Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

ŒDIPE

 

  1. E98 : Ce moment où s’achève le stade du miroir /…/ ce moment qui décisivement fait basculer tout le savoir humain dans la médiatisation par le désir de l’autre, constitue ses objets dans une équivalence abstraite par la concurrence d’autrui et fait du je cet appareil pour lequel toute poussée des instincts sera un danger, répondît-elle à une maturation  naturelle, -la normalisation même de cette maturation dépendant dès lors chez l’homme d’un truchement culturel: comme il se voit pour l’objet sexuel dans le complexe d’Oedipe .

 

  1. E116 La notion d’une agressivité comme tension corrélative de la structure narcissique dans le devenir du sujet /…/ nous indiquerons ici comment en concevoir la liaison dialectique avec la fonction du complexe d’Oedipe . Celle-ci dans sa normalité est de sublimation, qui désigne très exactement un remaniement identificatoire du sujet, et, comme  l’a écrit FREUD dès qu’il eut ressenti la nécessité d’une coordination “topique” des dynamismes psychiques, une identification secondaire par l’introduction de l’imago  du parent de même sexe . Mais il est clair que l’effet structural de l’identification au rival ne va pas de soi, sinon sur le plan de la fable . /…/ FREUD en effet nous montre que le besoin d’une participation qui neutralise le conflit inscrit après le meurtre /…/ est le fondement de l’identification au Totem paternel . Ainsi l’identification oedipienne est celle par où le sujet transcende l’agressivité constitutive de la première individuation subjective .

 

  1. E136 : Le surmoi, dirons-nous, doit être tenu pour une manifestation individuelle, liée aux conditions sociales de l’oedipisme . C’est ainsi que les tensions criminelles incluses dans la situation familiale ne deviennent pathogènes que dans les sociétés où cette situation même se désintègre . En ce sens le surmoi révèle la tension, comme la maladie parfois éclaire une fonction en physiologie .

 

  1. E182-3-4 : L’habitude et  l’oubli sont les signes de l’intégration dans l’organisme d’une relation psychique; toute situation, pour être devenue au sujet à la fois inconnue et aussi essentielle que son corps, se manifeste en effets homogènes au sentiment qu’il a de son corps . Le complexe d’Oedipe s’avère dans l’expérience non seulement capable de provoquer par ses incidences atypiques tous les effets somatiques de l’hystérie, -mais de constituer normalement le sentiment de la réalité .

 

  1. E277 : C’est bien en quoi le complexe d’Oedipe /…/ sera dit /…/ marquer les limites que notre discipline assigne à la subjectivité: à savoir, ce que le sujet peut connaître de sa participation inconsciente au mouvement des structures complexes de l’alliance, en vérifiant les effets symboliques en son existence particulière du mouvement tangentiel vers l’inceste qui se manifeste depuis l’avènement d’une communauté universelle . La Loi primordiale est donc celle qui en réglant l’alliance superpose le règne de la culture au règne de la nature livré à la loi de l’accouplement . /…/ Cette loi se fait donc suffisamment connaître comme identique à un ordre du  langage . Car nul pouvoir sans les nominations de la parenté n’est porté d’instituer l’ordre des préférences et des tabous qui nouent et tressent à travers les générations le fil des lignées . /…/ Nous savons en effet quel ravage déjà allant jusqu’à la dissociation de la personnalité du sujet peut exercer une filiation falsifiée quand la contrainte de l’entourage s’emploie à en soutenir le mensonge .

 

  1. E278:: Cette même fonction de l’identification symbolique par où le primitif se croit réincarner l’ancêtre homonyme et qui détermine chez l’homme moderne une récurrence alternée des caractères, introduit donc chez les sujets soumis à ces discordances de la relation paternelle une dissociation de l’Oedipe où il faut voir le ressort constant de ses effets pathogènes . Même en effet représentée par une seule personne, la fonction paternelle concentre en elle des relations imaginaires et réelles, toujours plus ou moins inadéquates à la relation symbolique qui la constitue essentiellement . C’est dans le Nom-du-Père  qu’il nous faut reconnaître le support de la fonction symbolique qui, depuis l’orée des temps historiques, identifie sa personne à la figure de la loi .

 

  1. E360 : L’identification narcissique /…/ laisse le sujet /…/ plus  offert que jamais à cette figure obscène et féroce que l’analyse appelle le Surmoi, et qu’il faut comprendre comme la béance ouverte dans l’imaginaire par tout rejet (Verwerfung) des commandements de la parole . Et nul doute qu’ne analyse didactique n’ait ces effets si le sujet n’y trouve rien de plus propre à témoigner de l’authenticité de son expérience,  par exemple de s’être énamouré de la personne qui lui ouvrait la porte chez son analyste en la prenant pour l’épouse de celui-ci . /…/ mais dont il n’a guère à se targuer d’y avoir pris la connaissance vécue de l’Oedipe /…/ car à s’en tenir là, il n’aura vécu rien de plus que le mythe d’Amphitryon /…/

 

  1. E407 : D’où vient cette contradiction entre le micmac préœdipien où se réduit la relation analytique pour nos modernes, et le fait que FREUD ne s’en trouvait satisfait qu’il ne l’eût ramenée à la position de l’Oedipe?

 

  1. E432 : C’est au cœur de cette détermination de la loi symbolique que FREUD s’est porté d’emblée par sa découverte /…/ en y installant dès la Traumdeutung le complexe d’Oedipe comme sa motivation centrale . /…/ C’est essentiellement /…/ sur la liaison sexuelle /…/ que la première combinatoire des échanges de femmes entre les lignées nominales prend son appui, pour développer en un échange de biens gratuits et un échange de maîtres-mots le commerce fondamental et le discours correct qui supportent les sociétés humaines ;

 

  1. E464 : Et l’on peut dire qu’en insistant pour que l’analyse de la névrose fût toujours ramenée au nœud de l’Oedipe, il ne visait à rien d’autre qu’à assurer l’imaginaire dans sa concaténation symbolique, car l’ordre symbolique exige trois termes au moins, ce qui impose à l’analyste de ne pas oublier l’Autre présent, entre les deux qui d’être là, n’enveloppent pas celui qui parle .

 

  1. E520 : /…/ la névrose est une question que l’être pose pour le sujet “de là où il était avant que le sujet vînt au monde” (cette subordonnée est la propre phrase dont se sert FREUD expliquant au petit HANS le complexe d’Oedipe) . Il s’agit de cet être qui n’apparaît que l’éclair d’un instant dans le vide du verbe être . /…/ il pose la question avec le sujet, comme on pose un problème avec une plume et comme l’homme d’ARISTOTE pensait avec  son âme .

 

  1. E544: Mme Ida Macalpine /…/ en vient pourtant à méconnaître que FREUD, s’il met tellement l’accent sur la question homosexuelle, c’est d’abord pour démontrer qu’elle conditionne l’idée de grandeur dans le délire, mais que plus essentiellement il y dénonce le mode d’altérité selon lequel s’opère la métamorphose du sujet, autrement dit la place où se succèdent ses “transferts” délirants . Elle eût mieux fait de se fier à la raison pour laquelle FREUD ici encore s’obstine dans une référence à l’Oedipe, à quoi elle n’agrée pas . Cette difficulté  l’eût menée à des découvertes qui nous eussent éclairés à coup sûr, car tout est encore à dire sur la fonction de ce qu’on appelle l’Oedipe inversé .

 

  1. E545: Ce fantasme [de grossesse] elle éprouve même finement /…/ le besoin de le lier à une structure symbolique . Mais pour trouver celle-ci hors de l’Oedipe, elle va chercher des références ethnographiques dont nous mesurons mal dans son récit l’assimilation .

 

  1. E546: C’est qu’aucune formation imaginaire n’est spécifique . Aucune n’est déterminante ni dans la structure, ni dans la dynamique d’un processus . Et c’est pourquoi on se condamne à manquer l’une et l’autre quand dans l’espoir d’y mieux atteindre, on veut faire fi de l’articulation symbolique que FREUD a découverte en même temps que l’inconscient /…/ c’est la nécessité de cette articulation qu’il nous signifie dans sa référence  méthodique à l’Oedipe .

 

  1. E554: Ce schéma [du ternaire imaginaire ici posé] /…/ permet de démontrer les relations qui se rapportent non pas aux stades préœdipiens /…/ mais au stades prégénitaux en tant qu’ils s’ordonnent dans la rétroaction de l’Oedipe . Tout le problème des perversions consiste à concevoir comment l’enfant /…/ s’identifie à l’objet imaginaire de ce désir [maternel] en tant que la mère elle-même le symbolise dans le phallus .

 

  1. E578 : Encore dans cette recherche tâtonnante sur une carence paternelle [NDP] /…/ ne serait-il pas abusif d’attendre quelque effet de décharge de la remarque suivante: à savoir que les effets de prestige qui sont en jeu en tout cela, et où (grâce au ciel) la relation ternaire de l’Oedipe n’est pas tout à fait omise, puisque la révérence de la mère y est tenue pour décisive, se ramènent à la rivalité des deux parents dans l’imaginaire du sujet. [rivalité bien réelle au demeurant de nos jours; Sto]

 

  1. E640 : C’est bien plutôt entre eux que les analysés d’un même analyste sont liés par un trait qui peut être tout à fait secondaire dans l’économie de chacun, mais où se signe l’insuffisance de l’analyste au regard de son travail . /…/ Nous voici donc au principe malin de ce pouvoir toujours ouvert à une direction aveugle . C’est le pouvoir de faire le bien, aucun pouvoir n’a d’autre fin, et c’est pourquoi le pouvoir n’a pas de fin . Mais ici il s’agit d’autre chose, il s’agit de la vérité, de la seule, de la vérité sur les effets de vérité. Dès qu’Oedipe est engagé dans cette voie, il a déjà renoncé au pouvoir . [incompatibilité du désir avec la parole] .

 

  1. E686-7 : Il y a là une antinomie interne à l’assomption par l’homme (Mensch) de son sexe: pourquoi doit-il n’en assumer les attributs qu’à travers une menace, voire sous l’aspect d’une privation? [complexe de castration et pénis-neid] /…/ Cette aporie n’est pas la seule, mais elle est la prémisse que l’expérience freudienne /…/ avait introduite dans notre expérience de l’homme . Elle est insoluble à toute réduction à des données biologiques: la seule nécessité du mythe sous-jacent du complexe d’Oedipe le démontre assez . /…/ On sait que FREUD spécifie sous ce terme [phase phallique] la première maturation génitale: en tant que d’une part elle se caractériserait par la dominance imaginaire de l’attribut phallique/…/ -que d’autre part il localise cette jouissance [masturbatoire] chez la femme au clitoris /…/ il qu’il semble exclure ainsi dans les deux sexes jusqu’au terme de cette phase, c’est-à-dire jusqu’au déclin de l’Oedipe, tout repérage du vagin comme lieu de la pénétration génitale .

 

  1. E779 : Mé phunaï, [Choeur d’Oedipe à Colone, v.1125] ne pas être né, sa malédiction moins sainte que celle d’Oedipe, ne le [SADE] porte pas chez les Dieux, mais s’éternise /…/

 

  1. E812 : On aurait tort de croire que le mythe freudien de l’Oedipe en finisse là-dessus avec la théologie . Car il ne suffit pas d’agiter le guignol de la rivalité sexuelle . Et il conviendrait plutôt d’y lire ce qu’en ses coordonnées FREUD impose à notre réflexion; car elles reviennent à la question d’où lui-même est parti: qu’est-ce qu’un père?  C’est  le père mort, répond FREUD, mais personne ne l’entend et pour ce que LACAN en reprend sous le chef du Nom-du-Père on peut regretter qu’une situation peu scientifique le laisse toujours privé de son audience normale.

 

  1. E818 : C’est beaucoup déjà qu’ici nous devions placer, dans le mythe freudien, le Père mort . Mais un mythe ne se suffit pas de ne supporter aucun rite, et la psychanalyse n’est pas le rite de l’Oedipe /…/

 

  1. E820:: Mais ce qui n’est pas un mythe, et que FREUD a formulé pourtant aussitôt que l’Oedipe, c’est le complexe de castration .

 

  1. E850 : Que sur le complexe d’Oedipe, le point final, ou plutôt la vedette américaine, soit allé à un exploit herméneutique, confirme notre appréciation de ce colloque [de Bonneval] et a montré depuis ses suites .

