père est impuissant et que le désir pour Mme K est un désir barré [impossible] . Il n’y a pour le maintien de cet équilibre qu’une seule chose qui soit nécessaire, c’est que Dora réalise quelque part cette assiette, cet équilibre, cette identification de soi qui lui permette de savoir où elle est, et ceci en fonction de cette demande qui n’est  pas satisfaite. /…/ Tout ceci dépend de où va se produire l’identification dite Idéal du Moi. Vous le voyez ici à l’origine, elle passe toujours après un certain franchissement, un double franchissement de la ligne de l’Autre, ici. /…/ C’est après ce double franchissement des deux lignes que va se réaliser ici l’identification de l’hystérique [et non l’identification au père].

 

identification L05 2/7/58 36 [dans l’observation de “Renée” par Marcel BOUVET] Le trait positif, écrit-il c’est précisément avec ces caractéristiques d’Oedipe très fortement génitalisé . /…/ Puisque j’ai parlé aussi du christianisme, qui n’est pas justement un des commandements les moins mystérieux de ce qu’on pourrait appeler /…/ un commandement moral; c’est un commandement justement fondé sur l’identification /…/ tu aimera ton prochain comme toi-même . Ce qui ne semble pas du tout y être vu c’est précisément que ceci est en corrélation étroite avec le mode même de l’interprétation; le centrage d’une interprétation sur quelque chose qui en fin de compte vise à la réduction de la demande plutôt qu’à son élucidation profonde .

 

identification L05 15/1/58 20-21-22: /…/ Cette menace castrative est une rétorsion pour autant que JUPITER est tout à fait capable de châtrer CHRONOS /…/ Et puis il y a autre chose /…/ c’est la délicate question de l’Oedipe inversé . Cet Oedipe inversé n’es jamais absent de la fonction de l’Oedipe /…/ c’est elle qui donne la fin du complexe d’Oedipe, le déclin du complexe d’Oedipe, que c’est dans une dialectique /…/ à savoir de l’identification comme prenant sa racine dans l’amour tout en n’étant pas la même chose . /…/ Seulement l’Oedipe inversé n’est pas non plus si simple que si c’est pas cette voie /…/ de l’amour que peut se produire la position /…/ d’inversion /…/ qui le mettra dans cette espèce de bissectrice d’angle squeeze-panique /…/ .

 

identification L05 4/6/58  5 Pourquoi à un certain moment, dans certains cas, et dans la forme de l’Odipe inversé, l’objet qui est un objet d’attachement libidinal devient-il objet d’identification .?

 

identification L05B 19/3/58 3 Nous devons /…/ voir dans quelle économie signifiante ce phallus est impliqué, autrement dit ce quelque chose que l”exploration de Freud a articulé sous cette forme à la sortie de l’œdipe; après le refoulement du désir de l’œdipe le sujet sort nouveau, pourvu de quoi? La réponse est: d’un Idéal du moi. Dans l’œdipe normal, le refoulement qui résulte du franchissement, du “passing” de l’au-delà de l‘œdipe il s’est constitué dans le sujet quelque chose qui est vis-à-vis de lui dans un rapport ambigu. /…/ c’est une identification distincte de l’identification du Moi, si tant est qu’ici c’est dans un certain rapport du sujet à l’image du semblable que nous [manque une page!]

 

identification L05 184 [l’année dernière] Nous avons montré dans le fétichisme une perversion exemplaire en ce sens que l’enfant y a un certain rapport avec l’objet au-delà du désir de la mère, dont il a remarqué, si l’on peut dire, la prévalence et la valeur d’excellence, et à quoi il s’attache par la voie d’une identification imaginaire à la mère. Nous avons indiqué ainsi que, dans d’autres formes de perversion, et notamment le transvestisme, c’est dans la position contraire que l’enfant va assumer la difficulté de l’identification. C’est sur ces formes identifiées que les auteurs se posent des questions. /…/ Il y a dans certains propos du texte de Freud auxquels ils se réfèrent /…/ l’amorce de la solution ici promue de façon accentuée. Cette solution consiste à supposer que le champ en question a la propriété d’être investi d’une énergie neutre. /…/ Et ce champ neutralisé, voilà ce à partir de quoi il va nous être développé dans cet article le sort du Trieb /…/ . Il s’agit de concevoir ce champ et sa fonction économique d’une manière qui le rende utilisable autant dans sa fonction propre d’idéal du moi que dans le fait que c’est à la place de cet idéal du moi que l’analyste sera appelé à fonctionner. /…/

