Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

PHALLUS

phallus E554: Ce schéma [du ternaire imaginaire ici posé] /…/ permet de démontrer les relations qui se rapportent non pas aux stades préœdipiens /…/ mais au stades prégénitaux en tant qu’ils s’ordonnent dans la rétroaction de l’Oedipe . Tout le problème des perversions consiste à concevoir comment l’enfant /…/ s’identifie à l’objet imaginaire de ce désir [maternel] en tant que la mère elle-même le symbolise dans le phallus .

 

phallus  E692.:Le phallus est le signifiant privilégié de cette marque [de la relation du sujet au signifiant] où la part du logos se conjoint à l’avènement du dé­sir. On peut dire que ce signifiant est choisi comme le plus saillant de ce qu’on peut attraper dans le réel de la copulation sexuelle, comme aussi le plus symbolique au sens littéral (typographique) de ce terme, puisqu’il y équivaut à la copule (logique). On peut dire aussi qu’il est par sa turgidité l’image du flux vital en tant qu’il passe dans la généra­tion. […] Le phallus est le signifiant de cette Aufhebung elle-même qu’il inaugure (initie) par sa dis­parition. C’est pourquoi le démon de l’aidos (Scham) [Honte] surgit dans le moment même où dans le mystère anti­que, le phallus est dévoilé (cf. la peinture célèbre de la Villa de Pompéi).

 

phallus E734-35 La démonstration ayant été fort loin poussée pour la plupart des perversions mâles que leur motif imaginaire est le désir de préserver un phallus qui est celui qui a intéressé le sujet dans la mère,

 

phallus L02 231: [LETTRE VOLÉE] Cette lettre qui est adressée à la reine par quelqu’un (le duc de S…) à qui est-elle vraiment adressée? Dès lors que c’est une parole elle peut avoir plusieurs fonctions. Elle a la fonction d’un certain pacte, d’une certaine confidence. Peu importe qu’il s’agisse de l’amour du duc ou d’un complot contre la sûreté de l’état, ou même d’une banalité. Elle est là dissimulée dans une espèce de présence-absence. Elle est là, mais elle n’est pas là; elle n’est là, dans sa valeur propre, que par rapport à tout ce qu’elle menace, à tout ce qu’elle viole, à tout ce qu’elle bafoue, à tout ce qu’elle met en danger ou en suspens. C’est une vérité qui n’est pas bonne à publier.

 

phallus L02 267:Que le sujet vienne à reconnaître et à nommer son désir, voilà quelle est l’action efficace de l’analyse. mais il ne s’agit pas de reconnaître quelque chose qui serait là tout donné, prêt à être compté. En le nommant, je sujet crée, fait surgir, une nouvelle présence dans le monde. Il introduit la présence comme telle et du même coup creuse l’absence comme telle. C’est à ce niveau-là seulement qu’est concevable l’action de l’interprétation.

 

phallus L03 355: Ce qu’on trouve dans l’imaginaire sous la forme de la mère phallique, n’est pas homogène /…/ au complexe de phallus L05 7/5/58 17: [Dans ce rêve d’hystérique]: Toute l’ambiguité du sujet par rapport au phallus /…/ va résider dans ce dilemne, c’est à savoir que ce signifiant le sujet peut l’avoir ou peut l’être. /…/ C’est lui qui est au fond de tous les glissements, de toutes les transmutations, de toutes les prestigitations, dirais-je, du complexe de castration., en tant que celui-ci est intégré à la situation triangulaire de l’Oedipe. Cette situation n’est pas complètement élucidée par FREUD /…/ elle est là pour prêter à une élucidation, qui n’est possible que si nous reconnaissons que le tiers, central pour FREUD, qu’est le père, a un élément signifiant, irréductible à toute espèce de conditionnement imaginaire . Je ne dis pas que le Nom-du-Père soit le seul dont nous puissions dire cela . Nous pouvons dégager cet élément chaque fois que nous appréhedons quelque chose qui est à proprement parler de l’ordre symbolique [par exemple le  météore, l’arc-en-ciel dans son rapport au c’est cela. . Il ne parle pas, mais on pourrait parler à sa place . Ce qui le fait subsister pour nous /…/ tient uniquement au « c’est cela » de l’origine, à savoir la nomination comme telle de l’arc-en-ciel . Il n’y a rien d’autre que ce nom  /…/ le père en tant que père, a le phallus -un point c’est tout /…/ il est ce qui, dans la dialectique imaginaire, doit exister pour que le phallus soit autre chose qu’un météore, un semblant . ].

