Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

SUTURE

 

suture L11 107 j’ai marqué là la suture, la pseudo-identification, qu’il y a entre ce que j’ai appelé le temps d’arrêt terminal du geste, et ce que, dans une autre dialectique que j’ai appelée dialectique de la hâte identificatoire, je mets comme premier temps, à savoir l’instant de voir. Ça se recouvre mais ça n’est certainement pas identique, puisque l’un est initial et l’autre terminal. /…/ L’instant de voir ne peut intervenir ici que comme suture, jonction de l’imaginaire et du symbolique [S#I], et il est repris dans une dialectique, cette sorte de progrès temporel qui s’appelle la hâte, l’élan, le mouvement en avant, se conclut sur le fascinum.

 

suture BADIOUConditions  (1991, Seuil),  (p. 86) : Je soutiendrai que ce que l’institution traite […] est un noeud. […] De quel noeud s’agit-il ? Mon sous-titre l’annonce : le noeud de l’adresse, de la transmission et de l’inscription. Que dire de ces trois brins du noeud, dont chacun tient ensemble les deux autres, selon la figure que mon Maître Jacques Lacan nous a appris à méditer ? J’appelle d’abord adresse de la philosophie […] la position subjective d’adresse qui lui est propre […] elle est sans adresse spéci­fiable […] J’appelle ensuite transmission de la philosophie l’opération par laquelle elle se propage à partir du vide de l’adresse […] sa trans­mission est liée […] à la figure restreinte et infigurable du disciple. […] J’appelle enfin inscription de la philosophie tout ce qui change le vide de l’adresse en marque subsistante, tout ce qui écrit la philosophie. […] L’inscription est […] la procédure interminable d’une suture subsistante au subsistant […] Notons qu’il se peut bien que le noeud dont je parle ne se noue pas […] Seul le noeud confère à l’existence de la philosophie une historicité. […] Il est clair que ce noeud est borroméen, dès lors qu’on le considère comme fondateur de l’historicité de la philosophie. […] En effet, seule l’inscription fait tenir ensemble, dans le temps, l’adresse et la transmission […] Il est non moins clair que l’adresse seule fait tenir ensemble la transmission et l’inscription, […] C’est ainsi le vide qui suture […] le fini de la transmission à l’infini de l’inscription. Et enfin il est sûr que seule la transmission fait tenir ensemble l’adresse et l’inscription, puisque le livre ne peut être écrit que du point de vue du disciple […]

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