Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

JOUISSANCE

 

jouissance 1971 ceci (conférence à Saint’ Anne, le 4 novembre 1971) : “nous allons être submergés avant pas longtemps, avant 4-5 ans, de tous les problèmes ségrégatifs qu’on intitulera et qu’on fustigera du terme de racisme, tous les problèmes qui sont précisément ceux qui vont consister à ce qu’on appelle sim­plement le contrôle de ce qui se passe au niveau de la repro­duction de la vie, chez des êtres qui se trouvent, en raison de ce qu’ils parlent, avoir toutes sortes de problèmes de conscience. Ce qu’il y a d’absolument inouï, c’est qu’on ne se soit pas aperçu que les problèmes de conscience sont des pro­blèmes de jouissance [nous souli­gnons].

 

jouissance E67: Freud, dans son “Au-delà” fait place au fait que le principe de plaisir à quoi il donne en somme un sens nouveau d’en installer dans le circuit de la réalité, comme processus primaire, l’articulation signifiante de la répétition, vient à en prendre un plus nouveau encore de prêter au forçage de sa barrière traditionnelle du côté d’une jouissance -dont l’être alors s’épingle du masochisme, voir s’ouvre sur la question de la mort.

 

jouissance E752 : Faut-il, pour éveiller  leur attention, leur montrer le maniement d’un masque qui ne démasque la figure qu’il représente qu’à se dédoubler et qui ne la représente qu’à la remasquer? Leur expliquer de là que c’est quand il est fermé qu’il la [LA FIGURE] compose et quand il est ouvert qu’il la [LA FIGURE] dédouble. /…/ L’idéal du moi  de FREUD, se peint sur ce masque complexe et il se forme, avec le refoulement d’un désir du sujet, par l’adoption inconsciente de l’image même de l’Autre qui de ce désir a la jouissance avec le droit et les moyens. /…/ La parole du père hu­manise le désir [sinon le désir reste clandestin]. [GIDE entre la mort et l’érotisme masturbatoire].

 

jouissance L05  19 mars 1958, p.26, Les formations de l’inconscient, Livre V,: [Pour Hélène DEUTSCH il ne faut pas] analyser ces identifications [masculines], faute à le mettre [le sujet] en posture de perte par rapport à ce que ces analyses révèlent comme être le fond, la structure de la jouissance acquise, conquise jusqu’à là [avantage acquis]; /…/ la jouissance peut consister dans la frustration masochique d’une certaine position qui a été un moment conquise /…/

 

jouissance L06 3/6/59 DI 696: [La jeune Parque: “Je me voyais me voir célèbre”]: situation de jouissance inconsciente de l’autre (JA): il ne sait pas /…/ Il s’établit dont la répartition d’une double ignorance; car si l’autre ne réalise pas à  ce niveau /…/ ce qui est supposé réalisé dans l’esprit de celui qui s’exhibe /…/ inversement celui qui s’exhibe /…/ ne réalise pas la fonction de la coupure qui l’abolit [$] dans un automatisme clandestin.

 

jouissance L07 75: La Vorstellung est essentiellement quelque chose de décom­posé. C’est autour de quoi tourne depuis toujours la philoso­phie de l’Occident, depuis ARISTOTE, et la fantasia. La Vorstellung est prise dans FREUD dans son caractère radical /…/ celui d’un corps vide, d’un fan­tôme, d’un pâle incube de la relation au monde. d’une jouissance exténuée /…/ Et en l’isolant dans cette fonc­tion FREUD l’arrache à la tradition. /…/ structure dans laquelle l’inconscient s’organise /…/ dans  laquelle la sous-jacence des mécanismes inconscients se flo­cule, ce qui fait le grumeau de la représentation [Vorstellunsrepräsentanz].

 

jouissance L09 14/03/62 p.280: J’ai rappelé hier soir que la sublimation, dans le discours de Freud, est inséparable d’une contradiction, c’est à savoir que la jouissance, la visée de la jouissance, subsiste et, en est, un certain sens, réalisée dans toute activité de sublimation, qu’il n’y a pas de refoulement, qu’l n’y aa pas d’effacement, qu’il n’y a même pas compromis avec la jouissance, qu’il y a paradoxe, qu’il y a détour, que c’est par des voies en apparence contraires à la jouissance que la jouissance est obtenue.

 

jouissance L09, 20/06/62, p.528, OBJET LACANIEN

 

jouissance L10, 12/121962 L’angoisse du cauchemar est éprouvée. Le corrélatif du cauchemar c’est l’incube, /…/ c ‘est /…/ cet être qui vous écrase sous sa jouissance /…/ comme celle de la jouissance de l’Autre . /…/ Pour nous introduire par ce biais majeur dans ce que nous livrera la thématique du cauchemar, la première chose qui apparaît dans le mythe /…/ c’est que cet être /…/ est aussi un être questionneur /../ qui se  manifeste, se déploie, dans cette dimension complète, développée, de la question  comme telle qui s’appelle l’énigme . Le sphinx, dont /…/ l’entrée en jeu précède tout le drame d’Oedipe, est une figure de cauchemar et une figure de questionneur en même temps.

