mercredi, février 28, 2024
Recherches Lacan

LII LE MOI DANS LA THÉORIE DE FREUD ET DANS LA TECHNIQUE DE LA PSYCHANALYSE 1954-1955 Leçon du 15 Décembre 1954

Leçon du 15 Décembre 1954

Je voudrais essayer de situer un peu l’exposé d’hier soir. Si je voulais exprimer d’une façon imagée ce que nous essayons de faire ici, je commencerais par me réjouir que… les œuvres de FREUD étant là à notre por­tée…je ne sois pas forcé…sauf intervention inattendue de la divinité …d’aller les chercher sur quelque Sinaï, autrement dit de vous laisser trop vite tous seuls.  Parce qu’à la vérité, ce que nous verrons – et verrons toujours – se reproduire, dans le plus serré du texte de FREUD, c’est quand même quelque chose qui n’est pas tout à fait l’adoration du veau d’or mais tout de même en quelque sorte quelque idolâtrie.  Ce que j’essaie de faire ici c’est de vous en arracher une bonne fois pour toutes.  Et j’espère qu’un jour ce sera assez réalisé pour que je ne sente plus ce danger vers quelque penchant à des formulations trop ima­gées.  C’est ça que ça veut dire en fin de compte idolâtrie. Notre cher LECLAIRE ne s’est peut–être pas orienté vers une telle prosterna­tion, mais il y avait quand même, vous l’avez bien d’ailleurs tous senti, c’est bien de là que partaient quelques jets, quelques points où, ce que j’ai appelé plus tard, dans une conversation avec lui, « les échafaudages » dont il faudra se débarrasser à partir d’un certain moment, une certaine façon de centrer son exposé, quelques points où le maintien de certains de ses termes de référence est quelque chose de cet ordre–là.  Le besoin d’imager – et Dieu sait si c’est légi­time… le terme de modèle, pattern, est quelque chose qui a sa valeur, sa fonc­tion, et qui exprime bien d’une certaine façon le procédé dans l’exposé scien­tifique aussi bien que dans certains autres domaines, peut–être pas tellement qu’on le pense d’ailleurs…n’est pas sans inconvénient.  Il n’y a nulle part, où ce ne soit une tentation plus insidieuse en ses effets, je veux dire, qui recèle plus de pièges que dans le domaine où nous sommes, qui est celui précisément de la subjectivité et c’est précisément la difficulté quand on parle de la subjectivité de ne pas entifier le sujet.  Je crois que LECLAIRE, dans un certain dessein de faire tenir debout sa construction…et c’est bien précisément le dessein de la faire tenir debout qui fait qu’il nous l’a présentée comme une pyramide, bien sur son derrière, tout à fait solide, et non sur sa pointe…dans ce besoin il nous a fait à un endroit sous une forme pointillée, évanescente, quelque chose qui est quelque idole du sujet.  Or, nous ne saisissons que le côté presque en arrière, et le jour où nous l’amenons en face, à ce moment–là, il se dissout, s’évanouit, ne se laisse pas sai­sir.  Il n’en reste pas moins qu’il n’a pas pu faire autrement que de nous le repré­senter.  Je crois que c’est une remarque qui vient s’insérer à part dans la chaîne, le procès, de cette démonstration, qui était exactement centrée sur cette ques­tion : « Qu’est–ce que le sujet ? », cette question posée à partirà la fois de l’appré­hension naïve et de la formulation scientifique ou philosophique. Je vous ai indiqué que fondamentalement c’était [ rejeté ? ] du moi.  Et nous nous trouvons, en somme, avec cette remarque, cette question…à propos de ce que nous avons fait hier soir…au même carrefour, au même point où nous pouvons reprendre notre chemin, au point où je l’ai laissé la dernière fois, c’est–à–dire au moment où le sujet saisit son unité.  Ce corps morcelé trouve son unité dans cette image de l’autre qui est sa propre image anticipée.  C’est une situation duelle dans laquelle nous voyons s’ébaucher une relation polaire, non symétrique certes, et dont la dissymétrie nous indique déjà en quel sens la théorie du moi… telle que la psychanalyse nous la donne…ne permet d’aucune façon de rejoindre la conception dite scientifique ou philosophique du moi telle qu’elle rejoint une cer­taine appréhension naïve dont je vous ai dit qu’elle était le propre de la psycholo­gie, d’une certaine psychologie qui est datable historiquement, qui est ce que nous appellerons « la psychologie de l’homme moderne ». Je vous ai arrêté en somme, au moment où vous montrant ce sujet, que j’ai aussi bien appelé la dernière fois… et non pas simplement hier soir, au moment où nous nous sommes arrêtés sur cette question du sujet de LECLAIRE, que je n’ai pas appelé seulement hier soir, mais aussi à la fin de ma dernière conférence : « personne ».  Je ne l’ai peut–être pas très bien accentué ni souligné, mais c’était bien le «  personne » dont nous parlions hier soir.  Que ce sujet, qui est personne…et qui est décomposé, morcelé, se bloque, trouve son unité, est en quelque sorte aspiré d’une façon anticipante, par cette image à la fois trompeuse et réalisée, qui est cette certaine unité du sujet qui lui est donnée dans l’image de l’autre, qui lui est aussi bien donnée dans son image spéculaire, la possibilité de la fonction, à cette occasion, de l’image spéculaire, aussi bien à la place de l’image de l’autre, mon­trant bien le caractère fondamentalement imaginaire de cette relation.  Et, m’emparant d’une référence prise au plus moderne de nos exercices machinistes, qui ont tellement d’importance dans le développement, non seulement de la scien­ce, mais de la pensée humaine, je vous représentai, en somme, cette étape du développement du sujet comme quelque chose qui pouvait s’incarner dans un modèle, je vous ai fait un modèle.  Je vous ai fait un modèle qui a le propre de ne – nulle part – idolifier ce sujet. Je pense que vous l’avez suffisamment vu, c’est qu’au point où je vous ai lais­sé, le sujet était bien nulle part, pour une bonne raison : que justement il s’agis­sait de deux petites tortues mécaniques, et l’une bloquée sur l’image de l’autre, non pas tout l’ensemble énergétique, mais pour une partie régulatrice de ces mécanismes, qu’on peut envisager comme prise, captivée par tous les moyens imaginables.  Je ne suis pas ici pour vous faire de la cybernétique, même imagi­naire…la cellule photo–électrique, et tout ce qui peut servir dans ces occasions à nous faire des machines autrement élaborées que les automates, qui ont été leurs prédécesseurs…et cette machine est en quelque sorte entièrement suspendue au fonctionnement unitaire d’une autre machine et par conséquent aussi captivée par toute espèce de démarche de l’autre machine.  Vous voyez bien que ce cercle n’est pas pour autant limité à deux, mais que c’est le deux qui en forme la liai­son essentielle, liaison de deux machines chacune étant, par l’intermédiaire de l’image, à la remorque de l’autre.  En somme, c’est un vaste cercle, dont chacun est tenu par une captation dans l’image totalitaire de l’autre.  Vous vous en représentez les inconvénients extrêmes du point de vue de ce qu’on peut appe­ler les objets du désir de la machine : pour une machine, il n’y a guère d’autre désir possible que celui de repuiser aux sources d’énergie.  Une machine ne peut guère que se nourrir, essentiellement.  On n’est pas encore arrivé non seulement à réaliser mais même à concevoir des machines qui se reproduiraient.  Même le schéma de sa symbolique n’a pas encore été donné.  Donc, nous en sommes limités à cet objet de désir qui serait cette source de réalimentation.  C’est bien ce qu’elles font, les braves petites machines de M.  GREY WALTER, telles que nous les supposons, liées à ce rapport imaginaire l’une à l’autre.   Cela va entraîner de fâcheu