 

Phallus L04 203, 6/3/57 RO 379: Dans la découverte  progressive de l’insatisfaction foncière qu’éprouve la mère dans la relation mère-enfant elle même, il s’agit du glissement du phallus de l’imaginaire au réel et c’est bien ce que Freud nous explique quand il nous dit que dans cette nostalgie du phallus originaire, à ce niveau imaginaire où il commence à se produire chez la petite fille dans la référence spéculaire à son semblable /…/ il nous dit que l’enfant va être le substitut du phallus.

 

phallus L05 22/1/58 16 entre être et avoir S#R [identification au phallus]: Cette relation n’est pas la même dans la névrose ou dans la psychose que dans la perversion.  /…/ A ce niveau la question qui se pose est “être ou  ne pas être”, “to be or not to be” le phallus. /…/ Vous sentez bien qu’il y a un pas considérable à franchir pour comprendre simplement ce dont il s’agit entre cet être ou n’être pas le phallus, et ce dont il s’agit à un moment quelconque, il faut tout de même l’attendre et le trouver, qui est complètement différent, qui est “en avoir ou pas” /…/ il faut que quelque chose ait été franchi entre l’un et l’autre /…/ pour l’avoir il faut qu’il y ait un moment où il ne l’ait pas eu /…/ il faut d’abord  qu’il ait été posé qu’on ne peut pas l’avoir, que cette possibilité d’être castré est essentielle dans l’assomption du fait de l’avoir, le phallus. /…/ c’est là que doit intervenir /…/ réellement, effectivement, le père /…/ réel..

 

phallus L05 25/6/58:34: L’hystérique, comme tous les sujets, sait bien que c’est par un certain détour (et pour autant qu’il se fixe par rapport à l’image de l’autre) qu’il trouve, qu’il a fixé la place de son moi, la place de son désir. Elle l’obtient /…/ exactement de la même façon au niveau supérieur, si l’on peut dire; [ce n’est] que si l’hystérique se sépare, se détourne [franchissement par un détour] de l’autre et du signifié de l’autre, qu’elle arrive à se situer dans un certain type idéal dans une certaine image à laquelle elle s’identifie. C’est de même, par un détour analogue /…/ que Dora s’est identifiée à Mr K. Elle trouve la place de ce désir dont elle cherche à situer le point, à savoir comment peut-on (si c’est une femme) désirer une femme quand on est impuissant? /…/ Ce rapport à l’image de l’Autre consiste très précisément dans le phallus signifiant, /…/ toujours menacé de destruction parce que pris dans une dénégation [chez l’obsessionnel] /…/ dans une identification à l’autre (l’objet “a”). [le phallus est le signifié de l’autre].

 

phallus L05 29/1/58 4 [l’objet du désir de la mère] [cette dialectique du désir en tant que désir de l’Autre constitué, ce qui s’y introduit c’est] l’objet du désir de la mère; ce qui est en somme à franchir, c’est /…/ le désir de la mère /…/ [pour] rejoindre ce quelque chose d’autre qui est constitué au niveau de la mère de façon infiniment plus élaborée /…/ cet objet /…/ il est le phallus /…/ en tant que désiré par la mère.

 

phallus L05 29/1 30 /…/ Les [modes d’abord(?)] de l’Oedipe, tels qu’il nous sont présentés ici, vous permettent de comprendre comment ce rapport à la puissance de la Loi correspond, retentit métaphoriquement avec le rapport à l’objet fantasmatique qu’est le phallus, en tant qu’objet auquel doit se faire à ce moment l’identification du sujet comme tel .

