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Recherches Lacan

LX L'angoisse 1962 – 1963 Leçon du 9 janvier 1963

Leçon du 9 janvier 1963

 

Dans la trente deuxième leçon introductive à la psychanalyse, c’est-à-dire dans la série des Nouvelles conférences sur la psychanalyse, retraduites en français, Freud précise qu’il s’agit d’introduire quelque chose qui n’a, dit-il, nullement le caractère de pure spéculation, mais on nous a traduit dans le français inintelligible dont vous allez pouvoir juger : « Mais il ne peut vrai ment être question que de conceptions. En effet, il s’agit de trouver les idées abstraites, justes, qui appliquées à la matière brute de l’observation y apporteront ordre et clarté ». Il n’y a pas de point en allemand la où je vous l’ai signalé, et il n’y a aucune énigme dans la phrase : « Il s’agit », nous dit Freud, « sondern es handelt sich wirklich », non pas vraiment mais réellement, de conceptions, virgule, c’est-à-dire je veux dire par la des Vorstellungen, des représentations abstraites correctes, il s’agit de les einzufahren de les amener au jour, ces conceptions dont l’application à la Rohstoff, étoffe brute de l’observation, Beobachtung, permettra d’en faire sortir, d’en faire renaître l’ordre, la transparence. Il est évidemment toujours fâcheux de confier une chose aussi précieuse que la traduction de Freud aux dames de l’antichambre.

Cet effort, ce programme, celui auquel nous nous efforçons ici depuis quelques années, et c’est de ce fait qu’aujourd’hui nous nous trouvons, en somme, avoir précisé sur notre chemin de l’angoisse le statut de quelque chose que je désignerai d’emblée, d’abord, par la lettre a que vous voyez ici trôner au-dessus du profil, du profil du vase qui symbolise pour nous le contenant narcissique de la libido, par l’intermédiaire de ce miroir de l’Autre il peut être mis en rapport avec sa propre image i'(a) et, qu’entre les deux, peut jouer cette oscillation communicante que Freud désigne comme la réversibilité de la libido du corps propre à celle de l’objet.

 

À cette oscillation économique, cette libido réversible de i (a) à i'(a), il y a quelque chose, nous ne dirons pas, qui échappe, mais qui intervient sous une incidence dont le mode de perturbation est justement celui que nous étudions cette année. La manifestation la plus éclatante, le signal de l’intervention de cet objet a, c’est l’angoisse.

Ce n’est pas dire que cet objet a n’est que l’envers de l’angoisse, qu’il n’intervient, qu’il ne fonctionne qu’en corrélation avec l’angoisse. L’angoisse, nous a appris Freud, joue par rapport à quelque chose la fonction de signal. Je dis, c’est un signal en relation avec ce qui se passe concernant la relation d’un sujet, d’un sujet qui ne saurait d’ailleurs entrer dans cette relation que dans la vacillation d’un certain fading, celle que désigne la notation de sujet par un $, la relation de ce sujet, à ce moment vacillant, avec cet objet dans toute sa généralité. L’angoisse est le signal de certains moments de cette relation. C’est ce que nous allons nous efforcer de vous montrer plus avant aujourd’hui. Il est clair que ceci suppose un pas de plus dans la situation de précision de ce que nous entendons par cet objet a. Je veux dire, cet objet, nous le désignons par, justement a. Je remarque que cette notation algébrique a sa fonction. Elle est comme un fil destiné à nous permettre d’en reconnaître, sous les diverses incidences où il nous apparaît, l’identité. Sa notation est algébrique, a, justement pour répondre à cette fin de repérage pur de l’identité, ayant été déjà posé par nous que le repérage par un mot, par un signifiant, est toujours et ne saurait être que métaphorique, c’est-à-dire laissant, en quelque sorte, en dehors de la signification induite par son introduction, la fonction du signifiant lui-même. Le terme bon, s’il engendre la signification du bon, n’est pas bon par lui-même et loin de la, car il engendre du même coup le mal.