 

jouissance L10 19/12 10-12 : Maîtriser par la pensée le phénomène, c’est tou­jours montrer comment on peut le refaire d’une manière trompeuse, c’est pouvoir le reproduire, c’est-à-dire pouvoir en faire un signi­fiant. Le sujet en le reprodui­sant peut falsifier le livre des comptes /…/ le signifiant c’est la trace du sujet dans le cours du monde; /…/ L’angoisse c’est ce qui regarde ce qui échappe à ce jeu. Donc c’est cela dont il faut nous garder au moment de saisir ce que veut dire ce rapport d’embarras au signi­fiant en trop, de manque au signifiant en moins. Je vais illustrer /…/ ce rapport. Le phallus, par exemple, le petit HANS, logicien au­tant qu’ARISTOTE, pose l’équation: “tous les être animés ont un phallus”. /…/ L’affirmation universelle /…/ positive, n’a de sens que de définition du réel à partir de l’impossible. Il est im­possible qu’un être animé n’ait pas un phallus. [exemple: maman n’a pas de phallus, donc elle n’est pas un être animé, donc c’est une machine, d’où l’angoisse]. /…/ Si l’homme est tourmenté par l’irréel dans le réel, il serait tout à fait vain d’espérer s’en débarrasser pour la raison qui est ce qui dans la conquête freudienne est bien justement l’inquiétant, c’est que dans l’irréel c’est le réel qui le tourmente. Son souci, Sorge [dit HEIDEGGER] /…/ Dieu me demande de jouir -textuel dans la Bible- c’est tout de même la parole de Dieu.  /…/ vous avez déjà remarqué la différence totale qu’il y a du dieu des juifs au Dieu de PLATON. [sa petite évasion psycho­tique] /…/ il est tout de même  temps de se sou­venir de la dif­férence qu’il y a entre le Dieu, moteur universel d’ARIS­TOTE, le dieu Souverain bien, conception délirante de PLATON, et le dieu des juifs, c’est-à-dire un dieu avec qui on parle, un dieu qui vous demande quelque chose et qui dans l’Ecclésiaste vous ordonne “Jouis”.

 

jouissance L10, 12/121962 : L’angoisse du cauchemar est éprouvée. Le corrélatif du cauchemar c’est l’incube, /…/ c ‘est /…/ cet être qui vous écrase sous sa jouissance /…/ comme celle de la jouissance de l’Autre . /…/ Pour nous introduire par ce biais majeur dans ce que nous livrera la thématique du cauchemar, la première chose qui apparaît dans le mythe /…/ c’est que cet être /…/ est aussi un être questionneur /../ qui se  manifeste, se déploie, dans cette dimension complète, développée, de la question  comme telle qui s’appelle l’énigme . Le sphinx, dont /…/ l’entrée en jeu précède tout le drame d’Oedipe, est une figure de cauchemar et une figure de questionneur en même temps.

 

jouissance L14 24/5/67 LEF5 80: Ce qui s’image parfaitement dans la légende d’Oedipe, qui n’était pas un philosophe, mais qui nous donne le modèle de tout rapport au savoir, dans la mesure où le rapport au savoir /…/ porte sur le corps . L’accession à ce savoir rompt le pouvoir d’une jouissance féroce celle de la sphinge, figure étrangement mi-bestiale, mi-féminine, et  ouvre accès à quelque chose qui est aussi une jouissance laquelle /…/ marque /…/ du signe de la culpabilité . Oedipe ne savait pas de quoi il jouissait . J’ai posé la dernière fois la question de savoir si Jocaste, elle le savait, et si même une bonne part de sa jouissance ne réside pas en ce qu’elle laisse Oedipe l’ignorer .

 

jouissance L14 26/4/67 LEF4 22 : Reconnaître ce qui est en jeu c’est voir au contraire qu’accéder à l’acte sexuel c’est accéder à une jouissance coupable . Le mythe d’Oedipe le dit bien: la jouissance est pourrie /…/ Quand Oedipe tranche l’énigme, la vérité se jette dans l’abîme /…/ la jouissance est une question posée au nom de la vérité /…/ Mais quel océan de jouissance féminine n’a-t-il pas fallu pour que le navire d’Oedipe flotte sans couler jusqu’à ce que la peste montre enfin de quoi était faite la mer de son bonheur . /…/ Et dans SOPHOCLE cette fuite de tous les souvenirs qui s’image dans la fuite du serviteur témoin du crime, n’est-elle pas faite pour évoquer  quelque chose? Pourtant Jocaste finit bien par s’écrier: “Infortuné, puisses-tu ne jamais connaître qui tu es” . Jocaste le sait . Mais qu’est Jocaste? Eh bien, pourquoi pas le mensonge incarné en ce qui concerne l’acte sexuel /…/ Dans ce champ X, entre petit <<a>> et le lieu de l’Autre, la vérité ne peut se faire entendre .

 

jouissance L14 31/5/67 LEF5 79 : Qu’est-ce que le maître sauve dans l’esclave? Autrement dit, ce vaincu que l’on peut tuer, si on ne le tue pas, ce sera à quel prix?

 

jouissance L14 31/5/67 LEF5 78: celui qui, à en croire Hegel, n’a pu tenir dès le départ le risque de perdre sa vie /…/ celui qui a assez tenu à la jouissance pour se soumettre et aliéner son corps, hé, pourquoi la jouissance ne lui resterait-elle pas en main? Je ne sais quel fantasme veut que le bouquet complet soit toujours dans une seule main. Il n’en est rien; et nous avons mille témoignages de ceci, que la position de celui dont le corps est remis à la merci de l’autre est celle qui permet le mieux l’ouverture sur ce qui peut s’appeler la pure jouissance.

 

jouissance L15 21/2/68, 165-6 : /…/ pour la jouissance masculine pour ce qu’il en est au moins de l’expérience analytique, chose étrange, jamais personne ne semble s’être aperçu qu’elle est réduite très précisément au mythe d’Oedipe Seulement voilà, depuis que je me tue à dire que l’inconscient est structuré comme un langage, personne ne s’est aperçu que le mythe originel, celui de Totem et Tabou, l’Oedipe pour tout dire, c’est peut-être un drame originel, seulement c’est un drame aphasique. Le Père jouit de toutes les femmes, telle est  l’essence du mythe d’Oedipe, je veux dire sous la plume de FREUD . Il y en a à qui ça ne va pas, on le bousille ou on le mange . Ca n’a rien a faire avec aucun drame  /…/ ce qui est à expliquer c’est que justement ça soit passé dans une tragédie . /…/

 

jouissance L16 26/3/69 8: Ce qui au niveau d’un corps grêle, d’un profil de petite fille est l’objet du désir du voyeur, c’est très précisément ce qui [ne] peut s’y voir qu’à ce qu’elle le supporte de l’insaisissable [Unbegriff] d’une ligne où il manque, c’est-à-dire le phallus. /…/ [Hémorragie rétinienne et effets de l’exhibition] C’est proprement et avant tout de faire apparaître, au champ de l’Autre, le regard. Et pourquoi? Sinon pour y évoquer ce rapport topologique de ce qu’il en est de la fuite, de l’insaisissable [Unbegriff] du regard, dans son rapport à la limite imposée à la jouissance de l’Autre [JA] par la fonction du principe de plaisir.