 

  1. E852 : Mais FREUD nous révèle que c’est grâce au Nom-du-Père que l’homme ne reste pas attaché au service sexuel de la mère, que l’agression contre le Père est au principe de la Loi et que la Loi est au service du désir qu’elle instaure par l’interdiction de l’inceste . Car l’inconscient montre que le désir est accroché à l’interdit, que la crise d’Oedipe est déterminante pour la maturation sexuelle elle-même .

 

  1. KS 37 (Radiophonie), interview à F.WAHL: Comment ici du reste ne pas rappeler qu’il faut bien concevoir (trou) comme quelque chose qui rende compte de ce fait que la théorie de l’inconscient ait été dans la découverte de FREUD liée dès son surgissement même à ce qu’on appelle le complexe d’Oedipe . Voilà qui nous tourne vers l’Autre, mais le grand Autre, apparemment dans une incarnation qui le personnifie, celle du  père archaïque en tant que dans son meurtre a surgi mystérieusement le pacte de la loi primordiale .

 

  1. KS 241 (some Reflexions on the Ego): Il se pourrait bien que le complexe d’Oedipe, la pierre angulaire de la psychanalyse, /…/ représente dans notre culture les reliques, vestiges de relations au moyen desquelles les communautés primitives étaient capables d’assurer pour des siècles l’interdépendance psychologique mutuelle, essentielle au bonheur de ses membres .

 

  1. KS 322 (Lituraterre): Pour la psychanalyse, qu’elle soit appendue à l’Oedipe, ne la qualifie en rien pour s’y retrouver dans le texte de SOPHOCLE .

 

  1. KS, 438: (Bruxelles, 9 &10 mars 1960, Éthique de la psychanalyse): Lisez ce petit livre qui s’appelle “Moïse et le monothéisme”, ce livre sur lequel s’achève la méditation de FREUD quelques mois avant sa mort /…/ ce livre qui est le terme et l’achèvement de ce qui commence avec la fondation, la création du complexe d’Oedipe et se poursuit dans ce livre si mal compris qui s’appelle “Totem et tabou” . Vous y verrez alors une figure qui apparaît concentrant sur elle l’amour et la haine . Figure magnifiée, figure magnifique marquée d’un style de cruauté active et subie .

 

  1. S1 27 : Dans le symbolique nous avons le mythe oedipien . /…/ Il relève d’une mythogénie, dont on sait qu’un des constituants est sa redistribution . Or l’Oedipe, d’y être ectopique /…/ pose un problème . /…/ retirez l’Oedipe, et la psychanalyse en extension, dirai-je, devient tout entière justiciable du délire du Président SCHREBER .

 

  1. S1 44  l’Oedipe féminin .

 

  1. S2 61 : D’avant toute date, moins-un désigne le lieu dit de l’autre (avec le sigle du grand A) par LACAN . De Un-en-moins, le lit est fait à l’intrusion qui avance de l’extrusion; c’est le signifiant même . Ainsi ne va pas toute chair . Des seules qu’empreint le signe à les négativer, montent, de ce que corps s’en séparent, les nuées, eaux supérieures, de leur jouissance, lourdes de foudres à redistribuer corps et chair . Répartition peut-être moins comptable, mais dont on ne semble pas remarquer que la sépulture antique y figure cet “ensemble” même, dont s’articule notre plus moderne logique . L’ensemble vide des ossements est l’élément irréductible dont s’ordonnent, autres éléments, les instruments de la jouissance, colliers, gobelets, armes: plus de sous-éléments à énumérer la jouissance qu’à la faire entrer dans le corps .

 

  1. S1 63 : D’une psychanalyse elle-même, qu’on n’attende pas de recenser les mythes qui ont conditionné un sujet de ce qu’il ait grandi au Togo ou au Paraguay . Car la psychanalyse opérant du discours qui la conditionne /…/ on n’en obtiendra pas d’autre mythe que ce qui en reste en  son discours: l’Oedipe freudien . /…/ Ainsi dans la psychanalyse (parce qu’aussi bien dans l’inconscient) l’homme de la femme ne sait rien, ni la femme de l’homme . Au phallus se résume le point de mythe où le sexuel se fait passion du signifiant .

 

  1. S4 13 : Le fouillis [chez FREUD] est insurmontable de ce qui s’y épingle de la castration, des défilés par où l’amour s’entretient de l’inceste, de la fonction du père, du mythe où l’Oedipe se redouble de la comédie du Père-Orang, du pérorant Outang .

 

  1. S4 21 : A ce titre l’élucubration freudienne du complexe d’Oedipe, qui y fait de la femme poisson dans l’eau, de ce que la castration soit chez elle de départ (FREUD dixit) contraste douloureusement avec le fait du ravage qu’est chez la femme, pour la plupart, le rapport à sa mère, d’où elle semble bien attendre comme femme  plus de subsistance que de son père, -ce qui ne va pas avec lui étant second, dans ce ravage.

 

  1. L01 79

 

  1. L01, 100: Qu’a-t-elle fait, Mélanie KLEIN? /…/ Elle a plaqué la symbolisation du mythe oedipien /…/ C’est à partir de là qu’après une première cérémonie, qui aura été de se réfugier dans l’espace noir pour reprendre contact avec le contenant, s’éveille pour l’enfant [DICK] la nouveauté . /…/ Pour la première fois, il produit une réaction d’appel qui n’est pas simplement un appel affectif, mimé par tout être, mais un appel verbalisé, qui dès lors comporte réponse ./…/ En dehors des séances, dit Mélanie KLEIN, les relations de l’enfant se développent sur le plan de l’Oedipe . L’enfant symbolise la réalité autour de lui à pâtir de ce noyau, de cette petite cellule palpitante de symbolisme que lui a donnée Mélanie KLEIN . /…/ Relisez tous cette observation et vous y verrez la manifestation sensationnelle de la formule que je vous donne toujours; -l’inconscient est le discours de l’autre . /…/ C’est le discours de Mélanie KLEIN qui greffe sur l’inertie initiale de l’enfant les premières symbolisations de la situation oedipienne .

 

  1. L01 101 : Il [DICK] accède à des contenus de plus en plus riches, comme à la possibilité de définir le contenu et le non-contenu . Pourquoi parler dans ce cas de développement de l’ego? Le développement n(‘a  lieu que dans la mesure où le sujet s’intègre au système symbolique /…/ s’y affirme par l’exercice d’une parole véritable . /…/ Pas n’importe laquelle -c’est là que nous voyons la vertu de la situation symbolique de l’Oedipe . C’est vraiment la clef /…/ Quand nous étudions une mythologie /…/ nous voyons que le complexe d’Oedipe /…/ n’est qu’une rigolade ; /…/ Le mythe permet de collationner une série de relations entre les sujets d’une richesse et d’une complexité auprès de quoi l’Oedipe ne paraît qu’une édition tellement abrégée qu’en fin de compte elle n’est pas toujours utilisable .

 

  1. L01 103 : Reprenez le texte de Mélanie KLEIN . Elle dit que l’ego a été développé d’une façon trop précoce si bien que, l’enfant a un rapport trop réel à la réalité parce que l’imaginaire ne peut pas s’introduire -et puis, dans la seconde partie de la phrase, elle dit que l’ego ne peut pas être valablement utilisé comme appareil dans la structuration de ce monde extérieur /…/ à cause de la mauvaise position de l’œil, l’ego n’apparaît pas purement et simplement . Mettons que le vase soit virtuel . Le vase n’apparaît pas, et le sujet reste dans une réalité réduite, avec un bagage imaginaire assez réduit .

 

  1. Oedipe L02 269 alors survient quelque chose que Lacan évoque à travers la mort d’Oedipe et celle de Monsieur Valdemar, où l’image du corps s’évanouit laissant place à l’horreur [Lacan, Livre II, p. 269, passage déjà cité plus haut].

 

  1. Oedipe paroles L02 269 son Séminaire [Livre II, “Le moi dans la théorie de Freud… ” p. 269-70] Lacan dit : « Le sacré a toujours des raisons d’être. Pourquoi y a-t-il toujours un endroit où il faut que les paroles s’arrêtent ? Peut-être pour qu’elles subsistent dans cette enceinte. Qu’est-ce qui se passe à ce moment là ? La mort d’Oedipe. Elle se produit dans des conditions extrêmement particulières. Celui qui, de loin, a accompagné du regard les deux hommes qui vont vers le centre du lieu sacré, se retourne, et ne voit plus qu’un des deux hommes, voilant sa face de son bras dans une attitude d’horreur sacrée. On a l’impression que c’est quelque chose de pas très joli à regarder, une espèce de volatilisation de la présence de celui qui a dit ses dernières paroles. Je crois que l’Oedipe a Colone fait ici allusion à je ne sais quoi qui était montré dans les mystères, qui sont ici tout le temps à l’arrière plan. » /…/ l’histoire de Monsieur Valdemar et d’où Lacan extrait une vision qui se situe au plus près de l’affect, c’est-à-dire du réel : « Cela fait six mois qu’il a déjà dit qu’il était mort, mais lorsqu’on le réveille [grâce aux passes contraires], M. Valdemar n’est plus rien qu’une liquéfaction dégoûtante, une chose qui n’a de nom dans aucune langue, l’apparition nue, pure et simple, brutale, de cette figure impossible à regarder en face qui est à l’arrière plan de toutes les imaginations de la destinée humaine, qui est au-delà de toute qualification et pour laquelle le mot de charogne est tout à fait insuffisant, la retombée totale de cette boursouflure qu’est la vie – la bulle s’effondre et se dissout dans le liquide purulent inanimé »

 

  1. L02 250 Oedipe  moi

 

  1. L02 p.254: Il n’y a aucune raison que le sujet arrive à n’avoir plus de moi, si ce n’est dans une position extrême telle que celle d’Oedipe à la fin de son existence. Personne n’a jamais étu­dié les derniers moments d’un obsessionnel. [cf. Thomas de QUINCEY, Les derniers jours d’Emmanuel Kant; Ed. Ombres]. Peut-être y a-t-il à ce moment-là une révélation. Si vous voulez obtenir une révélation un peu plus précoce, ce n’est certainement pas par l’abandon de la parole.

 

  1. L02 , 267-8 : /…/ l’Oedipe quand il s’est accompli, l’au-delà de l’Oedipe . Qu’Oedipe soit le héros patronyme du complexe d’Oedipe n’est pas un hasard . On aurait pu en choisir un autre, puisque tous les héros de la mythologie grecque ont quelque rapport avec ce mythe /…/ Oedipe dans sa vie même est tout entier ce mythe . Il n’est /…/ rien d’autre que le passage du mythe à l’existence . /…/ Qu’une chose existe réellement ou pas, n’a que peu d’importance /…/ Toute existence a par définition quelque chose de tellement improbable qu’on est perpétuellement en effet à s’interroger sur sa réalité . Donc Oedipe existe, il a pleinement réalisé sa destinée /…/ jusqu’à son terme qui n’est plus que ce quelque chose d’identique à un foudroiement, un déchirement, une lacération par soi-même -qu’il n’est plus, absolument plus, rien . Et c’est à ce moment qu’il dit ce mot /…/ –Est-ce au  moment où je ne suis rien que je deviens un homme?  /…/ [le terme d’homme n’aurait plus aucune signification] dans la mesure où Oedipe est parvenu à la pleine réalisation de la parole des oracles /…/ Tout est d’ores et déjà écrit, et s’est accompli jusqu’au bout, y compris jusqu’à ce que l’Oedipe l’assume par son acte . /…/ Il est naturel que tout retombe sur Oedipe puisqu’il est le nœud central de la parole ; /…/ Il réalise ainsi la parole jusqu’au bout . /…/ C’est là que commence l’au-delà du principe de plaisir. Quand la parole est complètement réalisée, quand la vie d’Oedipe est complètement passée dans son destin , que reste-t-il d’Oedipe? /…/ A quoi se résume le thème d’Oedipe à Colone? Le chœur dit: Mieux vaut, en fin de compte, n’être jamais né, et si l’on est né, mourir le plus vite possible . Et  Oedipe appelle sur la postérité et sur la ville pour laquelle il a été offert en holocauste, la malédiction la plus radicale  -lisez les  malédictions adressées à Polynice, son fils . .

 

  1. L02, 270:: Je crois que l’Oedipe à Colone  fait ici allusion à je ne sais quoi qui était montré dans les mystères, qui sont ici tout le temps à l’arrière-plan . /…/ Oedipe /…/ n’est plus que le rebut de la terre, le déchet, le résidu, chose vidée de toute apparence spécieuse.