De même désigner ce petit a par le terme d’objet, vous le voyez, est d’un usage métaphorique, puisqu’il est emprunté justement à cette relation sujet objet, d’où le terme objet se constitue, qui sans doute est propre à désigner la fonction générale de l’objectivité ; et*cet objet, dont nous avons à parler sous le terme a est justement un objet qui est externe à toute définition possible de l’objectivité. Je ne parlerai pas de ce qui se passe, de l’objectivité dans le champ de la science, je parle de notre science en général. Vous savez qu’il lui est arrivé, depuis Kant, quelques malheurs, quelques malheurs qui relèvent tous, dans le sein de cet objet, pour avoir voulu faire trop de part à certaines « évidences » et spécialement à celles qui sont du champ de l’Esthétique transcendantale, comme par temple de tenir pour évidente l’indépendance, la séparation des dimensions de l’espace d’avec celle du temps ; elle s’est trouvée à l’épreuve dans l’élaboration de l’objet scientifique ou s’est heurtée à ce quelque chose que l’on traduit bien improprement par crise de la raison scientifique. Bref tout cet effort qui a dû être fait pour s’apercevoir que justement ces deux registres des dimensions spatiales et temporelles ne pouvaient pas, à un certain niveau de la physique, continuer d’être tenues pour des variables indépendantes. Fait surprenant, il semble avoir posé à quelques esprits, d’indissolubles problèmes qui ne semblent pas pourtant être dignes de tellement nous arrêter. Et si nous nous apercevons que c’est justement au statut de l’objet qu’il s’agit de recourir, de rendre au symbolique, dans la constitution, dans la traduction de l’expérience, sa place exacte, de ne pas faire d’extrapolations aventurées de l’imaginaire dans le symbolique ; à la vérité, le temps dont il s’agit, au niveau où peuvent se poser les problèmes qui viendraient à l’irréaliser dans une quatrième dimension, n’a rien à faire avec le temps qui, dans l’intuition, semble bien se poser comme une sorte de heurt infranchissable du réel, à savoir ce qui nous apparaît à tous, et que sa tenue pour une évidence, pour quelque chose qui, dans le symbolique, pourrait se traduire par une variable indépendante, est simplement une erreur catégorielle au départ.

Même difficulté, vous le savez, à une certaine limite, de la physique avec le corps, et la, je dirai que nous voici sur notre terrain. Car c’est effectivement sur ce qui n’est pas fait, au départ, d’un statut correct de l’expérience que nous avons ici notre mot à dire. Nous avons notre mot à dire puisque notre expérience pose et institue qu’aucune intuition, qu’aucune transparence, qu’aucune Durchsichtigkeit, comme c’est le terme de Freud, qui se fonde purement et simplement sur l’intuition de la conscience, ne peut être tenu pour originelle, et donc valable, et donc ne peut constituer le départ d’aucune esthétique transcendentale, pour la simple raison que le sujet ne saurait, d’aucune façon, être situé d’une façon exhaustive dans la conscience, puisqu’il est d’abord et primitivement inconscient.

A ceci s’ajoute que, s’il est d’abord et primitivement inconscient, c’est en raison de ceci, qu’il nous faut d’abord et primitivement dans sa constitution de sujet, tenir pour antérieure à cette constitution, une certaine incidence qui est celle du signifiant. Le problème est de l’entrée du signifiant dans le réel et de voir comment, de ceci, naît le sujet. Est-ce à dire que si nous nous trouvions comme devant une sorte de descente de l’esprit, l’apparition de signifiants ailés, commencerait à faire, dans ce réel, leurs trous tout seuls, au milieu desquels apparaîtrait un de ces trous qui serait le sujet. Je pense que, dans l’introduction de la division réel-imaginaire-symbolique, nul ne me prête un tel dessein. Il s’agit aujourd’hui de savoir ce qui est d’abord. Ce qui permet justement à ce signifiant de s’incarner, ce qui le lui permet, c’est, bien entendu, ce que nous avons là pour nous présentifier les uns aux autres, notre corps. Seulement ce corps, il n’est pas à prendre non plus, lui, dans les pures et simples catégories de l’esthétique transcendentale. Ce corps n’est pas, pour tout dire, constituer, à la façon dont Descartes l’institue dans le champ de l’étendue. Ce corps dont il s’agit, il s’agit de nous apercevoir qu’il ne nous est pas donné de façon pure et simple dans notre miroir, que, même dans cette expérience du miroir, un moment peut arriver où cette image, cette image spéculaire que nous croyons tenir se modifie ; ce que nous avons en face de nous, qui est notre stature, qui est notre visage, qui est notre paire d’yeux, laisse surgir la dimension de notre propre regard, la valeur de l’image commence alors de changer, surtout s’il y a un moment où ce regard qui apparaît dans le miroir, commence à ne plus nous regarder nous-mêmes, initium, aura, aurore d’un sentiment d’étrangeté qui est la porte ouverte sur l’angoisse.

Le passage de l’image spéculaire à ce double qui m’échappe, voila le point où quelque chose se passe dont je crois que par l’articulation que nous donnons à cette fonction de a, nous pouvons montrer la généralité, la fonction, la présence, dans tout le champ phénoménal, et montrer que la fonction va bien au-delà de ce qui apparaît dans ce moment étrange, que j’ai voulu ici simplement repérer pour son caractère à la fois le plus notoire et aussi le plus discret dans son intensité.