ses rencontres.  Elles sont en quelque sorte essentiellement fixées sur un point pour autant que l’autre lui–même y va.  Il y aura donc vraiment quelque part collision.  C’est à ce point que nous étions parvenus.  Ici, je m’arrêtai. Supposons–les avec quelque appareil d’enregistrement sonore, et supposons là que la Grande Voix…nous pouvons bien penser qu’il y a quelqu’un qui les a conduites et surveille son fonctionnement, le législateur …veut intervenir pour régler le ballet qui jusqu’à présent n’était qu’une ronde, pouvant aboutir à des résultats catastrophiques.  Il peut régler le ballet et introduire la régulation sym­bolique, dont justement vous avez une idée, un modèle, un schéma dans la sous–jacence mathématique inconsciente des échanges des structures élémentaires.  Il doit y en avoir d’autres exemples dans les régulations humaines, si ce modèle est valable, le modèle qu’avait apporté avec son dernier séminaire M.  LÉVI–STRAUSS il est bien évident que la comparaison s’arrête–là, car nous n’allons pas entifier le législateur… ce serait une idole de plus !  …et nous devons nous arrê­ter là. Serge LECLAIREJe m’excuse, mais je voudrais faire une réponse, car j’ai le senti­ment, je sais très bien sur quel point j’ai insisté d’une façon arbitraire, peut–être, dans cette entification du sujet.  Mais, pour reprendre votre propre expression, si en l’occurrence je l’ai idolifié…LACAN – J’ai dit que vous « aviez tendance ». Serge LECLAIRE …si j’ai eu tendance à l’idolifier, c’est que je pense que c’est néces­saire, que l’on ne peut pas faire autrement. LACAN – Eh bien, vous êtes un petit idolâtre.  Je descends du Sinaï et brise les tables de la loi. Serge LECLAIRE Laissez–moi terminer… J’ai l’impression qu’à refuser cette entifi­cation très consciente du sujet, nous avons tendance — et vous avez tendance — à reporter cette idolification en un autre point.  À ce moment–là, ce ne sera plus le sujet, ce sera l’autre, l’image, le miroir.  Je ne sais pas pourquoi on se défend telle­ment, mais on reporte cette idolification sur autre chose. LACANJe sais bien.  Vous n’êtes pas le seul.  Vos préoccupations transcendantalistes, si vous voulez, se réfèrent plus à une certaine idée substantialiste de l’inconscient.  Pour d’autres, elle sera plus ce qu’on appelle idéaliste, au sens vrai du mot, au sens de l’idéalisme critique.  Et quel­qu’un qui est là, dont je n’aurai pas de raison de dévoiler la personnalité, me disait après notre dernière conférence : « Votre conscience, là, mais il me semble qu’après nous l’avoir en somme maltraitée…car je dois dire aussi qu’il y a plus d’un auditeur ici dont la formation philosophique, disons traditionnelle, pour autant qu’elle fonde l’idéalisme critique et que la saisie de la conscience par elle–même en est un des piliers, et que c’est quelque chose qu’on ne peut pas traiter comme ça, à la légère, et je dois dire que la dernière fois, je vous ai bien averti que je ne franchissais le pas de le faire – de la traiter à la légère – qu’en me rendant bien comp­te du caractère arbitraire, tranchant, du pur nœud gordien d’une telle démarche et que cela supposait en effet une sorte de foncière, radicale négligence de tout un point de vue …donc, on me disait : « Cette conscience vous la faites rentrercomme vous dites-vous : votre sujet–idole, vous allez bien nous le remettre quelque part ! cette conscience, vous la faites déjà rentrer.  » En effet au point de l’exposé où je parle de cette voix qui remet de l’ordre et qui permet le ballet réglé des machines, cette voix il faut bien que nous sachions où elle est, cette voix qui est peut–être aussi, dit M.  VALÉRY :«     …cette auguste Voix Qui se connaît quand elle sonne N’être plus la voix de personne Tant que des ondes et des bois ! » [ Paul Valéry , Charmes,  La Pythie ]C’est du langage qu’il parle, quand il s’exprime ainsi.  Il est clair que nous avons besoin…jusqu’à ce qu’en effet, en dernier terme, nous reconnaissions que c’est peut–être en effet la voix de personne …dans notre déduction du sujet de la situer dans le jeu interhumain, et quelque part ! Ce n’est donc pas uniquement la voix du législateur, de l’ordonnateur de ballet qui serait en effet une idolifi­cation d’un ordre particulièrement élevé, mais une idolification caractéristique. C’est pour cela que j’étais entré la dernière fois dans la voie de vous dire, nous sommes amenés à supposer, à exiger, plus exactement, que ce soit la machi­ne  qui la prenne, cette parole ordonnatrice.  Et allant un peu plus vite… comme il arrive parfois à la fin d’un discours où je suis forcé à la fois de boucler et d’amorcer pour la reprise…je disais ceci : supposons que la machine puisse se compter elle–même, car en fin de compte c’est cela : pour que les combinaisons mathématiques… qui ordonnent les échanges objectaux au point ou au sens où je les ai définis tout à l’heure…fonctionnent, il faut que dans cette combinatoire chacune des machines puisse se compter elle–même. Là–dessus, c’est bien là que la personne anonyme que j’évoquai tout à l’heu­re… elle–même peut prendre la parole et se révéler…disait : « Vous la faites rentrer par là, la conscience.  Vous qui venez de nous présenter d’une façon si désinvolte la conscience, cette conscience qui a été en effet pour nous jusqu’à présent, dans notre tradition, une des formes d’idolification du sujet, là où on le saisit vraiment, où on le touche, voilà que tout d’un coup vous en faites cette surface d’eau qu’un simple souffle suffit à troubler, ou plus exactement un petit bout de verre cassé – « ça n’est rien d’autre », me dit–on.  Mais, par contre, pour que le sujet se compte lui–même, vous allez être bien forcé de nous réintégrer ici la conscience.  »Eh bien, je dois dire que là je suis surpris ! Car après tout, comment la personne qui s’adressait à moi ainsi ne s’arrête–elle pas au moins devant ceci, qui est évidemment là où je veux en venir ? Comment pressent–elle si peu le point où je veux en venir qu’elle ne voie pas que c’est justement là que, en quelque sorte, j’attends le philosophe traditionnel.  