 

  1. L02, 271: Oedipe à Colone? , dont l’être est tout entier dans la parole formulée par son destin, présentifie la conjonction de la mort et de la vie . /…/ la vie est une boursouflure, une moisissure, elle n’est caractérisée par rien d’autre /…/ que par son aptitude à la mort . /…/ Ce que FREUD nous enseigne avec le masochisme primordial, c’est que le dernier mot de la vie, lorsqu’elle a été dépossédée de sa parole, ne  peut être que la malédiction dernière qui s’exprime au terme d’Oedipe à Colone?  La vie ne veut pas guérir ? La réaction thérapeutique négative lui est foncière . La guérison, d’ailleurs, qu’est-ce que c’est? La réalisation du sujet par une parole qui vient d’ailleurs et le traverse .

 

  1. L02, 272: mé phunai .

 

  1. L03 111 : Ce n’est qu’un apologue [celui des autos-tamponneuses réglées sur l’image de leurs semblables] destiné à vous montrer que l’ambiguïté, la béance de la relation imaginaire exigent quelque chose qui maintienne relation, fonction et distance . C’est le sens même du complexe d’Oedipe . Le complexe d’Oedipe veut dire que la relation imaginaire, conflictuelle, incestueuse en elle-même, est vouée au conflit et à la ruine . Pour que l’être humain puisse établir la relation la plus naturelle, celle du mâle à la femelle, il faut qu’intervienne un tiers, qui soit l’image de quelque chose de réussi, le modèle d’une harmonie .

 

  1. L03 193 : [La prochaine fois] nous mettrons en valeur les dissymétries que FREUD a toujours soulignées dans le complexe d’Oedipe, et qui confirment la distinction du symbolique et de l’imaginaire /…/ Pour la femme, la réalisation de son sexe ne se fait pas dans le complexe d’Oedipe, d’une façon symétrique à celle de l’homme, non pas par identification à la mère, mais au contraire par identification à l’objet paternel, ce qui lui assigne un détour supplémentaire . Mais le désavantage où se trouve la femme quant à l’identité de son propre sexe, quant à sa sexuation comme telle, se retourne dans l’hystérie en un avantage, grâce à son identification imaginaire au père, qui  lui est parfaitement accessible, en raison spécialement de sa place dans la composition de l’Oedipe .

 

  1. L03 197 : Il n’y a pas à proprement parler, dirons-nous, de symbolisation du sexe de la femme comme tel . /…/ C’est la prévalence de la Gestalt   phallique qui, dans la réalisation du complexe oedipien, force la femme à emprunter un détour [Aufschub] par l’identification au père, et donc de suivre pendant un temps les mêmes chemins que le garçon .

 

  1. L03 200:: /…/ la réalisation de la position sexuelle chez l’être humain est liée, nous dit FREUD /…/ à l’épreuve de la traversée d’une relation fondamentalement symbolisée, celle de l’Oedipe, qui comporte une position aliénant le sujet, c’est-à-dire lui faisant désirer l’objet d’un autre, et le posséder par la procuration d’un autre . Nous nous trouvons donc là dans une position structurée dans la duplicité même du signifiant et du signifié . C’est donc en tant que la fonction de l’homme et de la femme est symbolisée, c’est en tant qu’elle est littéralement arrachée au domaine de l’imaginaire pour être située dans le domaine du symbolique, que se réalise toute position sexuelle normale, achevée . Inversement /…/ c’est dans l’ordre de l’imaginaire que se situe la relation d’identification à partir de quoi l’objet se réalise comme objet de concurrence . Le domaine de la connaissance est fondamentalement inséré dans la primitive dialectique paranoïaque de l’identification au semblable .

 

  1. L03 214 : Ce n’est pas la dimension instinctuelle qui est opérante dans l’étape à franchir de l’Oedipe . /…/ c’est au contraire le matériel si divers que nous montrent les étapes prégénitales qui nous permet de concevoir le plus facilement comme, par analogie de signification, le mode de la matière /…/ se relie à ce que l’homme a immédiatement dans son champ . /…/ Il n’y a pas d’autre définition scientifique de la subjectivité qu’à partir de la possibilité de manier le signifiant à des fins purement signifiantes, c’est-à-dire n’exprimant aucune relation directe qui soit de l’ordre de l’appétit . /…/
  2. L’hystérie est une question centrée autour d’un signifiant qui reste énigmatique quant à sa signification . La question de la mort, celle de la naissance, sont en effet les deux dernières qui n’ont justement pas de solution dans le signifiant .

 

  1. L03 218:: On y trouve là manifestement le mécanisme du comme si  que Mme Hélène DEUTSCH a mis en valeur comme une dimension significative de la symptomatologie des schizophrénies . C’est un mécanisme de compensation imaginaire -vous vérifiez l’utilité de la distinction des trois registre- compensation imaginaire de l’Oedipe absent, qui lui aurait donné la virilité sous la forme, non pas de l’image paternelle, mais du signifiant, du Nom-du-père .

 

  1. L03 222:: Prenons comme exemple l’attachement homosexuel qui est u n composant essentiel de la relation  du drame de l’Oedipe . Nous disons que la signification de la relation homosexuelle tend à se faire jour dans l’Oedipe inversé . Dans la névrose /…/ nous parlons de défense /…/ nous lui cherchons une cause, et nous définissons celle-ci comme crainte de la castration . /…/ Pourquoi admettre que l’orientation homosexuelle de l’investissement libidinal comporte d’emblée une cohérence causale pour le sujet, En quoi la capture par l’imago homosexuelle comporte-t-elle pour le sujet qu’il perde son pénis? Quel ordre de causalité implique ce qu’on appelle le processus primaire? Jusqu’où y admettre la relation causale? /…/ La cohérence causale est ici construite, par une extrapolation abusive des choses de l’imaginaire dans le réel . Là où il s’agit du principe du plaisir, de résolution et de retour à l’équilibre, d’exigence de désir, nous glissons tout naturellement à faire intervenir le principe de réalité -ou autre chose .

 

  1. L03  224 : Si ces registres de l’être [homme, femme] sont quelque part, c’est en fin de compte dans les mots . Il n’est pas forcé que ce soit des mots verbalisés . Il se peut que ce soit un signe sur une muraille /…/ Ce n’est pas une nouveauté . Quand nous disons que le complexe d’Œdipe est essentiel pour que l’être humain puisse accéder à une structure humanisée du réel, cela ne peut vouloir dire autre chose ./…/ pour qu’il y ait réalité, pour que le sentiment de la réalité soit un juste guide, accès suffisant à la réalité, il faut que le complexe d’Oedipe ait été vécu . Or nous ne pouvons articuler ce complexe /…/ que dans la  mesure où le sujet est à la fois lui-même et les deux autres des partenaires . C’est ce qui signifie le terme d’identification /…/ il y a donc là intersubjectivité, et organisation dialectique . Cela est impensable si le champ que nous avons localisé sous le nom d’Oedipe n’a pas une structure symbolique .

 

  1. L03 227:: Une névrose sans Oedipe ça n’existe pas . /…/ Dans une psychose, nous admettons volontiers que quelque chose n’a pas fonctionné, ne s’est pas complété dans l’Oedipe essentiellement /…/ la psychose consiste en un trou, un manque au niveau du signifiant .

 

  1. L03 230 : Le père n’est pas simplement le générateur . Il est aussi celui qui possède de droit la mère, et, en principe, en paix . Sa fonction est centrale dans la réalisation de l’Oedipe, et conditionne l’accession du fils -qui est aussi une fonction corrélative de  la première- au type de la virilité . Que se passe-t-il si une certain manque s’est produit dans la fonction formatrice du père? /…/ Supposons que cette situation comporte précisément pour le sujet l’impossibilité d’assumer la réalisation du signifiant père au niveau du symbolique . Que lui reste-t-il? Il lui reste l’image à quoi se réduit la fonction paternelle. C’est une image qui ne s’inscrit dans aucune relation triangulaire, mais dont la fonction de modèle, d’aliénation spéculaire, donne tout de même au sujet un point d’accrochage, et lui permet de s’appréhender sur le plan imaginaire  /…/ La relation imaginaire s’instaure toute seule, sur un plan qui n’a rien de typique, qui est deshumanisant, parce qu’il ne laisse pas de place à la relation d’exclusion réciproque qui permet de fonder l’image du moi sur l’orbite que donne le modèle de l’autre, plus achevé. L’aliénation est ici radicale, elle n’est pas liée à un signifiant néantisant, comme dans un certain mode de relation rivalitaire avec le père,  mais à un anéantissement du signifiant . /…/ je voudrais vous faire remarquer comment se manifeste l’apparition de la question posée par un manque de signifiant. Elle se manifeste par des phénomènes de frange où l’ensemble du signifiant est mis en jeu . Une grande perturbation du discours intérieur /…/ s’accomplit, et l’Autre masqué qui est toujours en nous, apparaît tout d’un coup éclairé, se révélant dans sa fonction propre.

 

  1. L03 275 : [Voici] le fil rouge qui traverse toute l’analyse freudienne . De bout en bout, depuis la découverte du complexe d’Oedipe jusqu’à Moïse et le Monothéisme, en passant par le paradoxe extraordinaire au point de vue scientifique de Totem et Tabou, FREUD ne s’est posé, personnellement, qu’une seule question -comment ce système du signifiant sans lequel il n’y a nulle incarnation possible, ni de la vérité, ni de la justice, comment ce logos littéral peut-il avoir prise sur un animal qui n’en a que faire, et qui n’en a cure? Car cela n’intéresse à aucun degré ses besoins . C’est pourtant cela même qui fait la souffrance névrotique . L’homme est effectivement possédé par le discours de la loi, et c’est avec lui qu’il se châtie, au nom de cette dette symbolique qu’il ne cesse de payer toujours davantage dans sa névrose .

 

  1. L03 276: Oedipe à Colone: mé phunai: n’être pas né tel!

 

  1. L03 283 : Si nous admettons /…/ que n’avoir pas traversé l’épreuve d’Oedipe, n’en avoir pas vu s’ouvrir devant soi les conflits et les impasses, et ne pas l’avoir résolu, laisse le sujet dans un certain défaut /…/ c’est bien que nous tenons que la réalité implique l’intégration du sujet à un certain jeu de signifiants .

 

  1. L03 304:: Et pourquoi ce privilège du complexe d’Oedipe? Pourquoi FREUD veut-il toujours, avec tant d’insistance, le retrouver partout? /…/ si ce n’est parce que la notion de père, très voisine de celle de crainte de Dieu, lui donne l’élément le plus sensible dans l’expérience de ce que j’ai appelé le point de capiton entre le signifiant et le signifié .

 

  1. L03 355:: Ce qu’on trouve dans  l’imaginaire sous la forme de la mère phallique, n’est pas homogène /…/ au complexe de castration, en tant que celui-ci est intégré à la situation triangulaire de l’Oedipe . Cette situation n’est pas complètement élucidée par FREUD /…/ elle est là pour prêter à une élucidation, qui n’est possible que si nous reconnaissons que le tiers, central pour FREUD, qu’est le père, a un élément signifiant, irréductible à toute espèce de conditionnement imaginaire . Je ne dis pas que le Nom-du-Père soit le seul dont nous puissions dire cela . Nous pouvons dégager cet élément chaque fois que nous appréhendons quelque chose qui est à proprement parler de l’ordre symbolique [par exemple le  météore, l’arc-en-ciel dans son rapport au c’est cela. . Il ne parle pas, mais on pourrait parler à sa place . Ce qui le fait subsister pour nous /…/ tient uniquement au c’est cela. de l’origine, à savoir la nomination comme telle de l’arc-en-ciel . Il n’y a rien d’autre que ce nom  /…/ le père en tant que père, a le phallus -un point c’est tout /…/ il est ce qui, dans la dialectique imaginaire, doit exister pour que le phallus soit autre chose qu’un météore, un semblant . ].

 

  1. L03 360: Nous avons été formés dans l’analyse par l’expérience des névroses . La dialectique imaginaire peut suffire si, dans le cadre que nous dessinons de cette dialectique, il y a déjà cette relation signifiante impliquée pour l’usage pratique qu’on veut en faire . Dans deux ou trois générations, on n’y comprendra sans doute plus rien, une chatte n’y retrouvera plus ses petits, mais pour l’instant, dans l’ensemble, que le thème de l ‘Oedipe reste là préserve la notion de structure signifiante, si essentielle pour se retrouver dans les névroses .

