Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

MODALITÉ

 

  1. argument S4 15):  Il n’y a rien d’excessif au regard de ce que nous donne l’expérience, à mettre au chef de l’être ou de l’avoir le phallus /…/ la fonction qui supplée au rapport sexuel. D’où une inscription possible /…/ de cette fonc­tion comme Φx, à quoi les êtres vont répondre par leur mode d’y faire argument. Cette articulation de la fonc­tion comme proposition est de FREGE. /…/ Tout peut [dans la logique du complexe d’Oedipe] en être maintenu à se développer autour de ce que j’avance de la corrélation logique de deux formules qui, à s’inscrire mathémati­quement  pour pas tout x phi de x, et il existe un x non phi de x, s’énoncent 1° Pour la première: pour tout Φ x est satisfait. 2° la seconde, il y a par exception le cas /…/ où il existe un x pour lequel la fonction Φ n’est pas satisfaite. C’est précisément d’où se conjugue le “tous” de l’uni­verselle /…/ à l’il existe un que le quantique lui apparie, sa différence étant patente avec ce qu’il implique la pro­position d’ARISTOTE dite particulière. Je les conjugue de ce que le il existe un  en question, à faire limite au pourtout, est ce qui l’affirme ou le confirme, de ce qu’un proverbe objecte déjà au contradictoire d’ARIS­TOTE. La raison en est que ce que le discours analy­tique concerne; c’est le sujet, qui, comme effet de signi­fication, est réponse du réel. Cela je l’articulai, dès l’onze avril 56, en ayant texte recueilli, d’une citation du signifiant asémantique, ce pour les gens qui y eussent pu prendre intérêt à s’y sentir appelés à une fonction de déjet. [FALSUS] [Le proverbe en question s’énonce “c’est l’exception qui confirme la règle”].

 

  1. contingence L17 218 L’envers de la psychanalyse, Livre XVII, 17 juin 1970, p. 218. “Il n’y a pas de contingence dans la position de l’esclave. Il y a de la né­cessité que dans le savoir ; quelque chose se produit qui fait signifiant maître. […] La honte […] c’est peut-être bien ça le trou d’où jaillit le si­gnifiant-maître. Le désastre ne serait peut-être quand même pas inutile pour mesurer jusqu’à quel point il faut s’en rapprocher, si l’on veut avoir quelque chose à faire avec la subversion, voire seulement le rou­lement du discours du maître.

 

  1. im­possible L09B 13/6 512 “quand j’essaie pour vous de fomenter ces plastiques, il peut vous sembler voir une remise à jour d’anciennes techniques imaginaires qui sont celles que je vous appris à lire sous la forme de la sphère dans PLATON. /…/ ce petit point double, ce poinçon, nous montre que là est le champ où se cerne ce qui est le véritable ressort du rap­port entre le possible et le réel [I/R].Ce qui a fait tout le charme, toute la séduction /…/ de la logique classique, le véritable intérêt de la logique formelle -j’entends celle d’ARISTOTE- ce qu’elle suppose et ce qu’elle exclut et qui est vraiment son point pivot, à savoir le point d‘im­possible en tant qu’il est celui du désir. /…/ C’est des trucs à Théot.[Catherine THEOT, amie de ROBESPIERRE, d’où l’être suprême]. /…/ Il y a dieu et dieu. /../ il y en a qui sont tout à fait réels.

 

  1. im-possible L22 Jacques LACAN, Le Séminaire, Livre XXII, 13/51975, Ornicar 5, p.57 S#I constitue un forçage de l’im-possible à ima-giner, c’est-à-dire du trou du Symbolique.
  1. L19 Lacan, Ou pire…, Livre XIX, 8 janv. 1972.Quelqu’un comme Frege ne manque pas quand il fomente la fonction de l’assertion devant laquelle il passe […] ; l’assertion a rapport à une fonction, vraie ou fausse,  il lui faut pour que x ait existence d’argument, ici placé dans ce petit creux,argument fregeimage de la place vide, qu’il y ait quelque chose qui s’appelle “tout x”, qui convienne à la fonction. L’introduction du “pas-tout” est ici essentielle ! pour pas tout x phi de x [à lire : pas tout x satisfait à la fonction PHI]. Le “pas-tout”, n’est-ce pas, c’est l’universel négativé.

 

 

  1. modalité L21 19/2 92: Jaakko HINTIKKA a fait un bouquin qui s’appelle Time and Necessity, avec comme sous-titre: “Etude sur la théorie de la modalité d’ARISTOTE”. Ça n’est pas mal. /…/ Ça suppose /…/ que HINTIKKA /…/ m’avait devancé depuis longtemps /…/ sur ce que je vous faisais remarquer la dernière fois, que l’Organon d’ARIS­TOTE, ça vaut la peine d’être lu parce que /…/ ce qui est difficile c’est bien de savoir, chez un frayeur /…./ comme ARISTOTE /…/ pourquoi il a choisi ces termes là est pas d’autres.

 

  1. nécessaire L19 8/12 13 : ARISTOTE joue des quatre catégories; de l’impos­sible [qu’il oppose au possible, au nécessaire et au contingent]. Nous verrons qu’il n’est rien de tenable dans ces oppositions. Aujourd’hui je vous pointe simple­ment ce qu’il en est d’une formulation du nécessaire, qui est proprement ceci: ne pas pouvoir.