Car s’il y a quelque chose que l’expérience analytique nous a montré, et qui est le plus surprenant de cette expérience, c’est que ce phénomène du sujet, en tant que le sujet est structuré comme ça, comme l’individu…individu que nous nous sommes jusqu’à présent permis de concevoir, d’élaborer comme une pure et simple machine…c’est de là que FREUD est parti. Vous n’avez qu’à prendre sa théorie du psychisme, telle qu’il l’a fomentée au temps des Lettres à Fliess et des Ébauches, Drafts, les esquisses qu’il a données – très astucieuses – de la structure psychique : c’est une machine liée simplement aux exigences du principe d’inertie et d’un certain nombre de formules homéostatiques. En cet individu nous voyons des manifestations dans la caractéristique dont le signe essentiel est non seulement extrêmement d’être inconscientes, mais d’être un inconscient forcé, qui ne saurait, sans un traitement spécial, être réintégré dans la conscience.  Une définition que l’on pourrait donner de l’inconscient freudien, c’est ça : que d’une façon tout à fait inconsciente, l’individu dans ses activités inconscientes…cet individu fier de son moi…croit saisir l’être dans une totale transparence consciente.  C’est dans son inconscient qu’il se compte lui–même. Tout ce que FREUD nous apporte, dans la
Science des r
êves, dans la Psychopathologie de la vie quotidienne, c’est cela : ça veut dire l’individu se compte lui–même.  Dès que fonctionne cette sorte d’épreuve divinatoire qu’est le rêve, nous voyons ceci : l’activité complètement inconsciente du sujet qui tout soudain libère, si on peut dire, sa propre image avec celle de tous les autres.  Mais avec toutes ces images, s’instaure cette relation proprement symbolique, la plus élaborée de toutes les relations symboliques, qui est tout un calcul dans lequel lui–même dans son être imaginaire, dans ce double qui est l’identique, qui est à la même place que cette image de soi, dont nous parlions hier soir, cette image spéculaire, dont je parle, cette image de l’autre, qui est aussi bien le point où nous sommes parvenus dans les relations entre les deux machines, tout cela se met dans le rêve.  Et aussi bien dans la psychopathologie de la vie quotidienne, et aussi bien dans ce que nous sommes capables d’aller explorer quand nous nous livrons à un certain nombre de jeux divinatoires aussi, dont FREUD nous montre que les résultats sont surprenants, et qu’on ne saurait trop s’arrêter, encore que l’emploi en ait été un tant soit peu abandonné. Je fais allusion précisément à ce qui est à la fin de la Psychopathologie de la vie quotidienne et qui est un très curieux jeu, qui consis­te à dire au sujet : « Dites des nombres au hasard ».  Il dit des nombres au hasard, et quand même ce qu’on arrive à tirer, par la voie des associations de ces nombres dits complètement au hasard… et le sujet fait un effort pour prendre des nombres vraiment au hasard, il prend des nombres élevés…comme signi­fications, comme réponses, résonances, dans tout ce qui est vie, remémoration, destin du sujet, est quelque chose qui vraiment du point de vue des probabili­tés va bien loin au–delà de tout ce qu’on peut attendre du pur hasard. S’il y a quelque chose, un des phénomènes des plus manifestes qui nous est donné par l’expérience freudienne c’est précisément ceci : que c’est dans l’in­conscient que l’individu en fonction subjective se compte lui–même.  Pour tout dire, et pour faire en quelque sorte une image, je dirai :est–ce que ça vous semble d’avance une activité où il y a tout de même une part d’intuition                       dans cette « conscience qui se saisit dans sa propre transparence » ? Est–ce que c’est quelque chose qui vous paraît réintroduire sous une autre forme la même réflexivité que de, par exemple, vous dire, essayons d’imaginer la machine, dont nous com­mençons un peu d’animer, comme visant quelque part le créateur capable de dire « am,  stram,  gram bour et bour et ratatam », et d’en déduire l’extraction d’un sujet ? Nous sommes déjà là dans la machine se comptant elle–même.  Et pour tout dire, si les philosophes me mettent en garde contre certaine façon de matérialiser ce phénomène de la conscience et de perdre là un point d’appui précieux pour la saisie de l’originalité radicale du sujet en tant que tel… dans un monde structuré à la KANT, voire à la HEGEL, car HEGEL n’a pas complètement abandonné la fonction centrale de la conscience, bien qu’il nous permette de nous en libérer…je mettrai en garde les philosophes contre une illusion qui est tout à fait en rapport étroit avec notre question, qui n’est peut–être, après tout, pas tellement différente de cette [ illusion ? ] du test combien significatif, amu­sant, et d’époque, qui s’appelle le test de BINET et SIMON. Nous détectons l’âge mental…à la vérité un âge mental pas tellement éphé­mère, certainement significatif…chez notre sujet à qui nous proposons, sous le titre de Phrases absurdes, et où nous obtenons, ou n’obtenons pas, le consente­ment du jeune sujet à la phrase suivante : « J’ai trois frères : Paul, Ernest et moi.  » Il y a un âge où on peut croire qu’on a « trois frères, Paul Ernest et moi ».  Il y a certainement une illusion de cet ordre dans le fait de croire que si le sujet se compte lui–même, cela veut dire du même coup que c’est là une opération de conscience, autrement dit une opération attachée étroitement à certaine intui­tion de l’objet que nous avons, au niveau de cette saisie de la conscience par elle–même, dont certes on peut évaluer diversement le modèle, qui n’est pas univoque, que tous les philosophes n’ont pas décrit de la même façon. Par exemple, je ne prétends pas critiquer la façon dont c’est fait dans DESCARTES, parce que justement, aussi bien, elle est là gouvernée par un certain but qui est tout à fait situable dans une dialectique qui aboutit en fin de comp­te à une démonstration de l’existence de Dieu, de sorte qu’en fin de compte c’est uniquement en l’isolant d’une façon arbitraire qu’on lui donne une valeur fon­damentale, existentielle, décisive.  Mais par contre, il ne serait pas difficile à ceux que cela intéresserait, et qui, je pense, ne sont pas sans le connaître, que du point de vue que l’on peut appeler existentialiste, dans un approfondissement suffisant de cette conscience, dans ses positions thétiques et non–thétiques, je ne serais pas le seul à penser qu’en fin de compte la saisie de la conscience par elle–même est en quelque sorte à la limite tout à fait désamarrée d’une saisie exis­tentielle quelconque du moi.  