Comment se passe cette transformation de l’objet qui, d’un objet situable, d’un objet repérable, d’un objet échangeable, fait cette sorte d’objet privé, incommunicable et pourtant dominant qui est notre corrélatif dans le fantasme ? Où est exactement le moment de cette mue, de cette transformation, de cette révélation ? Je crois que ceci, par certains chemins, par certains biais, que j’ai déjà préparés pour vous au cours des années précédentes, peut être plus que désigné, peut être expliqué. Dans le petit schéma que je vous ai apporté aujourd’hui au tableau, quelque chose de ces conceptions, Auffassungen, autrement dit de ces représentations richtig, correctes, peut être donné qui fasse le rappel toujours plus ou moins opaque, obscur, à l’intuition, à l’expérience de quelque chose de durchsichtigbar, de transparent, autrement dit de reconstituer, pour nous, l’esthétique transcendentale qui nous convient et qui convient à notre expérience.

Vous pouvez tenir donc pour certain, par mon discours, que ce qui est communément transmis, je pense, concernant l’angoisse — non pas extrait du discours de Freud, mais d’une partie de ses discours, que l’angoisse soit sans objet — c’est proprement ce que je rectifie, « elle n’est pas sans objet ». Telle est exactement la formule où doit être suspendu ce rapport de l’angoisse à un objet. Ce n’est pas à proprement parler l’objet de l’angoisse. Dans ce pas sans, vous reconnaissez la formule que j’ai déjà prise depuis concernant le rapport du sujet au phallus, il n’est pas sans l’avoir.

Ce rapport de n’être pas sans avoir, ne veut pas dire qu’on sache de quel objet il s’agit. Quand je dis, « il n’est pas sans ressources », « il n’est pas sans ruse », ça veut justement dire que ses ressources sont obscures, au moins pour moi, et que sa ruse n’est pas commune. Aussi bien dans l’introduction même linguistique du terme sans, sine, profondément corrélatif de cette opposition du haud, non haud sine, non pas sans, est un certain type de liaison conditionnelle, si vous voulez, qui lie l’être à l’avoir dans une sorte d’alternance ; il n’est pas la sans l’avoir mais ailleurs, la où il est, ça ne se voit pas.

Est-ce que ce n’est pas la justement la fonction sociologique du phallus, à condition, bien sûr, de la prendre ici au niveau majuscule, au niveau du 0, où il incarne la fonction la plus aliénante du sujet dans l’échange même, dans l’échange social. Le sujet y court, réduit à être porteur du phallus. C’est cela qui rend la castration nécessaire à une sexualité socialisée où il y a, nous a fait remarquer Claude Lévi-Strauss, des interdictions sans doute, mais aussi et avant tout des préférences. C’est le vrai secret, c’est la vérité de ce que Claude Lévi-Strauss fait tourner dans la structure autour de l’échange des femmes. Sous l’échange des femmes, les phallus vont les remplir. Il ne faut pas qu’on voie que c’est lui, le phallus, qui est en cause. Si on le voit, angoisse.

Je pourrais ici embrancher sur plus d’un rail. Il est clair que, par cette référence, nous en voici, tout de suite, au complexe de castration. Eh ! bien, mon dieu, pourquoi ne pas nous y engager ?

La castration, comme je l’ai maintes fois rappelé devant vous, la castration du complexe, n’est pas une castration. a, tout le monde le sait, tout le monde s’en doute, et chose curieuse, on ne s’y arrête pas. Ça a tout de même bien de l’intérêt, cette image, ce fantasme. Où la situer ? Entre imaginaire et symbolique, qu’est-ce qui se passe ? Est-ce l’éviration bien connue des farouches pratiques de la guerre ? C’en est assurément plus près que de la fabrication des eunuques.

Mutilation du pénis, bien entendu, c’est ce qui est évoqué par les menaces fantasmatiques émanant du père ou de la mère, selon les âges de la psychanalyse, « si tu fais ça, on va te la couper ». Aussi bien faut-il que cet accent de la coupure ait toute son importance pour que puisse tenir la pratique de la circoncision à laquelle la dernière fois, vous m’avez vu faire des références, si je puis dire, prophylactiques, à savoir la remarque que l’incidence psychique de la circoncision est loin d’être équivoque et que je ne suis pas le seul à l’avoir noté.

Un des derniers travaux, sans doute remarquable, sur le sujet, celui de Nunberg, sur la circoncision conçue dans ses rapports avec la bisexualité, est bien là pour nous rappeler ce que, déjà, d’autres auteurs, et de nombreux, avaient introduit avant lui que la circoncision a tout autant le but, la fin de renforcer en l’isolant le terme de la masculinité chez l’homme que de provoquer les effets, au moins sous leur incidence angoissante, que de provoquer les effets dits du complexe de castration.

Néanmoins, c’est justement cette incidence, cette relation, ce commun dénominateur de la coupure qui nous permet d’amener dans le champ de la castration, l’opération de la circoncision, de la Beschneidung, de l”arel’, pour le dire en hébreu. Est-ce qu’il n’y a pas, ici, un peu quelque chose qui nous permettrait de faire un pas de plus sur la fonction de l’angoisse de castration ? Eh ! bien, c’est celui-ci, le terme qui nous manque, « je vais te le couper » dit la maman que l’on qualifie de castrative. Bien, et après ? Où sera-t-il, le Wiwimacher, comme on dit dans l’observation du petit Hans ? Eh ! bien, à admettre que cette menace depuis toujours présentifiée par notre expérience s’accomplisse, il sera la, dans le champ opératoire de l’objet commun, de l’objet échangeable. Il sera la, entre les mains de la mère qui l’aura coupé. Et c’est bien ce qu’il y aura, dans la situation, d’étrange.