 

  1. nécessaire L21 19/2 99-100): Sachez le, il y a une trace dans ARISTOTE, que la logique propositionnelle, à savoir que quelque chose est vrai ou faux, ce qui se note zéro ou un., selon le cas, il y a une petite trace, il y a un endroit où ARISTOTE dé­rape /…/ dans le /…/ De l’Interprétation. Il y a un en­droit où ça fuse, que la logique propositionnelle est aussi modale que les autres. /…/ là /…/ la contradiction n’est en fin de compte qu’artifice /…/ de suppléance /…/. Vous voyez bien qu’entre le “ne cesse pas de s’écrire p” et le “ne cesse pas de s’écrire non-p”, nous sommes là dans l’artefact /…/ et que l’ordre du possible est comme l’indique ARISTOTE, connecté au nécessaire./…/ A ceci près qu’il n’y a rien à en tirer. ARISTOTE lui-même en témoigne. Il y témoigne de sa confusion à tout instant entre le possible et le contingent.

 

  1. particulier L09 27/6 535 538 Rien dans l’ousia, dans ce qui est -c’est-à-dire pour ARISTOTE- l’indivi­duel, n’est de nature à pouvoir être ni situé dans le sujet, ni affirmé, c’est-à-dire ni attribué au sujet [LACAN  évoque ici le tournant qui dans la logique mathématique fait du sujet une variable]. /…/ Le sujet c’est ce qu’un si­gnifiant représente pour un autre signifiant. Cette for­mule a l’avantage de rouvrir ce qui est éludé dans la lo­gique mathématique, à savoir la question de ce qu’il y a d’initial, d’initiant, à poser un signifiant quelconque, à l’introduire comme représentant le sujet; car c’est là, et c’est là dès ARISTOTE, ce qu’il en est d’essentiel et ce qui seul permet de situer à sa juste place la différence /…/ de l’universel au particulier. [suite sur C.S. PEIRCE.]

 

  1. particulier TÉLÉVISION: 63 Il n’y a de l’Un que par l’expérience de l'(a)sexué. Pour nous il a autant de droits que l’Un à d’un axiome faire sujet. Et voici ce que l’expérience ici suggère. D’abord que s’impose pour les femmes cette négation qu’ARISTOTE écarte dz porter sur l’universel, soit de n’être pas-toutes, mé pantès? Comme si à écarter de l’universel sa négation, ARISTOTE ne le rendait pas simplement futile: le dictus de omni et nullo n’assure d’aucune ex-sistance, comme lui-même en témoigne, cette ex-sistence, ne l’affirmer que du  particulier, sans, au sens fort, s’en rendre compte, c’est-à-dire savoir pourquoi: -inconscient. C’est d’où une femme /…/ ne rencontre l’Homme que dans la psychose. Tout ceci /…/ suppose que le Un est triple /…/ Nier l’Un unique, c’est là le sens de la barre sur le quanteur de l’existence.

 

  1. pas-tout L18 Lacan, Livre XVIII, inédit, D’un discours…,  1971, 16 juin. “Il est tout à fait clair que si la castration a un rapport au phallus, ça n’est pas là [au niveau de l’image féminine d’Akhénaton] que nous pouvons la désigner. Je veux dire que si je fais le petit schéma qui correspondrait au “pas-tous” et au “pas-toutes”, comme désignant un certain type de rela­tion au Φ de x, c’est bien en ce sens que c’est au Φ de x tout de même que se rapportent les élus. Le passage, le passage à la “médiation” […] masculine c’est bien celle de cet “au moins un” que je soulignais et que nous retrouvons dans Peano par ce n+1 toujours répété ; celui qui, en quelque sorte, suppose que le n qui le précède se réduit à zéro ; par quoi ? précisément par le meurtre du Père. Ce repérage donne, si l’on peut dire, le détour, la façon, pour employer le terme de Frege lui-même […] “ungerade” (oblique), dont le sens du meurtre du Père, se rapporte à une autre Bedeutung […]

 

  1. pas-tout L19 Lacan, Ou pire…, Livre XIX, 8 janv. 1972.Quelqu’un comme Frege ne manque pas quand il fomente la fonction de l’assertion devant laquelle il passe […] ; l’assertion a rapport à une fonction, vraie ou fausse,  il lui faut pour que x ait existence d’argument, ici placé dans ce petit creux,argument fregeimage de la place vide, qu’il y ait quelque chose qui s’appelle “tout x”, qui convienne à la fonction. L’introduction du “pas-tout” est ici essentielle ! pour pas tout x phi de x [à lire : pas tout x satisfait à la fonction PHI]. Le “pas-tout”, n’est-ce pas, c’est l’universel négativé.

 

  1. pas-tout  L22 Livre XXII, R.S.I., inédit, sauf Ornicar? n° 2, 17 déc. 1975, p. 98.La mise au point qui résulte d’une certaine ventilation de la dite métaphore [du rapport sexuel] élaborée sous le nom de philosophie, ne va pas pour autant bien loin, pas plus loin que le christianisme, fruit de la triade qu’en “l’adorant” il dénonce dans sa vraie “nature” : Dieu est le pas-tout qu’il a le mérite de distinguer en se refusant à la confondre avec l’idée imbécile d’univers [cosmos]. Mais c’est bien ainsi qu’il permet de l’identifier à ce que je dénonce comme ce à quoi aucune ex-sistance n’est permise parce que c’est le trou en tant que tel […].

 

  1. singulier L12 Livre XII, inédit, Problèmes cruciaux pour la psychanalyse, 1965, Il convient de rappeler là deux termes qui sont inclus dans l’aphorisme fondamental du signifiant représentant le sujet pour un autre signifiant ; […] si le statut moderne du sujet n’est pas donné dans Platon, c’est pour au­tant que s’y dérobe, que n’y est pas articulée la tension qu’il y a de cet Autre à l’Un, que cet Autre nous permettrait de le fonder comme ce que j’appelle “l’un en plus“, cet “un en plus” que vous voyez émerger dans la théorie des nombres au niveau de Frege. Cette conception du singulier comme essentiellement du manque.
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