Et qu’il apparaît bien, à examiner les choses de près, que le moi n’y apparaît pas autrement que comme une expérience parti­culière, liée à des conditions tout à fait objectivables, à l’intérieur de l’inspection qu’on croit être simplement cette réflexion de la conscience sur elle–même et que le phénomène de la conscience n’a aucun caractère privilégié dans une telle saisie, qui a par contre un certain nombre d’avantages que vous verrez plus tard. À libérer la conscience de toute espèce d’hypothèque dans cette saisie essen­tielle du sujet par lui–même, et à en faire un phénomène, je ne dirais pas contin­gent par rapport à toute notre déduction du sujet, mais quelque chose qui se produit à des niveaux extrêmement divers, et c’est pour cela que je me suis amusé à vous en donner un modèle dans le monde physique lui–même, vous la verrez toujours apparaître avec une très grande irrégularité dans la manifesta­tion des phénomènes subjectifs, et liée à des conditions qui sont sans doute très spéciales, mais qui apparaissent à l’expérience, dans le retournement de pers­pectives qui est celui de l’analyse, liée à des conditions qui sont toujours beau­coup plus physiques, et j’entends matérielles, que psychiques. Et en prenant cette perspective, beaucoup des problèmes qui sont à tout ins­tant posés sur l’intervention de la conscience, l’ambiguïté des phénomènes de conscience, pouvons-nous dire que le phénomène du rêve, par exemple, inté­resse… et par quel biais, par quel moyen  …ce que nous appellerons le registre de la conscience ? Un rêve, ça se passe au niveau de la conscience, c’est conscient : ce chatoiement imaginaire, ces images mouvantes, c’est quelque chose qui est tout à fait sur le même plan, le même ordre, que le côté illusoire de l’image sur lequel nous insistons tant, à propos de la formation du moi.  C’est du même ordre.  Il se produit en effet quelque chose qui fait beaucoup ressem­bler le rêve à une lecture dans le miroir.  Comme vous le savez, non seulement, c’est un procédé de divination des plus anciens, mais il peut être utilisé dans la technique de l’hypnose, qui donne des résultats dans une certaine technique de l’hypnose.  Le sujet peut arriver à saisir, apercevoir dans
un miroir…et de préfé­rence le miroir tel qu’il a toujours été depuis le début de l’humanité jusqu’à une époque relativement récente, c’est–à–dire quelque chose encore plus obscur que clair, le miroir de métal poli…en se fascinant sur cette surface, à se révéler à lui–même beaucoup d’éléments dans ses fixations imaginaires.  Où est la conscien­ce ? Dans quel sens devons–nous la trouver, la chercher ? Où se situe–t–elle ? Cela pose des problèmes qui, s’ils sont posés en terme de tension psychique, et c’est bien ce que cherche FREUD à faire, en plus d’un passage de son œuvre…à voir comment le système conscience, et selon quels mécanismes, est investi et désinvesti…FREUD arrive,chose curieuse qui doit nous mettre sur la voie,  à penser qu’il y a tout à fait intérêt à considérer…si vous voulez, c’est même jusque–là que nous en viendrons, comme FREUD y est amené par sa spéculation …qu’il est une nécessité de discours cohérent à considérer, comme il le dit for­mellement.  Déjà il rencontre ceci dans les ébauches d’un système psychique organisé, qui se trouve dans le livre Origins of analysis, dont je vous parlais, paru chez Imago, à Londres, et aussi à New–York… Dans la Métapsychologie il y revient en plus d’un endroit.  Il est amené à faire du système conscience comme tel une place non seulement privilégiée, mais une place qu’il faut bien, d’une certaine façon, considérer comme exclue de la dynamique des trois systèmes psychiques.  Il y a là quelque chose qui joue un rôle, mais qui du point de vue dynamique se comporte d’une façon tout à fait particulière.  Et il reste toujours devant le problème comme étant irrésolu, comme laissant à l’avenir le soin d’ap­porter là–dessus une clarté qui lui échappe, de résoudre une impasse où mani­festement il bute. Nous voilà donc au niveau de la nécessité, en somme, d’un tiers pôle, qui est justement celui que notre ami LECLAIRE essayait de maintenir hier soir dans son schéma triangulaire.  Il nous faut bien, en effet, un triangle.  Mais il y a mille façons d’opérer sur un triangle.  Un triangle n’est pas du tout forcément la figu­re solide, reposant sur une intuition selon laquelle elle se donne incontestable­ment.  Tout d’abord…et c’est ce qui fait sa valeur saisissante, expressive, marquan­te…un triangle c’est aussi bien un système de relations.  Et aussi bien on ne com­mence à manier vraiment le triangle, même en géométrie, en mathématique, qu’à partir du moment où, par exemple, aucun de ses bords n’a un privilège.  Et c’est bien de cela, en effet, qu’il s’agit.  Nous voilà donc à la recherche de ce sujet et…en tant qu’il se compte lui–même…le problème est de savoir où il est.  Qu’il soit manifestement dans l’inconscient, pour nous tout au moins analystes, c’est ce à quoi je pense vous avoir amenés au point où j’arrive maintenant.

Jean–Bertrand PONTALIS Un mot, puisqu’il croit s’être reconnu dans l’interlocuteur ano­nyme qui vous avait fait remarquer que peut–être vous escamotiez la conscience au début pour mieux la retrouver à la fin.  Je n’ai jamais dit que le cogito était une vérité intouchable et qu’on pouvait définir le sujet par cette expérience, c’est–à–dire une expérience de transparence totale du soi à soi–même.  Je n’ai jamais dit que la conscience épuisait toute la subjectivité, ce qui d’ailleurs serait vraiment difficile avec la phénoménologie et la psychanalyse, mais simplement que le cogito représentait une sorte de modèle de la subjectivité, c’est–à–dire rendait très sen­sible cette idée qu’il faut qu’il y ait quelqu’un pour qui le mot « comme » a un sens.  Et ceci vous paraissiez l’omettre, car quand vous aviez pris votre apologue du reflet, de la disparition des hommes, vous n’oubliiez qu’une chose, c’est qu’il fal­lait que les hommes reviennent pour justement saisir qu’il y avait un rapport entre le reflet et la chose.  Refléter, autrement, si l’on considère l’objet en lui–même et le film enregistré par la caméra, cela n’est rien d’autre qu’un objet, ça n’est même pas un témoin, ça n’est rien. De même, l’exemple que vous preniez des nombres dits au hasard, pour que le sujet s’aperçoive que ces nombres qu’il a dits au hasard ne sont pas si au hasard que ça, il faut un phénomène qu’on peut appeler comme vous voudrez, qui me semble bien être cette conscience, et qui ne soit pas simplement le reflet de ce que l’autre lui dit.  C’est tout ce que je voulais dire.  Et je ne voyais pas très bien pour­quoi c’était tellement important de démolir la conscience, si c’était pour la rame­ner quand même sous la forme d’une visée ou d’une position de rapport, comme vous le faisiez à la fin.