 

  1. L04  261 [27/3/57]62 DE L’Oedipe : Il y a un minimum de termes nécessaires au fonctionnement du système symbolique. Il s’agit de savoir s’il est trois, s’il est  quatre. Ce n’est certainement pas seulement trois. L’Oedipe nous en donne assurément trois mais en implique certainement un quatrième pour autant qu’il faut que l’enfant franchisse l’œdipe, cela veut dire qu’il faut que quelqu’un intervienne dans l’affaire, que c’est le père /…/ le père a une drôle de présence /…/

 

  1. L04 135: [La jeune homosexuelle; tu es ma femme, tu es mon maître] c’est à l’entrée de l’Oedipe, ou tant que l’Oedipe n’est pas résolu, la promesse sur laquelle se fonde l’entrée de la fille dans le complexe d’Oedipe . C’est de là qu’est partie la position, et il s’articule dans le rêve une situation qui satisfait à cette promesse . C’est toujours le même contenu de l’inconscient qui s’avère .

 

  1. L04, 200: Abordons donc, aujourd’hui [6/3/57 cette question de la castration /…/ De quoi s’agit-il  à la fin de cette phase préœdipienne, et à l’orée de l’Oedipe? Il s’agit que l’enfant assume ce phallus en tant que signifiant, et d’une façon qui le fasse instrument de l’ordre symbolique des échanges, qui préside à la constitution des lignées . Il s’agit en somme qu’il soit confronté à cet ordre qui va faire dans l’Oedipe [Omis par J.-A. MILLER] de la fonction du père le pivot du drame .

 

  1. L04, 201: De quoi s’agit-il en fin de compte [dans l’Oedipe? ajouté par MILLER] Il s’agit que le sujet soit lui-même pris à ce leurre de façon telle qu’il se trouve engagé dans l’ordre existant, lequel est d’une dimension différente de celle du leurre psychologique par où il y est entré et où nous l’avons laissé ; car, en fin de compte, si l’Oedipe a une fonction normativante dans la théorie analytique, rappelons-nous aussi que notre expérience nous apprend que cette fonction normativante ne suffit pas pour aboutir au fait que le sujet ait un choix objectal, mais qu’il ait un choix d’objet hétérosexuel . Nous savons bien qu’il ne suffit pas d’être hétérosexuel pour l’être suivant les règles; nous savons qu’il y a toutes sortes de formes d’hétérosexualité apparente . La relation franchement hétérosexuelle peut receler à l’occasion une atypie positionnelle, que l’investigation analytique nous montrera dérivée d’une position franchement homosexuelle . Il faut donc que non seulement le sujet après l’Oedipe aboutisse à l’hétérosexualité, mais il faut qu’il y aboutisse d’une façon telle qu’il se situe correctement par raport à la fonction du  père, quel qu’il soit, garçon ou fille, et ceci est le centre de toute la problématique de l’Oedipe .

 

  1. L04 202 : FREUD a en effet découvert l’Oedipe avant ce qui est préœdipien /…/ Nous pourrions dire que le phallus, la fille l’a plus ou moins situé, ou approché, dans l’imaginaire où il se trouve, dans l’au-delà de la mère, à travers la découverte progressive qu’elle fait de l’insatisfaction foncière qu’éprouve la mère dans la relation mère-enfant . Il s’agit alors pour elle du glissement de ce phallus de l’imaginaire au réel [en fait répété!] C’est bien ce que FREUD nous explique quand il nous parle de cette nostalgie du phallus originaire qui commence à se produire chez la petite fille au niveau imaginaire, dans la référence spéculaire au semblable /…/ et qu’il nous dit que l’enfant va être le substitut du phallus .

 

  1. L04 206 : Qu’est ce qui révèle ce premier abord par HANS de la relation oedipienne? ce qui se joue dans l’acte de comparaison (Vergleichung)  ne nous fait pas sortir du plan imaginaire . Le jeu se continue sur le plan du leurre . L’enfant a seulement adjoint à ses dimensions le modèle maternel, l’image plus grande, mais qui reste essentiellement homogène . Si c’est ainsi que s’engage pour lui la dialectique de l’Oedipe, il n’aura jamais affaire enfin de compte qu’à un double de lui-même, un double agrandi .

 

  1. L04 207 : /…/ l’objet phobique vient remplir sa fonction sur fond de l’angoisse . /…/ C’est là le schéma premier, vulgaire, de l’entrée dans le complexe d’Oedipe -la rivalité quasi fraternelle avec le père . /…/ D’autre part, la fixation à la mère, devenue objet réel après les premières frustrations, demeure inchangée . C’est en raison de cette étape /…/ de ce vécu central essentiel de l’Oedipe sur le plan imaginaire, que ce complexe se répand dans toutes ses conséquences névrosantes, que nous retrouvons dans mille aspects de la réalité analytique .

 

  1. L04 209:: /…/ l’assomption du signe même de la position virile, de l’hétérosexualité masculine, implique la castration à son départ . /…/ C’est le jeu joué avec le père, jeu de qui perd gagne si je puis dire, qui seul permet à l’enfant de conquérir la voie par où se déposera en  lui la première inscription de la loi .

 

  1. L04 211 : La fin du complexe d’Oedipe est corrélative de l’instauration de la loi comme refoulée dans l’inconscient, mais permanente . C’est dans cette mesure qu’il y a quelque chose qui répond dans le symbolique . /…/ Elle est aussi basée dans le réel, sous la forme de ce noyau que laisse derrière lui le complexe d’œdipe /…/ de la conscience morale /…/ qui s’appelle le surmoi .

 

  1. L04 335 : Jocaste, avant de raconter l’histoire d’Antigone, donne un détail très curieux concernant ce qui se passe au moment du meurtre de Laïos . /…/ Il s allaient tous deux à Delphes, ils se sont rencontrés au carrefour, alors a éclaté la querelle de préséance entre l’un qui est sur un grand char et l’autre qu est à  pied . On va, on vient, on s’attrape, et le plus fort, Oedipe, passe devant . A ce moment là Jocaste prend soin de remarquer /…/ que si la querelle a rebondi, c’est que l’un des coursiers est allé frapper de son sabot, kélé, le talon d’Oedipe . Ainsi il ne suffisait pas pour qu’Oedipe accomplisse son destin, que son pied fut enflé en raison d’une petite broche qu’on lui avait passée dans les chevilles, il fallait qu’il ait au pied, exactement comme le père du petit  HANS, cette blessure qui lui est faite précisément par le sabot d’un cheval -lequel sabot s’appelle en grec, comme en allemand, comme en français, une pince, car kélé  désigne aussi la pince ou les tenailles .

 

  1. L04 345.

 

  1. L04,372 : Si le complexe d’Oedipe a un sens, c’est précisément parce qu’il donne comme le fondement de notre installation entre le réel et le symbolique, et de notre progrès, l’existence de celui qui a la parole, de celui qui peut parler, du père .

 

  1. L04 , 375 : A femme froide père refroidi /…/  [C’est] à se demander ce que devient alors le complexe d’Oedipe? /…/ nous ferons dans  une centaine d’années aux femmes, des enfants qui seront les fils directs des hommes de génie qui vivent actuellement /…/ Il est certain que la question se pose: si on a coupé quelque chose au père dans cette occasion, et de la façon la plus radicale, il semble aussi que la parole lui soit coupée. La question est de savoir comment, par quelle voie, sous quel mode, s’inscrira dans le psychisme de l’enfant, la parole de l’ancêtre dont la mère sera le seul représentant et le seul véhicule . Comment fera-t-elle parler l’ancêtre mis en boîte?

 

  1. L04 379: Nous avons dans le complexe d’Oedipe la place x, celle où est l’enfant, avec tous ses problèmes par rapport à sa mère, M. C’est dans la mesure où quelque chose se sera produit qui aura constitué la métaphore paternelle, que pourra se placer cet élément signifiant, essentiel dans tout développement individuel, qui s’appelle le complexe de castration, et ce, aussi bien pour l’homme que pour la femme .

 

  1. L04, 390: Mr ISAKOVER, l’oreille et la crise normative de l’Oedipe
  2. .
  1. L04 396: Toute la construction analytique prend appui sur la consistance du complexe d’Oedipe, qui se laisse schématiser ainsi:
  2. (P)M-
  3. Si le complexe d’Oedipe signifie quelque chose, c’est qu’à partir d’un certain moment, la mère est considérée et vécue en fonction du père . Le père mérite ici un grand P, parce que nous supposons que c’est le père au sens absolu du terme . C’est le père au niveau du père symbolique . C’est le Nom-du-Père, qui instaure l’existence du père dans la complexité sous laquelle il se présente à nous .

 

  1. L05 22/1/58  FREUD nous souligne les cas où /…/ dans la mesure où il s’identifie à la mère l’enfant redoute /…/ la privation qui en résultera pour lui /…/ de son organe viril . /…/ L’expérience nous prouve que le père, considéré en tant qu’il prive la mère de cet objet /…/ joue un rôle tout à fait essentiel dans /…/ tout le cours /…/ du complexe d’Oedipe . /…/ La clé de l’Oedipe  est au niveau /…/ du père qui prive quelqu’un de ce qu’il n’a pas

 

  1. L05 15/1/58   3-5 : J’ai essayé de vous ordonner un certain nombre de directions qui avaient été posées dans l’histoire de l’Analyse à propos de l’Oedipe . /…/ Il y a-t-il des névroses sans  Oedipe? Il semblait, en effet, que certaines observations se présentaient d’une façon telle que le conflit, le drame oedipien, n’avait pas joué le rôle essentiel, que, par exemple, le rapport exclusif de l’enfant à la mère était ce qui était donné dans l’analyse comme devant être admis par le fait de l’expérience, à savoir qu’il pouvait y avoir des sujets qui présentaient des névroses où on ne trouvait pas du tout l’Oedipe . Névroses sans Oedipe, c’est le titre d’un article de Charles NODIER . Cette notion de névrose sans Oedipe, vous savez que dans l’histoire essentiellement corrélative aux questions posées sur le sujet de ce qu’on appelé le surmoi maternel /…/ on posait la question: est-ce que vraiment il est d’origine paternelle? Est-ce qu’il n’y a pas derrière le surmoi paternel ce surmoi maternel encore plus exigeant /…/ encore plus insistant dans la névrose que le surmoi paternel?  /…/ L’autre centre autour duquel tourne ceci c’est le centre de l’Oedipe /…/ Si le complexe d’Oedipe est  là ou s’il manque chez le sujet on a ce que nous appellerions le champ préœdipien? /…/ Bien sûr, dans FREUD [Les trois essais] /…/ ça prend son importance à travers l’Oedipe /…/ Mais /…/ jamais à cette époque là la notion de la rétro-action d’une [phase?] d’Oedipe /…/ n’a été mise en valeur. [importance de la question dans la perversion et dans la psychose].

 

  1. L05 15/1/58 8 : Si vous lisez l’article d’elle [Mélanie KLEIN] concernant précisément l’Oedipe, vous verrez avec surprise qu’elle admet /…/ [que] c’est à l’intérieur du corps de la mère et même à une étape antérieure, à la phase dite  paranoïde  /…/ que, se fondant sur des dessins, sur des dires /…/ Mme Mélanie KLEIN nous atteste que parmi les mauvais objets présents dans le corps de la mère /…/ il y a précisément le père représenté sous la forme de son pénis .

 

  1. L05 15/1/58 10-12 : [Mélanie KLEIN] Plus elle remonte plus elle se trouve sur  le plan imaginaire, plus elle constate la précocité /../ si nous nous en tenons à la notion purement historique de l’Oedipe /…/ de l’apparition du terme ternaire paternel, ceci dès les première phases imaginaires de l’enfant . Voilà donc /…/ deux pôles définis de cette évolution de l’intérêt autour de l’Oedipe: ce qui concernait d’abord (1) la question du surmoi et des névroses sans Oedipe, et ensuite (2) la question de  l’Oedipe autour de l’acquisition, ou plus exactement des perturbations qui se produisent  dans le champ de la réalité . (3) Troisième temps /…/ c’est le rapport du complexe d’Oedipe avec  /…/ une fonction normative /…/ dans la structure  morale du sujet /…/ dans son assomption de son sexe./…/

 

  1. L05 15/1/58 11: /…/ la question de la relation de ceci [la poussée hormonale au niveau des testicules] et l’existence dans l’espèce humaine du complexe d’Oedipe est restée une question phylogénétique, sur laquelle beaucoup d’obscurité plane . /…/ L’assomption par le sujet de son propre sexe /…/ qui est le fait que l’homme assume le type viril, que la femme assume un certain type féminin /…/ voilà les deux termes, qui sont essentiellement la fonction de l’Oedipe .

