Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

LOI

 

Loi E277 C’est bien en quoi le complexe d’Oedipe /…/ sera dit /…/ marquer les limites que notre discipline assigne à la subjectivité: à savoir, ce que le sujet peut connaître de sa participation inconsciente au mouvement des structures complexes de l’alliance, en vérifiant les effets symboliques en son existence particulière du mouvement tangentiel vers l’inceste qui se manifeste depuis l’avènement d’une communauté universelle . La Loi primordiale est donc celle qui en réglant l’alliance superpose le règne de la culture au règne de la nature livré à la loi de l’accouplement . /…/ Cette loi se fait donc suffisamment connaître comme identique à un ordre du  langage . Car nul pouvoir sans les nominations de la parenté n’est porté d’instituer l’ordre des préférences et des tabous qui nouent et tressent à travers les générations le fil des lignées . /…/ Nous savons en effet quel ravage déjà allant jusqu’à la dissociation de la personnalité du sujet peut exercer une filiation falsifiée quand la contrainte de l’entourage s’emploie à en soutenir le mensonge .

 

Loi E432 C’est au cœur de cette détermination de la loi symbolique que FREUD s’est porté d’emblée par sa découverte /…/ en y installant dès la Traumdeutung le complexe d’Oedipe comme sa motivation centrale . /…/ C’est essentiellement /…/ sur la liaison sexuelle /…/ que la première combinatoire des échanges de femmes entre les lignées nominales prend son appui, pour développer en un échange de biens gratuits et un échange de maîtres-mots le commerce fondamental et le discours correct qui supportent les sociétés humaines.

 

Loi E563 [dans le schéma R] Il nous semble bien alors que si le Créé I y assume la place de P laissée vacante par la Loi, la place du Créateur s’y désigne de ce liegen lassen, fondamental, où paraît se dénuder, de la forclusion du Père, l’absence qui a permis de se construire à la primordiale symbolisation M de la mère. De l’une à l’autre, une ligne qui culminerait dans les Créatures de la parole, occupant la place de l’enfant refusé aux espoirs du sujet (cf. post-scriptum), se concevrait ainsi comme contournant le trou creusé dans le champ du signifiant par la forclusion du Nom-du-Père (v. Schéma I, p.571).

 

Loi E852 Mais FREUD nous révèle que c’est grâce au Nom-du-Père que l’homme ne reste pas attaché au service sexuel de la mère, que l’agression contre le Père est au principe de la Loi et que la Loi est au service du désir qu’elle instaure par l’interdiction de l’inceste . Car l’inconscient montre que le désir esr accroché à l’interdit, que la crise d’Oedipe est déterminante pour la maturation sexuelle elle-même .

 

Loi KS37 (Radiophonie, interview à F. WAHL) Comment ici du reste ne pas rappeler qu’il faut bien concevoir [trou] comme quelque chose qui rende compte de ce fait que la théorie de L’inconscient ait été dans la découverte de FREUD liée dès son surgissement même à ce qu’on appelle le complexe d’Oedipe . Voilà qui nous tourne vers l’Autre, mais le grand Autre, apparemment dans une incarnation qui le personnifie, celle du père archaïque en tant que dans son meurtre a surgi mystérieusement le pacte de la Loi primordiale .

 

Loi L03 312 Ne pas céder à la première invite. /…/ Nous reconnaissons ici notre bon vieil ami le surmoi, qui nous apparaît tout d’un coup sous sa forme phénoménale  /…/ Ce surmoi est bien quelque chose comme la loi, mais c’est une loi sans dialectique, et ce n’est pas pour rien qu’on le reconnaît /…/ dans l’impératif catégorique, avec ce que j’appellerai sa neutralité malfaisante -un certain auteur le nomme le saboteur interne.

 

Loi L03 82 [SCHREBER]: Nous verrons par exemple ce que  l’hallucination des petits hommes signifie organiquement. Mais le pivot de ces phénomènes, c’est la loi, qui est ici tout entière dans la dimension imaginaire. Je l’appelle transversale, parce qu’elle est diagonalement opposée à la relation de sujet à sujet, axe de la parole dans son efficacité.

 

Loi L03 275 [Voici] le fil rouge qui traverse toute l’analyse freudienne . De bout en bout, depuis la découverte du complexe d’Oedipe jusqu’à Moïse et le Monothéisme, en passant par le paradoxe extraordinaire au point de vue scientifique de Totem et Tabou, FREUD ne s’est posé, personnellement, qu’une seule question -comment ce système du signifiant sans lequel il n’y a nulle incarnation possible, ni de la vérité, ni de la justice, comment ce logos littéral peut-il avoir prise sur un animal qui n’en a que faire, et qui n’en a cure? Car cela n’intéresse à aucun degré ses besoins . C’est pourtant cela même qui fait la souffrance névrotique . L’homme est effectivement possédé par le discours de la loi, et c’est avec lui qu’il se châtie, au nom de cette dette symbolique qu’il ne cesse de payer toujours davantage dans sa névrose .