LACAN Ce qui est important c’est, non pas de démolir la conscience, mon Dieu, mise à part toute métaphore du bout de verre cassé, nous ne cherchons pas ici à faire de grandes dégringolades de vitres, mais après tout pourquoi pas ? Il y a à ça des raisons théoriques que je vous ai indiquées actuellement, à savoir l’ex­trême difficulté qu’il y a […] le système de la conscience lui–même, en tant que tel, et dans l’expérience analytique, et à en donner… je vous le démontrerai par la suite, nous reviendrons au passage de FREUD que j’ai cité…une formula­tion dans l’ordre de ce que FREUD appelle la référence énergétique, jeu, entre–jeu des différents systèmes psychiques.  Il y a là quelque chose d’important, mais reje­té latéralement en quelque sorte.  J’y reviendrai par la suite. Mais ce qui est visé dans ce point où j’ai commencé la démonstration la der­nière fois, c’est ce qui est l’objet central de notre étude cette année, à savoir le moi, et très justement c’est de montrer que ce moi… de dépouiller ce moi de ce privilège que malgré tout il reçoit d’une certaine évidence, dont j’essaie de vous souligner de mille façons qu’elle n’est qu’une contingence historique dont, en somme, la place qu’elle a prise dans la déduction philosophique n’est qu’une des manifestations les plus claires, car nous sommes quand même dans un temps de philosophie et de lumière.  C’est tout de même de distinguer, comme ça, dans le processus historique, mais c’est de saisir cette évidence que la notion du moi tire d’un certain prestige donné à la conscience en tant qu’elle est unique, qu’elle est une expérience individuelle, irréductible, que le moi garde malgré tout ce pouvoir d’attraction, mirage, qui me fait parler sans critique et dans des sens — j’espère vous le montrer — très différents les uns des autres, que prend sa « fonction synthétique », par exemple…j’essaierai de vous le montrer au cours de cette année, quels sens extrêmement divers, non seulement chez les analystes, mais un ou deux passages qui se succèdent presque dans l’œuvre de FREUD, de tel ou tel analyste, le terme « fonction synthétique » du moi prend…bref du caractère véritablement captivant qu’a cette intuition du moi en tant qu’elle est justement centrée dans une expérience de conscience par rapport à notre conception du sujet.  Et c’est cela qu’en vous donnant, en vous rappelant, en procédant par cette série d’interrogations… dont certaines en effet paraissent démolisseuses et destructives…j’essaie d’écarter, parce que cela me semble une sorte d’étape, de pas, absolument indispensable pour faire saisir enfin, où pour FREUD est la réalité du sujet. En fin de compte, si vous voulez, peut–être aussi pour ne pas vous quitter aujourd’hui sans que vous ayez le sentiment d’une autre visée, et à quel point cette situation, qui en effet peut paraître à certain moment aller assez loin du champ de nos préoccupations concrètes, expérimentales, cliniques, est tout de même essentielle.  Je vais donc tout de même vous l’indiquer.  Je vais ramener à ce qui est le vice du sujet.  Il s’agit de savoir si le moi… bien entendu il n’est pas question que nous réduisions le privilège de la conscience, de l’inconscient…a le sens de ce que nous poursuivons ici. Je vous rappelle des choses comme celle–ci.  Ce n’est pas seulement pour vous rappeler la fonction de l’inconscient que je vous tire au niveau du tiers pôle dans le sujet.  Nous nous trouvons là dans le phénomène de la conscience.  Je suppo­se que vous devez vous en douter, et que c’est du fait que dans cet inconscient…si on peut s’exprimer ainsi, sous cet aspect inconscient, et non seulement inconscient mais exclu du système du moile sujet parle.  C’est bien de cela qu’il s’agit. La question dont il s’agit maintenant, est de savoir si entre ces deux sys­tèmes… le système du moi… dont on ne peut pas dire [ grand–chose ] en cours de route sur la façon dont il faut le concevoir…l’organisation du moi dont FREUD a été à un moment jusqu’à dire que c’était tout ce qu’il y avait d’organisé dans le psychis­me, et l’autre système, le système de l’inconscient…il y a même équivalence.  Car en fin de compte, c’est de cela qu’il s’agit, cette année.  Quand je vous parle du moi dans la théorie freudienne et la technique psychanalytique, il s’agit de savoir si leur opposition est quelque chose qui est simplement de l’ordre : d’un oui ou d’un non, d’un « il est quelque chose » ou « il n’est pas… », d’un renversement d’une pure et simple négation. Sans aucun doute, le moi nous dit beaucoup de choses par la voie de la Verneinung et alors, après tout, pourquoi n’irions–nous pas à lire tout simplement l’inconscient en changeant de signe tout ce qu’il raconte, pendant que nous y sommes ? On n’a pas encore été jusque–là, puisque l’expérience n’est […] que trop facilement, mais on a été dans quelque chose d’ana­logue. Dites–vous bien que je peux vous montrer des textes et des meilleurs ana­lystes où, à partir du moment où FREUD introduit sa nouvelle topique, on res­sent quelque chose, dont même ce qu’écrit une dizaine d’années plus tard Anna FREUD, sur les mécanismes de défense, en porte aussi la trace, et c’est le sentiment d’une véritable explosion, libération : « Ah! On retrouve ce bon vieux moi.  On va pouvoir s’en réoccuper de nouveau ! Mainte­nant on a le droit.  »Comme si c’était défendu, avant ! C’est curieux comme le fait de s’occuper d’autre chose que du moi était ressenti par les analystes…tel­lement c’était une expérience étrange…comme une défense de s’occuper du moi.  C’est ainsi qu’un texte précis, au début des Mécanismes de défense de Mlle Anna FREUD l’exprime :« Maintenant, on a le droit de s’occuper du moi.  »Il n’était évidemment pas question de ne pas avoir droit.  FREUD a toujours parlé du moi.  Et cela l’a toujours extrêmement intéressé, la fonction du moi extérieur du sujet.  Il s’agit simplement de savoir si, au moment où nous substi­tuons ce qu’on appelle grossièrement, à partir de ce moment–là seulement ana­lyse du matériel, si nous lui substituons l’analyse des résistances.  Nous avons dans l’analyse des résistances quelque chose qui à soi tout seul est l’équivalent de l’analyse du matériel, c’est–à–dire qu’on l’aborde par l’envers, non plus sim­plement le changement de signe, mais quelque chose qu’on pourrait appeler en quelque sorte le moule, ce qui cerne, en quelque sorte, ce qui contrarie la mani­festation, la révélation des contenus de l’inconscient. Il est bien clair que si les deux systèmes sonten quelque sorte complémentaires, c’est ce qui est le prin­cipe qu’à partir de ce moment–là un des analystes, ELDORADO, a osé appeler une égologie, l’avènement d’une égologie qui, à partir de ce moment–là, règle la technique analytique et en est le secret et le ressort et l’essentiel. Il s’agit de savoir s’ils ont raison, dans cette voie, si une certaine façon, renouvelée sans doute, d’opérer sur les démarches du moi est quelque chose qui nous donne l’équivalent de ce qui était recherché jusque–là dans l’ordre de ce qu’on appelle exploration de l’inconscient.