 

  1. L05 15/1/58 12 : Il n’y a pas de question d’Oedipe s’il n’y a pas le père /…/ inversement parler d’Oedipe c’est introduire comme essentielle la fonction du père . [castration]

 

  1. L05 15/1/58  15 : Les complexes d’Oedipe tout à fait normaux /…/ s’établissent d’une façon exactement homogène aux autres cas même dans le cas où le père n’est pas là; je veux dire: l’enfant a été laissé seul avec la mère .

 

  1. L05 15/1/58 18-19 : Le lien de la castration à la Loi est essentiel, mais nous voyons comment ça nous est présenté cliniquement, comment d’abord le complexe d’Oedipe se présente à nous . Le rapport /…/ entre /…/ le garçon et le père est commandée /…/ par la crainte de la castration; quelle est-elle? /…/ sous la forme de quoi? d’une rétorsion /…/ La crainte éprouvée devant le  père est nettement centrifuge, /…/ elle a son centre dans le sujet . /…/ La castration /…/ est quelque chose qui se manifeste sur le plan imaginaire

 

  1. L05 15/1/58   20-21-22: /…/ Cette menace castrative est une rétorsion pour autant que JUPITER est tout à fait capable de châtrer CHRONOS /…/ Et puis il y a autre chose /…/ c’est la délicate question de l’Oedipe inversé . Cet Oedipe inversé n’es jamais absent de la fonction de l’Oedipe /…/ c’est elle qui donne la fin du complexe d’Oedipe, le déclin du complexe d’Oedipe, que c’est dans une dialectique /…/ à savoir de l’identification comme prenant sa racine dans l’amour tout en n’étant pas la même chose . /…/ Seulement l’Oedipe inversé n’est pas non plus si simple que si c’est pas cette voie /…/ de l’amour que peut se produire la position /…/ d’inversion /…/ qui le mettra dans cette espèce de bissectrice d’angle squeeze-panique /…/ .

 

  1. L05 15/1/58  25-6 : Cette question du complexe d’Oedipe inversé et de sa fonction s’établit à ce nievau [de l’idéal du moi; d’où différence de ses effets chez le garçon et chez la fille] .

 

  1. L05 15/1/58  28 : Le père est une métaphore /…/ un signifiant substitué à un autre signifiant. Là est le ressort /…/ du  père en tant qu’il intervient dans le complexe d’Oedipe .

 

  1. L05 22/1/58  3 : Nous allons avoir l’occasion /…/ pour expliquer comment le terme de “métaphore paternelle” /…/  c’est proprement la substitution du père en tant que symbole, en tant que signifiant, à la place de la mère . Nous verrons ce que veut dire cet “à la place” qui constitue le point pivot /…/ du progrès réalisé par le complexe d’Œdipe.

 

  1. L05 22/1/58 9 : Comment il se fait qu’il y ait entre les deux [père et phallus en tant que sommets de deux ternaires] cette liaison /…/ d’ordre métaphorique . Et bien c’est justement ce qui nous entraîne à l’intérieure de la dialectique de l’Oedipe /…/ le complexe d’Oedipe /…/ si nous l’articulons à cette genèse qui fait que la position du signifiant du père dans le symbole est fondatrice de la position du phallus dans le plan imaginaire, si cela exige une, deux, trois étapes au temps /…/ de la constitution logique de ce phallus /../ comme objet prévalent, si ces temps sont clairement distingués /…/ alors ceci justifiera nos efforts /…/ dans la clinique, dans l’interrogatoire, dans l’examen et dans la manœuvre thérapeutique /…/

 

  1. L05 22/1/58  12 : FREUD nous souligne les cas où /…/ dans la mesure où il s’identifie à la mère l’enfant reedoute /…/ la privation qui en résultera pour lui /…/ de son organe viril . /…/ L’expérience nous prouve que le père, considéré en tant qu’il prive la mère de cet objet /…/ joue un rôle tout à fait essentiel dans /…/ tout le cours /…/ du complexe d’Oedipe . /…/ La clé de l’Oedipe  est au niveau /…/ du père qui prive quelqu’un de ce qu’il n’a pas

 

  1. L05 22/1/58  22 :  /…/ ce petit HANS qui trouve une issue si atypique à son Oedipe /…/ qui ne trouve qu’une suppléance, à qui il faut ce cheval à tout faire pour se servir de tout ce qui va manquer pour lui dans ce moment de franchissement qui est l’étape proprement de l’assomption du symbolique comme complexe d’Oedipe .

 

  1. L05 22/1/58  29  Troisième étape dont dépend la sortie de l’Oedipe .

 

  1. L05 22/1/58  33 : Je vous ferai aussi remarquer que l’issue du complexe d’Oedipe est différente /…/ pour la femme; pour elle cette troisième étape /…/ c’est beaucoup plus simple; elle n’a pas à faire cette identification ni a garder ce titre à la virilité; elle sait où il est, elle sait où elle doit aller le prendre; c’est du côté du père, vers celui qui l’a /…/

 

  1. L05 29/1/58  2  Comment un sujet s’introduit à l’Oedipe?

 

  1. L05 29/1/58  9 : /…/ l’identification primitive /…/ consiste justement en cette sorte d’échange qui fait que le “je” du sujet est venu à la place de la mère en tant qu’autre, cependant que le “je ” de la mère est devenu son autre à lui. /…/ le moment où le père apparaît comme médié par la mère dans le complexe d’Oedipe est celui où il se fait sentir comme interdicteur .

 

  1. L05 29/1/58  30 ; /…/ Les [modes d’abord(?)] de l’Oedipe, tels qu’il nous sont présentés ici, vous permettent de comprendre comment ce rapport à la puissance de la Loi correspond, retentit métaphoriquement avec le rapport à l’objet fantasmatique qu’est le phallus, en tant qu’objet auquel doit se faire à ce moment l’identification du sujet comme tel .

 

  1. L05 12/2/58  13 : Ce deuxième temps [de “on bat un enfant”] doit être reconstruit . /…/ Ce deuxième temps est ceci: le fantasme qui est né ainsi dans ce rapport triangulaire /…/ archaïque, primitif /…/ n’est pas entre le sujet et la mère mais entre le sujet, l’enfant petit frère /…/ et le père . Nous sommes avant l’Oedipe et pourtant le père est là . Le deuxième temps est lié à la relation de l’Oedipe come telle, je dis pour la petite fille, en ce sens d’une relation privilégiée de la petite fille avec son père .

 

  1. L05B 12/3/58  15 : C’est /…/ par cette déception et ce détour forcé /…/ que FREUD nous donne le ressort de l’entrée de la petite fille dans sa position féminine et c’est à ce moment, nous dit-il, que le complexe d’Oedipe joue un rôle normatif . Le complexe d’Oedipe lui donne l’accès à ce pénis qui lui manque par l’intermédiaire de l’appréhension du pénis du mâle /…/ C’est par l’intermédiaire du désappointement, de la désillusion de quelque chose chez elle par rapport à cette phase fantasmatique de la phase phallique que la petite fille est introduite dans le complexe d’Oedipe .

 

  1. L05B 12/3/58  23 ; Les suppositions de JONES /…/ sont /…/ dirigées vers quelque chose qu’il articule en clair à la fin de l’article “Une femme est-elle /…/ née, /…/ ou est-elle /…/ made?” /…/ Il ne semble pas remarquer que le défilé oedipien en fin de compte ne fabrique pas moins /…/ les hommes .

 

  1. L05B 12/3/58  27 : On ne peut pas méconnaître que rien que de nous représenter que dans une expérience primitive de l’enfant, à savoir celle à laquelle on accède /…/ à la lorgnette mais en s’approchant le plus près possible de la phase, en analysant des enfants de trois et quatre ans, c’est ce que fait Mélanie KLEIN, quand nous découvrons déjà un rapport à l’objet qui est structuré sous cette forme que j’ai appelée “l’empire du corps maternel”, que quelque chose dont vous trouvez à propos de ce que ce Mélanie KLEIN appelle /…/ l’Oedipe ultra-précoce /…/ ce qu’elle nous permet de distinguer, ce que la dialectique du traitement permet d’articuler comme étant le phallus paternel /…/ qui d’ores et déjà serait introduit là comme un élément /…/ particulièrement nocif .

 

  1. L5B 19/3/58  12 : Le point sur lequel /…/ Karin HORNEY se trouve mettre l’accent est celui-ci: ce qui se passe pour ces cas là nous incite à concentrer notre attention sur un certain moment du complexe d’Oedipe, /…/ qui est très loin vers la fin, puisqu’il suppose déjà atteint ce moment où la relation au père est constituée /…/ chez le sujet petite fille sous l’aspect d’un désir exprès du  pénis paternel /…/

 

  1. L05B 7/5/58  2 : Prenons les écrits de BALINT, par exemple [“Génital love”] /…/ on atteste la coexistence d’une Spaltung  tout à fait terminale, la juxtaposition du courant de désir et du courtant de tendresse . C’est autour de cette juxtaposition que se pose tout le problème de la relation hétérosexuelle .  Cela n’ôte pas l’intérêt de ce qui nous a été dit hier soir /…/ et par exemple /…/ cette valorisation consciente et esthétique/…/ qui constitue une étape fondamentale /…/ dans la relation de l’Oedipe .

 

  1. L05B 4/6/58  5 : Pourquoi à un certain moment, dans certains cas, et dans la forme de l’Odipe inversé, l’objet qui est un objet d’attachement libidinal devient-il objet d’identification .?

 

  1. L05B 2/7/58  6 : En somme depuis quelque temps on ne parle plus que du terme du surmoi qui semble ici avoir tout couvert . /…/ la notion que le surmoi est quelque chose de beaucoup plus ancien, archaïque comme formation que ce qu’on avait pensé tout d’abord . On avait en effet pensé tout d’abord que le surmoi pouvait être considéré comme la création correspondante des deux complexes d’Oedipe, /…/ à l’introjection du personnage considéré comme éminemment interdicteur . Le complexe d’Oedipe, c’est à savoir le personnage paternel .

 

  1. L05B 2/7/58  25 : [dans l’observation de “Renée” par Marcel BOUVET]  “La violence même de ses plaintes contre sa mère étaient le témoignage de l’affection immense qu’elle lui portait”, nous dit-on, après avoir fait quelques ronds de jambe autour de la possibilité ou non-possibilité d’une relation vraiment oedipienne, en agitant des arguments qui sont complètement étrangers à la question .

 

  1. L05B 2/7/58  36 : [dans l’observation de “Renée” par Marcel BOUVET]
  2. Le trait positif, écrit-il c’est précisément avec ces caractéristiques d’Oedipe très fortement génitalisé . /…/ Puisque j’ai parlé aussi du christianisme, qui n’est pas justement un des commandements les moins mystérieux de ce qu’on pourrait appeler /…/ un commandement moral; c’est un commandement justement fondé sur l’identification /…/ tu aimera ton prochain comme toi-même . Ce qui ne semble pas du tout y être vu c’est précisément que ceci est en corrélation étroite avec le mode même de l’interprétation; le centrage d’une interprétation sur quelque chose qui en fin de compte vise à la réduction de la demande plutôt qu’à son élucidation profonde .

 

  1. L06 83 : [à propos du rêve de la page 381-82 de la Science des rêves ] : Il faut qu’une certaine introduction de par l’analyse soit telle que déjà quelque chose de problématique soit introduit dans cette remarque /…/ à savoir qu’il était mort déjà depuis longtemps, selon son vœu, selon le vœux d’Oedipe, et à faire surgir cela comme tel de l’inconscient .

 

  1. L06 86 [à propos du rêve de la page 381-82 de la Science des rêves ] : /…/ c’est que le sujet, par la mort de son père, est désormais affronté à la mort, ce dont jusque là la présence du père le protégeait, c’est-à-dire à ce quelque chose qui est lié à la fonction du père /…/ qui est là présent dans cette douleur d’exister, ce quelque chose qui est le pivot autour de quoi tourne tout ce que FREUD a découvert dans le complexe d’Oedipe, à savoir l’X, la signification de la castration .