 

jouissance L17, 139: C’est là, dans le mythe d’Oedipe tel qu’il nous est énoncé, qu’est la clé de la jouissance . /…/ Le mythe de l’Oedipe, au niveau tragique où FREUD se l’approprie montre bien que le meurtre du père est la condition de la jouissance .

 

jouissance L17, 139: C’est là, dans le mythe d’Oedipe tel qu’il nous est énoncé, qu’est la clé de la jouissance . /…/ Le mythe de l’Oedipe, au niveau tragique où FREUD se l’approprie montre bien que le meurtre du père est la condition de la jouissance .

 

jouissance L17, 145.

 

jouissance L18 17/2 14: “Le phallus c’est l’organe en tant qu’il est (EST); il s’agit de l’être en tant qu’il est la jouissance féminine. Voilà où est, en quoi réside l’incompatibilité de l’être et de l’avoir.

 

jouissance L18 17 fév. 1971 PEIRCE : si le schéma de Charles Sanders Peirce a un intérêt […] c’est que de dé­finir comme nécessaire que “tout quelque chose” soit pourvu d’un tel at­tribut est une position universelle parfaite­ment recevable sans qu’il y ait pour autant aucun x. […] Ce que désigne le mythe de la jouissance de “toutes les femmes”, c’est que “toutes les femmes”, il n’y en a pas, il n’y a pas d’universelle de la femme./…/ Il en résulte qu’une femme n’a de témoignage de son in­sertion dans la loi, de ce qui supplée au rapport, que par le désir de l’homme ; le désir de l’homme […] est lié à sa cause qui est le plus-de-jouir […] s’il prend sa source dans la champ d’où tout part : l’effet de langage, dans le désir de l’Autre donc ; et la femme en cette occasion, on s’aperçoit que c’est elle qui est l’Autre. Seulement elle est l’Autre d’un tout autre ressort, d’un tout autre registre que son savoir quel qu’il soit. Voilà donc “l’instrument phallique”, posé avec des guillemets, comme cause du langage, je n’ai pas dit origine. Et là […] je signalerai la trace qu’on peut en avoir, à savoir le maintien, quoi qu’on veuille, d’un interdit sur les mots obscènes. […] Il est tout à fait désespéré de langagier l’instrument phallique.

 

jouissance L18, 16/6/71, 20 : Quelle est l’ordonnance du surmoi? précisément elle s’origine de ce père originel plus que mythique, de cet appel comme tel à la jouissance pure, c’est-à-dire aussi à la non-castration. Qu’est-ce que ce père en effet dit au déclin de l’Oedipe? Il dit ce que dit le Surmoi /…/ c’est: jouis!

 

jouissance L18, 20/1/71, 11 : Le mythe de l’Oedipe, qui ne voit qu’il est nécessaire de désigner le réel, car c’est bien ce /…/ à quoi le théoricien est réduit quand il formule cet hypermythe, c’est que le réel a proprement parler s’incarne de quoi? de la jouissance sexuelle; comme quoi? comme impossible, puisque ce que l’Oedipe désigne, c’est l’être mythique dont la jouissance /…/ serait celle de quoi? de toutes les femmes . [effet de prévalence de discours] .

 

jouissance L18, 9/6/71,14-15 : /…/ le phallus c’est la totalité de ce qui fémininement peut être sujet à la jouissance. Cette jouissance /…/ reste voilée dans le couple royal de l’Oedipe, mais ce n’est  pas que du premier mythe elle soit absente . /…/ Mais la castration d’Oedipe n’a pas d’autre fin que de mettre fin à la peste thébaine, c’est-à-dire de rendre au peuple la jouissance dont d’autres vont être les garants, ce qui /…/ n’ira pas sans quelques péripéties amères pour tous .Dois-je souligner que la fonction-clé du mythe s’op­pose dans les deux strictement . Loi d’abord, dans le premier /…/. Dans le second, jouissance à l’origine, loi ensuite, dont on me fera grâce d’avoir à souligner les cor­rélats de perversion puisqu’en fin de compte, avec la promotion /…/ du canniba­lisme sacré, c’est bien toutes les femmes qui sont interdites de principe à la commu­nauté des mâles, qui s’est transcendée comme telle dans cette communion.

 

jouissance L18 9 juin  1971, D’un discours qui  …, Livre XVIII: Le phallus n’est tout à fait stable que sur une carte où il dé­signe un dé­sert. C’est les seules choses qui sur la carte ne changent pas de nom. Il est remarquable que même les déserts produits au nom d’une religion, ce qui n’est pas rare, ne soient jamais désignés du nom qui fut pour eux dévastateur. Un dé­sert ne se rebaptise qu’à être fécondé. Ça n’est pas le cas de la jouissance sexuelle, que le progrès de la science ne semble conquérir au savoir. C’est par contre du barrage qu’elle constitue à l’avènement du rapport sexuel dans le discours que sa place s’y est évi­dée jusqu’à devenir dans la psychanalyse évident. Telle est, au sens que ce mot a dans le pas logique de Freud, “die Bedeutung des Phallus” […]

 

jouissance L19 15/12/1972 10-11 : “C’est formidablement jouissif, la logique, justement parce que ça tient du champ de la castration.