Il arrive souvent que des sujets fassent des rêves où ils ont l’objet en main, soit que quelque gangrène l’ait détaché, soit que quelque partenaire, dans le rêve, ait pris soin de réaliser l’opération tranchante, soit par quelque accident quelconque corrélatif diversement nuancé d’étrangeté et d’angoisse. Le caractère spécialement inquiétant du rêve est bien la pour nous situer l’importance de ce passage de l’objet, soudain, à ce qu’on pourrait appeler un Zuhandenheit, comme dirait Heidegger, sa maniabilité, dans le champ des objets communs. La perplexité qui en résulte et aussi bien, tout ce passage aux côtés du maniable, de l’ustensile, c’est justement ce qui la, dans l’observation du petit Hans, nous est désigné aussi par un rêve. Il nous introduit l’installateur de robinets, celui qui va le dévisser, le revisser, faire passer toute la discussion de l’eingewurzelt, de ce qui était ou non bien enraciné dans le corps, au champ, au registre de l’amovible. Et ce moment, ce tournant phénoménologique, le voici qui le rejoint, ce qui nous permet de désigner ce qui oppose ces deux types d’objets dans leur statut. Quand j’ai commencé d’énoncer la fonction, la fonction fondamentale dans l’institution générale du champ de l’objet, du stade du miroir, par quoi ai-je passé ? Par le plan de la première identification, méconnaissance originelle du sujet dans sa totalité à son image spéculaire, puis, la référence transitiviste qui s’établit dans son rapport avec l’autre imaginaire, son semblable, qui le fait toujours être mal démêlable de cette identité de l’autre et qui y introduit la médiation, un commun objet qui est un objet de concurrence, un objet dont le statut va partir de la notion ou non d’appartenance, il est à toi ou il est à moi.

Dans ce champ, il y a deux sortes d’objets, ceux qui peuvent se partager, ceux qui ne le peuvent pas. Ceux qui ne le peuvent pas, quand je les vois quand même courir dans ce domaine du partage, avec les autres objets dont le statut repose tout entier sur la concurrence, notre concurrence ambiguë qui est à la fois rivalité, mais aussi accord, ce sont des objets cotables, ce sont des objets d’échange. Mais il y en a d’autres, et si j’ai mis en avant le phallus, c’est bien sûr parce que c’est le plus illustre au regard du fait de la castration; mais il y en a d’autres, vous le savez, d’autres que vous connaissez, les équivalents les plus connus de ce phallus, ceux qui le précèdent : le scybale, le mamelon. Il y en a peut-être que vous connaissez moins, encore qu’ils soient parfaitement visibles dans la littérature analytique, et nous essaierons de les désigner, ces objets, quand ils entrent en liberté, reconnaissables dans ce champ où ils n’ont que faire, le champ du partage. Quand ils apparaissent, l’angoisse nous signale la particularité de leur statut. Ces objets antérieurs à la constitution du statut de l’objet commun, de l’objet communicable, de l’objet socialisé, voilà ce dont il s’agit dans le a.

Nous les nommerons, ces objets, nous en ferons le catalogue, non sans doute exhaustif, mais peut-être aussi, espérons-le, déjà à l’instant, j’en ai donné trois. Je dirai que, dans un premier abord de ce catalogue, il n’en manque que deux, et que le tout correspond aux cinq formes de perte, de Verlust, que Freud désigne dans Inhibition, symptôme, angoisse, comme étant les moments majeurs de l’apparition du signal.

Je veux, avant de m’y engager plus avant, reprendre l’autre branche de l’aiguillage autour de quoi vous m’avez perçu tout à l’heure en train de choisir, pour faire une remarque dont les à-côtés, je crois, auront pour vous des aspects éclairants. Est-ce qu’il n’est pas étrange, significatif de quelque chose, que, dans la recherche analytique, se manifeste une bien autre carence, que celle que j’ai déjà désignée en disant que nous n’avions pas fait faire un pas à la question physiologique de la sexualité féminine ?

Nous pouvons nous accuser du même défaut concernant l’impuissance masculine. Parce qu’après tout, dans le procès, bien repérable dans ses phases normatives, de la part masculine de la copulation, nous en sommes toujours à nous référer à ce qu’on trouve dans n’importe quel bouquin de physiologie concernant le procès de l’érection d’abord, puis de l’orgasme. La référence au circuit stimulus-réponse est en fin de compte ce dont nous nous contentons, comme si l’homologie était acceptable de la décharge orgasmique avec la part motrice de ce circuit dans un processus d’action quelconque. Bien sûr, nous n’en sommes pas la, loin de la. Même dans Freud, et le problème a été soulevé en somme par lui, pourquoi dans le plaisir sexuel le circuit n’est-il pas le circuit comme ailleurs le plus court pour retourner au niveau du minimum d’excitation ? Pourquoi y a-t-il une Vorlust, un plaisir préliminaire, comme on traduit, qui consiste justement à faire monter aussi haut que possible ce niveau minimum  ?