 

  1. L06 93 : Cet aphanisis, il y a un moment auquel /…/ vous êtes amené à penser cette expérience sur le point du complexe d’Oedipe où elle apparaît en clair, qui est quand on vous dit que dans l’Oedipe inversé, (c’est-à-dire au moment où le sujet entrevoit la solution du conflit œdipien dans le fait de s’attirer purement et simplement l’amour du plus puissant, c’est-à-dire le père) le sujet se dérobe, nous dit-on, pour autant que son narcissisme y est menacé, pour autant que de recevoir cet amour du père comporte pour lui la castration . /…/ ce n’est tout de même pas si clair que ça que le sujet lie ce moment de solution possible (d’autant plus possible qu’en partie ce sera la voie empruntée par quelque chose qui ressemble à cela) il y a une participation de la fonction dite inverse de l’Oedipe dans sa solution normale; /…/ il est à un moment mis en évidence /…/ spécialement dans la problématique de l’homosexualité, où le sujet ressent cet amour du père comme essentiellement menaçant /…/ On sent bien, on repère qu’il y a du narcissisme dans l’affaire et que ce narcissisme est intéressé à ce détour du complexe d’Oedipe.

 

  1. L06 174 : Il y a un rapport entre le phallus et le grand Autre /…/ Si le phallus a un rapport avec quelque chose, c’est bien plutôt avec l’être du sujet  Car je crois que c’est là le point nouveau, important, que j’essaie de vous faire saisir dans l’introduction du sujet dans la dialectique /…/ des divers étapes de l’identification, à travers le rapport primitif avec la mère, puis avec l’entrée du jeu de l’Oedipe et du jeu de la LOI .

 

  1. L06 192 : Après avoir parlé de l’Oedipe pour la première fois il [FREUD] introduit dans la Science des rêves, à propos des rêves de mort de personnes qui nous sont chères /…/ ce rêve que j’ai choisi à montrer comment, s’instituait sur deux lignes d’intersubjectivité superposées, doublées l’une par rapport à l’autre, le fameux “il ne saivait pas” /…/ le fait que le père est inconscient et incarne ici l’image, l’inconscient-même du sujet, et /../ son propre vœu, du vœu de mort contre son père .

 

  1. L06 197-8 : Il y a [dans HAMLET] quelque chose de significatif dans le fait que dans la construction de la fable, ce soit le père qui vienne dire, que le père, lui, sache . Je crois que c’est là quelque chose de tout à fait essentiel . La construction, l’affabulation première du drame d’Ödipe . Car Oedipe lui ne sait pas . Quand il sait tout le drame se déchaîne qui va jusqu’à son auto-châtiment, c’est-à-dire par la liquidation /…/ d’une situation .

 

  1. L06 200 : Ce devant quoi se trouve HAMLET dans cet “être ou ne pas être”, c’est rencontrer la place prise par ce que lui a dit le père . /…/ Il s’agit de rencontrer la place prise par le péché de l’Autre, le péché non payé . Celui qui sait est par contre, contrairement à Oedipe, quelqu’un qui n’a  pas payé ce crime d’exister . Les conséquences d’ailleurs à la génération suivante ne sont pas légères . Les deux fils d’Oedipe ne songent qu’à se massacrer entre eux avec tout la vigueur et la conviction désirable, alors que pour HAMLET il en est tout  autrement .

 

  1. L07 171: Il est frappant que l’expérience de ce qui se passe chez le névrosé ait fait bondir FREUD sur le plan d’une création poétique de l’art, le drame d’Oedipe, en tant qu’il est quelque chose de daté dans  l’histoire culturelle.

 

  1. L07 213: Je vous lirai un jour un passage de FREUD où il parle avec un accent presque tendre de l’exquisité de cette identification virile qui découle de l’amour du père, et de son rôle dans la normalisation du désir . Mais cet effet ne se produit sous un mode favorable qu’autant que tout est en ordre du côté du Nom-du-Père, c’est-à-dire du côté de Dieu qui n’existe pas . /…/ c’est un personnage boiteux . Nous ne le savons que trop dans la pratique, et c’est aussi bien ce qu’articule le mythe d’Oedipe -quoiqu’il nous montre également que ces raisons, il vaudrait mieux que le sujet les ignore lui-même .

 

  1. L07 299: Oedipe à Colone .

 

  1. L07 312: lieu où disparaît Oedipe .

 

  1. L07 316: Oedipe roi.

 

  1. L07 317: /…/ je conviens volontiers que, très exceptionnellement, l’Oedipe roi ne rentre pas dans la formule générale du personnage sophocléen, marqué, en première approximation, par l’à-bout-de-course .

 

  1. L07 330: Oedipe à Colone .

 

  1. L07 352: /…/ je veux simplement vous faire entendre ce qu’est le franchissement de l’Oedipe, à partir du Roi Lean, où nous avons ce franchissement sous une forme dérisoire . Le Roi Lear renonce lui aussi au service des biens, aux devoir royaux /…/ il remet le service des biens à ses filles /…/ Ce n’est pas seulement le Roi Lear mais tous ceux qui sont des gens de bien dans la pièce, que nous voyons condamnés sans rémission au malheur /…/ Lear comme Oedipe [comme PHILOCTETE-FREGE-LACAN] nous montreront que celui qui s’avance dans cette zone, qu’il s’y avance par la voie dérisoire de Lear ou  par la voie tragique d’Oedipe, s’y avancera seul et trahi. /…/ Oedipe nous montre où s’arrête la zone limite intérieure du rapport au désir. Dans toute expérience humaine, cette zone est toujours rejetée au-delà de la mort, puisque l’être humain commun règle sa conduite sur ce qu’il faut faire pour ne pas risquer l’autre mort, celle qui consiste  simplement à claquer le bec .

 

  1. L07 355: /…/ qu’est-ce que cela veut dire, que le surmoi se produit, selon FREUD, au moment du déclin de l’Oedipe? /…/ Qu’il naisse du déclin de l’Oedipe veut dire que le sujet en incorpore l’instance . /…/ Alors, si nous incorporons le père pour être si méchants avec nous-mêmes, c’est peut-être que nous avons, à ce père, beaucoup de reproches à lui faire . /…/ Telle est, je crois, la vraie structure de l’articulation du complexe d’Oedipe .

 

  1. L07 356: Oedipe est un homme complet, si Oedipe n’a pas de complexe d’Oedipe, c’est que dans son histoire, il n’y a pas de père du tout . Celui qui lui a servi de père c’est son père adoptif /…/ le père est celui qui nous a reconnu . Nous en sommes au même point qu’Oedipe encore que nous ne le sachions pas . Quant au père qu’Oedipe a connu,  lui, ce n’est, très précisément, comme le mythe de FREUD l’indique, que le père une fois mort .

 

  1. L07 361: /…/ le rapport de l’action au désir qui l’habite dans la dimension tragique s’exerce dans le sens d’un triomphe de la mort . Je vous ai appris à rectifier -triomphe de l’être-pour-la-mort, formulé par le mé phunai d’Oedipe, où figure ce me, la négation identique à l’entrée du sujet, sur le support  du signifiant . C’est le caractère fondamental de toute action tragique .

 

  1. L07 374:
  2. Je crois qu’au long de cette période historique, le désir de l’homme, longuement tâté, anesthésié, endormi par les moralistes, domestiqué par des éducateurs, trahi par les académies, s’est tout simplement réfugié, refoulé, dans la passion la plus subtile, et aussi la plus aveugle, comme nous le montre l’histoire d’Oedipe, la passion du savoir . C’est celle-là qui est en train de mener un train qui n’a pas dit son dernier mot .

 

  1. L08, 16/11/1960, 15: C’est au sein de ce que certains d’entre vous ont baptisé l’entre-deux-morts -terme très exact pour désigner le champ où s’articule comme tel tout ce qui arrive dans l’univers dessiné par SOPHOCLE, et non pas seulement dans l’aventure d’Oedipe roi,- que se situe ce phénomène dont je crois pouvoir dire que nous avons introduit un repérage dans la tradition éthique, dans la réflexion sur les motifs et les motivations du Bien . Ce repérage, je l’ai désigné proprement comme étant celui de la beauté, en tant qu’elle orne, ou plutôt, qu’elle a pour fonction de constituer le dernier barrage avant l’accès à la chose dernière, à la chose mortelle, en ce point où la méditation freudienne est venue faire son dernier aveu sous  le terme de pulsion de mort .

 

  1. L08, 21/12/60 : EMPEDOCLE est un tout-puissant /…/ On lui demande des miracles, et il les produit . Comme Oedipe, il ne meurt pas, mais il rentre au coeur du monde dans le feu du volcan, et la béance .

 

  1. L08, 11/1/61 122 : Si FREUD reconnaît sa découverte et son domaine dans la tragédie d’Oedipe, ce n’est pas parce qu’Oedipe a tué son père, et pas plus parce qu’il a envie de coucher avec sa mère  . Un mythologue très amusant Robert GRAVES [Penguin Books] /…/ croit pouvoir faire le malin en ce qui concerne le mythe d’œdipe . Pourquoi FREUD, dit-il , ne va-t-il pas chercher son mythe chez les Égyptiens,  où l’hippopotame est réputé pour coucher avec sa mère et écraser son père? Pourquoi ne l’a-t-il pas appelé le complexe de l’hippopotame? /…/ Mais ce n’est pas pour cette raison que FREUD a choisi l’Oedipe . /…/ Ce pourquoi FREUD retrouve sa figure fondamentale dans la tragédie d’Oedipe, c’est le il ne savait pas, qu’il avait tué son père et qu’il couchait avec sa mère .

 

  1. L08 1/3/61, 210: Paradoxalement ce que révèle l’interprétation de SOCRATE, ce qu’elle met à la place de ce qui se manifeste /…/ c’est bel et bien la réalité qui ferait office de ce nous pourrions appeler un transfert, dans le procès de recherche de la vérité . En d’autres termes /…/ c’est comme si quelqu’un venait dire pendant le procès d’Oedipe “Oedipe ne poursuit d’une façon si haletante [en bout de course] sa recherche de la vérité, qui doit le mener à sa perte, que parce qu’il n’a qu’une fin, c’est de s’échapper avec Antigone”.

 

  1. L08 17/5/61, p;354: Mé phunai, ce ne sois-je, ou ce ne fus-je pour être plus près, ce n’y être qui équivoque si curieusement en français avec le verbe de la naissance, voilà où nous en sommes avec l’Oedipe . Et qu’est-ce qui est désigné là? -sinon le fait que, de par l’imposition à l’homme d’un destin, de par l’échange prescrit par les structures parentales, quelque chose est là, recouvert, qui  fait son entrée dans le jeu implacable de la dette . En fin de compte, c’est simplement de la charge qu’il reçoit de la dette de l’Até qui le précède, qu’il est coupable .

 

  1. L08, 24/5/61, 373: Pour ceux qui /…/ ne le savent pas, je vais dire ce que c’est l’articulation structuraliste du mythe . Prenant un mythe dans son ensemble, je veux dire l’épos, l’histoire, la façon dont ça se raconte de bout en bout, on construit un modèle uniquement constitué par une série de connotations oppositionnelles des fonctions intéressées -par exemple, dans le mythe de l’Oedipe, le rapport père-fils, l’inceste, etc . /…/ On s’aperçoit que le mythe ne s’arrête pas là, qu’il y a les générations suivantes . Si c’est un mythe, les générations, ce n’est pas simplement la suite de l’entrée des acteurs /…/ Ce qui nous intéresse, c’est la cohérence signifiante qu’il y a entre la première constellation et celle qui suit . Il se passe par exemple quelque chose que vous connoterez comme vous le voudrez, disons les frères ennemis, puis apparaît la fonction d’un amour transcendant qui va contre la  loi, comme l’inceste /…/ ce qui donne lieu à des relations définissables par un certain nombre de termes oppositionnels.