 

jouissance L19 21 juin 1972 , Ou pire…,: Ce que Peirce ose articuler là, au joint d’une antique cosmo­logie, c’est la similitude de ce dont il s’agit, dit-il, au rien. Ça veut dire ce autour de quoi nécessairement tourne tout dis­cours. Par cette voie, ce qu’à promouvoir cette année la théorie des ensembles, de suggérer que ce soit dans cette veine, celle qui exploite […] ces énoncés qui se formalisent de la logique, c’est que ce soit à cette veine qu’ils se rompent pour se for­mer […] à ce qui doit distinguer […] la bourre, l’intervalle, le tam­pon­nement, la béance qu’il y a entre le niveau du corps, de la jouissance et du semblant et le discours, pour s’apercevoir que c’est là qu’il se pose la question de ce qui est à naître [nous soulignons, S.S.-N.] et qui n’est ni les bons senti­ments, ni la jurisprudence, qui a à faire à autre chose, qui a un nom, qui s’appelle l’interprétation.

 

jouissance L20 10 : La jouissance c’est ce qui ne sert à rien. /…/ Le surmoi c’est l’impératif de la jouissance: Jouis. C’est bien la que se trouve le point tournant qu’interroge le discours analytique. Sur ce chemin, dans ce temps de l’après-coup que j’ai laissé passer, j’ai essayé de montrer que l’analyse ne nous permettait pas de nous en tenir à ce dont j’étais parti, /…/ soit à l’Éthique d’ARISTOTE.

 

jouissance L20 101: Quel rapport peut-il bien y avoir entre l’articula­tion qui constitue le langage, et une jouissance qui se ré­vèle être la substance de la pensée /…/ Cette jouissance est celle qui fait que Dieu c’est l’être suprême, et que cet Être suprême ne peut, dixit ARISTOTE, rien être d’autre que le lieu d’où se sait quel est le bien de tous les autres. /…/ Ce n’est pas très étonnant qu’on n’ait pas su comment serrer, coincer, faire couiner la jouissance en se servant de (de ce qui paraît le mieux pour supporter l’inertie du langage, à savoir) l’idée de la chaîne, des bouts de ficelle, autrement dit.

 

jouissance L20 55-58: Vous remarquerez que j’ai parlé de l’essence, tout comme ARISTOTE. /…/. Ça veut dire que ces vieux mots sont tout à fait utilisables /…/ c’est à cela que je suis passé tout de suite après ARISTOTE. /…/ L’utilitarisme, ça ne veut pas dire autre chose que ça -les vieux mots /…/ c’est à quoi ils servent qu’il faut penser. /…/ Il faut user /…/ des vieux mots. C’est ça l’utilita­risme. Et ça a permis un grand pas pour décoller des vieilles histoires d’universaux où on était engagé depuis PLATON et ARISTOTE. /…/ En somme cette jouis­sance [des universaux], si elle vient à celui qui parle, et pas pour rien, c’est parce que c’est un petit prématuré. Dans FREUD on en a des taces. S’il a parlé d’Urver­drängung, de refoulement primordial, c’est bien parce que justement le vrai /…/ n’est pas premier -il est se­cond. On la refoule cette jouissance parce qu’il ne convient pas qu’elle soit dite. /…/ Elle ne convient pas /…/ au rapport sexuel. A cause de ce qu’elle parle, ladite jouissance, lui, le rapport sexuel, n’est  pas. /…/ le pre­mier effet du refoulement, c’est qu’elle parle d’autre chose. C’est ce qui fait de la métaphore le ressort.

 

jouissance L20 76-78 Le discours scientifique s’était fondé sur le point tournant gali­léen. /…/ D’une part ce discours a engendré toutes sortes d’instruments /…/ [et] les sujets des instru­ments. /…/ pour autant q’un discours c’est ce qui dé­termine une forme de lien social. D’autre part,  /…/ il y a subversion de la connaissance. /…/ Considérons seule­ment les termes d’actif et de passif, par exemple, qui dominent tout ce qui a été cogité du rapport de la forme et de la matière, ce rapport si fondamental, auquel se ré­fère chaque pas de PLATON, puis d’ARISTOTE, concernant ce qu’il en est de la nature des choses. /…/ Suivez ce qui pro­gresse au cours des âges de l’idée d’un Dieu qui n’est pas celui de la foi chrétienne, mais celui d’ARISTOTE, le moteur immobile, la sphère suprême. Qu’il y ait un être tel que tous les autres êtres (moins êtres que lui) ne peuvent avoir d’autre visée que d’être le plus être qu’ils peuvent être, c’est là tout le fondement de l’idée du Bien dans cette éthique d’ARISTOTE /…/. c’est à la place opaque de la jouissance de l’Autre, /…/ la femme, qu’est situé cet Être suprême, mythique manifes­te­ment chez ARISTOTE, cette shère immobile d’où pro­cèdent tous les mouvements /…/.[p.78 sur: l’âme âme l’âme, le hors sexe, puis l’hystérie et l’amour courtois].

 

jouissance L20, p.56 Stoïanoff, : “Comment faire passer un éléphant par un trou de souris”, LEF, n° 25, vol. 2, p. 191-201: “Le phallus ne fait qu’occulter le Nom-du-Père en faisant surgir à sa place ce père potentiel (L19, 14.6.1972), le père intuable (L4, 6.3.1957), qui est l’Arché (L11, 20.11.1963), le père originaire (L12, 3.3.1965), l’Auteur (L19, 15.3.1972), le zéro au compteur (L15, 10.1.1968), ou, comme le dit Safouan (L.E., n° 9, p. 486) le phallus ancêtre. C’est donc ce qui n’existe pas encore en tant qu’il n’a pas trou­vé son origine en un Autre, c’est le phallus en construction (L4, 28.11.1956), la signification en tant qu’elle est à créer (LVIII, 12.3.1960), la jouissance phallique “qu’il faut bien qu’elle soit faute de l’Autre qui n’est pas” (L20, p.56), le Souverain Bien en somme (L7, 16.12.1959).