 

identification L05  Les formations de l’inconscient, Livre V, 19 mars 1958.p.12-15: [Karen HORNEY] On nous dit que dans les cas dont il s’agit c’est de la privation de ce qui est attendu [le phallus] que va résulter /…/ ce virage, cette mutation, qui fait que ce qui était amour est transformé en identification. /…/ c’est ce moment qu’il s’agit d’articuler, de donner une formule qui nous permettte de concevoir ce que c’est cette identification en tant que liée à un moment de privation. /…/ Que se passe-t-il quand /…/ le sujet féminin a pris une certaine position d’identification au père? /…/ il suffit de l’écouter de la façon la plus ouverte dire « je tousse comme  lui », par exemple. /…/ Si une femme dit « je tousse comme  lui », /…/ ce ne sont  pas des signifiants qui sont eux mis en jeu dans une chaîne signifiante. Nous les appellerons les « insignes » du père. /…/ le sujet, en somme, /…/ se présente sous le masque où il se pose /…/ les insignes de la masculinité .relation imaginaire à la mère. On dit qu’il s’identifie lui-même à la mère phallique. Je crois plus correct de dire que c’est proprement au phallus qu’il s’identifie, en tant que caché sous les vêtements de la mère .

 

identification L05 185 l’expérience prouve que dans la mesure où l’enfant ne franchit pas ce point nodal, c’est-à-dire n’accepte pas la privation du phallus sur la mère opérée par le père, il maintient dans la règle /…/ une certaine forme d’identification à l’objet de la mère, cet objet que je présente depuis toujours comme un objet rival /…/ et ce qu’il s’agisse de  phobie, de névrose ou de perversion.

 

identification L05 316 Nous savons  par l’expérience que c’est dans la mesure où quelque chose est versagen qu’il se produit chez le sujet le phénomène de l’identification secondaire,  ou identification aux insignes de l’Autre. Qu’est-ce que cela implique ? Que pour que quelque chose puisse même s’établir pour le sujet entre le grand Autre comme lieu de la parole et le phénomène de son désir /…/ il faut que quelque chose introduise dans l’Autre ce même rapport avec le petit autre qui est exigible, nécessaire, et phénoméno­­logiquement tangible, pour expliquer le désir humain en tant que désir pervers. /…/ Nous posons que F, le phallus, est ce signifiant par lequel est introduit dans A, en tant que lieu de la parole, le rapport à ‘a’, le petit autre, en tant que signifiant y est pour quelque chose.

 

identification L06 174 “Il y a un rapport entre le phallus et le grand Autre /…/ Si le phallus a un rapport avec quelque chose, c’est bien plutôt avec l’être du sujet  Car je crois que c’est là le point nouveau, important, que j’essaie de vous faire saisir dans l’introduction du sujet dans la dialectique /…/ des divers étapes de l’identification, à travers le rapport primitif avec la mère, puis avec l’entrée du jeu de l’Oedipe et du jeu de la LOI.

 

identification L06 235 Il y a un rapport entre le phallus et le grand Autre, mais ce n’est certainement pas un rapport au-delà, dans le sens où le phallus serait l’être du grand Autre, si tant est que quelqu’un a posé la question dans ces termes. Si le phallus a un rapport avec quelque chose c’est bien plutôt avec l’être du sujet. Car je crois que c’est là le point nouveau /…/ dans l’introduction du sujet dans cette dialectique qui est celle qui se poursuit dans le développement inconscient des diverses étapes de l’identification, à travers le rapport primitif avec la mère puis avec l’entrée en jeu de l’Oedipe et du jeu de la loi.

 

identification L08 156 au suprême aimable du platonicien; critique.

 

identification L08 401 Einziger Zug:

 

identification L09 06/12/61, p.63: pour ma chienne /…/ cette référence à l’être est suffisamment semble-t-il supportée par son odorat; dans le champ imaginaire le support de l’être est vite concevable; il s’agit de savoir si c’est effectivement ce rapport simple dont il s’agit  dans notre expérience de l’identification. /…/ Car si nous pouvons articuler /…/ sur le plan imaginaire que ma chienne me reconnaisse pour le même, nous n’avons par contre aucune indication sur la façon dont elle s’identifie. /…/ C’est bien ici qu’apparaît la fonction, la valeur du signifiant-même comme tel, et c’est dans la mesure où c’est du sujet qu’il s’agit que nous avons à nous interroger sur le rapport de cette identification du sujet avec /…/ le statut du signifiant.