Autrement dit, si les deux registres, si les deux niveaux du sujet sont du même ordre, si l’un est l’envers ou le com­plémentaire ou le symétrique de l’autre, peu importe, s’ils sont du même ordre.  Dans cette égologie déjà…je fais allusion à un article précis pour avoir une référence dans le Psychoanalytic Quaterly, volume VIII, de 1938 ou 1939, c’est un article très joli à lire, et vous verrez il est tout à fait à mettre au premier plan comme le fondement, le ressort, la cheville essentielle de cette égologie – Rid Principle.  C’est un principe nouveau dans la théorie analytique et vous le ver­rez sous mille formes.  Il reparaîtra toujours, ce principe qui est celui qui actuel­lement guide authentiquement l’activité de la plupart des analystes.  To rid, ça veut dire se débarrasser de quelque chose, to rid of, éviter.  Voilà à quoi sert une organisation du moi que nous arrivons à considérer comme tout à fait objecti­ve ! Je vous assure que là, les références à la conscience sont aussi tout à fait abandonnées, car c’est en fin de compte à des fins heuristiques que je vous propose de procéder ainsi.  Il n’y a en somme aucune différence du haut en bas des manifestations du sujet. Ce même principe préside au processus stimulus–réponse le plus élémentai­re, à la grenouille qui écarte le petit bout d’acide que vous lui mettez sur la patte par un réflexe de caractère spinal, dont le caractère spinal peut être facilement démontré en lui coupant la cabèche.  Et dans ce principe, tout fonctionne, du haut en bas, la fonction du moi est très exactement également déduite.  Cette pulsion en tant qu’elle n’est pas intégrée, ce moi se sait désormais réduit à quelque chose qui est pure et simple incitation, pur stimulus interne, et dont l’observation rigoureuse, régulière, avertit les réactions du moi, doit suffisam­ment nous informer, et de la façon dont il convient de le reconnaître, et de la façon dont il convient de l’intégrer.  C’est une position extrémiste, et il faut tou­jours être reconnaissant, du moment qu’il exprime de façon cohérente ce qui n’a pas toujours été exprimé.  C’est ce qui permet de conserver ici toutes sortes de malentendus, le malentendu est tout à fait dévoilé. Or, s’il y a quelque chose que FREUD veut dire au moment où il introduit la nouvelle topique…la nouvelle façon d’ordonner les instances psychiques, en Moi, Surmoi, Soi, par exemple…s’il y a quelque chose qu’il veut dire, c’est jus­tement le contraire de cela.  C’est de nous rappeler que non seulement il y a dis­symétrie absolue, mais qu’entre le sujet de l’inconscient et l’organisation du moi, il y a une différence qui est radicale, qui n’est pas simplement la dissymé­trie, et je dirai, pour un peu plus accentuer ce que je veux dire, elles ne sont pas simplement dissymétriques, mais d’un autre degré. Lisez, je vous en prie.  Vous allez avoir trois semaines.  Et tout en adorant le veau d’or, gardez un petit livre de la Loi dans votre main, lisez ce que FREUD a écrit : Au–delà du principe du plaisir avec cette simple petite clef, introduction que je vous donne, lisez–le sous cet angle et voyez : ou bien ça n’a aucune espèce de sens, ou essayez de voir si le sens d’Au–delà du principe du plaisir n’est pas exactement celui–ci.  Il y a un principe dont nous sommes partis jusqu’à présent, dit FREUD, d’une façon indiscutable, c’est cette certaine conception de l’appareil psychique, en tant qu’organisé, qui fait que l’appareil psychique est quelque chose qui est… nous l’avons admis jusqu’à présent…entre le principe du plai­sir et le principe de réalité.  FREUD, bien entendu, n’est pas un esprit borné à l’idolification.  Il n’a jamais cru qu’il n’y avait pas de principe de plaisir dans le principe de réalité.  Car si l’on suit la réalité, c’est bien parce que le principe de réalité est un principe de plaisir à retardement.  Inversement, si le principe de plaisir existe, c’est conformément à quelque réalité.  Cette réalité est la réalité psychique.  En d’autres termes, la position de ces deux registres est fondée sur cette espèce d’appréhension de l’expérience que si le psychisme a un sens, s’il y a une réalité qui s’appelle la réalité psychique, ou en d’autres termes s’il y a des êtres vivants, ils se manifestent en ceci qu’ils ont une organisation interne qui tend jusqu’à un certain point à s’opposer au passage libre et illimité des forces et des décharges énergétiques telles que nous pouvons les supposer d’une façon purement théorique, comme s’entrecroisant dans une réalité inanimée. Il y a quelque chose là, fermé, à l’intérieur de quoi un certain équilibre va être maintenu, un organisme qu’on appelle…pourvu d’un certain nombre de pouvoirs…qu’on appelle maintenant d’une façon tout à fait claire homéostatiques et qui consistent en ce qu’ils amortissent, tempèrent les effets qui peuvent être issus à l’intérieur de cette enceinte de l’organisme, irruption non tempérée des forces, des quantités d’énergie, comme s’exprime tout à fait clairement FREUD, venues du monde extérieur.  À l’intérieur de cela, il y a donc une régulation et une régulation que nous appellerons…si vous voulez pour donner son sens aux choses et introduire un mot qui fait la clarté, commence de répondre aux ques­tions que fait subtilement LEFÈVRE–PONTALIS, dans sa participation à notre dia­logue, qui a bien une autre valeur qu’une simple contradiction.  LEFÈVRE–PONTALIS posait, à propos de ce qu’il appelait l’ambiguïté de cet automatisme de répéti­tion…appelons–le « la fonction restitutive de l’organisation psychique », à savoir que quelque chose se produit qui s’appelle un stimulus, ou bien il se décharge tout de suite, nous connaissons cette espèce de court–circuit, quelque chose à quoi je faisais allusion tout à l’heure, la patte de grenouille, se décharge et non sans qu’il y ait là, déjà, sous cette forme, quelque chose d’assez organisé, enco­re que de très primitif, cette décharge a une certaine finalité d’éviter, non seule­ment, de décharger le résultat l’excitation, la brûlure provoque un mouvement de retrait.  Il y a le principe de restitution, d’équilibration de la machine. Et en fin de compte, quel que soit le caractère désengrené que nous suppo­sions du fait de l’expérience analytique à la duplicité du système…il ne saurait être désengrené, bien entendu, puisque c’est précisément là tout ce qui est l’ob­jet de l’investigation de l’expérience analytique…comment ces deux systèmes, celui que nous connaissons facilement et celui dont le fait que nous ne le connaissions que très difficilement prouve qu’il y a… sur le seul point de vue objectif, dynamique …quelque chose de particulier au point de leur jonction, qui fait que tout au moins nous pouvons les considérer phénoménologiquement et expérimentalement comme deux systèmes. Eh bien, qu’est–ce qui règle leurs relations ? FREUD pose le problème comme je vous le dis.  Il s’aperçoit fort bien que l’usage qu’il a fait du principe du plai­sir, considéré comme cela, à savoir un principe d’homéostasie mais il n’avait pas ce terme, et emploie celui de principe d’inertie, et je pense ne pas me tromper en disant que le terme d’inertie est également employé dans Au–delà du principe du plaisir, mais je n’en suis pas sûr, comme il l’est dans les pages dont je vous parle.  Mais il est bien certain que ce qu’il vise, encore que le principe d’inertie fait une fâcheuse ambiguïté avec l