 

jouissance L21 12/3 111 : Cette histoire du CHRIST qui ne parle que de jouis­sance (ces lys des champs qui ne tissent ni ne filent), qui traverse, lui, le mythe l’affirme, la mort, tout ça en fin de compte n’a de fin /…/ que de produire des corps glo­rieux /…/ C’est tout de même curieux que ce soit par cette voie /…/ du beau /…/ que ce soit pour la première fois manifesté le dogme de la Trinité divine /…/. Si dans la logique d’ARISTOTE, l’autre jour, je vous ai démon­tré l’irruption /…/ de je ne sais quelles théories de l’amour, où sont fort bien distingués l’amour et la jouis­sance, c’est déjà pas mal, hein?

 

jouissance L21 11 juin 1974 : Il n’y a de jouissance que du corps.

 

jouissance L21 11 juin 1974, (Livre XXI, Les non-dupes errent) : l’inconscient comme savoir dysharmonique est plus étran­ger à une femme qu’à l’homme. […] Il lui est étranger parce qu’il lui vient de l’homme […] de l’homme dont elle rêve […] Mais une femme conserve, si je puis dire, un petit peu plus d’aération dans ses jouissances. Elle est moins échancrée contrairement à l’apparence. Et c’est là-dessus que je voudrais terminer […] sur ceci qui est extrait de Peirce : c’est qu’il s’est aperçu quand même que la logique, la logique aristotéli­cienne, c’est une logique purement prédicative et classifica­toire. Alors il s’est mis à cogiter autour de l’idée de relation, à savoir ce qui est parfaitement, ce qui va de soi, ce qui est du billard, du billard concernant non pas l’épinglage fonctionnel à un seul argument, que je viens de vous donner pour être celui de l’identification, en en remettant la chose dans la poche de la femme, il s’est mis à cogiter autour d’une relation idéale vidée […] x R y, une fonction à deux arguments. […] Qu’est-ce que la relation “savoir” ? L’on voit que pour répondre nous sommes bien obligés de rentrer dans le registre de la signifiance; ce dont il s’agit dans la position du maître, c’est toujours en effet des consé­quences de l’introduction du sujet dans le réel et de ce qui en résulte pour la jouissance. /…/ Nous ne pouvons, en effet, introduire la jouissance que sous  le mode logique de ce qu’ARISTOTE appelle une ousia, c’est-à-dire, quelque chose qui ne peut être ni attribué à un sujet, ni mis sous aucun sujet, qui n’est pas suscep­tible de plus ou de moins. La jouissance est en effet ce dans quoi le principe de plaisir marque ses traits et ses limites. /…/ Il n’y a de jouissance que du corps.

 

jouissance L22 du sens :  Jacques LACAN, Le Séminaire, Livre XXII, 8/4/1975, Ornicar,? 5, p.43 . “A partir du sens “Je Suis” j’arrive au “Se Jouit” [J$].

 

jouissance L20 27 : Le signifiant c’est la cause de la jouissance. Sans le signi­fiant comment aborder cette partie du corps? Comment sans le signifiant centrer ce quelque chose qui, de la jouissance, est la cause  matérielle? Si flou, si confus que ce soit, c’est une par­tie qui, du corps, est si­gnifiée dans cet apport. J’irai mainte­nant tout droit à la cause finale, finale en tous les sens du terme. En ceci qu’il en est le terme, le signifiant c’est ce qui fait halte à la jouissance. /…/ L’efficience, dont ARISTOTE nous fait la troisième forme de la cause, n’est rien enfin que ce projet dont se limite la jouissance. /…/ Et l’étreinte, l’étreinte confuse d’où la jouissance prend sa cause, sa cause dernière, qui est formelle, n’est-elle pas de l’ordre de la grammaire qui la commande? Le mythe ne saurait ici avoir d’autre sens que celui à quoi je l’ai réduit, d’un énoncé de l’impossible .

 

JOUISSANCE DU CORPS L21 11 juin 1974 , Les non-dupes errent: l’inconscient comme savoir dysharmonique est plus étran­ger à une femme qu’à l’homme. […] Il lui est étranger parce qu’il lui vient de l’homme […] de l’homme dont elle rêve […] Mais une femme conserve, si je puis dire, un petit peu plus d’aération dans ses jouissances. Elle est moins échancrée contrairement à l’apparence. Et c’est là-dessus que je voudrais terminer […] sur ceci qui est extrait de Peirce : c’est qu’il s’est aperçu quand même que la logique, la logique aristotéli­cienne, c’est une logique purement prédicative et classifica­toire. Alors il s’est mis à cogiter autour de l’idée de relation, à savoir ce qui est parfaitement, ce qui va de soi, ce qui est du billard, du billard concernant non pas l’épinglage fonctionnel à un seul argument, que je viens de vous donner pour être celui de l’identification, en en remettant la chose dans la poche de la femme, il s’est mis à cogiter autour d’une relation idéale vidée […] x R y [x sait y], une fonction à deux arguments. […] Qu’est-ce que la relation “savoir” ? L’on voit que pour répondre nous sommes bien obligés de rentrer dans le registre de la signifiance; ce dont il s’agit dans la position du maître, c’est toujours en effet des consé­quences de l’introduction du sujet dans le réel et de ce qui en résulte pour la jouissance. /…/ Nous ne pouvons, en effet, introduire la jouissance que sous  le mode logique de ce qu’ARISTOTE appelle une ousia, c’est-à-dire, quelque chose qui ne peut être ni attribué à un sujet, ni mis sous aucun sujet, qui n’est pas suscep­tible de plus ou de moins. La jouissance est en effet ce dans quoi le principe de plaisir marque ses traits et ses limites. /…/ Il n’y a de jouissance que du corps [JC].