 

identification L09 13/12/61 p.86: car il y a l’autre, l’identification de la première espèce, celle singulièrement ambivalente qui se fait sur le fond de l’image de la dévoration assimilante; et quel rapport a-t-elle avec la troisème, celle qui commence tout de suite après /…/ l’identification à l’autre par l’intermédiaire du désir /…/ qui est hystérique /…/ comme supposant /…/ l’articulation que nous avons donnée des rapports du sujet à la chaîne signifiante.

 

identification L09 13/12/61 p84: Donc Monas /…/: à repérer dans le texte même de Freud comme l’Einziger Zug, « ce par quoi chacun des étants est dit être un » /…/ Je termine la traduction de la citation: « que le nombre lui n’est rien d’autre que cette sorte de multiplicité qui surgit précisément de l’introduction des unités », des monades dans le sens où l’on l’entend dans le texte d’Euclide [Euclide, Éléments, 4 VII.]. Si j’identifie cette fonction du trait unaire, si j’en fais la figure dévoilée de cet Einziger Zug de l’Identification, pointons qu’il s’agit de l’identification de la deuxième espèce, p.117, vol. XIII, des G.W. de Freud. /…/ qu’il appelle régressive, pour autant que c’est lié à quelque abandon de l’objet qu’il définit comme objet aimé. Cet objet va de la femme aux livres rares.

 

identification L09 22/11/61, 23: /…/ la position que je  prends ici est en avance, en flèche, par rapport à celle de Jakobson concernant la primauté que je donne à la fonction du signifiant dans toute réalisation, disons, du sujet. Le passage de de Saussure auquel je faisais allusion tout à l’heure /…/ c’est celui où il essaie de montrer quelle est la sorte d’identité qu est celle du signifiant en prenant l’exemple de « l’express de 10 heures quinze ». /…/ Ce qu’il y a de vrai dans une telle affirmation suppose précisément, dans la constitution d’un être comme celui de « l’express de 10 heures quinze », un fabuleux enchaînement d’organisations signifiantes à entrer dans le réel par le truchement des êtres parlants. Il reste que ceci a une valeur en quelque sorte exemplaire pour bien définir /…/ les lois de l’identification en tant qu’identification de signifiant.

 

identification L09 29/11/61 p/40: Je vous ai amené la dernière fois à ce signifiant qu’il faut que soit en quelque sorte le sujet pour qu’il soit vrai que le sujet est signifiant. Il s’agit très précisément du 1 en tant que trait unique. /…/ Je ne suis pas en train de vous diriger vers l’un de Parménide, ni l’un de Plotin, ni l’un d’aucune totalité. Il s’agit bien du 1 que j’ai appelé tout à l’heure  l’Un de l’instituteur, de l’un du « élève X, vous me ferez cent lignes de 1 » /…/ L’Einziger Zug, le trait unique du signe à jamais suffisant de la notation minimale. C’est de ceci qu’il s’agit; c’est du rapport de ceci à ce à quoi nous avons affaire dans l’identification.

 

nom L09 13/12/61 p.105: Pour HANS, s’asseoir sur la girafe = effacer la tension entre deux girafes (« deux extrêmes du sujet ») : le sujet anima qui représente la mère /…/ la mère en tant qu’elle est cet immense phallus du désir /…/ et puis cette autre [girafe]: quelque chose sur une surface de papier. /…/ Cette belle mécanique doit nous faire sentir ce dont il s’agit, si c’est bien de son identification fondamentale, de la défense  de lui-même contre cette capture originelle dans le monde de la mère /…/ Ici, déjà, nous voyons exemplifiée cette fonction de signifiant /…/ en tant qu’elle est le point d’amarre de quelque chose d’où le sujet se constitue /…/ la fonction du nom.

 

identification primordiale L09 10/01/62 p.152: partout où vous avez du petit i, vous voyez apparaître une fonction qui n’est point une fonction convergente, qui est une fonction périodique:√-1+  1                                                                                                 √-1 + 1                                                                                                                    √-1 qui est facilement calculable; c’est une valeur qui se renouvelle, si l’on peut dire, tous les trois temps dans la série. Vous retrouverez périodiquement, c’est-à-dire toutes les trois fois dans la série, /…/ ces mêmes trois valeurs, que je vais vous donner.