 

phallus L05  Les formations de l’inconscient, Livre V, 19 mars 1958.p.22 :  Phallus = facteur commun

 

phallus L05B 12/3/58 24 C’est au titre d’un éléments signifiant privilégié qu’intervient la relation  (dans l’œdipe) de la petite fille au phallus. Est-ce dire que nous allons nous rallier à la position de JONES? [Dans “Phallic phase“, une femme est-elle born ou made?] Sûrement pas. Si vous vous souvenez de la différence que j’ai faite entre phobie et fétiche, nous dirons  qu’ici le phallus joue le rôle de fétiche plutôt que le rôle de la phobie.

 

phallus L05 7/5/58 17: [Dans ce rêve d’hystérique]: Toute l’ambiguïté du sujet par rapport au phallus /…/ va résider dans ce dilemme, c’est à savoir que ce signifiant le sujet peut l’avoir ou peut l’être. /…/ C’est lui qui est au fond de tous les glissements, de toutes les transmutations, de toutes les prestigitations, dirais-je, du complexe de castration.

 

phallus L05 11/6/58 33: Le phallus est le signifiant de ce qui est frappé par l’action du signifiant, de ce qui est sujet à castration.

 

phallus L06 10/6/59 DI 715: Rien n’est articulé dans l’analyse si on n’articule pas à ce niveau [le désir sexuel], pour autant que c’est sur ce désir sexuel lui-même qu’est édifié l’ordre primordial d’échange, qui fonde la loi par laquelle entre, à l’état vivant, le nombre comme tel dans l’interpsychologie humaine; la loi dite de l’alliance et de la parenté, par quoi nous voyons ceci apparaître: c’est que le phallus fondamentalement c’est le sujet en tant qu’objet de ce désir; cet objet étant soumis /…/ à la loi de la fécondité [son signifiant= la fonction du père]. règle /…/ noue le désir à la loi. En effet, cette signification fondamentale du phallus est ce dont, par toute la dialectique du désir /…/ pour autant que le sujet est et qu’à partir d’un certain moment il n’est plus, il [manque à être], il ne peut plus se saisir.

 

phallus L06 17/6/59 DI 731: dans le désir au départ il y a quelque chose qui ne peut pas être demandé /…/ Il s’agit du phallus. /…/ Position très privilégiée de la femme par rapport à l’homme: ce phallus, qui est un signifiant, elle peut l’avoir réellement /../ Mais du fait qu’elle s’est introduite comme signifiant elle l’aura toujours, même au moment idéal, poétique, voire apocalyptique, de l’union sexuelle parfaite, elle a à faire à l’objet phallique en tant que séparé. C’est pour ça que son incidence peut êre perçue par l’homme comme castratrice. Ce phallus qu’elle n’a pas elle l’est symboliquement pour autant qu’elle est l’objet du désir de l’autre. Cette position ne vaut que pour le partenaire car elle ne le sait pas. La formule très singulière par rapport à laquelle se résoud sa relation au phallus “dans l’inconscient elle l’est et elle l’a au meilleur cas, mais elle ne le sait pas”, sinon par son désir [donc elle s’en défend]. il y a une singulière similatité (mimésis) des sa formule transsubjective, inconsciente, avec celle du pervers. Si elle arrive à se situer dans une série d’équivalences phalliques; pour elle les objets naturels, sont fonction du désir, en tant que ce sont des objets dont on se sépare, d’où la moindre fréquence de la perversion chez la femme, car ses satisfactions naturelles trouvent naturellement à se situer dans la dialectique de la séparation. /…/ Elles satisfont leur rapport pervers dans leur rapport avec leurs enfants. C’est pourquoi, non point votre fille est muette, mais c’est pourquoi il y a quelques enfants dont nous avons comme analystes à nous occuper. [cf. L03 17/6/56 Ste Anne].