Et l’intervention de l’orgasme, à savoir à partir de quel moment cette montée du niveau liée dans la norme au jeu préparatoire est-elle interrompue ? Est-ce que nous avons d’aucune façon donné un schéma de ce qui intervient, du mécanisme si l’on veut, donné une représentation physiologique de la chose parlée, de ce que Freud appellerait les Abfuhrinnervationen, le circuit d’innervation qui est le support de la mise en jeu de la décharge ? Est-ce que nous l’avons distingué, isolé, désigné, puisqu’il faut bien considérer distinct ce qui fonctionnait avant, puisque ce qui fonctionnait avant, c’était justement que ce processus n’aille pas vers sa décharge, avant l’arrivée à un certain niveau de la montée du stimulus ? C’est donc un exercice de la fonction du plaisir tendant à confiner à sa propre limite, c’est-à-dire au surgissement de la douleur.

Alors, d’où vient-il ce feed-back ? Personne ne songe à nous le dire. Mais je vous ferai remarquer, que non pas moi, mais ceux-là mêmes qui, nous dit la doctrine psychanalytique, devraient nous dire normalement que l’Autre doit y intervenir, puisque ce qui constitue une fonction génitale normale nous est donné pour lié à l’oblativité, qu’on nous dise donc comment la fonction du don comme telle intervient hic et nunc au moment où on baise ! Ceci, en tout cas, a bien son intérêt; car ou c’est valable, ou ça ne l’est pas, et il est certain que, de quelque manière, doit intervenir la fonction de l’Autre.

En tout cas, puisqu’une part importante de nos spéculations concernent ce qu’on appelle choix de l’objet d’amour, et que c’est dans les perturbations de cette vie amoureuse que gît une part importante de l’expérience analytique, que, dans ce champ la référence à l’objet primordial, à la mère, est tenue pour capitale, la distinction s’impose de savoir où il faut situer cette incidence criblante, du fait que, pour certains, il en résultera qu’ils ne pourront fonctionner pour l’orgasme qu’avec des prostituées et que pour d’autres ce sera avec d’autres sujets, choisis dans un autre registre.

La prostituée, nous le savons par nos analyses, la relation à elle est presque directement engrenée sur la référence à la mère. Dans d’autres cas, les détériorations, dégradations de la Liebesleben, de la vie amoureuse, sont liées à l’opposition du corps maternel dont il évoque un certain type de rapport au sujet, à la femme, d’un certain type différent en tant qu’elle devient support, elle est l’équivalent de l’objet phallique.

Comment tout ceci se produit-il ? Ce tableau, ce schéma, celui que j’ai reproduit un fois de plus ici à la partie supérieure du tableau, nous permet de désigner c que je veux dire. Est-ce que le mécanisme, l’articulation se produit au niveau de l’attrait de l’objet, qui devient pour nous, revêtu ou non de cette glamour, de cette brillance désirable, de cette couleur, c’est ainsi qu’en chinois, on désigne la sexualité, qui fait que l’objet devient stimulant au niveau justement de l’excitation ? En quoi cette couleur préférentielle se situera-t-elle, je dirai au même niveau de signal qui peut, aussi bien, être celui de l’angoisse ? Je dis donc à ce niveau-ci i'(a). Et alors il s’agira de savoir pourquoi, et je l’indique tout de suite pour que vous voyiez où je veux en venir, par le branchement de l’investissement érogène originel de ce qu’il y a ici, en tant que a, présent et caché à la fois. Ou bien ce qui fonctionne comme élément de triage dans le choix de l’objet d’amour se produit ici au niveau de l’encadrement par une Einschränkung, par ce rétrécissement directement référé par Freud au mécanisme du moi, par cette limitation du champ de l’intérêt qui exclut un certain type d’objet précisément en fonction de son rapport avec la mère.

Les deux mécanismes sont, vous le voyez, aux deux bouts de cette chaîne, qui commence à Inhibition et qui finit par Angoisse dont j’ai marqué dans le tableau que je vous ai donné au début de cette année, la ligne diagonale. Entre l’inhibition et l’angoisse, il y a lieu de distinguer deux mécanismes différents, et justement de concevoir en quoi l’un et l’autre peuvent intervenir du haut en bas de toute la manifestation sexuelle.