 

  1. L08, 374: /…/ dès les premiers pas de l’analyse, la Traumdeutung, FREUD se soutient d’une référence au mythe, et nommément au mythe d’Oedipe . Cela nous l’élidons, nous le mettons entre parenthèses, nous essayons de tout exprimer de notre expérience sur le mode économique /…/ Cela n’empêche pas l’expérience qui continue d’être toujours une expérience analytique Mais c’est une expérience analytique qui oublie ses propres termes ./…/ L’analyse est-elle une introduction du sujet à son destin? Est-ce la vraie question? Bien sûr que non . Ce serait nous placer dans une position démiurgique, qui n’a jamais été celle de l’analyse . [Et NACHT* de pointer une analyse normale] .
  2. L08 378 : Que ce qui se passe dans Le Pain dur  soit le mythe d’Oedipe, je crois que vous n’en doutez plus maintenant . Vous retrouverez presque mes jeux de mots au moment précisément où Louis de Coùfontaine et Turelure sont face à face . C’est le moment où se formule une espèce de demande de tendresse . C’est la première fois que cela arrive /…/ Louis lui dit: -Quand même, tu es le père . Et cette réplique est vraiment doublée de ce tuer le père  que le désir de la femme, de Lumîr, lui a suggéré   /…/ Que veut dire ce qui nous est  présenté là sur la scène? Cela veut dire /…/ que c’est à ce moment là /…/ que le petit, il devient homme . Louis de Coùfontaine , on le lui dit, /…/ il n’est plus ce jean-foutre qui rate tout, et qui se fait ravir sa terre par des tas de méchants et de petits malins . Il va devenir un fort bel ambassadeur, capable de toutes les crapuleries .

 

  1. L09 21/3/62, 300: /…/ ce que le génie de FREUD nous avère originellement quant à la fonction du désir /…/ est ceci que le désir est foncièrement, radicalement structuré par ce nœud qui s’appelle Oedipe, et d’où il est impossible d’éliminer ce nœud interne qui est ce que j’essaie de soutenir devant vous par ces figures; ce nœud interne s’appelle l’Oedipe en tant qu’il est essentiellement /…/ un rapport entre une demande qui prend une valeur si privilégiée qu’elle devient le commandement absolu, la loi, et un désir, lequel est le désir de l’Autre; de l’Autre dont il s’agit dans l’Oedipe . Cette demande s’articule ainsi: tu ne désireras pas celle qui a été mon désir . [détour imposssible] .

 

  1. L09, 4/4/62, 359: [la voie du désir chez la femme nécessite moins de détour que chez l’homme] : Toute la dialectique du complexe de castration /…/ introduit l’Oedipe, nous dit FREUD /…/ .

 

  1. L10, 12/121962 : énigme L’angoisse du cauchemar est éprouvée  Le corrélatif du cauchemar c’est l’incube, /…/ c ‘est /…/ cet être qui vous écrase sous sa jouissance …./ comme celle de la jouissance de l’Autre . /…/ Pour nous introduire par ce biais majeur dans ce que nous livrera la thématique du cauchemar, la première chose qui apparaît dans le mythe /…/ c’est que cet être /…/ est aussi un être questionneur /../ qui se  manifeste, se déploie, dans cette dimension complète, développée, de la question  comme telle qui s’appelle l’énigme . Le sphinx, dont /…/ l’entrée en jeu précède tout le drame d’Oedipe, est une figure de cauchemar et une figure de questionneur en même temps.

 

  1. L10, 16/I/63 9 : Ce me sera l’occasion /…/ de faire apparaître en quel sens j’ai dit /…/ que si le désir et la loi étaient la même chose c’est pour autant que le désir et la loi ont leur objet commun . /…/ Le mythe de l’Oedipe ne veut pas dire autre chose, c’est qu’à l’origine le désir et la loi ne sont qu’une seule et même chose .

 

  1. L10 6/3/63 6 : Celui qui a possédé l’objet du désir et de la loi, celui qui a joui de sa mère, Oedipe pour le nommer, fait ce pas de plus, il voit ce qu’il a fait . Vous savez ce qui alors arrive . /…/ comment dire ce qui est de l’ordre de l‘indicible et ce dont je veux, pour vous, faire surgir l’image . Qu’il voie ce qu’il a fait a pour conséquence qu’il voit /…/ l’instant d’après ses propres yeux boursouflés de  leur humeur vitreuse, au sol un confus amas d’ordures,  /…/ puisque, pour les avoir arrachées de ses orbites, ses yeux, il a bien évidemment perdu la vue . Et pourtant il n’est pas sans les voir, les voir comme tels, comme objet-cause, enfin dévoilé, de la dernière, ultime, non plus coupable mais hors des limites, concupiscence, celle d’avoir voulu savoir . /…/ Est-ce cela  l’angoisse, disons qu’a l’homme de se mutiler? /…/ C’est qu’une impossible vue vous  menace de vos propres yeux par terre .

 

  1. L10, 26/3/63 3 comédie : Une fois qu’il a fait son deuil /…/ de trouver chez ce partenaire son propre manque, la castration primaire fondamentale de l’homme /…: tout va bien marcher, c’est-à-dire qu’on va , avec ce bonhomme qui n’a jamais jusque là atteint ce niveau [patient de Lucy TOWER] pouvoir entrer dans /…/ la comédie oedipienne, /…/ on va pouvoir commencer  à rigoler .

 

  1. L11, 186: La fonction de la Fortpflanzung, de la reproduction /…/ n’est pas représentée comme telle dans le psychisme. Dans le psychisme il n’y a rien par quoi le sujet puisse se situer comme être de mâle ou être de femelle. /…/ La polarité de l’être mâle ou femelle n’est représentée que par l’activité, laquelle se manifeste à travers les Triebe, et de la passivité /…/ Seule cette division /…/ rend nécessaire /…/ ce qui est proprement l’Oedipe . /…/ La sexualité s’instaure dans le champ du sujet par une voie qui est celle du manque .

 

  1. L14, 1/3/67 LEF3 24 : Nous posons au départ que le petit <<a>> est l’un des termes quelconques de la relation génitale, puisque, en fonction de ce que nous savons du complexe d’Oedipe, la fille comme  le garçon entrent dans le rapport sexuel comme enfants, autrement dit comme représentant d’ores et déjà le produit .

 

  1. L14, 19/4/67 LEF4 15 : Je veux parler de ce I qui règne jusqu’à ce jour au fondement  mental des psychanalystes, sous la forme de la “vertu unitive” qu’on attribue au sexe, à  partir des images  de fusion du moi et du non-moi, et de tous les paradis perdus du “narcissisme primaire”, véritable pierre angulaire, sans laquelle, à les croire, rien ne saurait être pensé de l’économie de la libido . Je serait presque tenté de faire de l’abandon de ces niaiseries tenaces, la pierre de touche, à l’instar de ce qu’était pour FREUD l’adhésion au principe de l’universalité de l’Oedipe . /…/ l’inauguration du statut d’échange d’où dépend tout ce qui va être ensuite économie chez l’être parlant est contemporaine de l’interdit de l’auto-érotisme, portant sur un organe précis qui acquiert par le fait même valeur d’unité et d’élément . /…/ Or ce qui se passe, c’est que la jouissance bascule du subjectif à l’objectif, au point de glisser au sens de possession .

 

  1. L14 26/4/67 LEF4 22 : Reconnaître ce qui est en jeu c’est voir au contraire qu’accéder à l’acte sexuel c’est accéder à une jouissance coupable . Le mythe d’Oedipe le dit bien: la jouissance est pourrie /…/ Quand Oedipe tranche l’énigme, la vérité se jette dans l’abîme /…/ la jouissance est une question posée au nom de la vérité /…/ Mais quel océan de jouissance féminine n’a-t-il pas fallu pour que le navire d’Oedipe flotte sans couler jusqu’à ce que la peste montre enfin de quoi était faite la mer de son bonheur . /…/ Et dans SOPHOCLE cette fuite de tous les souvenirs qui s’image dans la fuite du serviteur témoin du crime, n’est-elle pas faite pour évoquer  quelque chose? Pourtant Jocaste finit bien par s’écrier: “Infortuné, puisses-tu ne jamais connaître qui tu es” . Jocaste le sait . Mais qu’est Jocaste? Eh bien, pourquoi pas le mensonge incarné en ce qui concerne l’acte sexuel /…/ Dans ce champ X, entre petit <<a>> et le lieu de l’Autre, la vérité ne peut se faire entendre .

 

  1. L14 24/5/67 LEF5 80: Ce qui s’image parfaitement dans la légende d’Oedipe, qui n’était pas un philosophe, mais qui nous donne le modèle de tout rapport au savoir, dans la mesure où le rapport au savoir /…/ porte sur le corps . L’accession à ce savoir rompt le pouvoir d’une jouissance féroce celle de la sphinge, figure étrangement mi-bestiale, mi-féminine, et  ouvre accès à quelque chose qui est aussi une jouissance laquelle /…/ marque /…/ du signe de la culpabilité . Oedipe ne savait pas de quoi il jouissait . J’ai posé la dernière fois la question de savoir si Jocaste, elle le savait, et si même une bonne part de sa jouissance ne réside pas en ce qu’elle laisse Oedipe l’ignorer .
  2. L15 29/11/1967, 46 [selon Mr. FENICHEL] : Le complexe d’Oedipe et les sentiments inconscients de culpabilité de source infantile peuvent maintenant être réellement dépassés quant aux émotions: elles ne sont plus gardées en réserve mais peuvent être mises en valeur par l’ego; elles forment une part harmonieuse de la personnalité totale . /…/ Je ne crois pas que quiconque, analyste ou pas, pour peu qu’il ait un peu d’expérience des autres et de soi-même, puisse un instant prendre au sérieux cette étrange berquinade .

 

  1. L15 21/2/68, 165-6 : /…/ pour la jouissance masculine pour ce qu’il en est au moins de l’expérience analytique, chose étrange, jamais personne ne semble s’être aperçu qu’elle est réduite très précisément au mythe d’Oedipe . Seulement voilà, depuis que je me tue à dire que l’inconscient est structuré comme un langage, personne ne s’est aperçu que le mythe originel, celui de Totem et Tabou, l’Oedipe pour tout dire, c’est peut-être un drame originel, seulement c’est un drame aphasique . Le Père jouit de toutes les femmes, telle est  l’essence du mythe d’Oedipe, je veux dire sous la plume de FREUD . Il y en a à qui ça ne va pas, on le bousille ou on le mange . Ca n’a rien a faire avec aucun drame  /…/ ce qui est à expliquer c’est que justement ça soit passé dans une tragédie . /…/ L’Oedipe n’est qu’un mythe grâce à quoi ils [les analystes] mettent en place les limites de leur opération  . /…/ il y a sur la scène /…/ le <<a>>, ce point extrême où nous savons qu’il est au terme de la destinée du héros de la tragédie, il n’est plus que ça, et que tout ce qui est de l’ordre du sujet est au niveau de ce quelque chose qui a ce caractère divisé qu’il y a entre le spectateur et le chœur.

 

  1. L15 28/2/68, 190 : Ce n’est pas parce que l’inconscient ne connaît pas la contradiction que le psychanalyste est autorisé à se laver les mains /…/ à couvrir de son autorité la confusion  pure et simple . /…/ ce dont il s’agit concernant l’acte sexuel: c’est que l’inconscient, nous dit-on, c’est ça l’Oedipe, le rapport de l’homme et la femme il le métaphorise; c’est cela que nous retrouvons au niveau de l’inconscient dans les rapports de l’enfant à la mère . /…/ le psychanalyste /…/ il est là pour faire entendre à l’analysant les effets métonymiques de cette présentation métaphorique .
  2. L15 20/3/68, 230-1:
  3. C’est en tant que le partenaire est celui qui s’est trouvé remplir, de la structure instituée de l’acte, la fonction [ d’objet <<a>>], /…/ c’est en tant que c’est autour de cette fonction  /…/ qu’ pu se réaliser l’essence de ce qu’il en est de la fonction  (S barré), à savoir de l’impuissance de savoir .
  4. Est-ce que j’évoquerai là la dimension analogique qu’il y a, dans cette répartition, avec l’acte tragique /…/ dans la tragédie il y a quelque chose d’analogue /…/ je veux dire que le héros, tout un chacun qui dans l’acte s’engage seul, est voué à cette destinée de n’être [naître] enfin que le déchet de sa propre entreprise . /…/ Mais tout de même, /…/ ne confondons pas le fiction tragique -je veux dire le mythe d’Oedipe, d’Antigone, par exemple-, avec ce qui est vraiment une acception, la seule valable, fondée de la tragédie, à savoir la représentation de la chose [pragma] .
  5. L17;114
  6. Et c’est bien ce que désigne la première forme de l’identification parmi les trois qu’il [FREUD] isole dans l’article que j’évoquais tout à l’heure -le père est amour, ce qu’il y a de premier à m’aimer en ce monde est le père . Étrange survivance . FREUD croit que cela va évaporer la religion, alors que c’est vraiment la substance même qu’il conserve avec le mythe bizarrement composé du père . /…/ tout ceci aboutit à l’idée du meurtre, à savoir que le père originel est celui que les fils ont tué, après quoi c’est de l’amour de ce père mort que procède un certain ordre . Dans ses énormes contradictions cela ne semble-t-il pas n’être autre chose que défense contre ces vérités que le foisonnement de tous les mythes articule en clair, bien avant que FREUD, à faire le choix de celui de l’Oedipe, ne les rétrécisse ces vérités? C’est que, dès qu’il entre dans le champ du discours du maître où nous sommes en train de nous orienter, le père, dès l’origine, est castré .