 

phallus L06 24/6/59 776: /…/ la castration du fils n’est ici que la suite et l’équivalent de la castration du père. La métonymie dont il s’agit tient au premier terme en ceci, c’est qu’il n’y a jamais qu’un seul phallus en jeu [Pas-plus-d’un; Invalidation du Filioque] et ceci c’est justement ce que dans la structure névrotique il s’agit d’empêcher qu’on voit. Le névrosé ne peut être le phallus qu’au nom de l’autre. Il y a donc quelqu’un qui l’a, qui est celui dont dépend son être. Il n’a pas ce que chacun sait qu’on appelle le complexe de castration. Mais s’il n’y a personne à l’avoir, il l’a encore bien moins naturellement /…/ Le désir du névrosé c’est ce qui n’est [naît] quand il n’y a pas de dieu (il est tout entier suspendu a cette garantie mythique de la bonne foi du signifiant à quoi il faut que le sujet s’attache pour pouvoir vivre autrement que dans le vertige.

 

phallus L06 174 Il y a un rapport entre le phallus et le grand Autre /…/ Si le phallus a un rapport avec quelque chose, c’est bien plutôt avec l’être du sujet  Car je crois que c’est là le point nouveau, important, que j’essaie de vous faire saisir dans l’introduction du sujet dans la dialectique /…/ des divers étapes de l’identification, à travers le rapport primitif avec la mère, puis avec l’entrée du jeu de l’Oedipe et du jeu de la LOI.

 

phallus L06 10/6/59 DI 708: [Phallus] Grand Phi: f, clef universelle, clef à toutes fins /…/ La peur de l’objet phobique est faite pour protéger le sujet de /…/ l’approche de son désir.

 

phallus L07 Livre VII, p. 75. [en tant que “grumeau de la représen­tation” (Vor-Stellung) se pose et s’oppose au sens où il objecte, (Gegen-stand) l’objet “a”]. En voici une première approche phénomé­nologique. “L’objet “a” est quelque chose dont le sujet, pour se constituer, s’est sé­paré comme organe. Ça vaut comme symbole du manque, c’est-à-dire du phallus, non pas en tant que tel, mais en tant qu’il fait manque. Il faut donc que ce soit un objet  premièrement séparable,  deuxième­ment, ayant quelque rapport avec le manque.

 

phallus L08 1/2 141-42: la tragédie d’Hécube se place au moment de la prise de Troie et parmi tous les endroits qu’elle envisage [pour être déportée] il y a /…/ Délos. Et là, devant la description de Délos elle fait allusion à un objet qui était célèbre /…/ un palmier, dont elle dit que ce palmier est autinos agalmaïa. C’est-à-dire: autinos: de la douleur, agalmaïa /…/ le terme désigne /../ l’enfantement d’APOLLON. /…/ cette chose magique, érigée, conservée comme un objet de référence, c’est quelque chose qui ne peut manquer /…/ d’éveiller /…/ la thématique du phallus, en tant que son fantasme est là /…/ Le fétiche qu’il reste ne peut pas ne pas être non plus, pour nous, l’écho de cette signification [infantile] /…/ Je vous donne déjà /…/ la clé de la question en vous disant que c’est l’accent fétiche de l’objet dont il s’agit /…/ Un fétiche de quelque peuple, tribu de la boucle du Niger, c’est quelque chose d’innommable, d’informe, sur quoi peuvent à l’occasion se déverser énormément de liquides de diverses origines /…/ allant du sang à la merde, constitue un signe que c’est là quelque chose autour de quoi toutes sortes d’effets se rencontrent qui font du fétiche en lui-même, autre chose qu’une image, qu’une icône en tant qu’elle serait reproduction [d’où l’unicité du fétiche, cf. Mme LACAN et les godasses du Pr DEMIÉVILLE].

 

phallus L09 Livre IX, inédit, L’identification, 9 mai 1962. “J’anticipe et profère que le phallus dans sa fonction radicale est seul signifiant [à se signifier lui-même] mais quoiqu’il puisse se signifier lui-même il est nommable comme tel. /…/ Disons qu’il est le seul nom qui abolisse toutes les autres nominations et que c’est pour cela qu’il est indicible.