 

 

JOUISSANCE PHALLIQUEL15 21/2/68, 165-6 : /…/ pour la jouissance masculine pour ce qu’il en est au moins de l’expérience analytique, chose étrange, jamais personne ne semble s’être aperçu qu’elle est réduite très précisément au mythe d’Oedipe Seulement voilà, depuis que je me tue à dire que l’inconscient est structuré comme un langage, personne ne s’est aperçu que le mythe originel, celui de Totem et Tabou, l’Oedipe pour tout dire, c’est peut-être un drame originel, seulement c’est un drame aphasique. Le Père jouit de toutes les femmes, telle est  l’essence du mythe d’Oedipe, je veux dire sous la plume de FREUD . Il y en a à qui ça ne va pas, on le bousille ou on le mange . Ça n’a rien a faire avec aucun drame  /…/ ce qui est à expliquer c’est que justement ça soit passé dans une tragédie . /…/  .

 

JOUISSANCE PHALLIQUEL17, 139: C’est là, dans le mythe d’Oedipe tel qu’il nous est énoncé, qu’est la clé de la jouissance . /…/ Le mythe de l’Oedipe, au niveau tragique où FREUD se l’approprie montre bien que le meurtre du père est la condition de la jouissance .

 

JOUISSANCE PHALLIQUEL18, 20/1/71, 11 Le mythe de l’Oedipe, qui ne voit qu’il est nécessaire de désigner le réel, car c’est bien ce /…/ à quoi le théoricien est réduit quand il formule cet hypermythe, c’est que le réel a proprement parler s’incarne de quoi? de la jouissance sexuelle; comme quoi? comme impossible, puisque ce que l’Oedipe désigne, c’est l’être mythique dont la jouissance /…/ serait celle de quoi? de toutes les femmes . [effet de prévalence de discours] .

 

JOUISSANCE PHALLIQUE L18 PEIRCE 17 fév. 1971 : si le schéma de Peirce Charles Sanders a un intérêt […] c’est que de dé­finir comme nécessaire que “tout quelque chose” soit pourvu d’un tel at­tribut est une position universelle parfaite­ment recevable sans qu’il y ait pour autant aucun x. […] Ce que désigne le mythe de la jouissance de “toutes les femmes”, c’est que “toutes les femmes”, il n’y en a pas, il n’y a pas d’universelle de la femme./…/ Il en résulte qu’une femme n’a de témoignage de son in­sertion dans la loi, de ce qui supplée au rapport, que par le désir de l’homme ; le désir de l’homme […] est lié à sa cause qui est le plus-de-jouir […] s’il prend sa source dans la champ d’où tout part : l’effet de langage, dans le désir de l’Autre donc ; et la femme en cette occasion, on s’aperçoit que c’est elle qui est l’Autre. Seulement elle est l’Autre d’un tout autre ressort, d’un tout autre registre que son savoir quel qu’il soit. Voilà donc “l’instrument phallique”, posé avec des guillemets, comme cause du langage, je n’ai pas dit origine. Et là […] je signalerai la trace qu’on peut en avoir, à savoir le maintien, quoi qu’on veuille, d’un interdit sur les mots obscènes. […] Il est tout à fait désespéré de langagier l’instrument phallique.

 

JOUISSANCE PHALLIQUEL18, 9/6/71,14-15 : /…/ le phallus c’est la totalité de ce qui fémininement peut être sujet à la jouissance. Cette jouissance /…/ reste voilée dans le couple royal de l’Oedipe, mais ce n’est  pas que du premier mythe elle soit absente . /…/ Mais la castration d’Oedipe n’a pas d’autre fin que de mettre fin à la peste thébaine, c’est-à-dire de rendre au peuple la jouissance dont d’autres vont être les garants, ce qui /…/ n’ira pas sans quelques péripéties amères pour tous .Dois-je souligner que la fonction-clé du mythe s’op­pose dans les deux strictement . Loi d’abord, dans le premier /…/. Dans le second, jouissance à l’origine, loi ensuite, dont on me fera grâce d’avoir à souligner les cor­rélats de perversion puisqu’en fin de compte, avec la promotion /…/ du canniba­lisme sacré, c’est bien toutes les femmes qui sont interdites de principe à la commu­nauté des mâles, qui s’est transcendée comme telle dans cette communion. Le mythe ne saurait ici avoir d’autre sens que celui à quoi je l’ai réduit, d’un énoncé de l’impossible .

 

JOUISSANCE PHALLIQUEL18 9 juin  1971, D’un discours qui  … : Le phallus n’est tout à fait stable que sur une carte où il dé­signe un dé­sert. C’est les seules choses qui sur la carte ne changent pas de nom. Il est remarquable que même les déserts produits au nom d’une religion, ce qui n’est pas rare, ne soient jamais désignés du nom qui fut pour eux dévastateur. Un dé­sert ne se rebaptise qu’à être fécondé. Ça n’est pas le cas de la jouissance sexuelle, que le progrès de la science ne semble conquérir au savoir. C’est par contre du barrage qu’elle constitue à l’avènement du rapport sexuel dans le discours que sa place s’y est évi­dée jusqu’à devenir dans la psychanalyse évident. Telle est, au sens que ce mot a dans le pas logique de Freud, “die Bedeutung des Phallus” […].

