Groupe niçois de psychanalyse lacanienne

VORSTELLUNG

Vorstellung L07 75: La Vorstellung est essentiellement quelque chose de décomposé. C’est autour de quoi tourne depuis toujours la philosophie de l’Occident, depuis ARISTOTE, et la fantasia. La Vorstellung est prise dans FREUD dans son caractère radical /…/ celui d’un corps vide, d’un fan­tôme, d’un pâle incube de la relation au monde. d’une jouissance exténuée /…/ Et en l’isolant dans cette fonc­tion FREUD l’arrache à la tradition. /…/ structure dans laquelle l’inconscient s’organise /…/ dans  laquelle la sous-jacence des mécanismes inconscients se flocule, ce qui fait le grumeau de la représentation [Vorstellunsrepräsentanz].

 

Vorstellung L08 Livre VIII, p. 266: lorsque le processus primaire est seul en jeu, il aboutit à l’hallucination, par un processus de régression topique ; si l’issue vers la mobilité ne se réalise pas il apparaît une satisfaction hallucinatoire qui est une Vorstellung. Ce qui est ici défini est autre chose que le besoin qui exige, lui, pour être satisfait, le processus secondaire ; où situer l’instinct à partir d’une telle bipartition ? Vous êtes dans une rue, mais un jour, il arrive que sans savoir pourquoi, vous franchissez, invisible à vous-mêmes, je ne sais quelle ligne, et vous tombez sur une place où vous n’avez jamais été, et où pourtant vous vous reconnaissez comme étant celle-là, cette place, où il vous souvient d’avoir été. Elle était dans votre mémoire comme un îlot à part. /…/ Cette place qui n’a pas de nom mais qui se distingue par l’étrangeté de son décor, parce que Freud pointe si bien l’ambiguïté qui fait le champ de l’Unheimlich.

 

Vorstellung L09 7/6 547: [i(a) n’est pas l’image de “a”]: elle ([i(a)] ne le représente pas cet objet de la castration. Elle n’est d’aucune façon le représentant de la pulsion sur quoi porte effectivement le refoulement. Et pour une double raison; c’est qu’elle n’est cette image ([i(a)] ni la Vorstellung puisqu’elle est elle-même un objet, ni image réelle /…/ ni un objet qui n’est pas le même que “a”, qui n’est pas représentant non plus. Le désir dans le graphe où se situe-t-il? Il vise $ ◊ a, le fantasme, sur un mode analogue à celui du petit m  où le moi se réfère à l’image spéculaire . Qu’est-ce à dire sinon qu’il y a quelque part rapport de ce fantasme au désirant. /…/ A la question “Que vuoi?” le désirant est la réponse, la réponse qui ne désigne pas le “qui” de “qui veut” mais la réponse de l’objet. Ce que je veux dans le fantasme détermine l’objet d’où le désirant qu’il contient doit s’avouer comme désirant.

 

Vorstellung L09 p. 201. Quand les diplomates dialoguent ils sont censés représenter quelque chose dont la signification, d’ailleurs mouvante, est au delà de leur per­sonne […] Le terme de Repräsentanz est à prendre en ce sens. Le signi­fiant a à être enregistré comme tel, il est au pôle opposé de la significa­tion. La signification elle, entre dans le jeu de la Vorstellung  [de la lé­galité].

 

Vorstellung L12 Livre XII, 5 mai 1965 [LACAN évoque “le représentant diplomatique”. Enfin, commentant le sujet proposé cette année là à l’agrégation : “l’homme peut-il se représenter un monde sans homme ?” il dit ([i])]: Que le monde dont il s’agit n’ait jamais été saisissable que comme fai­sant partie d’un savoir, il est clair […] que la représentation n’est qu’un terme qui sert de caution au leurre de ce savoir. L’homme, lui-même, a été fabriqué tout au cours de cette tradition à la mesure de ces leurres […] pour nous le sujet, dans la mesure justement où il peut être incon­scient, n’est pas représentation ; il est le Représentant de la Vorstellung, il est à la place de la Vorstellungs-Représentanz qui manque, c’est le sens freudien de la Vorstellungs-Représentanz.


[i] Livre XII, 19 Mai 1965.

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