J’ajoute ceci que, quand je dis du haut en bas, j’y inclus ce qui dans notre expérience s’appelle le transfert. J’ai entendu récemment faire allusion au fait que nous étions des gens, dans notre société, qui en savions un bout sur le transfert. Pour tout dire, depuis un certain travail qui a été fait, avant que notre société fut fondée, sur le transfert, je ne connais qu’un seul autre travail qui ait été invoqué, c’est celui de l’année qu’ici avec vous j’y ai consacré.

J’y ai dit bien des choses, certainement sous une forme qui était celle qui était la plus appropriée, c’est-à-dire, sous une forme en partie voilée. Il est certain qu’auparavant, dans ce travail antérieur sur le transfert, auquel je faisais allusion tout à l’heure et qui a apporté une division aussi géniale que celle de l’opposition entre le besoin de répétition et la répétition du besoin’, vous voyez que le recours au jeu de mots pour désigner les choses, au reste non sans intérêt, n’est pas simplement mon privilège. Mais je crois que la référence au transfert, à la limiter uniquement aux effets de répétition, aux effets de reproduction, est quelque chose qui mériterait tout à fait d’être étendu. La dimension diachronique risque, à force d’insister sur l’élément historique, sur l’élément répétition du vécu, risque en tout cas, risque de laisser de côté toute une dimension non moins importante qui est précisément ce qui peut apparaître, ce qui est inclus, latent dans la position de l’analyste, par quoi gît dans l’espace qu’il détermine la fonction de cet objet partiel.

C’est ce que, vous parlant du transfert, si vous vous en souvenez, je désignai par la métaphore, il me semble, assez claire, de la main qui se tend vers la bûche et au moment d’atteindre cette bûche, cette bûche va s’enflammer, dans la flamme, une autre main qui apparaît, se tend vers la première. C’est ce que j’ai également désigné, en étudiant Le Banquet de Platon, par la fonction nommée de l’agalma dans le discours d’Alcibiade. Je pense que l’insuffisance de cette référence synchronique à la fonction de l’objet partiel dans la relation analytique, dans la relation de transfert, établit la base de l’ouverture d’un dossier concernant un domaine dont je suis étonné et pas étonné à la fois, pas surpris tout au moins, qu’il soit laissé dans l’ombre, à savoir qu’un certain nombre de boiteries de la fonction sexuelle peuvent être considérées comme distribuées dans un certain champ de ce qu’on peut appeler le résultat post-analytique.

Je crois que cette analyse de la fonction de l’analyste comme espace du champ de l’objet partiel, c’est précisément devant quoi, du point de vue analytique, nous a arrêtés Freud dans son article sur Analyse terminée et analyse interminable. Si l’on part de l’idée que la limite de Freud, ça a été, on la retrouve à travers toutes ses observations, la non-aperception de ce qu’il y avait de proprement à analyser dans la relation synchronique de l’analysé à l’analyste concernant cette fonction de l’objet partiel, on y verra, et si vous le voulez, j’y reviendrai, le ressort même de son échec, de l’échec de son intervention avec Dora, avec la femme du cas de l’homosexualité féminine; on y verra surtout pourquoi Freud nous désigne dans l’angoisse de castration ce qu’il appelle la limite de l’analyse, précisément dans la mesure où, lui, restait pour son analysé, le siège, le lieu de cet objet partiel. Si Freud nous dit que l’analyse laisse homme et femme sur leur soif, l’un dans le champ de ce qu’on appelle proprement, chez le mâle, complexe de castration et l’autre sur le Penisneid, ce n’est pas la une limite absolue. C’est la limite où s’arrête l’analyse finie avec Freud. C’est la limite que continue de suivre ce parallélisme indéfiniment approché qui caractérise l’asymptote. L’analyse que Freud appelle l’analyse indéfinie, illimitée, et non pas infinie’, c’est, dans la mesure où quelque chose dont au moins je peux poser la question de savoir comment il est analysable, a été non pas, je dirai non analysé, mais révélé d’une façon, seulement partielle, où s’institue cette limite.

Ne croyez pas que je dise la, que j’apporte la quelque chose encore qui doive être considéré comme complètement hors des limites, des épures déjà dessinées par notre expérience; puisque après tout, pour faire référence à des travaux récents et familiers au champ français’ de notre travail, c’est autour de l’envie du pénis, qu’un analyste pendant des années qui constituent le temps de son Oeuvre, a fait tourner tout spécialement ses analyses obsessionnelles. Ces observations au cours des années précédentes, combien de fois les ai-je devant vous commentées, et pour les critiquer, pour en montrer, avec ce que nous avions alors en main, ce que je considérai comme en étant l’achoppement ! Je formulerai ici, d’une façon plus précise, au point d’explication où nous arrivons, ce dont il s’agit, ce que je voulais dire. De quoi s’agissait-il, nous le voyons à la lecture détaillée des observations, de quoi s’agissait-il  ? sinon de remplir ce champ que je désigne comme l’interprétation, à faire de la fonction phallique au niveau du grand Autre dont l’analyste tient la place, et de couvrir, dis-je, cette place avec le fantasme de fellatio, et spécialement concernant le pénis de l’analyste. Indication très claire. Le problème avait bien été vu, et laissez-moi vous dire que ce n’est pas par hasard, je veux dire, par hasard, par rapport à ce que je suis en train de développer avec vous. Seulement ma remarque est que ce n’est là qu’un biais, et un biais insuffisant, car, en réalité, ce fantasme utilisé pour une analyse qui ne saurait être la exhaustive de ce dont il s’agit, ne fait que rejoindre un fantasme symptomatique de l’obsessionnel.