 

phallus L09 24/01/62 p.200-201: La question que nous avons à poser, c’est d’établir la différence qu’il y a de cet usage que nous faisons de la « mamme »  avec la fonction qu’il prend par la définition de la classe « mammifère ». /…/ est-ce que c’est cela que veut dire pour nous le signifiant « mamme » pour autant qu’il est l’objet autour de quoi nous substanfions le sujet dans un certain type de relations  dites prégénitales. Il est bien clair que nous en faisons un tout autre usage, beaucoup plus proche de la manipulation de la lettre « E » dans notre paradoxe des ensembles. Et pour vous le montrer je vais vous faire voir ceci: A (+1+1+1) /…/ parmi ces uns de la demande /…/ est-ce qu’il y a ou non le sein lui-même? En d’autres termes, quand nous parlons de fixation orale, le sein latent, l’actuel /…/ est-il mammaire? Il est bien évident qu’il ne l’est pas parce que vos oraux /…/ adorent les seins parce que ces seins sont des phallus. /…/ dans la mesure où le sein refoulé réémerge, ressort dans le symptôme /…/ la chose s’inscrit ainsi:

                  / sein (a)

sein    phallus

Qu’est-ce que l’« a »? Mettons à sa place la petite balle de ping-pong /…/ n’importe quel support du jeu du jeu d’alternance du sujet dans le fort-da. Là vous voyez qu’il ne s’agit de rien d’autre que du passage du phallus de a+ à a‑, et que par là nous voyons dans le rapport d’identification, puisque nous savons que dans ce que le sujet assimile c’est  lui dans sa frustration, nous savons que le rapport de l’$ à ce 1/A (lui 1 en tant qu’assumant la signification de l’Autre comme tel, a le plus grand rapport avec la réalisation de l’alternance. [Dans] ce  produit de a+ par a‑, qui formellement fait un -a au carré (-a2) nous serrerons pourquoi la négation est irréductible /…/ nous voyons là pointer dans cette formule même du -a2 /…/ la nécessité de la mise en jeu à la racine de ce produit du [phallus], racine de -1 (√-1). Ce dont il s’agit /…/ c’est de la disjonction de a+ et de a‑ /…/ et c’est là que le sujet vient à se loger comme tel, que l’identification a à se faire avec ce quelque chose qui est l’objet du désir.

 

phallus L09 21/02/62, p.204-5: C’est en raison de la fonction signifiante du phallus comme tel que le pénis réel tombe sous le coup de ce qui d’abord a été appréhendé dans l’expérience psychanalytique comme /…/ menace de castration.

 

phallus L09 27/6/62 535 538 C’est au point où toute si­gnifiance fait défaut, s’abolit, au point nodal dit le “désir de l’Autre”, au point phallique, pour autant qu’il signifie l’abolition comme telle de toute signifiance, que l’objet “a”, objet de la castration, vient prendre sa place. Il y a donc un rapport au signifiant /…/ le signifiant n’est pas le signe; et l’am­biguïté de l’attribut aristotélicien c’est justement de vouloir le neutraliser, en faire un signe naturel: toute chatte tricolore est femelle. Le signifiant /…/ c’est, contrairement au signe qui représente quelque chose pour quelqu’un, ce qui représente un sujet pour un autre signifiant. Et il n’y a pas de meilleur exemple que le sceau. /…/ Le sceau représente le sujet. /…/ Une lettre peut toujours rester scellée; mais le sceau est là: pour la lettre il est un signifiant.

 

phallus L09 13/12/61 p.105: Pour HANS, s’asseoir sur la girafe = effacer la tension entre deux girafes (« deux extrêmes du sujet ») : le sujet anima qui représente la mère /…/ la mère en tant qu’elle est cet immense phallus du désir /…/ et puis cette autre [girafe]: quelque chose sur une surface de papier. /…/ Cette belle mécanique doit nous faire sentir ce dont il s’agit, si c’est bien de son identification fondamentale, de la défense  de lui-même contre cette capture originelle dans le monde de la mère /…/ Ici, déjà, nous voyons exemplifiée cette fonction de signifiant /…/ en tant qu’elle est le point d’amarre de quelque chose d’où le sujet se constitue /…/ la fonction du nom.

 

phallus L10 28/11/63 p.9: Cet investissement de l’image spéculaire est un temps fondamental dela relation imaginaire, fondamental en ceci qu’il a une limite et que tout l’investissement libidinal ne passe pas par l’image spéculaire. Il y a un reste, /…/ sous le mode du phallus /…/. Et ceci veut dire dès lors que dans tout ce qui est repérage imaginaire le phallus viendra sous la forme d’un manque, d’un -f. /…/ Le phallus est sans doute une réserve opératoire /…/qui non seulement n’est pas représentée au niveau imaginaire mais qui est cernée, et pour dire le mot, coupée de l’image spéculaire.