La première, c’est i + 1, c’est-à-dire le point énigme où nous sommes pour nous demander quelle valeur donner à i pour connoter le sujet en tant que sujet d’avant toute nomination /…/.

La deuxième valeur /…/ est strictement égale à (i + 1)/2 /…/ c’est que le rapport essentiel de ce quelque chose que nous cherchons comme étant le sujet avant qu’il se nomme à l’usage qu’il peut faire de son nom (tout simplement pour être le signifiant de ce qu’il y a à signifier, c’est-à-dire de la question du signifié justement de cette addition de lui-même à son propre nom), c’est immédiatement le diviser en deux /…/.

La troisième valeur (c’est-à-dire quand vous arrêterez là le terme de la série), ce sera 1 tout simplement, ce qui, par bien des côtés, peut avoir pour nous une sorte de confirmation de boucle; je veux dire que c’est à savoir que si c’est au troisième temps /…/ temps du « je pense », en tant qu’il est lui-même objet de pensée et qu’il se prend comme objet, c’est à ce moment là que nous semblons arriver à atteindre cette fameuse unité /…/ dont nous pouvons nous demander si c’est bien de la même unité qu’il s’agit que celle dont il s’agissait au départ dans l’identification primordiale et déclenchant.

 

identification L09 06/12/61, p.63: pour ma chienne /…/ cette référence à l’être est suffisamment semble-t-il supportée par son odorat; dans le champ imaginaire le support de l’être est vite concevable; il s’agit de savoir si c’est effectivement ce rapport simple dont il s’agit  dans notre expérience de l’identification. /…/ Car si nous pouvons articuler /…/ sur le plan imaginaire que ma chienne me reconnaisse pour le même, nous n’avons par contre aucune indication sur la façon dont elle s’identifie. /…/ C’est bien ici qu’apparaît la fonction, la valeur du signifiant-même comme tel, et c’est dans la mesure où c’est du sujet qu’il s’agit que nous avons à nous interroger sur le rapport de cette identification du sujet avec /…/ le statut du significant.

identification L09 24/01/62 p.200-201: dans la mesure où le sein refoulé ré émerge, ressort dans le symptôme /…/ la chose s’inscrit ainsi:  / sein (a)sein    phallusQu’est-ce que l’« a »? Mettons à sa place la petite balle de ping-pong /…/ n’importe quel support du jeu du jeu d’alternance du sujet dans le fort-da. Là vous voyez qu’il ne s’agit de rien d’autre que du passage du phallus de a+ à a‑, et que par là nous voyons dans le rapport d’identification, puisque nous savons que dans ce que le sujet assimile c’est lui, dans sa frustration, nous savons que le rapport de l’$ à ce 1/A (lui 1 en tant qu’assumant la signification de l’Autre comme tel, a le plus grand rapport avec la réalisation de l’alternance. [Dans] ce  produit de a+ par a‑, qui formellement fait un -a au carré {(-a)2} nous serrerons pourquoi la négation est irréductible /…/ nous voyons là pointer dans cette formule même du -a2 /…/ la nécessité de la mise en jeu à la racine de ce produit du [phallus] racine de -1 (√-1). Ce dont il s’agit /…/ c’est de la disjonction de a+ et de a‑ /…/ et c’est là que le sujet vient à se loger comme tel, que l’identification a à se faire avec ce quelque chose qui est l’objet du désir.

 

identification L09 28/02/62 P.244: Kant sans doute ne manque pas d’ironiser sur l’usage purement formel de la formule qui semble aller de soi: « tout réel est possible ». /…/ Et il fait le pas plus loin en nous faisant remarquer que: « donc quelque possible n’est pas réel », qu’il y a du possible qui n’est pas réel. /…/ Seul le sujet peut être ce réel négativé d’un possible qui n’est pas réel. Le moins 1 constitutif de l’ens privativum, nous le voyons ainsi lié à la structure la plus primitive de notre expérience de l’inconscient, pour autant qu’elle est celle non pas de l’interdit, ni du dit que non, mais du non-dit; du point où le sujet n’est plus là pour dire s’il n’est plus maître de cette identification au 1 /…/.