Et pour désigner ce que je veux dire, je me rapporterai ici à une référence qui, dans la littérature, est vraiment exemplaire, à savoir le comportement bien connu, nocturne de L’homme aux rats quand, après avoir obtenu de lui-même sa propre érection devant la glace il va ouvrir la porte sur ce palier, sur son palier, au fantasme imaginé de son père mort, pour présenter, devant les yeux de ce spectre, l’état actuel de son membre. Analyser ce dont il s’agit donc uniquement au niveau de ce fantasme de fellatio de l’analyste tellement lié par l’auteur dont il s’agit à ce qu’il appelait la technique du rapprocher, au rapport de la distance considérée comme essentielle, fondamentale de la structure obsessionnelle, nommément dans ses rapports avec la psychose, c’est je crois, seulement avoir permis au sujet, voire l’avoir encouragé à prendre dans cette réaction fantasmatique, qui est celle de L’homme aux rats, à prendre le rôle de cet Autre, dans le mode de présence qui est justement ici constitué par la mort, de cet Autre qui regarde en le poussant même je dirai, fantasmatiquement, simplement par la fellatio, un peu plus loin. Il est évident que ce dernier point, ce dernier terme, ne s’adresse ici qu’à ceux dont la pratique permet de mettre la portée de ces remarques tout à fait à leur place.

Je terminerai sur le chemin où nous avancerons plus loin la prochaine fois et pour donner leur sens à ces deux images que je vous ai désignées ici dans le coin droit et bas du tableau : le premier représente un, ça ne se voit pas, en fait, du premier coup, représente un vase, avec son encolure. J’ai mis en face de vous le trou de cette encolure pour désigner, pour bien vous marquer, que ce qui m’importe, c’est le bord (Fig. 9). La seconde est la transformation qui peut se produire concernant cette encolure et ce bord. A partir de la, va vous apparaître l’opportunité de la longue insistance que j’ai mise l’année dernière sur des considérations topologiques concernant la fonction de l’identification, je vous l’ai précisé, au niveau du désir, à savoir le troisième type désigné par Freud, dans son article sur l’Identification, celui dont il trouve l’exemple majeur dans l’hystérie.

Voici l’incidence et la portée de ces considérations topologiques. Je vous ai dit que je vous ai laissés aussi longtemps sur le cross-cap pour vous donner la possibilité de concevoir intuitivement ce qu’il faut appeler la distinction de l’objet dont nous parlons, a, et de l’objet créé, construit à partir de la relation spéculaire, de l’objet commun justement concernant l’image spéculaire. Pour aller vite, je vais, je pense, vous le rappeler, en des termes dont la simplicité suffira étant donné tout le travail accompli antérieurement. Qu’est-ce qui fait qu’une image spéculaire est distincte de ce qu’elle représente  ? C’est que la droite devient la gauche et inversement. Autrement dit, si nous faisons confiance à cette idée, nous avons ordinairement notre récompense à faire confiance aux choses, même les plus aphoristiques de Freud, que le Moi est une surface, c’est en termes topologiquement de pure surface que le problème doit se poser; l’image spéculaire, par rapport à ce qu’elle redouble, est exactement le passage du gant droit au gant gauche, ce que l’on peut obtenir sur une simple surface à retourner le gant. Souvenez-vous que ce n’est pas d’hier que je vous parle du gant ni du chaperon. Tout le rêve cité par Ella Sharpe tourne pour la plus grande part autour de ce modèle.

J’ai dit que je vous ai laissés aussi longtemps sur le cross-cap pour vous donner la possibilité de concevoir intuitivement ce qu’il faut appeler la distinction de l’objet dont nous parlons, a, et de l’objet créé, construit à partir de la relation spéculaire, de l’objet commun justement concernant l’image spéculaire. Pour aller vite, je vais, je pense, vous le rappeler, en des termes dont la simplicité suffira étant donné tout le travail accompli antérieurement. Qu’est-ce qui fait qu’une image spéculaire est distincte de ce qu’elle représente  ? C’est que la droite devient la gauche et inversement. Autrement dit, si nous faisons confiance à cette idée, nous avons ordinairement notre récompense à faire confiance aux choses, même les plus aphoristiques de Freud, que le Moi est une surface, c’est en termes topologiquement de pure surface que le problème doit se poser; l’image spéculaire, par rapport à ce qu’elle redouble, est exactement le passage du gant droit au gant gauche, ce que l’on peut obtenir sur une simple surface à retourner le gant. Souvenez-vous que ce n’est pas d’hier que je vous parle du gant ni du chaperon. Tout le rêve cité par Ella Sharpe tourne pour la plus grande part autour de ce modèle.