 

phallus L14 10/5 LEF5 66 L’acte sexuel implique à tous les niveaux un élé­ment tiers, qu’il s’agisse de la mère /…/ comme interdit toujours présent, ou du phallus, qui implique que nous inventions à son propos une négation spéciale, puisqu’il doit manquer à celui qui l’a, sans être perdu pour autant, et qu’il devient, d’autre part, l’être du partenaire qui ne l’a pas. Comment expliquer autrement qu’un ARISTOTE, si soumis à la grammaire, nous dit-on, n’ait soufflé mot, dans sa table des catégories, de la catégorie du sexe, bien que la langue grecque soit soumise comme la nôtre à la “sexui-semblance”? Ne se pourrait-il pas que ce soit la grammaire qui soit fautive, que l’être soit insexuable /…/ et que la quiddité du sexe manquant, il n’y a peut-être que le phallus, toutes choses qui /…/ devraient avoir leur poids, car on retrouve ici, concernant l’acte sexuel, l’aléthéia, au sens de Verborgenheit (dissimulation), dont parle HEIDEGGER.

 

phallus L16 26/3/69 8: Ce qui au niveau d’un corps grêle, d’un profil de petite fille est l’objet du désir du voyeur, c’est très précisément ce qui [ne] peut s’y voir qu’à ce qu’elle le supporte de  l’insaisissable [Unbegriff] d’une ligne où il manque, c’est-à-dire le phallus. /…/ [Hémorragie rétinienne et effets de l’exhibition] C’est proprement et avant tout de faire apparaître, au champ de l’Autre, le regard. Et pourquoi? Sinon pour y évoquer ce rapport topologique de ce qu’il en est de la fuite, de l’insaisissable [Unbegriff] du regard, dans son rapport à la limite imposée à la jouissance de l’Autre [JA] par la fonction du principe de plaisir.

 

phallus L18 Lacan, Livre XVIII, inédit, D’un dis­cours…,  1971, 16 juin. “Il est tout à fait clair que si la cas­tration a un rapport au phallus, ça n’est pas là [au niveau de l’image féminine d’Akhénaton] que nous pouvons la désigner. Je veux dire que si je fais le petit schéma qui correspondrait au “pas-tous” et au “pas-toutes”, comme désignant un certain type de rela­tion au f de x, c’est bien en ce sens que c’est au f de x tout de même que se rapportent les élus. Le passage, le passage à la “médiation” […] masculine c’est bien celle de cet “au moins un” que je soulignais et que nous retrouvons dans Peano par ce n+1 toujours répété ; celui qui, en quelque sorte, suppose que le n qui le précède se réduit à zéro ; par quoi ? précisément par le meurtre du Père. Ce repérage donne, si l’on peut dire, le détour, la façon, pour employer le terme de Frege lui-même […] “ungerade” (oblique), dont le sens du meurtre du Père, se rapporte à une autre Bedeutung […]

 

phallus L18 17/2 14: Le phallus c’est l’organe en tant qu’il est (EST); il s’agit de l’être en tant qu’il est la jouissance féminine. Voilà où est, en quoi réside l’incompatibilité de l’être et de l’avoir.

 

phallus L18 Lacan, D’un discours qui  … 1971, Livre XVIII, séance du 9 juin. “Le phallus n’est tout à fait stable que sur une carte où il désigne un dé­sert. C’est les seules choses qui sur la carte ne changent pas de nom. Il est remarquable que même les déserts produits au nom d’une religion, ce qui n’est pas rare, ne soient jamais désignés du nom qui fut pour eux dévastateur. Un dé­sert ne se rebaptise qu’à être fécondé. Ça n’est pas le cas de la jouissance sexuelle, que le progrès de la science ne semble conquérir au savoir. C’est par contre du barrage qu’elle constitue à l’avènement du rapport sexuel dans le discours que sa place s’y est évi­dée jusqu’à devenir dans la psychanalyse évident. Telle est, au sens que ce mot a dans le pas logique de Freud, “die Bedeutung des Phallus” […]