’inertie physique, c’est là une sorte d’écho du Fechnerisme, nous verrons l’utilisation qu’il fait de FECHNER, car il y a deux faces de FECHNER, la face du psycho–physicien, l’affirmation qu’aucune autre formu­lation faisant intervenir un autre principe que les principes physiques, peut ser­vir à indiquer, symboliser les régulations physiques.  Il est une autre face de FECHNER qu’on connaît mal, qui est singulière, et dans le genre « subjectivation universelle » va fort loin, certainement à donner, par exemple, à la limite, un réa­lisme à mon petit apologue de l’autre jour, qui était très certainement loin de mes intentions.  Je n’étais pas en train de vous dire que le reflet de la montagne dans le lac était un rêve du cosmos mais vous trouveriez dans FECHNER quelque chose où vous pourriez trouver ça.  N’est–ce pas, ANZIEU ? J’ai un auditoire avec des points sensibles, comme ça, un peu partout. Donc, principe d’inertie, disons principe d’homéostase.  Alors, FREUD pose la question comme cela, est–ce que le rapport des deux systèmes est simplement ceci : que ce qui est plaisir dans l’un est déplaisir dans l’autre, et inversement ? Car c’est déjà sur le fondement de cette loi de décharge, du retour à la position d’équilibre, qu’il a inscrit jusqu’à présent sans plus, sans inquiéter les lois de l’autre système…elles sont d’une structure différente…il les appelle proces­sus primaires, par rapport aux processus secondaires.  Mais en fin de compte, le même principe de régulation les gouverne toutes les deux.  Il s’en aperçoit à ce tournant, et croyez–moi, ce n’est pas simplement pour le plaisir de jouer avec des abstractions car, à ce moment–là il le souligne, la preuve est que s’il le sou­ligne c’est pour essayer de nous mener plus loin. Et c’est là qu’il s’arrête, dans le caractère en somme surprenant d’une autre phase de la dynamique relationnelle entre un système et l’autre.  Je l’exprime­rai, cette autre phase d’une façon familière, pour bien faire comprendre, c’est qu’en fin de compte si ces systèmes sont simplement des systèmes en quelque sorte couplés, ce n’est pas dit tout à fait comme ça, mais vous l’y trouverez comme ça si vous savez lire, il s’expose d’une façon qui inclut au passage bien autre chose.  Il avance pas à pas avec une extrême prudence, comme nous pou­vons en dégager non pas des lignes générales, ce n’est pas une généralisation, mais une articulation essentielle.  Si ces deux systèmes sont dans un rapport tel que ce qui est plaisir dans l’un soit déplaisir dans l’autre, nous obtenons là quelque chose qui est quand même articulé, qui de ce fait doit arriver à une loi générale d’équilibre.  C’est, si vous voulez, la façon théorique, abstraite, de poser le même problème que je vous disais tout à l’heure, à savoir, est–ce que l’analyse du moi n’est pas tout simplement une même façon, mais à l’envers, de faire l’analyse que l’on avait commencé de faire sur l’autre plan, le registre de l’inconscient ?Eh bien, ici FREUD s’aperçoit qu’il y a quelque chose qui ne satisfait pas au principe du plaisir tel qu’il a été jusqu’à ce moment là formulé.  Il s’aperçoit que ce qui sort d’un des systèmes, le système de l’inconscient disons… c’est là le mot familier que je voulais introduire tout à l’heure…est d’une insistance par­ticulière.  Cela ne se limite pas, vous le pensez bien, à cette indication.  Je vais vous dire là des choses très très simples.  Cette insistance, quelle est–elle ? Je dis insistance parce que d’une certaine façon familière cela exprime bien le sens.  N’oubliez pas qu’on a traduit ça en français par automatisme de répétition, en allemand : Wiederholungszwang.  C’est très frappant, et c’est là que reste le per­sonnage, à la limite de notre entretien aujourd’hui. Nous touchons là à quelque chose qui nous montre pourquoi cette homo­nymie, ce Zwang, qui est emprunté à l’automatisme, chez nous résonne avec toute une ascendance neurologique.  En allemand, il y a un […], non pas par hasard, exactement dans le registre de la phénoménologie, c’est une compulsion à la répétition.  C’est pour cela que je fais, je crois, du concret en introduisant cette notion familière d’insistance. Ce système a quelque chose qui est nettement dérangeant.  C’est dissymé­trique, ça ne colle pas, ça pose des questions.  Et alors tout l’article Au–delà du principe du plaisir est une espèce de quête à la trace.  Tout d’un coup, on s’aper­çoit qu’il y a quelque chose, qui échappe au système des équations, qui est saisi conforme à un certain nombre de choses que j’appellerai non pas catégories, mais évidences empruntées aux formes de la pensée du registre de l’énergétique, telles qu’elles sont instaurées au milieu du XIXème siècle.  On ne saurait négliger cela. Hier soir, le Professeur LAGACHE vous a sorti… un peu rapidement, nous ne l’avons vu qu’un instant …la statue de CONDILLAC.  Je ne saurais trop vous inviter, si jamais cela vous tombe sous la main, à relire le Traité des sensations.  D’abord, parce que c’est une lecture absolument ravissante, du style d’époque inimitable.  Cette statue qui est odeur de rose est quelque chose… vous verrez qu’en fin de compte mon état primitif d’un sujet qui se trouve partout et qui est en quelque sorte l’image visuelle a quelque ancêtre…vous verrez à quel point CONDILLAC, cela paraît un départ tout à fait solide et évident, transparent à lui–même, lui aussi…c’est bien le cas de le dire…et dont il semble sans la moindre difficulté pou­voir ensuite sortir, tel le lapin du chapeau, toute la suite d’édifications psy­chiques, en fait, sans un certain nombre de sauts, qui nous laissent absolument consternés, dont il faut bien dire qu’ils n’étaient pas si heurtants pour ses contemporains, car CONDILLAC n’était pas un délirant.  Dans l’intervalle, qu’est–ce qui s’est passé ? Il y a des choses là–dedans, on sent que le principe du plaisir devait s’introduire quelque part.  Il ne le formule pas.  Pourquoi ? Simplement, comme disait LA PALICE, parce qu’il n’en a pas la formule, parce qu’on était avant le temps de la machine à vapeur.  Et il a fallu le temps de la machine à vapeur et son exploitation industrielle, et des gens très sérieux avec des projets d’admi­nistration et des bilans, qui se sont demandés : qu’est–ce que ça rend une machi­ne ? En d’autres termes, il en sort plus qu’on y a mis dedans.  C’étaient des méta­physiciens.  Le lapin et le chapeau ont leur valeur éternelle, et il faut bien dire que quoi qu’on en pense…et que le discours que je vous tiens ne soit pas coloré en général d’une tendance progressiste…quand même il y a des émergences dans l’ordre du symbole, à savoir qu’il y a un moment où on s’aperçoit que pour sor­tir un lapin du chapeau, il faut toujours préalablement l’y avoir mis.  C’est ça aussi le principe de l’énergétique, c’est pour ça que l’énergétique est aussi une métaphysique. Alors FREUD s’aperçoit que le principe d’homéostase qui est inscrit dans ce registre de l’équilibre de la machine, qui suppose tout cet arrière plan d’énergé­tique qui lui rend nécessaire d’inscrire en termes d’investissement, de charge, de décharge, de relation énergétique entre les différents systèmes tout ce qu’il nous déduit, pour le remettre finalement sous la rubrique de ce principe d’équilibre, il s’aperçoit qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas là–dedans