 

identification L09 14/03/62 p.283: J’espère que je me suis fait entendre concernant le sujet [de la privation] en tant que je l’ai symbolisé de ce -1, le tour forcément non compté, compté en moins dans la meilleure hypothèse, à savoir quand il a fait le tour du tour, le tour du tore. Le fait que j’ai tout de suite tendu ce fil qui rapporte la fonction de ce (-1) au fondement logique de toute possibilité de fonder l’exception, /…/ qu’en vous traçant mon petit quadrant, à savoir en vous montrant que la seule véritable assurance de l’affirmation universelle est l’exclusion d’un trait négatif: « il n’y a pas d’homme qui ne soit mortel », j’ai pu prêter à une confusion /…/. Le -1 qu’est le sujet à ce niveau en lui-même n’est nullement subjectivé, il n’est question ni de savoir ni de non-savoir. Pour que quelque chose arrive de l’ordre de cet avènement il faut que tout un cycle soit bouclé dont la privation n’est donc que le premier pas. /…/ Le ressort de cette privation réelle je l’ai forgé. Ce n’est donc qu’après un long détour que peut advenir pour le sujet ce savoir de son rejet originel. /…/ Autrement dit, si jamais le sujet, ce qui est son but depuis le temps de Parmenide, arrive à l’identification, à l’affirmation que c’est ζοανζο, le même que de penser et d’être (ηοιεη και ειναι), à ce moment là il se trouvera lui-même irrémédiablement divisé entre son désir et son idéal /…/ L’idéal c’est ce qu’il y a de réel dans le symbolique /…/.

 

identification L10 28/11/63 p.14: Dès qu’il [le sujet] commence à parler le trait unaire entre en jeu. L’identification primaire à ce point de départ que constitue le fait de pouvoir dire « un et un, et encore un » /…/ c’est à partir de là /…/ que s’institue la possibilité de la reconnaissance comme telle de l’unité appelée i(a) /…/ qui est l’image virtuelle d’une image réelle; au niveau de cette image visuelle il n’apparaît ici rien. /…/ -φ n’est pas visible /…/ n’est pas entré dans l’imaginaire.

 

identification L10 28/11/63 p.9: [1ère identification]: ce que Hamlet fait représenter sur la scène [scène sur la scène] /…/ c’est lui-même accomplissant le crime dont il s’agit [Luciano tuant le Roi]; ce personnage dont /…/ le désir ne peut s’animer pour accompli la volonté du ghost, /…/ ce personnage tente de donner corps [incarner] à quelque chose, et ce à qui il s’agit de donner corps passe par son image /…/ spéculaire [l’image qu’il donne en train d’accomplir le crime qu’il s’agira de venger; il en sera empêché par « le moment trop saint » où le roi est en train de prier]. /…/ Je veux vous faire remarquer qu’à côté de cet échec là /…/ c’est dans la mesure où une identification tout à fait différente que j’ai appelé identification avec Ophélie; c’est dans la  mesure où /…/ les cérémonies funéraires en son cas ne peuvent pas être pleinement accomplies, que rien n’est apaisé de la vengeance qu’elle crie /…/ que nous voyons jouer dans Shakespeare à nu cette identification à l’objet que Freud nous désigne comme étant le ressort majeur de la fonction du deuil /…/ Cette identification à l’objet que Freud a désigné ainsi sous ses modes négatifs n’oublions pas, s’il existe aussi sa phase positive, que l’entrée dans Hamlet  de ce que j’ai appelé la fureur de l’âme féminine, c’est ce qui lui donne la force de devenir /…/ celui qui tient l’enjeu, qui tient la partie de son ennemi. /…/ Nous avons là la distance, la différence qu’il y a entre deux sortes d’identifications imaginaires 1) celle au ‘a’: i(a), image spéculaire telle qu’elle  nous est donnée au moment de la scène sur la scène; 2) celle plus mystérieuse /…/ à l’objet du désir comme tel /…/

 

identification L12 3/3/65 p.13: Dans le jeu d’identification de la privation primordiale, il n’y pas seulement comme effet la manifestation d’un pur creux de ce zéro initial, de la réalité du sujet s’incarnant dans ce pur manque; il y a toujours dans cette opération spécialement surgissante de l’expérience frustrative, quelque chose qui échappe à sa dialectique, un résidu, quelque chose qui se manifeste au niveau logique, où apparaît le zéro; l’expérience subjective fait apparaître ce quelque chose que nous appelons l’objet ‘a’ /…/