 

JOUISSANCE PHALLIQUEL20, p.56: [la jouissance phallique] “qu’il faut bien qu’elle soit faute de l’Autre qui n’est pas”

JOUISSANCE DE L’AUTRE jouissance L06 3/6/59 DI 696: [La jeune Parque: “Je me voyais me voir célèbre”]: situation de jouissance inconsciente de l’autre (JA): il ne sait pas /…/ Il s’établit dont la répartition d’une double ignorance; car si l’autre ne réalise pas à  ce niveau /…/ ce qui est supposé réalisé dans l’esprit de celui qui s’exhibe /…/ inversement celui qui s’exhibe /…/ ne réalise pas la fonction de la coupure qui l’abolit [$] dans un automatisme clandestin.

 

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L06 3/6/59 DI 696: [La jeune Parque: “Je me voyais me voir célèbre”]: situation de jouissance inconsciente de l’autre (JA): il ne sait pas /…/ Il s’établit dont la répartition d’une double ignorance; car si l’autre ne réalise pas à  ce niveau /…/ ce qui est supposé réalisé dans l’esprit de celui qui s’exhibe /…/ inversement celui qui s’exhibe /…/ ne réalise pas la fonction de la coupure qui l’abolit [$] dans un automatisme clandestin.

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L10, 12/121962 : L’angoisse du cauchemar est éprouvée. Le corrélatif du cauchemar c’est l’incube, /…/ c ‘est /…/ cet être qui vous écrase sous sa jouissance /…/ comme celle de la jouissance de l’Autre . /…/ Pour nous introduire par ce biais majeur dans ce que nous livrera la thématique du cauchemar, la première chose qui apparaît dans le mythe /…/ c’est que cet être /…/ est aussi un être questionneur /../ qui se  manifeste, se déploie, dans cette dimension complète, développée, de la question  comme telle qui s’appelle l’énigme . Le sphinx, dont /…/ l’entrée en jeu précède tout le drame d’Oedipe, est une figure de cauchemar et une figure de questionneur en même temps.

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L14 24/5/67 LEF5 80: Ce qui s’image parfaitement dans la légende d’Oedipe, qui n’était pas un philosophe, mais qui nous donne le modèle de tout rapport au savoir, dans la mesure où le rapport au savoir /…/ porte sur le corps . L’accession à ce savoir rompt le pouvoir d’une jouissance féroce celle de la sphynge, figure étrangement mi-bestiale, mi-féminine, et  ouvre accès à qulque chose qui est aussi une jouissance laquelle /…/ marque /…/ du signe de la culpabilité. Oedipe ne savait pas de quoi il jouissait . J’ai posé la dernière fois la question de savoir si Jocaste, elle le savait, et si même une bonne part de sa jouissance ne réside pas en ce qu’elle laisse Oedipe l’ignorer .

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L14 26/4/67 LEF4 22 : Reconnaître ce qui est en jeu c’est voir au contraire qu’accéder à l’acte sexuel c’est accéder à une jouissance coupable . Le mythe d’Oedipe le dit bien: la jouissance est pourrie /…/ Quand Oedipe tranche l’énigme, la vérité se jette dans l’abîme /…/ la jouissance est une question posée au nom de la vérité /…/ Mais quel océan de jouissance féminine n’a-t-il pas fallu pour que le navire d’Oedipe flotte sans couler jusqu’à ce que la peste montre enfin de quoi était faite la mer de son bonheur .

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L14 31/5/67 LEF5 78: celui qui, à en croire Hegel, n’a pu tenir dès le départ le risque de perdre sa vie /…/ celui qui a assez tenu à la jouissance pour se soumettre et aliéner son corps, hé, pourquoi la jouissance ne lui resterait-elle pas en main? Je ne sais quel fantasme veut que le bouquet complet soit toujours dans une seule main. Il n’en est rien; et nous avons mille témoignages de ceci, que la position de celui dont le corps est remis à la merci de l’autre est celle qui permet le mieux l’ouverture sur ce qui peut s’appeler la pure jouissance.

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L16 26/3/69 8: Ce qui au niveau d’un corps grêle, d’un profil de petite fille est l’objet du désir du voyeur, c’est très précisément ce qui [ne] peut s’y voir qu’à ce qu’elle le supporte de l’insaisissable [Unbegriff] d’une ligne où il manque, c’est-à-dire le phallus. /…/ [Hémorragie rétinienne et effets de l’exhibition] C’est proprement et avant tout de faire apparaître, au champ de l’Autre, le regard. Et pourquoi? Sinon pour y évoquer ce rapport topologique de ce qu’il en est de la fuite, de l’insaisissable [Unbegriff] du regard, dans son rapport à la limite imposée à la jouissance de l’Autre [JOUISSANCE DE L’AUTRE] par la fonction du principe de plaisir.

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L18 17/2 14: “Le phallus c’est l’organe en tant qu’il est (EST); il s’agit de l’être en tant qu’il est la jouissance féminine. Voilà où est, en quoi réside l’incompatibilité de l’être et de l’avoir.

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L18, 16/6/71, 20 : Quelle est l’ordonnance du surmoi? précisément elle s’origine de ce père originel plus que mythique, de cet appel comme tel à la jouissance pure, c’est-à-dire aussi à la non-castration. Qu’est-ce que ce père en effet dit au déclin de l’Oedipe? Il dit ce que dit le Surmoi /…/ c’est: jouis!

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L19 15/12/1972 10-11 : “C’est formidablement jouissif, la logique, justement parce que ça tient du champ de la castration.

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L19 21 juin 1972 , Ou pire… : Ce que Peirce ose articuler là, au joint d’une antique cosmo­logie, c’est la similitude de ce dont il s’agit, dit-il, au rien. Ça veut dire ce autour de quoi nécessairement tourne tout dis­cours. Par cette voie, ce qu’à promouvoir cette année la théorie des ensembles, de suggérer que ce soit dans cette veine, celle qui exploite […] ces énoncés qui se formalisent de la logique, c’est que ce soit à cette veine qu’ils se rompent pour se for­mer […] à ce qui doit distinguer […] la bourre, l’intervalle, le tam­pon­nement, la béance qu’il y a entre le niveau du corps, de la jouissance et du semblant et le discours, pour s’apercevoir que c’est là qu’il se pose la question de ce qui est à naître [nous soulignons, S.S.-N.] et qui n’est ni les bons senti­ments, ni la jurisprudence, qui a à faire à autre chose, qui a un nom, qui s’appelle l’interprétation.