 

  1. L17 127 : On peut beaucoup déconner autour du mythe, parce que c’est justement le champ du déconnage . Et le déconnage /…/ c’est la vérité /…/ Alors, le mythe d’Oedipe, tel que FREUD le fait fonctionner /…/ les mythographes, ça les fait plutôt rigoler .

 

  1. L17 129: Je ne suis pas en train de dire que l’Oedipe ne sert à rien ni que cela n’a aucun rapport avec ce que nous faisons . /…/ Le rôle de la mère c’est le désir de la mère . /…/ ça entraine toujours des dégats . Un grand crocodile dans la bouche duquel vous êtes -c’est ça la mère . /…/ Il y a un rouleau, en pierre bien sûr, qui est là en puissance au niveau du clapet, et ça retient, ça coince . C’est ce qu’on appelle le phallus . /…/ Je n’ai jamais parlé de compexe d’Oedipe que sous cette forme . /…/ J’ai dit que c’était la métaphore paternelle, alors que ce n’est pas ainsi que FREUD nous présente les choses .

 

  1. L17 132: Le complexe d’Oedipe tel que nous le raconte FREUD quand il se réf!ère à SOPHOCLE n’est pas du tout traité comme un mythe . C’est l’historiole de SOPHOCLE moins /…/ son tragique .

 

  1. L17 134: Certes, c’est du meurtre du père qu’Oedipe trouve l’accès libre auprès de Jocaste, et qu’elle lui est donnée, à l’acclamation populaire . Jocaste, elle, /…/ en savait un bout, parce que les femmes ne sont pas sans avoir des petits renseignements /…/ L’important est qu’Oedipe a été admis auprès de Jocaste parce qu’il avait triomphé d’une épreuve de vérité /…/ Ce que nous nous proposons c’est l’analyse du complexe d’Oedipe comme étant le rêve de FREUD .

 

  1. L17, 139: C’est là, dans le mythe d’Oedipe tel qu’il nous est énoncé, qu’est la clé de la jouissance . /…/ Le mythe de l’Oedipe, au niveau tragique où FREUD se l’approprie montre bien que le meurtre du père est la condition de la jouissance .

 

  1. L17, 145: Le mythe ne saurait ici avoir d’autre sens que celui à quoi je l’ai réduit, d’un énoncé de l’impossible .

 

  1. L18, 13/1/71, 10 : [le semblant= le météore, arc-en-ciel, tonnerre][le signe du quel que soit, le grand A renversé, le signe du taureau] Parce que les signifiants, ce n’est pas individuel, on ne sait pas lequel est qui . Alors nous entrons dans une espèce d’autre jeu original, quant à la fonction du hasard, que celui d’Oedipe .

 

  1. L18, 20/1/71, 11 : Le mythe de l’Oedipe, qui ne voit qu’il est nécessaire de désigner le réel, car c’est bien ce /…/ à quoi le théoricien est réduit quand il formule cet hypermythe, c’est que le réel a proprement parler s’incarne de quoi? de la jouissance sexuelle; comme quoi? comme impossible, puisque ce que l’Oedipe désigne, c’est l’être mythique dont la jouissance /…/ serait celle de quoi? de toutes les femmes . [effet de prévalence de discours] .

 

  1. L18, 10/3/71, 9: RAS .

 

  1. L18, 9/6/71, 11-13, 16

 

  1. L18, 9/6/71, 12; L’hystérique /…/ est  logicienne . Ceci pose la question de la référence faite au théâtre par la théorie freudienne: l’Oedipe, pas moins . Il est temps d’attaquer ce qui du théâtre a paru nécessaire de maintenir pour le soutien de l’autre scène /../ Après tout le sommeil y suffit peut-être . Qu’il abrite à l’occasion ce sommeil, la gésine des fonctions fuchsiennes, comme vous savez que c’est arrivé, peut justifier qu’il se fasse désir qu’il se prolonge . /…/ Il est certain que la jouissance qu’on a à se faire châtrer n’a avec la représentation que des rapports d’appareil . C’est bien en quoi l’Oedipe sophocléen /…/ est encore beaucoup trop riche et trop diffus pour nos besoins d’articulation. La généalogie du désir /…/ c’est de comment il se cause, relève d’une combinatoire plus complexe que celle du mythe .

 

  1. L18, 9/6/71,14-15 : /…/ le phallus c’est la totalité de ce qui fémininement peut être sujet à la jouissance . Cette jouissance /…/ reste voilée dans le couple royal de l’Oedipe, mais ce n’est  pas que du premier mythe elle soit absente . /…/ Mais la castration d’Oedipe n’a pas d’autre fin que de mettre fin à la peste thébaine, c’est-à-dire de rendre au peuple la jouissance dont d’autres vont être les garants, ce qui /…/ n’ira pas sans quelques péripéties amères pour tous. Dois-je souligner que la fonction-clé du mythe s’oppose dans les deux strictement . Loi d’abord, dans le premier /…/ . Dans le second, jouissance à l’origine, loi ensuite , dont on me fera grâce d’avoir à souligner les corrélats de perversion puisqu’en fin de compte , avec la promotion /…/ du cannibalisme sacré, c’est bien toutes les femmes qui sont interdites de principe à la communauté des mâles, qui s’est transcendée comme telle dans cette communion .

 

  1. L18, 16/6/71, 14 : Le mythe d’Oedipe fait en quelque sorte tracas parce que soi-disant il instaure la primauté du père, qu’il serait une espèce de reflet du patriarcat . /…/ Bien loin de là . Il nous fait apparaître seulement ceci: un point d’abord par où la castration pourrait être serrée d’un abord logique et de cette façon que je désignerai de numéral . Le père /…/ il est précisément castré au point de n’être qu’un numéro . C’est indiqué clairement dans les dynasties . Mais /…/ il n’y a pas seulement numéro: il y a nombre . Pour tout dire j’y vois le point d’aperception de la série des nombres naturels /…/ c’est très proche de la nature . /…/ La mère, dans sa lignée /…/ est innombrable /…/ elle n’est pas à énumérer parce qu’il n’y a  pas de point de départ . /…/ d’autre part /…/ il n’est pas du tout rare qu’on puisse avoir pour père son grand-père .

 

  1. L18, 16/6/71,16 : Jamais l’Oedipe n’a été par FREUD véritablement élaboré /…/ Mais observons bien ce que veut dire maintenant cette nomination, cette réponse à l’appel du père dans l’Oedipe . Si je vous ai dit /…/ que ça introduit à la série des nombres naturels, c’est que là nous avons ce qui, à la plus récente élaboration logique de cette série -à savoir celle de PEANO- s’est avéré nécessaire . /…/ On rencontre la nécessité du zéro pour poser le successeur .

 

  1. L18, 16/6/71,18 : c’est tout de même le terme de meurtre du père qui paraît au centre de ce que FREUD élabore à partir des données  que constitue, du fait de l’hystérique et de son abord, le refus de la castration . Est-ce que ce n’est pas  en tant que le meurtre du père ici est le substitut de cette castration refusée, que l’Oedipe a pu venir s’imposer, si je puis dire, à la pensée de FREUD

 

  1. L18, 16/6/71, 20 : Quelle est l’ordonnance du surmoi? précisément elle s’origine de ce père originel plus que mythique, de cet appel comme tel à la jouissance pure, c’est-à-dire aussi à la non-castration . Qu’est-ce que ce père en effet dit au déclin de l’Oedipe? Il dit ce que dit le Surmoi /…/ c’est: jouis!

 

  1. L19, 15/12/1971, 14 : /…/ il y en a qui ont découvert que je disais que le père, c’est peut-être un mythe, parce qu’il saute aux yeux en effet que ƒ (x) (Phi de x) ne marche pas au niveau du mythe d’Oedipe; le père il n’est pas châtré, sans ça comment pourrait-il les avoir toutes? Elles n’existent même que là en tant que toutes … car c’est aux femmes que ça convient le <<pas tous>> /…/ Donc à  partir de ce qu’il existe un, c’est à partir de là que tous les autres  peuvent fonctionner; c’est en référence à cette exception, à cet <<il existe>> . Seulement voilà, à très bien comprendre qu’on peut écrire le rejet de la fonction ƒ (x)  est nie -“il n’est pas vrai “que ça se castre- ça c’est le mythe . Seulement ce dont il se sont aperçus, les petits malins, c’est que c’est corrélatif de l’existence et que ça pose le “il existe” de cet “il n’est pas vrai que” .

 

178.L21, 19/3/74 120: Simplement, là s’indique que l’amour a affaire à ce que j’ai isolé du titre du Nom-du-Père . C’est bien étrange . Le Nom-du-Père auquel j’ai fait tout à l’heure  l’allusion ironique qu’on sait, à savoir qu’il aurait rapport à l’ancienneté de la famille, qu’est-ce que ça peut être . Qu’est-ce que là-dessus l’Oedipe, ledit Oedipe nous apprend?

 

  1. L22, 14/1/75, ORN3, 103: Dans le symbolique en effet, quelque chose est Urverdrängt, quelque chose à quoi nous ne donnons jamais de sens, bien que nous soyons capables de dire “tous les hommes sont mortels” . C’est que cet énoncé n’a, du fait du “tous”, aucun sens . Il faut que la peste se propage à Thèbes pour que le “tous” cesse d’être de pur symbolique, et devienne imaginable . Il faut que chacun se sente concerné en particulier par la menace de la peste . Il se révèle du même coup que si Oedipe a forcé quelque chose, c’est tout à fait sans le savoir . S’il l’avait fait, le temps qu’il fallait, c’aurait été le temps d’une analyse, puisque c’était pour ça qu’il était sur les toutes; il croyait par un rêve qu’il allait tuer celui qui, sous le nom de Polybe, était bel et bien son véritable père .

 

  1. L22, 15/4/75, ORN5 54 : Pour nous l’interdit de l’inceste n’est pas historique mais structural . Pourquoi? Parce qu’il y a le symbolique . Cet interdit consiste dans le trou du symbolique pour qu’apparaisse, individualisé dans le nœud Quelque chose que je n’appelle pas le complexe d’œdipe, ce n’est pas si complexe que ça, mais le Nom-du-Père, ce qui veut dire le père comme nom, ce qui ne veut rien dire au départ, et non seulement le père comme nom, mais le père comme nommant .

 

  1. L24, 15/3/77, 3 : [De rapport sexuel, il n’y en a pas] mais il faut bien dire que ça ne va pas de soi; il n’y en a pas sauf incestueux ou meurtrier, c’est très exactement ce qu’a avancé FREUD . /…/ Le mythe d’œdipe désigne cece, que la seule personne avec laquelle on ait envie de coucher, c’est sa mère, et que -pour le père- on le tue . /…/ Il n’y a de vrai que la castration . /…/ Il n’y a de vérité que sur le Réel, puisque le Réel se dessine comme excluant le sens .

 

  1. réveil L25, 15/11/78, 6 : La vie n’est pas tragique, elle est comique et c’est pourtant assez curieux que FREUD n’ait rien trouvé de mieux que de désigner du complexe d’Oedipe, c’est-à-dire d’une tragédie, ce dont il s’agissait dans l’affaire . On ne voit pas pourquoi FREUD a désigné /…/ d’autre chose que d’une comédie ce à quoi il avait affaire /…/ dans ce rapport qui lie le S. l’I. et le R. Pour que l’I. s’exfolie il n’y a qu’à le réduire au fantasme; l’important est que la science elle-même n’est qu’un fantasme et que l’idée d’un réveil soit à proprement parler impensable .
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