Faites-en maintenant l’expérience avec ce que je vous ai appris à connaître – ceux qui ne le connaissent pas encore, j’espère qu’il n’y en a pas beaucoup – dans la bande de Mœbius, c’est-à-dire – je le rappelle pour ceux qui n’en ont pas encore entendu parler – vous obtenez très facilement, n’importe comment, à prendre cette ceinture, et après l’avoir ouverte, à la renouer avec elle-même en lui faisant faire, en cours de route, un demi-tour, vous obtenez une bande de Mœbius, c’est-à-dire quelque chose où une fourmi se promenant passe d’une des apparentes faces à l’autre face, sans avoir besoin de passer par le bord, autrement dit une surface à une seule face.

Une surface à une seule face ne peut pas être retournée, car effectivement vous prenez une bande de Mœbius, vous la faites, vous verrez qu’il y a deux façons de la faire, selon qu’on tourne, qu’on fait le demi-tour dont je vous parlai tout à l’heure, à droite ou à gauche, et qu’elles ne se recouvrent pas. Mais si vous en retournez une sur elle-même, elle sera toujours identique à elle-même. C’est ce que j’appelle n’avoir pas d’image spéculaire.

Vous savez d’autre part que je vous ai dit que dans le cross-cap, quand, par une section, une coupure, qui n’a d’autre condition que de se rejoindre elle-même, après avoir inclus en elle le point trou du cross-cap, quand, dise, vous isolez une part du cross-cap, il reste une bande de Mœbius. La partie résiduelle, la voici. Je l’ai construite pour vous, je la fais circuler. Elle a son petit intérêt parce que, laissez-moi vous le dire, ceci, c’est a. Je vous le donne comme une hostie, car vous vous en servirez par la suite. a, c’est fait comme ça. C’est fait comme ça quand s’est produite la coupure, quelle qu’elle soit, que ce soit celle du cordon, celle de la circoncision, et quelques autres encore que nous aurons à désigner. Il reste, après cette coupure quelle qu’elle soit, quelque chose de comparable à la bande de Mœbius, quelque chose qui n’a pas d’image spéculaire.

Alors, maintenant, voyez bien ce que je veux vous dire. Premier temps, le vase qui est ici, il a son image spéculaire, le moi idéal, constitutif de ce monde de l’objet commun. Ajoutez-y a sous la forme d’un cross-cap, et séparez, dans ce cross-cap, le petit objet a que je vous ai mis entre les mains. Il reste, adjoint à i(a) le reste,  c’est-à-dire une bande de Mœbius. Autrement dit, je vous la représente ici, c’est la même chose que si vous faites partir du point opposé du bord du vase, une surface qui se joint, comme dans la bande de Moebius., car à partir de ce moment-là, tout le vase devient une bande de Moebius, puisqu’une fourmi qui se promène à l’extérieur entre sans aucune difficulté à l’intérieur. L’image spéculaire devient l’image étrange et envahissante du double, devient ce qui se passe peu à peu à la fin de la vie de Maupassant quand il commence par ne plus se voir dans le miroir, ou qu’il aperçoit dans une pièce quelque chose qui lui tourne le dos et dont il sait immédiatement qu’il n’est pas sans avoir un certain rapport avec ce fantôme; et quand le fantôme se retourne, il voit que c’est lui.

Tel est ce dont il s’agit dans l’entrée de a dans le monde du réel, où il ne fait que revenir. Et observez, pour terminer, ce dont il s’agit. Il peut vous sembler étrange, bizarre comme hypothèse, que quelque chose ressemble à ça. Observez pourtant que si nous nous mettions en dehors de l’opération du champ visuel, en aveugle, fermez les yeux pour un instant, et à tâtons, suivez le bord de ce vase transformé. Mais c’est un vase comme l’autre, il n’y a qu’un trou puisqu’il n’y a qu’un bord. Il a l’air d’en avoir deux. Et cette ambiguïté du un et du deux, je pense que ceux qui ont simplement un peu de lecture savent que c’est une ambiguïté commune concernant l’apparition du phallus, dans le champ de l’apparition onirique, et pas seulement onirique, dans le champ du sexe où il n’y en a pas apparemment de phallus réel. Son mode ordinaire d’apparition est d’apparaître sous la forme de deux phallus. Voila assez pour aujourd’hui.

 

1 – `arel signifie incirconcis = « prépucé » – `arela = le prépuce.

2 – Lagache D., « Le problème du transfert » in Revue Française de Psychanalyse t. XVI, 1952.

3 – Traduction donnée par la Revue Française de Psychologie °n 1939.

4 – M. Bouvet, La relation d’objet tome 1, ed. Payot.

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