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L20 101: Quel rapport peut-il bien y avoir entre l’articula­tion qui constitue le langage, et une jouissance qui se ré­vèle être la substance de la pensée /…/ Cette jouissance est celle qui fait que Dieu c’est l’être suprême, et que cet Être suprême ne peut, dixit ARISTOTE, rien être d’autre que le lieu d’où se sait quel est le bien de tous les autres. /…/ Ce n’est pas très étonnant qu’on n’ait pas su comment serrer, coincer, faire couiner la jouissance en se servant de (de ce qui paraît le mieux pour supporter l’inertie du langage, à savoir) l’idée de la chaîne, des bouts de ficelle, autrement dit.

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L20 55-58: Vous remarquerez que j’ai parlé de l’essence, tout comme ARISTOTE. /…/. Ça veut dire que ces vieux mots sont tout à fait utilisables /…/ c’est à cela que je suis passé tout de suite après ARISTOTE. /…/ L’utilitarisme, ça ne veut pas dire autre chose que ça -les vieux mots /…/ c’est à quoi ils servent qu’il faut penser. /…/ Il faut user /…/ des vieux mots. C’est ça l’utilita­risme. Et ça a permis un grand pas pour décoller des vieilles histoires d’universaux où on était engagé depuis PLATON et ARISTOTE. /…/ En somme cette jouis­sance [des universaux], si elle vient à celui qui parle, et pas pour rien, c’est parce que c’est un petit prématuré. Dans FREUD on en a des traces. S’il a parlé d’Urver­drängung, de refoulement primordial, c’est bien parce que justement le vrai /…/ n’est pas premier -il est se­cond. On la refoule cette jouissance parce qu’il ne convient pas qu’elle soit dite. /…/ Elle ne convient pas /…/ au rapport sexuel. A cause de ce qu’elle parle, ladite jouissance, lui, le rapport sexuel, n’est  pas. /…/ le pre­mier effet du refoulement, c’est qu’elle parle d’autre chose. C’est ce qui fait de la métaphore le ressort.

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L20 76-78 : Le discours scientifique s’était fondé sur le point tournant gali­léen. /…/ D’une part ce discours a engendré toutes sortes d’instruments /…/ [et] les sujets des instru­ments. /…/ pour autant q’un discours c’est ce qui dé­termine une forme de lien social. D’autre part,  /…/ il y a subversion de la connaissance. /…/ Considérons seule­ment les termes d’actif et de passif, par exemple, qui dominent tout ce qui a été cogité du rapport de la forme et de la matière, ce rapport si fondamental, auquel se ré­fère chaque pas de PLATON, puis d’ARISTOTE, concernant ce qu’il en est de la nature des choses. /…/ Suivez ce qui pro­gresse au cours des âges de l’idée d’un Dieu qui n’est pas celui de la foi chrétienne, mais celui d’ARISTOTE, le moteur immobile, la sphère suprême. Qu’il y ait un être tel que tous les autres êtres (moins êtres que lui) ne peuvent avoir d’autre visée que d’être le plus être qu’ils peuvent être, c’est là tout le fondement de l’idée du Bien dans cette éthique d’ARISTOTE /…/. c’est à la place opaque de la jouissance de l’Autre, /…/ la femme, qu’est situé cet Être suprême, mythique manifes­te­ment chez ARISTOTE, cette shère immobile d’où pro­cèdent tous les mouvements /…/.[p.78 sur: l’âme âme l’âme, le hors sexe, puis l’hystérie et l’amour courtois].

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L21 12/3 111 : Cette histoire du CHRIST qui ne parle que de jouis­sance (ces lys des champs qui ne tissent ni ne filent), qui traverse, lui, le mythe l’affirme, la mort, tout ça en fin de compte n’a de fin /…/ que de produire des corps glo­rieux /…/ C’est tout de même curieux que ce soit par cette voie /…/ du beau /…/ que ce soit pour la première fois manifesté le dogme de la Trinité divine /…/. Si dans la logique d’ARISTOTE, l’autre jour, je vous ai démon­tré l’irruption /…/ de je ne sais quelles théories de l’amour, où sont fort bien distingués l’amour et la jouis­sance, c’est déjà pas mal, hein?

 

JOUISSANCE DE L’AUTRE L21  11 juin 1974   Les non-dupes errent  : Il n’y a de jouissance que du corps.

 

jouissance L20, p.56 Stoïanoff, : “Comment faire passer un éléphant par un trou de souris”, LEF, n° 25, vol. 2, p. 191-201: “Le phallus ne fait qu’occulter le Nom-du-Père en faisant surgir à sa place ce père potentiel (L19, 14.6.1972), le père intuable (L4, 6.3.1957), qui est l’Arké (L11, 20.11.1963), le père originaire (L12, 3.3.1965), l’Auteur (L19, 15.3.1972), le zéro au compteur (L15, 10.1.1968), ou, comme le dit Safouan (L.E., n° 9, p. 486) le phallus ancêtre. C’est donc ce qui n’existe pas encore en tant qu’il n’a pas trou­vé son origine en un Autre, c’est le phallus en construction (L4, 28.11.1956), la signification en tant qu’elle est à créer (LVIII, 12.3.1960), JOUISSANCE PHALLIQUEla jouissance phallique “qu’il faut bien qu’elle soit faute de l’Autre qui n’est pas” (L20, p.56), le Souverain Bien en somme (L7, 16.12.1959).

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