 

identification L17 100: On nous parlera de l’identification primaire comme étant celle qu lie l’enfant à la mère, et cela semble en effet aller de soi. Pourtant, si nous nous reportons à Freud, à son discours de 1921 qui s’appelle Psychologie des masses et analyse du moi, c’est très précisément l’identification au père qui est données comme primaire. Freud pointe là que, tout à fait primordiale ment, le père s’avère être celui qui préside à la toute première identification et en ceci précisément qu’il est, d’une façon élue, celui qui mérite l’amour.

 

identification L17;114 Et c’est bien ce que désigne la première forme de l’identification parmi les trois qu’il [FREUD] isole dans l’article que j’évoquais tout à l’heure -le père est amour, ce qu’il y a de premier à m’aimer en ce monde est le père . Étrange survivance . FREUD croit que cela va évaporer la religion, alors que c’est vraiment la substance même qu’il conserve avec le mythe bizarrement composé du père . /…/ tout ceci aboutit à l’idée du meurtre, à savoir que le père originel est celui que les fils ont tué, après quoi c’est de l’amour de ce père mort que procède un certain ordre . Dans ses énormes contradictions cela ne semble-t-il pas n’être autre chose que défense contre ces vérités que le foisonnement de tous les mythes articule en clair, bien avant que FREUD, à faire le choix de celui de l’Oedipe, ne les rétrécisse ces vérités? C’est que, dès qu’il entre dans le champ du discours du maître où nous sommes en train de nous orienter, le père, dès l’origine, est castré .

 

identification L21 Livre XXI, Les non-dupes errent, séance du 11 juin 1974: l’inconscient comme savoir dysharmonique est plus étran­ger à une femme qu’à l’homme. […] Il lui est étranger parce qu’il lui vient de l’homme […] de l’homme dont elle rêve […] Mais une femme conserve, si je puis dire, un petit peu plus d’aération dans ses jouissances. Elle est moins échancrée contrairement à l’apparence. Et c’est là-dessus que je voudrais terminer […] sur ceci qui est extrait de Peirce : c’est qu’il s’est aperçu quand même que la logique, la logique aristotéli­cienne, c’est une logique purement prédicative et classifica­toire. Alors il s’est mis à cogiter autour de l’idée de relation, à savoir ce qui est parfaitement, ce qui va de soi, ce qui est du billard, du billard concernant non pas l’épinglage fonctionnel à un seul argument, que je viens de vous donner pour être celui de l’identification, en en remettant la chose dans la poche de la femme, il s’est mis à cogiter autour d’une relation idéale vidée […] x R y, une fonction à deux arguments. […] Qu’est-ce que la relation “savoir” ? L’on voit que pour répondre nous sommes bien obligés de rentrer dans le registre de la signifiance; ce dont il s’agit dans la position du maître, c’est toujours en effet des consé­quences de l’introduction du sujet dans le réel et de ce qui en résulte pour la jouissance. /…/ Nous ne pouvons, en effet, introduire la jouissance que sous  le mode logique de ce qu’ARISTOTE appelle une ousia, c’est-à-dire, quelque chose qui ne peut être ni attribué à un sujet, ni mis sous aucun sujet, qui n’est pas suscep­tible de plus ou de moins. La jouissance est en effet ce dans quoi le principe de plaisir marque ses traits et ses limites. /…/ Il n’y a de jouissance que du corps.

 

identification FREUD  Totem et tabou, p.132: “…si nous prenons un certain recul et si nous admettons que primitivement les femmes qui venaient d’apprendre qu’elles étaient enceintes, étaient ce faisant tentées d’attribuer la paternité de leur enfant à la plante, à la pierre, à l’objet qui, par chance, se trouvait au centre de leur fantasme au moment de la révélation de leur état de grossesse et qu’ainsi elles se trouvaient ancrées dans la conviction qu’elles devenaient porteuses de cet objet sous une forme humaine, alors nous sommes en droit d’estimer que l’identification de l’individu à son totem est réellement fondée sur le désir, sur la croyance, de la mère et que tous les interdits totémiques (à l’exclusion de l’exogamie) dérivent de cet état de choses.

Print Friendly, PDF & Email