 

phallus L18 Lacan, Livre XVIII,  séance du 9 juin 1971.”die Bedeutung des Phallus” est en réalité un pléonasme [nous souli­gnons, S.S.-N,] : il n’y a pas, dans le langage, d’autre Bedeutung que le phallus. Le langage, dans sa fonction d’existant, ne connote  j’ai dit “connote”  en dernière analyse que l’impos­sibilité de symboliser le rapport sexuel chez les êtres qui l’habitent, qui habitent le langage, en raison de ce que c’est de cet habitat qu’ils tiennent la parole.

 

phallus L18, 9/6/71,14-15 “/…/ le phallus c’est la totalité de ce qui fémininement peut être sujet à la jouissance . Cette jouissance /…/ reste voilée dans le couple royal de l’Oedipe, mais ce n’est  pas que du premier mythe elle soit absente . /…/ Mais la castration d’Oedipe n’a pas d’autre fin que de mettre fin à la peste thébaine, c’est-à-dire de rendre au peuple la jouissance dont d’autres vont être les garants, ce qui /…/ n’ira pas sans quelques péripéties amères pour tous. Dois-je souligner que la fonction-clé du mythe s’op­pose dans les deux strictement . Loi d’abord, dans le premier /…/ . Dans le second, jouissance à l’origine, loi ensuite , dont on me fera grâce d’avoir à souligner les cor­rélats de perversion puisqu’en fin de compte , avec la promotion /…/ du canniba­lisme sacré, c’est bien toutes les femmes qui sont interdites de principe à la commu­nauté des mâles, qui s’est transcendée comme telle dans cette communion .

 

phallus L18 20/1/71: Le phallus est la jouissance sexuelle en tant qu’elle est coordonnée, qu’elle est solidaire, d’un semblant.

 

phallus L19 8/3 5 Ce qui est écrit sait-il penser? Voilà la question. On peut ne plus pouvoir dire par qui ça s’est pensé /…/ La queue de la pensée /…/ c’est le sujet lui-même. Le sujet en tant qu’hypothétique de ces pensées. Cet “hypothé­tique” on vous en a tellement rabattu les oreilles depuis ARISTOTE, dans hypokaimenon, qui était pourtant bien clair; on en a fait une telle chose qu’une chatte n’y re­connaîtrait pas ses petits. J’vais l’appeler la traine /…/ l’effet de comète, que jai appelé la queue de pensée, et qui est peut-être bien le phallus.

 

phallus L20 31: J’ai usé de la lettre grand phi à distinguer de la fonction purement signifiante qui se promeut de la théorie analytique jusque là du terme de phallus. Il s’agit là de quelque chose d’originaire que je spécifie aujourd’hui d’être précisé dans son relief par son écrit même.

 

phallus L22 Livre XXII, R.S.I., 1975, séance du 11 mars, paru in Ornicar ?, n° 5, p. 18. “Dans le concept il y a toujours quelque chose de l’ordre de la singerie. La seule différence entre le singe et l’homme c’est que le phallus ne consiste pas moins chez lui en ce qu’il a de femelle qu’en ce qu’il a de mâle  un phallus valant son absence. D’où l’accent spéciale que le parlêtre met sur le phallus, en ce sens que la jouissance y existe. C’est là l’accent propre du réel […] c’est-à-dire le réel comme réel, réel à la puissance 2. Tout ce qu’il connaît du 2, le parlêtre, c’est la puissance, soit un semblant par quoi il reste l’un-seul. C’est ce qu’on appelle l’être, ceci de départ, (-1)2=1. Il doit y avoir un lien entre ça et le sens, soit ce par quoi le 1 s’applique si bien au zéro. C’est Frege qui en a fait la découverte, et j’ai jaspiné en sont temps sur la différence entre Sinn et Bedeutung, où se voit la différence entre 0 et 1, tout en vous suggérant que ce n’est pas une différence, car rien mieux que l’ensemble vide pour suggérer le 1.

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