.  Dans Au–delà du principe du plaisir, c’est ça, ni plus ni moins. Il se le pose à propos de ce qui justement jusque–là n’avait été pour lui–même pas l’objet d’une question.  Il se le pose à propos d’un certain nombre de phé­nomènes, dont vous auriez tort de croire que le phénomène bien connu de la répétition des rêves dans le cas des névroses traumatiques, qui porte à lui tout seul, en quelque sorte, une espèce de contradiction à la règle du principe de plai­sir, en tant qu’au niveau du rêve elle s’incarne dans le principe de réalisation imaginaire du désir, cela n’est qu’un point tout à fait local, c’est une manifesta­tion.  Pourquoi, diable, dans ce cas–là y a–t–il une exception ? Mais ce n’est pas à cause d’une exception sur ce plan de la fonction ou de la théorie du rêve que peut être mis en cause quelque chose d’aussi fondamental que le principe du plai­sir et à propos de quelque chose qui est non pas déduit de sa découverte, mais est le fondement même de sa pensée, c’est–à–dire qu’à l’époque de FREUD on pense dans ce registre–là, c’est tout ce que ça veut dire. Bien entendu, tout ceci est très incarné.  En fin de compte le principe dont il s’agit dans l’autre système, FREUD l’a dit concrètement, c’est le plaisir sexuel, c’est entendu.  Mais il y a deux choses, cette résonance concrète est aussi le principe du plai­sir en tant que principe de régulation qui permet d’inscrire dans un sys­tème de formulations symboliques cohérent, tout le fonctionnement concret, énergétique de ceci, à savoir de l’homme considéré comme une machine. Il se pose la question sur un terrain donc bien plus vaste que quelques exceptions.  Aussi bien, si vous lisez ce texte, vous verrez que des différents points qu’il invoque, aucun ne lui paraît en fin de compte tout à fait suffisant pour tout mettre en cause, mais que leur ensemble, à savoir justement quelque chose qui réalise assez bien ce que vous disiez tout à l’heure en réponse à l’écueil que vous m’annonciez, que je finirai tout de même bien par m’y briser, à savoir qu’on finirait bien par le rencontrer quelque part à l’état d’idole, ce sujet.  Est–ce qu’on joue au furet ? Là vous le verrez jouer au furet, FREUD, car ce qui lui paraît essentiel est le phénomène même sur lequel est fondée l’ana­lyse, à savoir que si nous avons visé à la remémoration, ce que nous trouvons, que nous la rencontrions à la fin, ou pas, c’est quelque chose qui est la repro­duction sous la forme transfert de quelque chose qui, lui, manifestement appartient à l’autre système. Serge LECLAIRE Je voudrais répondre, si je puis dire en bloc, parce que quand même, je me sens un tout petit peu visé.  Je crois que vous me reprochez beaucoup d’avoir sorti le lapin du chapeau où je l’y avais mis.  Mais enfin, je ne suis pas tel­lement sûr que c’est moi qui l’ai mis.  Je l’ai sorti, soit ! Mais ce n’est pas moi qui l’ai mis.  C’est la première chose que je voulais vous dire, ce n’est pas tout. La deuxième est celle–ci, que je crois avoir dit que si ce système du moi, que vous considérez par opposition au système de l’inconscient, je l’avais en effet situé comme triangulé et j’avais insisté sur le fait qu’aucun des éléments ne pou­vait en être séparé, et qu’aucun n’était prévalent. Quand au système du sujet de l’inconscient, pour lequel vous m’avez accusé d’idolification, je répondrai ceci : que je l’ai présenté de cette manière.  Je me demande si ça peut encore s’appeler idolification.  Et c’est pourquoi je l’appelle ainsi quand on sait ce que c’est.  Autrement dit, j’ai dit que je le figurais, alors qu’en toute rigueur, comme JEHOVAH, il ne devait être ni figuré, ni nommé.  Je l’ai cependant figuré en sachant ce que je faisais et en n’étant jamais limité.  Je pense à ce cercle qu’ensuite effectivement j’ai mis en traits pleins.  Mais je pense quand même avoir constamment gardée présente cette idolification abusive.  Or, c’est justement sur le point de cette idolification que j’ai le sentiment non pas que vous repoussez, que vous vous livrez à un jeu de furet, pour rechercher le sujet, mais que cette idolification vous la reportez du côté de l’Autre. LACAN Cher LECLAIRE, je veux quand même, à la fin de cet entretien, où beaucoup peut–être vous ont senti, peut–être moins que vous–même, mis en cause, je voudrais dire que bien entendu je reconnais, et même rends hommage au fait que vous avez fait les choses comme vous dites, en sachant ce que vous fai­siez.  C’est évidemment le grand mérite de ce que vous avez fait hier soir, c’est que c’était quelque chose de très maîtrisé, vous saviez parfaitement ce que vous fai­siez, et cela par exemple vous ne l’avez pas fait d’une façon innocente. Ceci dit, alors ce que vous proposez actuellement nous allons voir si c’est vrai, si je le mets du côté de l’Autre.  Peut–être qu’aujourd’hui, dans un dessein de ne pas vous essouffler, et parce que je vais vous quitter, j’ai été un peu trop lentement pour que vous voyiez poindre en quel point ce que vous venez de m’annoncer comme écueil est plus qu’évitable, déjà évité ?Serge LECLAIREJ’ai simplement le sentiment, justement, que ce phénomène d’évitement se produit chaque fois que l’on parle du sujet.  Chaque fois, comme une espèce de réaction, lorsque l’on parle du sujet. LACAN – Ce phénomène d’évitement, vous voulez dire quoi ?Serge LECLAIRE – Ridence, celui–là même. LACAN Alors là, je vous en prie : ne nous égarons pas… Ce n’est pas le même évitement.  Je veux simplement vous dire, c’est donc là que je vous ai amenés, en quoi se distingue cette fonction répétitive de la fonction restitutive du principe du plai­sir.  Qu’est–ce que ça veut dire que le sujet reproduise indéfiniment quelque chose qui est une expérience, par exemple, pourvue de certaines qualités repérables dans la mesure où vous la découvrez ensuite par la remémoration ? Et Dieu sait quelle peine vous avez, je crois, à donner à cette remémoration tous les caractères exi­gibles pour la satisfaction du sujet.  C’est toute l’histoire de L’homme aux loups.  Je vous l’ai commentée il y a déjà quelques années. Cette insistance du sujet à reproduire quoi ? Comment ? Est–ce que c’est dans sa conduite ? Est–ce que c’est dans ses fantasmes ? Est–ce que c’est dans son caractère ? Est–ce que c’est même dans son moi ? Le fait même que je puisse vous poser la question déjà vous indique tout ce que nous aurons à nous poser comme questions sur le sujet de ce que c’est que la nature de cette reproduc­tion.   Qu’est–ce que c’est ?Vous voyez bien déjà, à la façon dont je vous le désigne, que nous allons être tout de suite très proches de quelque chose qui s’appellera, si vous voulez, une modulation temporaire, toutes sortes de choses et de registres et de niveaux extrêmement différents peuvent y servir de matériel et d’éléments, à partir du moment où on a adopté ce vocabulaire, c’est–à–dire cette reproduction dans le transfert à l’intérieur du traitement, qui n’est évidemment qu’un cas particulier d’une reproduction beaucoup plus diffuse, qui est toute celle sur la piste de quoi on commence à entrer, et qu’on appelle « analyse de caractère », « analyse de la per­sonnalité totale », et autres foutreries. FREUD pose la question : qu’est–ce que ça veut dire ça ? Que cette reproduction, elle qui dans son caractère inépuisable pose, du point de vue du principe du plai­sir, le problème, est–ce qu’il y a quelque chose de déréglé, ou est–ce que ça appartient à un principe différent, à un principe plus fondamental
?Je vais laisser les choses sur cette question ouverte, quelle est la nature du principe qui règle ce qui est…  vous le voyez bien, et c’est bien pour cela que tout ceci est organisé et dirigé…le sujet, celui qui est en cause et dont il est bien aujourd’hui qu’il soit en cause. Aujourd’hui posons la question de savoir s’il est assimilable, réductible, symbolisable, s’il est quelque chose, ou s’il est justement quelque chose qui ne peut être ni nommé, ni saisi, mais qui peut être structuré. Ce sera le sujet des leçons de notre prochain trimestre.

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