 

Loi L04 209: /…/ l’assomption du signe même de la position virile, de l’hétérosexualité masculine, implique la castration à son départ . /…/ C’est le jeu joué avec le père, jeu de qui perd gagne si je puis dire, qui seul permet à l’enfant de conquérir la voie par où se déposera en  lui la première inscription de la loi .

 

Loi L05 15/1 3-5  J’ai essayé de vous ordonner un certain nombre de directions qui avaient été posées dans l’histoire de l’Analyse à propos de l’Oedipe . /…/ Il y a-t-il des névroses sans  Oedipe? Il semblait, en effet, que certaines observations se présentaient d’une façon telle que le conflit, le drame oedipien, n’avait pas joué le rôle essentiel, que, par exemple, le rapport exclusif de l’enfant à la mère était ce qui était donné dans l’analyse comme devant être admis par le fait de l’expérience, à savoir qu’il pouvait y avoir des sujets qui présentaient des névroses où on ne trouvait pas du tout l’Oedipe . Névroses sans Oedipe, c’est le titre d’un article de Charles NODIER . Cette notion de névrose sans Oedipe, vous savez que dans l’histoire essentiellement corrélative aux questions posées sur le sujet de ce qu’on appelé le surmoi maternel /…/ on posait la question: est-ce que vraiment il est d’origine paternelle? Est-ce qu’il n’y a pas derrière le surmoi paternel ce surmoi maternel encore plus exigeant /…/ encore plus insistant dans la névrose que le surmoi paternel?  /…/ L’autre centre autour duquel tourne ceci c’est le centre de l’Oedipe /…/ Si le complexe d’Oedipe est  là ou s’il manque chez le sujet on a ce que nous appellerions le champ préœdipien? /…/ Bien sûr, dans FREUD [Les trois essais] /…/ ça prend son importance à travers l’Oedipe /…/ Mais /…/ jamais à cette époque là la notion de la rétro-action d’une [phase?] d’Oedipe /…/ n’a été mise en valeur . [importance de la question dans la perversion et dans la psychose].

 

Loi L05 15/1 18-19 Le lien de la castration à la Loi est essentiel, mais nous voyons comment ça nous est présenté cliniquement, comment d’abord le complexe d’Oedipe se présente à nous . Le rapport /…/ entre /…/ le garçon et le père est commandée /…/ par la crainte de la castration; quelle est-elle? /…/ sous la forme de quoi? d’une rétorsion /…/ La crainte éprouvée devant le  père est nettement centrifuge, /…/ elle a son centre dans le sujet . /…/ La castration /…/ est quelque chose qui se manifeste sur le plan imaginaire

 

Loi L06 192 Après avoir parlé de l’Oedipe pour la première fois il [FREUD] introduit dans la Science des rêves, à propos des rêves de mort de personnes qui nous sont chères /…/ ce rêve que j’ai choisi à montrer comment, s’instituait sur deux lignes d’intersubjectivité superposées, doublées l’une par rapport à l’autre, le fameux “il ne savait pas” /…/ le fait que le père est inconscient et incarne ici l’image, l’inconscient même du sujet, et /../ son propre vœu, du vœu de mort contre son père .

 

Loi L10, 16/I/63 9 Ce me sera l’occasion /…/ de faire apparaître en quel sens j’ai dit /…/ que si le désir et la loi étaient la même chose c’est pour autant que le désir et la loi ont leur objet commun . /…/ Le mythe de l’Oedipe ne veut pas dire autre chose, c’est qu’à l’origine le désir et la loi ne sont qu’une seule et même chose .

 

Loi L18, 9/6/71,14-15 /…/ le phallus c’est la totalité de ce qui fémininement peut être sujet à la jouissance . Cette jouissance /…/ reste voilée dans le couple royal de l’Oedipe, mais ce n’est  pas que du premier mythe elle soit absente . /…/ Mais la castration d’Oedipe n’a pas d’autre fin que de mettre fin à la peste thébaine, c’est-à-dire de rendre au peuple la jouissance dont d’autres vont être les garants, ce qui /…/ n’ira pas sans quelques péripéties amères pour tous .Dois-je souligner que la fonction-clé du mythe s’oppose dans les deux strictement . Loi d’abord, dans le premier /…/ . Dans le second, jouissance à l’origine, loi ensuite, dont on me fera grâce d’avoir à souligner les corrélats de perversion puisqu’en fin de compte , avec la promotion /…/ du cannibalisme sacré, c’est bien toutes les femmes qui sont interdites de principe à la communauté des mâles, qui s’est transcendée comme telle dans cette communion.

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